Archives de Catégorie: ROMANS POUR RELATIVISER

Ecrit en 1948, « 1984 » de George Orwell … toujours d’actualité en 2015

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« 1984 » de George Orwell

en format livre(438 pages)

…. ou

en format audio (15 heures d’écoute)

Personnellement, j’en ai écouté une partie et j’en ai lu une autre …. parce que totalement immergée dans ce roman phare, je ne pouvais attendre d’être de nouveau assise au volant de ma voiture pour connaître la suite de l’histoire. Il a fallu que le soir venu, je retrouve le livre papier pour dévorer quelques chapitres supplémentaires.

Nul doute que beaucoup d’entre vous ont déjà lu ce grand classique, et tout particulièrement au cours de vos années scolaires. Je vous conseille de vous plonger ou de vous replonger dans cette lecture qui est toujours d’actualité parce qu’elle met en évidence les dérives du totalitarisme et l’annihilation de tout esprit de liberté et d’individualité qui est le propre de l’être humain.

BIG BROTHER  File:1984-Big-Brother.jpg personnage symbolique du roman de George Orwell est devenu une sorte de métaphore utilisée dans le langage courant –  peut-être plus que jamais aujourd’hui – pour dénoncer toute atteinte à la vie privée.

Dans « 1984 » Big Brother incarne le chef d’un parti auquel la population est soumise en actes et en pensées, y compris Winston Smith, notre personnage principal dont on suit l’évolution des pensées et des doutes quant à la valeur de cet état policier tout-puissant.

Un roman bienfaisant ?

oui  parce qu’il permet de s’évader dans un ailleurs qui – heureusement – est chez nous encore différent de notre quotidien

oui parce qu’il permet de relativiser nos soucis : nos pensées ne sont pas encore surveillées, nous avons le choix de ne pas exposer notre vie privée …à condition de ne pas nous compromettre sur  les réseaux sociaux

oui parce que ce roman fait réfléchir et nous permet peut-être aussi d’agir pour préserver notre liberté de penser

et pour finir je vous laisse écouter George Orwell lui-même, un visionnaire ?

LE PIRE EXISTE « Kinderzimmer » de Valentine Goby

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« Kinderzimmer » de Valentine Goby

Afin d’inaugurer la section « ROMANS POUR RELATIVISER » que j’ai récemment ajoutée à ce blog,  je tiens à vous présenter un roman admirable qui m’a tout particulièrement marquée, celui de Valentine Goby « Kinderzimmer » paru en août 2013 aux éditions Actes Sud.

L’histoire, bien que fictive, nous raconte une indicible réalité, rarement évoquée dans les récits sur les camps de concentration nazis.

Sans langue de bois, avec des phrases sèches et un style où transparaît l’urgence, une ancienne déportée se remémore le quotidien vécu dans le camp de Ravensbrück. Son destin se démarque de celui de ses congénères par le fait qu’elle est enceinte, qu’elle accouchera dans ce camp de concentration et devra confier son poupon aux soins de la Kinderzimmer, sorte de pouponnière miséreuse où les nouveaux-nés franchissent rarement le seuil des 3 mois d’existence…

L’espoir véhiculé par ce roman terriblement touchant réside dans les liens de solidarité entre les déportées, la dignité avec laquelle elles font face à l’enfer et à la mort, la force de vie qui ne tarit jamais, et cela même au comble du malheur et de la barbarie humaine.

« Mila pose sa gamelle.Elle dit:
-J’ai faim, c’est pas une vie.
Et Teresa rigole:
-Ah oui? C’est quoi la vie? C’est où?
-C’est dehors dit Mila.C’est acheter du pain à la boulangerie,vendre des partitions de musique,embrasser ton père et ton frère le matin, repasser une robe, aller danser avec Lisette, faire du riz au lait…
Teresa se marre.
-Tu n’y es pas! Être vivant, elle dit, c’est se lever, se nourrir, se laver, laver sa gamelle, c’est faire les gestes qui préservent, et puis pleurer l’absence, la coudre à sa propre existence.Me parle pas de boulangerie, de robe, de baisers, de musique! Vivre c’est ne pas devancer la mort, à Ravensbrück comme ailleurs. Ne pas mourir avant la mort, se tenir debout dans l’intervalle mince entre le jour et la nuit, et personne ne sait quand elle viendra. Le travail d’humain est le même partout, à Paris, à Cracovie, à Tombouctou, depuis la nuit des temps, et jusqu’à Ravensbrück. Il n’y a pas de différence. »

Je vous invite également à regarder la vidéo interview de Valentine Goby qui nous présente son roman (lauréat de quelques prix littéraires, dont le Prix des Libraires 2014). L’auteur confie notamment s’être inspirée de rares témoignages de personnes qui ont connu la pouponnière de Ravensbrück, et même qui y sont nées  …