Archives de Catégorie: Thème des RELATIONS FAMILIALES

Les relations au sein de la famille sont souvent chaotiques et douleureuses

Bandes dessinées pour remonter le moral

Par défaut

Les gens honnêtes de Durieux et Gibrat

« Les gens honnêtes »

de Christian Durieux et Jean-Pierre Gibrat

(Editions Dupuis, 2014-2016)

Les quatre tomes « Les gens honnêtes » m’ont tout particulièrement touchée, alors qu’habituellement, il faut l’avouer, je ne suis pas très friande de bandes dessinées. La mixité du texte et de l’image n’est pourtant pas pour me déplaire lorsque les personnages et leur démêlés se montrent attachants. Cette situation s’est précisément présentée à moi lors de la lecture de cette BD en quatre tomes.

Sur une note douce-amère, le récit en images nous entraîne dans les pérégrinations d’un quinquagénaire qui vient de perdre son emploi et se voit incapable de remonter la pente, d’autant plus que son épouse l’a quitté. Au fond du trou, il (re)découvre le monde qui l’entoure et puise ses forces dans l’amour et l’amitié. Si le premier tome nous la joue sur une note plus amère que douce, malgré de constantes touches d’humour, les trois autres tomes gagnent en optimisme. Le protagoniste reprend vaille que vaille son destin en main et la vie continue avec ses hauts et ses bas .

Une bande dessinée bienfaisante ?

L’humanité de Philippe, le protagoniste du récit, est au coeur même de ce récit tragi-comique. Le lecteur peut facilement s’identifier à ce personnage qui doit faire face à des problèmes privés et professionnels assez similaires à ceux d’un bon nombre de quinquas : retrouver un emploi après 50 ans, supporter les difficultés rencontrées par ses enfants adolescents, gérer sa propre situation amoureuse, s’occuper de ses parents vieillissants…

Bien entendu, certaines situations peuvent sembler rocambolesques, mais lorsque la dernière page est tournée, nous avons l’impression d’avoir cheminé longtemps avec Philippe au travers de déboires et de moments de bonheur tout à fait réalistes.

L’humour, remède miracle

Les touches d’humour pleuvent tout au long du récit et nous attendrissent sur le miroir des petits et grands tracas du quotidien. Le protagoniste boit aux sources de l’amour et de l’amitié qui lui tendent des perches pour se relever…

Même si ces perches ne sont pas toujours hum hum les plus adéquates ….  🙂 n’est-ce pas ?

Extrait du tome 2 « Les gens honnêtes »

Bande dessinée – littérature ?

La bande dessinée a l’avantage de toucher un large public. Les écrits, plus courts, sont facilement compréhensibles parce que supportés par des images. Textes et images captent plus vite l’attention du lecteur dont les yeux parcourent rapidement la page et s’accrochent facilement sur le fil d’un récit.

Or ces caractéristiques donnent souvent lieu aux préjugés que tente de définir Jacques Dürrenmatt dans son ouvrage « Bande dessinée et littérature » paru aux Editions Classiques Garnier en 2013

Selon l’auteur, les a priori fustigeant la bande dessinée reposent sur quatre points  : 1) ce genre littéraire se lirait trop rapidement 2) les descriptions relèveraient uniquement des images plutôt que du texte 3) le texte serait appauvri au profit d’une surenchère d’onomatopées et de signes expressifs comme les points d’exclamation etc. 4) la bande dessinée serait incapable de retranscrire les émotions des personnages.

Prenons ces points l’un après l’autre au regard de la bande dessinée de Durieux et Gibrat.

Lecture rapide :

Lire rapidement une histoire ne constitue pas vraiment un inconvénient ou un défaut de qualité. Au contraire, savoir qu’il ne faudra pas se concentrer plus de deux heures peut inciter celui qui ne veut pas y accorder trop de temps, à se plonger malgré tout dans le récit.

Quant aux bandes dessinées de Durieux et Gibrat, la lecture d’un ou deux tomes enjolivera facilement toute une soirée et redonnera du baume à l’âme au lecteur épuisé par ses soucis du quotidien.

Descriptions par l’image et non par le texte :

Certes, les images prennent une place très importante dans les bandes dessinées, mais c’est leur agencement qui en font des images vivantes et captivantes et c’est le texte ou l’absence de texte qui les colore et souligne leur qualité descriptive.

Les images des bandes dessinées de Durieux et Gibrat dépeignent avec justesse l’émotion que veut nous communiquer leurs auteurs. Mais c’est avant tout le texte qui nous permet de percevoir l’ampleur de ces émotions.

Texte apprauvri par un trop-plein d’onomatopées et de signes expressifs

La BD recourt à ces moyens d’expression sonore pour éviter les petites formules qui lient les phrases d’un texte que sont par exemple : « il s’écria », « gémit-il », « la voiture vrombit »… Les images constituent le support par lequel les parties du récit sont reliées entre elles. Les sons qui les ponctuent rendent ces images plus réalistes et vivantes.

La bande dessinée se définit comme un heureux mariage entre images et textes. Grâce aux images, le texte n’est pas appauvri, il devient simplement plus minimaliste. Un simple mot suffit à faire rire, ce qui serait plus difficile sans images.

La plupart des bandes dessinées revendiquent cette qualité, celles de Durieux et Gibrat ne font pas exception.

Incapable de retranscrire les émotions des personnages

S’il existe une époque qui se caractérise par une surabondance d’images, c’est bien la nôtre. Les multiples appareils de communication à notre disposition rivalisent de petites icones pour communiquer un sentiment ou une pensée. Les smileys envahissent la majorité de nos courriels pour transmettre en quelques clics l’émotion qui nous submerge. Alors que dire des dessins représentés avec art par les auteurs de bandes dessinées ?

En tous cas, les bandes dessinées de Durieux et Gibrat ne m’ont pas laissée indifférente et le partage d’émotions était bien présent en lisant les quatre tomes.

Conclusion

La bande dessinée constitue un genre littéraire particulier qui traduit des sentiments via ses propres canaux. Tout comme le roman, elle dispose d’atouts pour inviter le lecteur à adopter une perspective différente face à certaines difficultés, voire pour comprendre une situation donnée et/ou se sentir moins seul(e).

Certes, son abord peut apparaître plus aisé que celui d’un roman. Cela n’en fait pas pour autant un genre littéraire de moindre valeur.

En outre, une bande dessinée peut également se présenter comme une lecture bienfaisante, à condition toutefois qu’elle remplisse les mêmes conditions qu’un roman bienfaisant pour le lecteur qui doit pouvoir y trouver les outils nécessaires pour surmonter les aléas de son existence…

Bonnes lectures à toutes et tous !

Hommage littéraire pour les mamans

Par défaut

« La promesse de l’aube » de Romain Gary

(Editions Gallimard, 1973, aussi en poche et en audio)

Ce roman « inspiré d’éléments autobiographiques », mais non autobiographique, met en lumière l’amour maternel inconditionnel et passionné de celle qui fut la mère de l’auteur-narrateur. Le récit présente cette maman comme une femme dévouée corps et âme à son fils qu’elle imagine prédestiné à un avenir prometteur .

La signification du titre « La promesse de l’aube » ?

« Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. »

La mère de l’auteur adore son fils plus que tout et elle est totalement convaincue qu’il deviendra un grand homme, un célèbre artiste ou diplomate qui séduira toutes les femmes. Elle le proclame haut et fort sur tous les toits, au grand dam de son jeune fils, bien souvent embarrassé par ces élans d’enthousiasme.

Elle se sacrifie et s’épuise dans diverses tâches pour qu’il puisse manger à sa faim et poursuivre toutes les études et formations artistiques dont elle le croit capable.

« Il n’est pas bon d’être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ça vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c’est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. »

Peut-on reprocher à une maman ce trop plein d’amour ?

C’est la question que semble se poser continuellement l’auteur au souvenir des marques de tendresse et d’amour passionné de sa mère.

Certes, le fait d’avoir bénéficié de cet amour inconditionnel depuis son plus jeune âge lui complique la vie, car l’amour des autres femmes souffre inévitablement de la comparaison.

« Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d’amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n’y a plus de puits, il n’y a que des mirages. Vous avez fait, dès la première lueur de l’aube, une étude très serrée de l’amour et vous avez sur vous de la documentation. »

Selon lui, l’amour d’une mère devrait se diriger vers plusieurs personnes au lieu de se focaliser sur un seul être. Le narrateur tentera d’ailleurs de trouver un compagnon à sa mère.

« Je ne dis pas qu’il faille empêcher les mères d’aimer leurs petits. Je dis simplement qu’il vaut mieux que les mères aient encore quelqu’un d’autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je n’aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine.”

Mais doit-on comparer l’amour maternel à un morceau de fromage dont chaque part devient de plus en plus petite en fonction du nombre croissant d’amateurs ? Ou faut-il plutôt voir cet amour comme une entité indivisible qui grandit au fur et à mesure que les êtres à aimer se multiplient ?

Reconnaissance et hommage à l’amour maternel

Les questionnements du narrateur constituent finalement des moyens efficaces pour nous rappeler que l’amour maternel, même s’il peut parfois gêner l’intéressé(e), représente un formidable atout de base et le plus fidèle compagnon de vie.

« Quelque chose de son courage était passé en moi et y est resté pour toujours. Aujourd’hui encore sa volonté et son courage continuent à m’habiter et me rendent la vie bien difficile, me défendant de désespérer. »

L’auteur utilise ici une figure de style (la méiose ?)  remplie d’humour (cfr « me rendent la vie bien difficile ») pour montrer que l’espoir, la volonté et le courage qu’il garde toujours au fond de lui proviennent en fait de sa mère.

D’ailleurs, l’auteur-narrateur n’a-t-il pas finalement atteint les objectifs visés par sa mère ? Ayant eu une brillante carrière de diplomate et obtenu le prix Goncourt à deux reprises (une fois sous le nom de Romain Gary et une autre fois sous celui d’Emile Ajar), l’auteur a réalisé toutes les promesses placées en lui par sa mère.

… même si le parcours pour y arriver ne fut pas toujours facile….

« Après avoir longuement hésité entre la peinture, la scène, le chant et la danse, je devais un jour opter pour la littérature, qui me paraissait le dernier refuge, sur cette terre, de tous ceux qui ne savent pas où se fourrer. »

L’humour comme arme

Romain Gary se moque souvent de lui-même et de ce qui lui arrive. Son humour tout au long de ce roman illumine le récit et lui confère des tonalités vivantes et authentiques. Il nous confie :

 « Instinctivement, sans influence littéraire apparente, je découvris l’humour, cette façon habile et entièrement satisfaisante de désamorcer le réel au moment même où il va vous tomber dessus. L’humour a été pour moi, tout le long du chemin, un fraternel compagnonnage; je lui dois mes seuls instants véritables de triomphe sur l’adversité. Personne n’est jamais parvenu à m’arracher cette arme, et je la retourne d’autant plus volontiers contre moi-même, qu’à travers le « je » et le « moi », c’est à notre condition profonde que j’en ai. L’humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive. »

Pourquoi ne parle-t-on pas d’un roman autobiographique ?

« Attaqué par le réel sur tous les fronts, refoulé de toutes parts, me heurtant partout à mes limites, je pris l’habitude de me réfugier dans un monde imaginaire et à y vivre, à travers les personnages que j’inventais, une vie pleine de sens, de justice et de compassion. »

Le récit de vie du narrateur, bien que s’inspirant de faits réels, est relaté selon des modalités empruntées à l’imaginaire pour paradoxalement faire ressortir l’authenticité des émotions qui tissent l’ensemble de ces faits.

« … la création littéraire devint pour moi ce qu’elle est toujours, à ses grands moments d’authenticité, une feinte pour tenter d’échapper à l’intolérable, une façon de rendre l’âme pour demeurer vivant. »

Qu’est-ce qui est réel ?

Romain Gary est né en 1914 sous le nom de Roman Kacew. Il a séjourné plusieurs années à Wilno, ville russe devenue polonaise après la première guerre mondiale avant de devenir par la suite la ville de Vilnius en Lituanie. Après le départ de son père, sa mère et lui sont partis vivre quelques années à Varsovie avant de s’installer à Nice à partir de 1928. Car la France est un pays que la mère de Romain idéalise et dans lequel elle place toutes les ambitions pour son fils. Celui-ci obtient une licence de droit en 1938 tout en se formant à une carrière militaire. Il rejoindra par la suite les forces aériennes françaises libres durant la seconde guerre mondiale. Après la guerre, il entamera une carrière diplomatique au service de la France et deviendra un écrivain de renom .

Ayant publié des écrits sous plusieurs pseudonymes, Romain Gary est le seul auteur qui a remporté deux fois le prix Goncourt, d’abord pour Les racines du ciel en 1956 sous le nom de Romain Gary, et ensuite pour La vie devant soi en 1975 sous le pseudonyme de Emile Ajar (le nom « Ajar » qui signifie « braise » se réfère au nom d’actrice de sa mère).

ll faut dire que Romain Gary aime jongler avec les mystères et se jouer de ce que nous nommons « la réalité ».

Dans La promesse de l’aube, de nombreux éléments sont véridiques, mais des ingrédients imaginaires s’y mélangent pour contribuer à l’authenticité des émotions et des sentiments que souhaite nous partager l’auteur.

L’importance de la réalité dans la narration ?

Ma curiosité et mes recherches m’ont amenée à découvrir que malheureusement le point d’orgue final du roman n’était pas conforme à la réalité.

Et puis après ? Quelle importance ?

Cette donnée ne retire en rien le plaisir de cette lecture que je recommande à plus d’un titre. Le témoignage d’amour maternel, objectif premier et essentiel de ce récit, reste, quant à lui, authentique. C’est ce témoignage qui enrichit la narration et fait réfléchir le lecteur tout en l’émouvant jusqu’aux larmes.

« Je n’ai jamais imaginé qu’on pût être à ce point hanté par une voix, par des épaules, par un cou, par des mains. Ce que je veux dire, c’est qu’elle avait des yeux où il faisait si bon vivre que je n’ai jamais su où aller depuis. »

Joyeuse fête des mères !!!

 

Roman coach sur la manipulation perverse

Par défaut

Roman coach sur la manipulation au sein du couple

Le courage de partir, Barbara Kaufmann, roman coach Barbara Kaufmann, Le courage de partir, roman coach

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le roman coach : édition spéciale

 

La collection Roman Coach des Editions ESI a publié en mai 2018 le roman de

Barbara Kaufman « Le Courage de partir »,

un récit de 250 pages suivi d’un dossier de conseils pour sortir de l’emprise néfaste d’un conjoint manipulateur.

 

Récit d’une femme manipulée

Le lecteur entre dans la vie d’apparence heureuse de Jeanne, femme mariée, mère de deux enfants, travaillant dans une maison d’édition et toujours amoureuse de son époux. Pourtant au fil du récit, le beau rêve s’avère une toute autre réalité. Jeanne étouffe dans sa vie et son mal-être se transmet aussi à ses enfants. Elle s’interroge sur le comportement nocif de son mari. Serait-il à l’origine de ses tourments et de l’ambiance chaotique de la famille ?

 

Coaching pour quitter un pervers narcissique

Le dossier coaching qui suit le récit révèle les techniques de manipulation d’un pervers narcissique, principalement au niveau du couple. Des schémas apportent un éclairage sur les facettes de la manipulation, sur les niveaux de pathologie (petit manipulateur, manipulateur sévère à pervers narcissique ordinaire, pervers pathologique), sur les techniques de manipulation les plus courantes (dévalorisation, déstabilisation, isolement, etc.), sur les émotions et souffrances récurrentes, etc. De nombreux conseils sont apportés pour échapper à l’emprise malfaisante d’un conjoint ou d’une conjointe et trouver la voie d’une guérison intérieure.

 

Que penser du roman coach ?

J’avoue que ce roman coach a été une belle surprise. D’emblée cet ouvrage annonce la couleur de son objectif : coacher le lecteur vers un chemin de guérison. Le but n’est pas ici de faire de la grande littérature, mais plutôt d’écrire une fiction pour éclairer en connaissance de cause les côtés obscurs des relations humaines et trouver une sortie de secours pour celle ou celui qui les subit.

La visée thérapeutique du récit est clairement annoncée.

Et user de ce merveilleux outil qu’est le conte ou la fiction permet de se documenter agréablement sur le sujet.

Toutefois, contrairement à certains romans qui suivent le même objectif, mais avec peu de subtilité ou moins de franchise, cet ouvrage n’affiche pas d’arrière-goût insipide. Le récit joue sur la corde du suspense sans trop donner dans le format du roman de développement personnel. La lecture reste agréable et éveille l’empathie.

Par ailleurs, les conseils donnés dans la partie du dossier semblent judicieux et soulèvent le voile sur des comportements néfastes, tout en donnant des pistes pour s’y soustraire, voire pour aider un proche à se détacher d’une telle emprise.

 

Récit bienfaisant ?

« Le Courage de partir » de Barbara Kaufman est une fiction orientée coaching, mais une fiction tout de même, qui non seulement permet à de potentielles victimes de ne plus se sentir seules, mais leur apporte aussi dans le détail un programme pour améliorer leur vie.

 

Et vous ?

Avez-vous déjà lu de tels romans qui affichent clairement leur objectif coaching ? Qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à me faire parvenir vos témoignages.

 

 

ROMAN CHORAL pour aborder une thématique complexe

Par défaut

« Ainsi résonne l’écho infini des montagnes »

Khaled Hosseini

Traduction française par Valérie Bourgeois « And the Mountains Echoed »

(Editions Belfond (2013), France Loisirs (2014), 10×18 (2014), Audiolib (2014) – lu par Mathieu Buscatto)

 

Après le fameux « Les Cerfs-Volants de Kaboul » (2005) et « Mille soleils splendides » (2007), l’auteur américain d’origine afghane Khaled Hosseini nous revient avec un roman choral profondément touchant, dont le titre s’inspire d’un poème de William Blake « Chanson de Nourrice ».

L’histoire de « Ainsi résonne l’écho infini des montagnes »  débute dans un petit village afghan vers 1950, lorsqu’un garçon de dix ans, Abdullah, et sa soeur chérie de trois ans, Pari, sont séparés l’un de l’autre, car leur père a pris la décision de confier son unique fille aux bons soins d’une famille fortunée de Kaboul. Cette douloureuse séparation est à l’origine de ce récit fleuve qui emmène le lecteur au travers du prisme historique de la seconde moitié du 20e siècle depuis l’Afghanistan jusqu’en France, en passant par les Etats-Unis et une petite île grecque. Tour à tour divers personnages plus ou moins liés avec la fratrie confient directement ou indirectement leur cheminement et leurs émois, apportant ainsi leur pierre à l’édifice de cette narration qui navigue subtilement et justement dans les profondeurs de l’âme humaine.

« Quand on a vécu aussi longtemps que moi, on constate que la cruauté et la bienveillance ne sont que des nuances d’une même couleur. »

« On gagne à faire preuve d’humilité et de charité au moment de juger le coeur d’autrui. »

« C’est drôle, Markos, mais les gens se trompent souvent. Ils pensent vivre en fonction de ce qu’ils veulent. Mais ce qui les guide, en fait, c’est ce dont ils ont peur. Ce qu’ils ne veulent pas. »

La thématique complexe et récurrente des relations familiales constitue le fil conducteur du récit. A plusieurs reprises, la narration adopte la perspective d’un personnage en proie à une certaine culpabilité envers un proche handicapé, faible ou malheureux pour lequel il fait pourtant preuve de dévouement.

Le sujet de l’adoption est également abordé avec des conséquences positives ou négatives selon le degré de générosité et d’amour avec lequel l’enfant est pris en charge.

La maladie, le handicap, la vieillesse et la mort rythment les divers angles de la narration, apportant avec eux leur lot de peines, mais également des élans de courage, de soutien et d’affection.

« L’acceptation qui a pris forme lentement au fil des ans, comme les rochers d’une falaise sculptés par les assauts répétés des marées. »

Enfin, l’auteur dresse le tableau de son pays, l’Afghanistan, en rappelant les souffrances et les injustices subies par ses habitants durant les dernières décennies.

« Que vous dire, monsieur Markos, des années qui ont suivi? Vous connaissez bien l’histoire récente de ce pays assiégé. Il est inutile que je ressasse pour vous une période si sombre (…).
Je peux la résumer en un mot: la guerre. Ou plutôt, des guerres. Pas une, pas deux, mais de multiples guerres, à la fois grandes et petites, justes et injustes, avec sans cesse des acteurs différents dans les rôles des bons et des méchants – ou supposés tels -, chaque nouveau héros vous rendant de plus en plus nostalgique de l’ancien félon. Les noms changeaient, tout comme les visages, et je crache sur chacun d’eux sans distinction (…) »

Roman bienfaisant ?

Lorsqu’un auteur décrit avec autant de talent les ressorts de l’âme humaine, lorsqu’il parle de l’existence humaine, non pas avec les deux seules nuances que sont le blanc et le noir, mais avec une palette infinie de couleurs qui résonnent en nous…. comme l’écho infini des montagnes...alors oui, il s’agit d’un roman bienfaisant qui évoque sans parti pris des sentiments connus et ancrés dans nos vies.

« Il inventait des histoires. Comme ça, sur-le-champ. Il dévoilait alors une propension à l’imagination et au rêve qui surprenait toujours Abdullah. Leur père ne lui semblait jamais plus présent, plus vivant, plus à nu et plus sincère que lorsqu’il s’exprimait ainsi, comme si ses contes étaient autant de minuscules fenêtres ouvertes sur son monde opaque et impénétrable. »

 

 

Secrets de famille sous la surface lisse du lac

Par défaut

« SUMMER » de Monica Sabolo

Editions JC Lattès (2017)

 

La journaliste et écrivaine française Monica Sabolo signe un beau roman d’ambiance s’inspirant de l’atmosphère oppressante des récits de la romancière américaine Laura Kasischke.

Au cours d’un pique-nique entre amies près du Lac Léman, une jeune fille Summer se volatilise en s’enfuyant dans les fougères. Elle ne reparaîtra plus.

Vingt-cinq ans plus tard, cette douloureuse disparition vient perturber son frère cadet Benjamin qui confie ses souvenirs à un médecin psychiatre. Le récit, dont Benjamin est le narrateur, fait des allers-retours entre l’avant et l’après de cet été fatidique pour tenter d’en retrouver un sens.

« Son départ semblait confirmer le message de l’univers: les gens disparaissent de nos vies, c’est ainsi que cela se passe. Certains sont là pour toujours, d’autres, généralement ceux que vous aimez le plus, se volatilisent les uns après les autres, sans explication, ils sont là ensuite ils ne le sont plus, et le monde poursuit sa route, indifférent, à la façon d’un organisme primaire constitué d’eau et de vide se propulsant dans un espace également constitué d’eau et de vide, ou d’un cœur aveugle, translucide, entièrement dédié à sa pulsation. »

L’évocation des eaux stagnantes et obscures du lac revient sans cesse dans le récit comme une métaphore récurrente de l’inconscient collectif duquel émergent les angoisses de Benjamin. La surface lisse du lac reflète le vernis social qui a étouffé non seulement l’ampleur de la tragédie, mais également les émotions contre lesquelles ses parents semblent s’être battus. Mais sous cette surface, le narrateur patauge et se noie dans les profondeurs obscures de l’âme humaine.

« C’est ainsi que cela a toujours été, dans le monde de mes parents : le vernis social et de politesse étouffe les émotions, comme des insectes dans un bocal de verre. »

« Je me penche au-dessus du muret, mon visage se reflète dans l’eau sombre. Le clapotis contre la pierre, une histoire murmurée à mon oreille, entre des draps. Il y a des ombres, juste sous la surface.« 

Roman bienfaisant ? 

Dans  qui figurait en lice du Prix Goncourt 2017, l’auteur explore les secrets de famille en s’insinuant dans l’esprit perturbé du fils cadet qui poursuit sa quête de réponses et s’interroge sur la vie de ses parents et de sa soeur.  Le lac Léman se transforme en une vision métaphorique de l’âme humaine dans laquelle suffoque et se noie l’esprit du narrateur. Qu’est-il arrivé à sa soeur ?  Kidnappée ? Noyée ? Partie ?

Pourquoi ses parents ont-ils réagi de la sorte ?

Les phrases joliment tournées de ce récit renvoient à des émotions et des interrogations qui nous parlent, surtout lorsqu’il s’agit de vouloir donner un sens à l’attitude de nos proches.

Certaines questions restent sans réponse, car l’existence n’est pas toujours capable d’en donner.

« Le secret c’est de raconter une histoire à laquelle les gens ont envie de croire, n’importe laquelle. Les hommes ne veulent pas savoir, ils veulent croire, une fois que vous avez compris ça…« 

Si vous aimez les thrillers psychologiques, n’hésitez pas à vous plonger dans cette histoire qui vous tiendra en haleine et fera probablement écho à certains ressentis.

Pour compléter cette chronique, je vous invite à écouter ci-après une interview de Monica Sabolo au sujet de son roman :

 

 

 

 

Se reconstruire suite à des blessures familiales…

Par défaut

 

« DELIVRANCES » de Toni Morrison

« God Help the Child » Trad. française par Christine Laferrière

Ed. Christian Bourgeois (2015) – Audiolib (2016)

 

La grande romancière afro-américaine, Toni Morrison (née en 1931 !) a écrit une histoire qui aborde de façon condensée ses thèmes fétiches : le racisme envers les gens de couleur aux USA, l’enfance et la famille, le mal-être et la renaissance grâce à l’amour.

Lorsque Lulla vient au monde, sa couleur très noire choque ses parents mulâtres. Son père quitte le foyer et sa mère l’élève sans véritable amour.  Devenue une belle jeune femme, elle a changé de nom et fait carrière dans les cosmétiques. Un jour, elle décide de réparer une faute commise dans son enfance vis-à-vis d’une personne qu’elle a condamnée à la prison dans le seul but de conquérir l’amour de sa mère. Au même moment, sa relation amoureuse vacille. Son amant Booker tente lui aussi d’échapper aux traumatismes de son enfance…

Les chapitres se succèdent rapidement et entremêlent les points de vue narratifs : celui de Lulla, de son amant Booker, de sa mère, de sa meilleure amie, etc. Le style d’écriture de Toni Morrison contient des ingrédients du « réalisme magique » où certains éléments surnaturels mineurs pénètrent dans la réalité familière. Ainsi par exemple, Lulla voit-elle son corps de femme redevenir celui d’un enfant.

Roman bienfaisant ?

Une vie qui débute sans amour ne peut se racheter que grâce à l’amour, non seulement l’amour qu’on reçoit, mais aussi celui qu’on apprend à donner à autrui. C’est en quelque sorte le message de Toni Morrison. Et son récit en est porteur. La plume originale et succincte de l’auteure sonne juste, le déroulement des pensées des divers protagonistes démontre une vision mâture de l’âme humaine. Ce roman, proche du récit initiatique, s’achève sur une note optimiste bienfaisante.

Ci-dessous l’interview de Christine Laferrière qui a traduit le roman en français et nous parle de cet ouvrage …

 

 

UN NOUVEAU SITE VIENT DE NAÎTRE,

IL S’AGIT DU PENDANT ANGLAIS DE LIREPOURGUERIR

« READTOHEAL« 

Le dernier article parle  du roman de Kathryn Stockett « The Help »
qui évoque aussi le racisme noir/blanc dans la société américaine

Sous le sapin : des romans ADOS bienfaisants

Par défaut

 

Interview exclusive du Père Noël !

Lors d’une interview exclusive, le Père Noël m’a avoué : « Je suis un grand lecteur. Grâce aux livres, je m’évade, je me cultive, j’ouvre mes pensées à autrui, je découvre d’autres perspectives, d’autres façons de voir et de sentir les choses, je me rassure aussi lorsque le livre mets des mots sur des sentiments que j’ai du mal à percer…« .

Après un temps de réflexion, il sourit et dit  « Invitons nos jeunes à découvrir ou à redécouvrir ce plaisir afin qu’ils puissent, eux aussi, profiter des bienfaits de la lecture !« 

De fait, sa hotte magique regorge de petits paquets rectangulaires…

Parmi les livres qu’il conseille tout particulièrement à la jeunesse de 13 ans et plus, j’en retiens quelques-uns, notamment trois ouvrages faisant partie d’une sélection d’oeuvres pour un prix littéraire décerné par un jury d’adolescents : le Prix Farniente.

Ma fille qui participe depuis deux ans à ce jury, a validé le choix du Père Noël.

 

« Quelqu’un qu’on aime » de Séverine Vidal

Matt, jeune père d’une fillette de 18 mois, et son grand-père touché par la maladie d’Alzheimer partent tous les trois en voyage sur les routes à bord d’un grand van. lls acceptent d’emmener avec eux un adolescent en fugue, ainsi qu’une jeune femme qui a décidé de tout plaquer. Le road movie est prétexte pour décortiquer les relations qui se nouent entre les personnages. Un livre drôle, émouvant et plein d’espoir !

Editions Sarbacane (2015) – 288 page

 

« Les petits orages » de Marie Chartres

Rencontre entre un jeune garçon, paralysé à la jambe suite à un accident dont il se sent responsable, et un Indien de la réserve de Pine Ridge. Leur amitié se joue sur l’acceptation de leur fragilité et différence respectives. Cette belle histoire évoque le thème de la culpabilité et la façon d’y remédier en continuant à vivre !

Editions L’Ecole des Loisirs  (2016) – 278 pages 

 

 

« Très vite ou jamais » de Rita Falk

Un accident de moto plonge un adolescent dans le coma. Son meilleur ami Jan lui écrit des lettres dans lesquels il lui décrit les événements de la vie qui s’écoulent durant son absence, dans l’espoir que celui-ci puisse retrouver le fil de son histoire une fois réveillé. Mais plus le temps passe, plus le désespoir gagne les proches de l’adolescent. Ce livre aborde les thèmes de l’amitié, de la loyauté, du deuil.

Editions Magnard (2016) – 224 pages 

 

« Ne changez pas son nom. Il est le dernier des nôtres »

Par défaut

« Le dernier des nôtres »

de Adélaïde de Clermont-Tonnerre

 

Editions Grasset (2016) – Grand Prix du roman de l’Académie française 2016
Le Livre de Poche (2017) – Audiolib (2017)

 

Ce très beau roman se déroule sur deux époques et dans deux lieux différents.

Le premier récit commence à Manhattan au début des années 70, lorsqu’un jeune homme, Werner, tombe amoureux d’une jeune femme belle, riche et énigmatique;

Le second récit a lieu à Dresde à la fin de la guerre lorsque sous les bombardements, une femme meurt en accouchant d’un bébé dans d’atroces souffrances.

Bien entendu, les deux récits ont un dénominateur commun, il s’agit du « dernier des nôtres« , et le lecteur découvrira petit à petit les liens qui sous-tendent ces deux intrigues, en particulier lorsque le passé méconnu des origines de Werner fera surface d’une façon tout à fait inattendue.

Sous les traits d’une oeuvre romantique à suspense, l’auteur nous plonge dans les méandres de la grande Histoire en évoquant les tragédies et les horreurs de la seconde guerre mondiale. Elle revient sur les conséquences de ces drames sur le long terme, notamment au sein des familles concernées.

Le thème de la culpabilité familiale est au coeur de la narration et noue en quelque sorte les deux intrigues.

Dans l’interview de la version Audiolib du roman, l’auteur Adélaïde de Clermont-Tonnerre s’interroge « Est-on coupable des actes de nos parents ? ». La réponse ne semble pas si évidente, et la façon dont nous agissons est parfois, bien malgré nous, imprégnée du passé de nos aïeux.

Et c’est en raison de ce poids de culpabilité familiale que les deux jeunes protagonistes affronteront les affres d’un amour très contrarié.

Roman bienfaisant ?

Il s’agit d’abord d’un superbe moment d’évasion, écrit, comme le souhaitait l’auteur, avec une plume fluide et captivante.

Dans ce sens, le roman  est déjà bienfaisant puisqu’il permet d’oublier ses soucis personnels.

Mais cette histoire ouvre également la réflexion sur les liens qui se tissent entre le passé, le présent et le futur et sur le besoin de chacun de découvrir ses origines pour mieux se connaître.

Notons aussi qu’au-delà de la tragédie et des péripéties des protagonistes, certaines lueurs d’espoir restent en veille, et tout particulièrement la puissance des liens d’amitié qui facilite l’affrontement avec le sort funeste. 

Roman bonbon pour moi, je vous le recommande et vous promet un excellent moment de lecture !

 

Anorexie et culpabilité familiale … SOBIBOR…

Par défaut

« SOBIBOR » de Jean Molla

Editions Gallimard Jeunesse (2003)

version poche chez Folio (2011)

 

« Sobibor« , dont le titre fait référence à un camp d’extermination durant la seconde guerre mondiale, est un roman pour la jeunesse, écrit de façon à ménager les effets sur le jeune lectorat qui peut ainsi prendre plus facilement du recul face aux thématiques abordées.

En effet, le récit se veut polyphonique : deux points de vue s’y succèdent en alternance, celui d’une jeune fille de notre époque souffrant d‘anorexie et celui d’un  ancien collaborateur des SS qui raconte son expérience en tant que membre organisateur d’un camp de concentration nazi.

Résumé de l’intrigue

Emma, la narratrice, est une adolescente anorexique. Son récit débute lorsqu’elle commet un délit de vol. Elle nous raconte sa maladie et revient sur les événements qui l’ont provoquée. Une nuit, elle a surpris sa grand-mère prononçant dans son sommeil d’étranges mots comme « Sobibor ».   L’adolescente suspecte un terrible secret en découvrant l’origine du mot « Sobibor ». Après le décès de sa grand-mère, elle tombe par hasard sur le journal intime d’un certain Jacques, ancien collaborateur français à la solde de l’Allemagne nazie et chargé de veiller au bon fonctionnement du camp « Sobibor ».

Je n’en dirai pas plus …

Roman pour la jeunesse

Un cours en ligne très intéressant sur la littérature de jeunesse (que je recommande vivement à tous les amateurs du genre lorsque ce cours en ligne sera proposé une seconde fois) m’a permis de détecter dans ce roman des caractéristiques propres à la littérature de jeunesse, notamment

  • des remarques explicatives concernant des faits ou personnages historiques du 20ème siècle, ainsi que la traduction de termes polonais ou allemands.
  • le JE narrateur aussi bien du point de vue de l’héroïne adolescente qui est la narratrice principale, que du point de vue du collaborateur SS qui raconte son récit dans un journal intime
  • un récit polyphonique, avec une perspective principale juvénile et une certaine distanciation dans le temps (journal intime datant de plus de 50 ans),
  • l’auteur n’entre pas dans les détails trop sordides

Roman bienfaisant ?

L’extermination des Juifs par les nazis y est relatée par le prisme des « méchants », chose moins courante, mais qui rend l’approche intéressante et soulève des réflexions sur le sens de la culpabilité et de la responsabilité dans les atrocités commises.

La Shoah est abordée par le biais de l’anorexie dont souffre la narratrice adolescente, ce qui crée un parallèle visuel entre les corps décharnés des prisonniers des camps nazis et ceux des personnes anorexiques.

Très beau roman, plein de mérites et qui plaira à tout public. L’évocation de sujets lourds, comme l’anorexie et les camps de concentration nazis, est facilitée par les moyens littéraires mis en oeuvre pour la jeunesse.

Mais notons que ces moyens permettent également une meilleure appréhension des thématiques par les adultescar il faut l’avouer, nous les adultes, réfléchissons parfois de façon étroite et puérile face à des problèmes mal connus…

 

Les pommes, toujours les pommes… « A l’orée du verger » de Tracy Chevalier

Par défaut

img_6261

« A l’orée du verger » de Tracy Chevalier

Editions La Table Ronde / Quai Voltaire 2016

Traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff

Le récit se déroule en Amérique entre 1830 et 1860 et relate les déboires d’une famille de colons venus s’installer dans l’Ohio au coeur du Black Swamp, un terrain marécageux où ils essaient de cultiver des pommiers. Aux difficultés économiques de leur situation précaire et solitaire s’ajoutent les malheurs qui frappent leur famille (décès d’enfants, alcoolisme) et surtout les relations de plus en plus tendues entre le père et la mère. Un jour, tout bascule et Robert, le petit dernier, s’enfuit du Black Swamp pour trouver refuge ailleurs et oublier son passé. Il traverse le pays d’est en ouest, cherche sa voie et devient assistant botaniste chargé d’envoyer des graines et plants d’arbres géants vers le vieux monde.

La passion pour les arbres est le fil conducteur de ce très beau roman qui mêle suspense et faits/personnages historiques au thème universel de la complexité des relations familiales.

Roman bienfaisant ?

Roman passionnant qui retient très vite l’attention du lecteur. L’auteur superpose plusieurs angles de narration tout en y insérant le genre épistolaire. La passion pour les arbres et pour la culture des pommiers transcende le récit et lui donne une saveur bien appropriée à ces mois d’automne.

Mais le côté bienfaisant du roman vient surtout du thème abordé : les relations familiales chaotiques à l’origine de sentiments de frustration, de culpabilité, de jalousie et de haine. Ces sentiments marquent beaucoup de familles et le lecteur sera soulagé de les reconnaître ailleurs que chez les siens.

Les arbres font figure de métaphores dans l’exploitation du thème abordé. Ils sont toujours présents aux moments clés de l’histoire et Robert retrouve parmi eux une sorte de sérénité, bien qu’il leur reconnaisse un statut tout à fait différent de celui de l’être humain …..

img_6284