En passant

 

« QUAND ON LIT,

ON N’EST JAMAIS SEUL »

 

Chère lectrice, cher lecteur,

 

 

Vous êtes à la recherche d’une lecture réconfortante ? 

En parcourant le menu du blog,

vous trouverez certainement le livre qui apaisera votre peine

 

Vous voulez un conseil de lecture personnalisé et gratuit ?

N’hésitez pas à prendre contact avec moi en remplissant

CE QUESTIONNAIRE DE BIBLIOTHERAPIE

 

Vous souhaitez partager votre rencontre avec un roman bienfaisant ?

Votre lien sera mentionné dans l’INTRODUCTION

 

N’hésitez pas à me contacter pour me proposer votre roman bienfaisant :

deslivrespourguerir@gmail.com

« Quand on lit, on n’est jamais seul »

Publicités

Danser au bord de l’abîme

Par défaut

« Danser au bord de l’abîme »

de Grégoire Delacourt

Editions Jean-Claude Lattès (2017) et version Audiolib

 

Grégoire Delacourt a le don de mettre avec justesse des mots sur des ressentis féminins. Après le roman « La liste de mes envies« , paru en 2012, la preuve en est encore cet ouvrage publié le 2 janvier 2017.

Dans « Danser au bord de l’abîme« , l’auteur se glisse dans la peau d’une femme de quarante ans, mariée, trois enfants qui croise un jour les yeux d’un homme dans une brasserie. Le désir la fait vibrer, la fait danser, mais le risque de tout perdre est grand. Prendra-t-elle ce risque ?

Roman bienfaisant ? 

Je reprends ici les paroles de Grégoire Delacourt lors d’une interview par Dana Philp qui est reprise sur son site internet 

 « Outre le fait de nous divertir, de nous faire réfléchir, frissonner, rêver, [la littérature] a pour but l’analyse des conséquences. Elle est ce recul, ce point de vue différent sur les choses de la vie ».

Dans le récit, l’auteur met la narration en parallèle avec le conte de la chèvre de Monsieur Seguin qui a préféré, au péril de sa vie, ressentir les frissons de la liberté et de l’indépendance plutôt que de passer sa vie dans la maison sécurisante de son maître.

Il ne faut toutefois pas considérer cette histoire comme moralisatrice. Le lecteur est bien conscient que quelles que soient les conséquences, la protagoniste n’aurait pas pu choisir une autre voie. Et c’est précisément en raison de cette impossibilité de choix « raisonnable » que le côté bienfaisant de ce roman prend toute sa dimension.  L’histoire permet en quelque sorte de se libérer d’un sentiment de culpabilité, voire de le ressentir à distance à travers les expériences de la protagoniste pour ensuite le surmonter.

Les uns diront : « Le présent est la seule certitude, la seule île possible dans le vide. C’est là que nous devons vivre. »

Les autres ajouteront : « Faut-il vivre les choses alors qu’il est aussi beau de les rêver ? »

La protagoniste, elle, nous confiera : « Ma mère s’était sacrifiée, elle avait préféré la prudence de la paix à la fureur des chagrins d’amour. Elle avait plongé dans les livres plutôt que dans les bras des hommes.« 

Mais était-ce réellement un sacrifice ???

 

Quand la pâtisserie donne sens à la vie…

Par défaut

« Les délices de Tokyo » de Durian Sukegawa

Editions Albin Michel (2016) – traduction par Myriam Dartois-Ako

Livre de Poche (2017) – Lauréat du Prix des Lecteurs 2017

Roman adapté au cinéma par Naomi Kawase

 

Au Japon, Sentaro confectionne et vend des dorayakis, une pâtisserie japonaise à base de haricots rouges. Il a accepté ce travail pour rembourser une dette, mais ne prend aucun plaisir à son travail. Un jour, une vieille dame lui propose son aide. Malgré lui, il reconnaît qu’elle a le mérite de réaliser une excellente pâte à dorayakis qui attire de plus en plus de clients, parmi lesquels beaucoup de jeunes étudiantes. La vieille dame tissera des liens d’amitié avec l’une d’entre elles.

Sa façon lente et conscencieuse de préparer la pâte contraint Sentaro à apprendre la patience, l’écoute de l’autre et la puissance des choses simples. Pourtant, la vieille dame cache un lourd secret qui l’obligera à mettre un terme à leur collaboration.

Ce lourd secret, je ne vais pas vous le livrer ici, mais sachez qu’il souligne la peur de la différence et l’intolérance du monde vis-à-vis de cette différence.

Roman bienfaisant ?

Ce récit tout en poésie rappelle le plaisir des petites choses comme la confection d’une pâtisserie ou l’observation de la beauté des feuilles d’un arbre. L’histoire respire cette pleine conscience du temps présent et encourage le lecteur à en profiter également. Cette attitude débordant de générosité a aidé la vieille dame à affronter les pires difficultés que réserve parfois l’existence, notamment face à un deuil ou une séparation, ou encore lorsque le monde se détourne de vous parce que vous portez la marque d’une différence.

Je vous recommande la lecture de ce roman qui a le mérite d' »apaiser » tout en évoquant parfums et saveurs culinaires.

Thème de la différence physique : ce récit soulève des réflexions sur la différence et les conséquences désastreuses qu’elle entraîne dans la vie des personnes concernées.

Thème de la vieillesse : les personnes âgées et malades sont ici des guides spirituels qui communiquent leur sagesse aux plus jeunes.

 

Voici un aperçu du film basé sur ce roman de Durian Sukegawa :

 

 

 

Culpabilité : effet cathartique bienfaisant du thriller

Par défaut

« Le Zoo » de Gin Phillips

traduit par Dominique Haas, Editions Robert Laffont 2017

Prix Transfuge pour le meilleur polar étranger

Ce thriller palpitant retrace les angoisses et péripéties d’une mère retenue prisonnière avec son fils de quatre ans dans l’espace fermé d’un zoo qui est tombé aux mains de jeunes tueurs. Le récit relate non seulement le point de vue de la mère, mais également celui d’autres protagonistes, parmi lesquels l’un des délinquants.

Pour sauver son fils, la jeune femme est prête à tout; elle se transforme en véritable lionne et fait des choix pour lesquels elle n’aurait sans doute jamais opté dans d’autres circonstances. Ses pensées coupables sont évoquées dans le feu de l’action. Mais qu’importe ! Seule la survie de son fils compte.

« Elle pourrait en parler aux autres. Cette idée n’arrête pas de lui tourner dans la tête. Elle pourrait évoquer le bébé, elle pourrait même aller le chercher, le ramener ici, s’absoudre de ses péchés, et elle se dit qu’elle ne le fait pas parce que si on lui tirait dessus, alors que deviendrait Lincoln ? Et si la pièce n’est pas vraiment insonorisée, et si les cris du bébé attirent l’attention des tueurs, provoquant leur mort à tous ? Mais en réalité, aucune de ces raisons n’est celle pour laquelle elle se tait.« 

D’autres personnes piégées se sentent coupables d’avoir agi d’une façon plutôt que d’une autre, d’avoir  eu certaines pensées :

« Comment pourrait-elle savoir si elle le fait pour elle-même ou pour sa soeur ? Parce que dans un cas, ça fait d’elle quelqu’un de bien, et dans l’autre elle n’est qu’une égoïste. Et si elle est égoïste, alors elle a probablement tué ce garçon et sa mère.« 

Par contre, les véritables coupables, les tueurs, ne semblent pas ressentir de remords. Celui dont le narrateur suit les pensées, considère qu’il agit comme il faut et se montre assez insouciant :

« Même si les gens ont raison, même s’il est vraiment paresseux, malpoli ou égoïste, eh bien, c’est comme ça, pas vrai ? C’est génétique. Ce n’est pas un choix. Mais ça, tout le monde s’en fout. Il fait des efforts, mais ça compte pour du beurre, hein ? »

Romain bienfaisant ?

Il s’agit d’un bon thriller qui touchera tout particulièrement le coeur des mères.

Que ne ferait-on pour sauver son enfant de la mort ? 

Mais en quoi ce thriller peut-il être bienfaisant ?

J’en reviens à mon article du 15 août 2016. et à la citation de Jacques Dubois dans son ouvrage « Le roman policier ou la modernité » (1992) où il dit que « la faute de l’autre est aussi en nous, et nous serions capables de la commettre… Tel est bien, […], l’effet cathartique de toute lecture policière : à jouir de la reconnaissance du coupable, nous nous délivrons du sentiment de faute qui nous habite« .

Ici le sentiment de culpabilité ou de faute habite aussi tous les personnages, à l’exception des véritables coupables, ce qui place ces derniers dans un état d’aliénation. Leur humanité s’en trouve diminuée, voire annihilée. Les fautes des autres protagonistes sont d’autant mieux comprises par le lecteur qui peut les reprendre à son compte, et l’effet cathartique  de ce thriller se transmet par l’intermédiaire des victimes au lecteur lui-même.

 

« Ne changez pas son nom. Il est le dernier des nôtres »

Par défaut

« Le dernier des nôtres »

de Adélaïde de Clermont-Tonnerre

 

Editions Grasset (2016) – Grand Prix du roman de l’Académie française 2016
Le Livre de Poche (2017) – Audiolib (2017)

 

Ce très beau roman se déroule sur deux époques et dans deux lieux différents.

Le premier récit commence à Manhattan au début des années 70, lorsqu’un jeune homme, Werner, tombe amoureux d’une jeune femme belle, riche et énigmatique;

Le second récit a lieu à Dresde à la fin de la guerre lorsque sous les bombardements, une femme meurt en accouchant d’un bébé dans d’atroces souffrances.

Bien entendu, les deux récits ont un dénominateur commun, il s’agit du « dernier des nôtres« , et le lecteur découvrira petit à petit les liens qui sous-tendent ces deux intrigues, en particulier lorsque le passé méconnu des origines de Werner fera surface d’une façon tout à fait inattendue.

Sous les traits d’une oeuvre romantique à suspense, l’auteur nous plonge dans les méandres de la grande Histoire en évoquant les tragédies et les horreurs de la seconde guerre mondiale. Elle revient sur les conséquences de ces drames sur le long terme, notamment au sein des familles concernées.

Le thème de la culpabilité familiale est au coeur de la narration et noue en quelque sorte les deux intrigues.

Dans l’interview de la version Audiolib du roman, l’auteur Adélaïde de Clermont-Tonnerre s’interroge « Est-on coupable des actes de nos parents ? ». La réponse ne semble pas si évidente, et la façon dont nous agissons est parfois, bien malgré nous, imprégnée du passé de nos aïeux.

Et c’est en raison de ce poids de culpabilité familiale que les deux jeunes protagonistes affronteront les affres d’un amour très contrarié.

Roman bienfaisant ?

Il s’agit d’abord d’un superbe moment d’évasion, écrit, comme le souhaitait l’auteur, avec une plume fluide et captivante.

Dans ce sens, le roman  est déjà bienfaisant puisqu’il permet d’oublier ses soucis personnels.

Mais cette histoire ouvre également la réflexion sur les liens qui se tissent entre le passé, le présent et le futur et sur le besoin de chacun de découvrir ses origines pour mieux se connaître.

Notons aussi qu’au-delà de la tragédie et des péripéties des protagonistes, certaines lueurs d’espoir restent en veille, et tout particulièrement la puissance des liens d’amitié qui facilite l’affrontement avec le sort funeste. 

Roman bonbon pour moi, je vous le recommande et vous promet un excellent moment de lecture !

 

« La Tresse » de vos chroniques littéraires

Par défaut

« La tresse » de Laetitia Colombani

Editions Grasset (2017)

Trois femmes (une « Intouchable » d’Inde, une ouvrière d’Italie et une femme d’affaires du Canada), trois destinées très différentes, trois séries de chapitres qui s’entrecroisent pour aboutir à ce beau roman où, à force de lutter et de persévérer, ces trois femmes vont sans le savoir tisser une tresse qui liera leur destin respectif.

Roman plein d’optimisme dans lequel l’énergie véhiculée par le devenir de ces femmes se transmet par delà le texte à une grande partie du lectorat qui salue l’écriture fluide et agréable de Laetitia Colombani.

Ce récit peut être considéré comme roman bienfaisantcar il transmet une lueur d’espoir et de fraternité tout en racontant l’injustice qui perdure dans nos sociétés et en évoquant la thématique de la différence sociale et culturelle.

Une idée m’est passée par la tête à la lecture de ce roman et de son titre si bien choisi : tresser  un fil entre les nombreuses chroniques relevées sur les blogs WordPress. Car il faut bien le reconnaître, beaucoup d’articles ont été publiés sur ce premier roman de Laetitia Colombani.

J’y ai noté des commentaires très positifs, des avis plus nuancés et quelques points de vue négatifs. Beaucoup de  lectrices (lecteurs?) sont tombées sous le charme de ce roman, d’autres ont trouvé qu’il était un bon roman à lire pour l’été, mais sans plus. Certain(e)s ont mis en évidence une préférence pour une histoire plutôt qu’une autre. Certain(e)s ont trouvé que la psychologie des personnages manquait de profondeur. D’autres encore ont souligné l’optimisme qui se reflète à travers ce récit. Plusieurs ont également souligné le caractère « féministe » de ce récit, caractère par ailleurs réfuté par d’autres lectrices/lecteurs.

Cette multitude d’avis reflète ce que j’ai toujours pensé : il n’existe pas de lecture universelle qui sera perçue de manière identique par tous les lecteurs. Qui plus est, une lecture peut plaire et déplaire à la même personne selon le moment où elle pénètre dans la vie de cette personne.

Quoi qu’il en soit, l’expérience m’a plu et je souhaite mentionner ci-après les liens vers ces divers articles.

 

Des bulles et des mots             /&/&/&/            Brize                    /&/&/&/        La tête en claire

My pretty books      /&/&/&/      Petit pingouin vert

L’ourse bibliophile      /&/&/&/            Pause Earl Grey                /&/&/&/       Mon rêve d’été

Les lectures de Caro      /&/&/&/    Mes échappées livresques

Chronicroqueuse de livres      /&/&/&/        Marie lit en pyjama        /&/&/&/        A livre ouvert

Les tribulations d’une accro à la lecture                 /&/&/&/               Popcorn and Gibberish

Madame Ourse         /&/&/&/           Anouklibrary        /&/&/&/        The Eden of books

Tribulations d’une quinqua                /&/&/&/                              Agathe the book

A la page des livres     /&/&/&/     Lutin rêveur       /&/&/&/     A touch of blue…Marine

Au bordel culturel                  /&/&/&/            La Voleuse de Marque-Pages

Girl kissed by fire        /&/&/&/          Alice, Page 53           /&/&/&/                 Fée moi lire

Carnet parisien        /&/&/&/           BettieRose books

Pepparshoes – Sorbet Kiwi    /&/&/&/    Ma toute petite culture    /&/&/&/   Caroline Doudet (L’Irrégulière)

 

Ma tresse n’est pas terminée…. d’autres chroniques sur ce roman  peuvent s’ajouter à cette série… Désolée par avance pour celles que je n’ai pas remarquées au préalable.

A très bientôt !!!

 

 

Anorexie et culpabilité familiale … SOBIBOR…

Par défaut

« SOBIBOR » de Jean Molla

Editions Gallimard Jeunesse (2003)

version poche chez Folio (2011)

 

« Sobibor« , dont le titre fait référence à un camp d’extermination durant la seconde guerre mondiale, est un roman pour la jeunesse, écrit de façon à ménager les effets sur le jeune lectorat qui peut ainsi prendre plus facilement du recul face aux thématiques abordées.

En effet, le récit se veut polyphonique : deux points de vue s’y succèdent en alternance, celui d’une jeune fille de notre époque souffrant d‘anorexie et celui d’un  ancien collaborateur des SS qui raconte son expérience en tant que membre organisateur d’un camp de concentration nazi.

Résumé de l’intrigue

Emma, la narratrice, est une adolescente anorexique. Son récit débute lorsqu’elle commet un délit de vol. Elle nous raconte sa maladie et revient sur les événements qui l’ont provoquée. Une nuit, elle a surpris sa grand-mère prononçant dans son sommeil d’étranges mots comme « Sobibor ».   L’adolescente suspecte un terrible secret en découvrant l’origine du mot « Sobibor ». Après le décès de sa grand-mère, elle tombe par hasard sur le journal intime d’un certain Jacques, ancien collaborateur français à la solde de l’Allemagne nazie et chargé de veiller au bon fonctionnement du camp « Sobibor ».

Je n’en dirai pas plus …

Roman pour la jeunesse

Un cours en ligne très intéressant sur la littérature de jeunesse (que je recommande vivement à tous les amateurs du genre lorsque ce cours en ligne sera proposé une seconde fois) m’a permis de détecter dans ce roman des caractéristiques propres à la littérature de jeunesse, notamment

  • des remarques explicatives concernant des faits ou personnages historiques du 20ème siècle, ainsi que la traduction de termes polonais ou allemands.
  • le JE narrateur aussi bien du point de vue de l’héroïne adolescente qui est la narratrice principale, que du point de vue du collaborateur SS qui raconte son récit dans un journal intime
  • un récit polyphonique, avec une perspective principale juvénile et une certaine distanciation dans le temps (journal intime datant de plus de 50 ans),
  • l’auteur n’entre pas dans les détails trop sordides

Roman bienfaisant ?

L’extermination des Juifs par les nazis y est relatée par le prisme des « méchants », chose moins courante, mais qui rend l’approche intéressante et soulève des réflexions sur le sens de la culpabilité et de la responsabilité dans les atrocités commises.

La Shoah est abordée par le biais de l’anorexie dont souffre la narratrice adolescente, ce qui crée un parallèle visuel entre les corps décharnés des prisonniers des camps nazis et ceux des personnes anorexiques.

Très beau roman, plein de mérites et qui plaira à tout public. L’évocation de sujets lourds, comme l’anorexie et les camps de concentration nazis, est facilitée par les moyens littéraires mis en oeuvre pour la jeunesse.

Mais notons que ces moyens permettent également une meilleure appréhension des thématiques par les adultescar il faut l’avouer, nous les adultes, réfléchissons parfois de façon étroite et puérile face à des problèmes mal connus…

 

Interview d’une auteure au roman bienfaisant « Il y a des siècles que je t’aime »

Par défaut

 

 

 

 

 

 

 

« Il y a des siècles que je t’aime« 

Elisabeth Demouy

Editeur : Chapitre.com, 2015

L’épreuve du deuil entraîne souvent des questionnements sur la finitude de l’existence, sur  le rôle de notre vie, sur l’après-vie… Différentes réponses existent et nous sommes tous en quête de celle qui nous convient le mieux. Dans son premier roman, Elisabeth Demouy nous propose une option réconfortante pour surmonter la perte d’un être cher.

Je remercie l’auteure d’avoir bien voulu répondre à mes questions après cette belle et intéressante lecture.

LirepourguérirElisabeth Demouy, dans ce premier roman « Il y a des siècles que je t’aime », vous abordez le thème du deuil. Le bonheur d’un jeune couple est brisé par la mort tragique de la femme, Catherine, qui perd la vie dans un accident de voiture. Maxime, son compagnon, va devoir affronter cette épreuve brutale qui l’anéantit. Pouvez-vous nous décrire les différentes étapes de sa démarche qui procèdent du roman initiatique tel que vous le définissez ?

Elisabeth DemouyMa définition du roman initiatique, c’est une lecture qui inspire, qui fait réfléchir. Qui initie le lecteur en ouvrant des portes vers d’autres consciences. Le genre de lecture qui donne parfois envie de refermer le livre entre deux chapitres ou deux pages, pour mieux intégrer son contenu. J’ai choisi le thème fort de la perte d’un être cher comme tremplin d’accès à une dimension plus vaste. Car dans la mort se trouve aussi la renaissance, c’est une transmutation d’énergie. C’est le cheminement d’un homme qui perd sa femme d’un tragique accident dans la fleur de l’âge. Ce drame inacceptable l’entraînera dans une quête de vérité qui le mènera bien au-delà de la compréhension de la mort de son âme sœur. Composé en trois parties – le deuil, la reconstruction et la quête spirituelle – il s’adresse à tout le monde.

LirepourguérirVous évoquez dans votre roman le principe de réincarnation des âmes. Est-ce une croyance à laquelle vous adhérez depuis toujours ou vous est-elle apparue comme évidente après une expérience qui vous a marquée ?

La réincarnation est pour moi une évidence. Les innombrables récits d’expérience de mort imminente (également connus sous le nom de NDE), sont là pour en attester. Cela explique le cas des enfants qui se mettent à parler dans une langue étrangère ou des personnes qui sont attirés par un pays, un lieu ou une ville et qui s’aperçoivent sur place qu’ils connaissent l’endroit comme leur poche, alors qu’ils n’y ont jamais mis un pied.

Lirepourguérir :  Pourquoi, selon vous, la croyance en la survie des âmes peut-elle être source de bien-être dans la vie de tous les jours ?

Elisabeth DemouyN’est-ce pas plus agréable de se dire que l’âme est éternelle plutôt que de croire que l’on n’a que cette vie pour tout expérimenter ? Selon le Dalaï Lama, nous aurions eu d’innombrables vies… Ce qui laisse le temps à l’âme de mûrir et d’évoluer. Choisir de croire à la réincarnation permet d’être plus serein et moins dans le jugement – de soi-même comme des autres.

Lirepourguérir :  Pour les lecteurs qui n’adhèrent pas à la théorie de la réincarnation des âmes –  voire à leur survie après la mort – pensez-vous que votre roman puisse déclencher un processus de mieux-être après le décès d’un proche ? Par exemple, en soulignant le bienfait des rencontres humaines bienveillantes comme c’est le cas dans votre roman.

Elisabeth DemouyJe l’espère ! Bien évidemment que les rencontres sont importantes. Je crois qu’on ne rencontre personne par hasard. Dans cette histoire, la belle-sœur de Maxime, lui recommande une psychologue, qui s’avérera très importante dans son processus d’ouverture. Avant la mort de son âme sœur, Maxime était tout ce qu’il y a de plus cartésien : en suivant sa quête de vérité, j’invite le lecteur à réfléchir sur sa propre vision de l’existence.

Fureur littéraire en Islande

Par défaut

« La lecture élargit l’horizon de la vie, la vie devient plus grande, elle devient autre chose, c’est comme si l’on possédait une chose que personne ne pourra jamais nous enlever, et ça vous rend plus heureux« 

« Le Coeur de l’Homme » (2011) de Jón Kalman Stefansson (auteur islandais)

L’ISLANDE et son rapport à la lecture

Je reviens d’un séjour dans ce pays nordique qui émerveille par ses multiples paysages, ses couleurs vives, son climat changeant et le sourire de ses habitants.

Mais l’Islande est aussi un pays ancré dans une tradition littéraire très forte et il m’a semblé intéressant de l’évoquer sur ce blog. En 2011, l’Unesco décerna à la capitale Reykjavik le titre de Cité de la Littérature. C’était la première fois qu’une ville dont la langue n’est pas l’anglais recevait cet honneur.

La littérature occupe une grande place en Islande.  Sur environ 320 000 habitants, plus ou moins un millier de titres sont publiés chaque année par des Islandais. C’est énorme !

La renommée de plusieurs auteurs a également dépassé les frontières islandaises :

  • Arnaldur Indridason et Arni Thorarinsson pour les polars
  • Audur Ava Olafsdottir, auteur de « Rosa Candida« , mais aussi de « L’Exception« 
  • Bersveinn Birgisson, auteur de « La lettre à Helga« 
  • Jón Kalman Stefánsson
  • et bien d’autres encore…

Les références à la littérature sont partout.

L’Eglise Hallgrimskirkja de Reykjavik porte par exemple le nom de Hallgrim Pétursson, le plus grand écrivain islandais du XVIIe siècle, auteur des Psaumes de la Passion.

Sculpture de lecteurs dans l’Eglise Hallgrimskirkja

 

Une application mobile gratuite permet

 de déambuler dans les rues de la capitale

en écoutant des exposés ou extraits relatifs aux sagas et aux auteurs contemporains (par exemple Indridason).

 

Les Vikings issus de pays nordiques comme la Norvège sont venus s’installer en Islande au 9ème siècle. Une tradition narrative faite de sagas en tous genres s’y est peu à peu développée : récits des colonisateurs, évocation de grandes traditions épiques et sacrées etc. En faisant une visite autour du pays, on s’aperçoit que presque chaque lieu est relié à un conte populaire.

Ecrire pour exister, écrire pour témoigner de la richesse naturelle ambiante, écrire pour partager. Lire pour apaiser ses angoisses, lire pour se sentir moins seul, lire pour trouver le bonheur d’exister…

Le sol islandais inspire les écrivains pour notre plus grand plaisir…

« Vous qui vivez en toute quiétude, bien au chaud dans vos maisons…. »

Par défaut

….premières phrases du roman

« Si c’est un homme » de Primo Levi

Editions Julliard pour traduction française, 1987

Editions Pocket, 1988 – Audiolib (2015)

Le chef d’oeuvre autobiographique de cet écrivain juif italien est mondialement connu et continue de marquer les esprits. Témoignage réaliste et poignant sur l’expérience d’un rescapé des camps d’extermination, le roman « Si c’est un homme » est devenu une référence majeure dans la littérature du genre.

Emprisonné et déporté au camp de Auschwitz début 1944, Primo Levi y restera jusqu’en janvier 1945, lorsque le camp sera libéré par les Soviétiques. Son récit autobiographique fut publié en 1947 par une petite maison d’édition italienne, mais ne connut le succès que bien plus tard.

 

Roman bienfaisant ?

Il est clair que les récits sur la Shoah restent des expériences de lecture douloureuse. Dans le roman de Primo Levi , la violence des actes de barbarie est pourtant d’une autre nature que celle que l’on retrouve dans des romans tels que « Holocauste » de Gerald Green ou « Au nom de tous les miens » de Martin Gray etc…où les persécutions ont décimé une ou plusieurs familles, séparé et assassiné leurs membres dans des conditions inimaginables. La douleur tragique et émotionnelle des séparations et des exécutions sommaires est moins présente dans le récit de Primo Levi.

Ici, la cruauté et la déshumanisation  des prisonniers sont décrites comme la conséquence d’une terrible machine organisée et planifiée par le régime nazi. Les gardiens  soumettent les prisionniers aux règlements du camp et suivent eux-mêmes les directives de leur hiérarchie. Les procédures de distribution des rations alimentaires, de sélection des prisionniers, d’interminables attentes pour obtenir des soins, d’imposition de règles sanitaires absurdes sont autant d’expériences qui affament, affaiblissent, déshumanisent et tuent les nombreuses victimes des camps de concentration.

Primo Levi raconte aussi, avec les yeux du scientifique qu’il était, comment et pourquoi certains prisionniers ont réussi à survivre, à quoi il fallait faire attention, ce qui était toléré ou non …  Sa survie personnelle, il pense la devoir d’abord au fait d’être arrivé au camp lorsque les pénuries de main-d’oeuvre ont réduit les exécutions arbitraires des prisonniers, ensuite parce qu’il a eu la chance d’être choisi pour travailler dans des conditions plus optimales, et finalement parce qu’en raison d’une maladie, il a évité de justesse les longues marches de la mort auxquelles très peu de prisonniers ont survécu.

En conclusion, lire « Si c’est un homme » de Primo Levi, c’est aussi et surtout se rendre compte que nous avons de la chance de ne pas avoir subi un tel supplice, c’est aussi et surtout se rappeler qu’il faut éviter à tout prix la répétition de ces horreurs... cfr les premières phrases de Primo Levi…

  • Vous qui vivez en toute quiétude,
  • Bien au chaud dans vos maisons,
  • Vous qui trouvez le soir en rentrant
  • La table mise et des visages amis,
  • Considérez si c’est un homme
  • Que celui qui peine dans la boue,
  • Qui ne connaît pas de repos,
  • Qui se bat pour un quignon de pain,
  • Qui meurt pour un oui pour un non.
  • Considérez si c’est une femme
  • Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
  • Et jusqu’à la force de se souvenir,
  • Les yeux vides et le sein froid
  • Comme une grenouille en hiver.
  • N’oubliez pas que cela fut,
  • Non ne l’oubliez pas…

 

 

 

Romans à EVITER ? durant la période estivale

Par défaut

Profitons de l’été pour lire, mais ne limitons pas cette période de repos à des lectures sans intérêt sous prétexte que nous avons besoin de ménager notre cerveau et notre capacité de réflexion.

Malgré tout, si tel est votre souhait, un conseil :  il vous faudra EVITER  les grands classiques et autres récits suivants :

 

Le volumineux roman de

Gabriel Garcia Marquez « Cent ans de solitude »

qui retrace les péripéties de toute une famille sur sept générations alors qu’elle est frappée par une malédiction qui la condamne à cent ans de solitude

 

Le ténébreux roman de

Albert Camus « La Peste » ,

récit chronologique de l’épidémie qui frappa la ville d’Oran en Algérie à la veille de la seconde guerre mondiale. L’homme prend conscience de sa finitude, en fait le deuil, mais se bat malgré tout pour le bien de l’humanité.

La célèbre histoire de

« Madame Bovary » de Gustave Flaubert 

mettant en scène les insatisfactions amoureuses de la protagoniste friande de romans à l’eau de rose.

 

Le sentiment d’injustice qui prévaut dans le roman de

Gilbert Cesbron « Une abeille contre la vitre »

et qui isole plus sûrement la protagoniste que la disgrâce physique qui en est la cause. Le roman transmet toutefois une note d’espoir…

 

Plus récent, le beau et sombre roman de

Joyce Carol Oates « Mudwoman »

qui évoque le thème de l’adoption et des relations familiales chaotiques

 

Le sordide récit

« Le Parfum » de Patrick Süskind

qui parle d’un homme physiquement différent des autres, une différence qui l’a isolé et lui a conféré un côté monstrueux.

 

Le récit original de

Isabelle Rivoal « Grosse »

où la différence physique est également source de souffrance physique

La nouvelle emblématique

« Le silence de la mer » de Vercors

qui témoigne que la différence peut être culturelle, et n’en reste pas moins source de maladresse, conflit et isolement

Le roman

« L’intensité secrète de la vie quotidienne » de William Nicholson

qui évoque les frustrations et le mal-être au quotidien d’une douzaine de personnages de la classe moyenne.

Le court roman

« Le vieil homme et la mer » de Ernest Hemingway

qui fait l’apologie du dépassement de soi lorsque la vieillesse devient un obstacle

 

Le récit initiatique bienfaisant de

Richard Bach « Jonathan Livingston le goéland » 

qui fait également l’apologie du dépassement de soi et de la liberté

 

Finalement, un roman que je viens de terminer, un grand classique que je n’avais jamais eu l’occasion de lire et qui a profondément marqué mon esprit. Ce roman permet à tous de relativiser soucis et difficultés (je vous en parlerai dans une prochaine chronique) :

« Si c’est un homme » où Primo Levi

raconte son expérience dans le camp d’extermination d’Auschwitz

 

Vous l’aurez compris : ces douze romans, je vous en recommande vivement leur lecture ou relecture, parce que, à l’exception de l’un ou l’autre ouvrage plus récent, ils font partie des grands classiques de notre patrimoine culturel littéraire et ont marqué les époques. Leur caractère bienfaisant est avéré par leur qualité littéraire intrinsèque, ainsi que par leur contenu qui soulève nombre de questions et réflexions.

Pensez cet été à revisiter ces beaux classiques….