Ni blanc, ni noir, simplement gris…. « Les âmes grises » de Philippe Claudel

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Philippe Claudel Les âmes grises - photo Nathalie Cailteux

« Les âmes grises »

de Philippe Claudel

Editions Stock, 2003 (285 pages)

« Les salauds, les saints, j’en ai jamais vu. Rien n’est tout noir ni tout blanc, c’est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c’est pareil…T’es une âme grise, joliment grise,comme nous tous … »

« On sait toujours ce que les autres sont pour nous, mais on ne sait jamais ce que nous sommes pour les autres.« 

Vous livrer quelques citations d’un roman semble parfois plus facile et plus complet que d’en parler. J’adopte cette voie aujourd’hui pour évoquer ce très beau roman, lauréat de plusieurs prix (dont le prix Renaudot en 2003), qui commence par un fait tragique, le meurtre d’une fillette durant la première guerre mondiale en France.

Une tension dramatique sous-tend le récit décrit par le policier mêlé à cette enquête. Les personnages ayant de près ou de loin connu la fillette et subi les affres de cette époque marquée par la boucherie de la grande guerre laissent entrevoir les ombres qui tapissent le fond de leur âme.

Même le narrateur n’y échappe pas…

Le noir et le blanc ne décrivent plus la culpabilité ou l’innocence. Le monde, tout le monde est gris…

« Aujourd’hui tout est fini. J’ai épuisé mon temps et le vide ne me fait plus peur. Tu penses peut-être que moi aussi je suis un salaud, que je ne suis pas meilleur que les autres. Tu as raison. Bien sûr que tu as raison. Pardonne-moi pour tout ce que j’ai fait, et pardonne-moi surtout pour tout ce que je n’ai pas fait.« 

Roman bienfaisant ?

Un roman intelligent qui révèle la vérité sur la nature humaine. Bien que le lecteur ait toujours très envie de croire qu’un tel protagoniste est meilleur qu’un autre, Philippe Claudel bouleverse notre manière de penser et nous pousse à revoir nos conceptions manichéistes. Le roman invite à la réflexion sur soi et sur les autres, à l’empathie pour le plus grand nombre… dans ce sens, il s’agit d’un roman profondément bienfaisant !

« J’ai failli lui dire que pour moi, c’était plutôt le contraire, que la vie, j’en soupais tous les jours, et que s’il y avait eu des livres qui auraient pu m’en consoler, je me serais jeté dedans. »

 

 

 

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