En passant

 

« QUAND ON LIT,

ON N’EST JAMAIS SEUL »

 

Chère lectrice, cher lecteur,

 

 

Vous êtes à la recherche d’une lecture réconfortante ? 

En parcourant le menu du blog,

vous trouverez certainement le livre qui apaisera votre peine

 

Vous voulez un conseil de lecture personnalisé et gratuit ?

N’hésitez pas à prendre contact avec moi en remplissant

CE QUESTIONNAIRE DE BIBLIOTHERAPIE

 

Vous souhaitez partager votre rencontre avec un roman bienfaisant ?

Votre lien sera mentionné dans l’INTRODUCTION

 

N’hésitez pas à me contacter pour me proposer votre roman bienfaisant :

deslivrespourguerir@gmail.com

 

…. If you prefer to read in English…. see corresponding blog READ TO HEAL

« Quand on lit, on n’est jamais seul »

« Nous accouchons la mort, alors profitez de la vie »

Par défaut

« Changer l’eau des fleurs » de Valérie Perrin

(Editions Albin Michel, 2018, Le Livre de Poche, 2019)

Le mois de novembre est chargé de mélancolie. Les jours raccourcissent, la météo retrouve le chemin de l’hiver, les températures descendent pour ne plus remonter avant l’année prochaine. Le mois de novembre débute aussi avec la Toussaint, cette journée durant laquelle nous prenons le temps de nous épancher un instant sur les tombes de celles et ceux qui ne sont plus…

Le cimetière, un endroit de convivialité

Depuis le décès de mon père, j’ai appris à apprécier les moments passés au cimetière. Ce n’est pas parce que je m’y sens proche de lui. Non, à vrai dire, ces instants de proximité, je les retrouve ailleurs, à d’autres occasions et dans d’autres endroits, là où il a vécu et où nous avons partagé de bons moments.

Le cimetière est plutôt devenu un lieu de rencontres avec les vivants qui, comme moi, y trouvent refuge et y partagent pensées et souvenirs.

Est-ce la raison pour laquelle le quatrième de couverture du roman de Valérie Perrin « Changer l’eau des fleurs » m’a interpellée et que j’ai eu envie de lire cette histoire ?

« Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se confier et se réchauffer dans sa loge. Avec la petite équipe de fossoyeurs et le jeune curé, elle forme une famille décalée. Mais quels événements ont mené Violette dans cet univers où le tragique et le cocasse s’entremêlent? »

L’auteure Valérie Perrin, nous convie dans un cadre plutôt original pour un récit plein d’humanité qui, loin de nous entraîner sur les traces d’une histoire macabre, nous bouleverse par les élans d’émotions qui en font le tissu même de l’intrigue.

Le cimetière, un lieu de résilience

Au plus douloureux moment de sa vie, Violette est invitée à prendre les fonctions de garde-cimetière. C’est là qu’elle apprendra à surmonter ses drames personnels, à reprendre goût à la vie pour se tourner vers les autres et les aider dans les situations de deuil et de tristesse.

Le cimetière, cet endroit de recueillement, devient un terrain de contact avec toute une panoplie de personnes auprès desquelles se révèlent les côtés tragiques et sentimentaux de l’existence lorsque s’y mêle le décès d’un proche.

« Au fond, nous les croque-morts, on est dans la vie. Peut-être encore plus que dans les autres métiers. Parce que ceux qui s’adressent à nous, c’est ceux qui restent, ceux qui restent en vie…. Notre père, paix à son âme, nous disait toujours : « Mes fils, nous sommes les sages-femmes de la mort. Nous accouchons la mort, alors profitez de la vie, et gagnez- la bien. »

« Changer l’eau des fleurs », un roman bienfaisant

Valérie Perrin ne nous parle pas ici de la mort, mais de la vie dans tous ses états. Elle y évoque surtout les déboires sentimentaux des uns et des autres, les romances qui auraient pu être, celles qui ont mal abouti, les malentendus, les zones de non-dit, les colères et les aigreurs. Bien sûr, la perte des êtres chers y est décrite, mais elle est décryptée à la lueur d’une émotion vivante. Et comme telle, il existe diverses façons de la dompter.

« Le manque, la douleur, l’insupportable peuvent faire vivre et ressentir les choses qui dépassent l’imaginaire. Quand quelqu’un est parti, il est parti. Sauf dans l’esprit de ceux qui restent. Et l’esprit d’un seul homme est bien plus grand que l’univers. »

De son côté, la protagoniste Violette Toussaint aura bénéficié de quelques très précieuses amitiés pour faire face aux épreuves de la vie. Ces rencontres constituent une sorte de témoignage optimiste selon lequel il y a toujours quelque part des personnes pour vous aider et vous donner le coup de main opportun, qui, si infime soit-il, vous aidera à aller de l’avant.

Eloge de la lecture

La lecture n’est pas en reste pour assister la narratrice dans ses épreuves. Le roman qui l’accompagne tout au long du récit et qu’elle apprend à lire est « L’oeuvre de Dieu, la part du Diable » de John Irving.

« Pourquoi va-t-on vers des livres comme on va vers des gens ? Pourquoi sommes-nous attirés par des couvertures comme nous le sommes par un regard, une voix qui nous paraît familière, déjà entendue, une voix qui nous détourne de notre chemin, nous fait lever les yeux, attire notre attention et va peut-être changer le cours de notre existence ? » se demande la narratrice qui pense aussi qu’en se couchant, elle n’aimerait pas mourir au milieu de la lecture d’un roman qu’elle aime.

Dans le récit de John Irving publié aux éditions Seuil en 1986 (dont l’histoire a également été portée à l’écran), un gynécologue excentrique met au monde des enfants non désirés tout en les gardant dans son orphelinat (l’oeuvre de Dieu), mais d’autre part, il pratique aussi des avortements illégaux (la part du diable). Une relation père-fils riche en émotions va se nouer avec l’un de ses pensionnaires et se développera au fur et à mesure de la poursuite du récit.

Si la thématique de ce roman tourne autour des questions d’avortement et d’abandon, elle fait surtout l’éloge des véritables liens d’amour qui se construisent au fil de l’existence et qui ne sont pas toujours les liens familiaux. Un peu comme dans le roman de Valérie Perrin où les protagonistes font face à des problèmes de deuil et d’abandon, mais sont invités à trouver des issues de secours grâce à des rencontres amicales ou amoureuses improbables.

« La nuit n’est jamais complète, il y a toujours au bout du chemin une fenêtre ouverte » selon le titre d’un chapitre de « Changer l’eau des fleurs ».

Prix des lecteurs 2019 auprès des éditions Le Livre de Poche

 

Le roman de Valérie Perrin est un roman bienfaisant et optimiste qui a été salué par beaucoup de lecteurs.

Il a d’ailleurs obtenu le prix des lecteurs du Livre de Poche 2019, catégorie littérature, aux éditions Le Livre de Poche.

Changer l’eau des fleurs, c’est un peu comme continuer malgré tout à nourrir la vie en lui offrant l’occasion de rejaillir en beauté.

 

 

 

 

Univers à la fois désenchanté et enchanteur de Murakami

Par défaut

« Le Meurtre du Commandeur »

de Haruki Murakami

Tome 1 « Une idée apparaît » et Tome 2 « La Métaphore se déplace »
(Editions Belfond 2018)

 

Un succès signé Murakami

Vous ne connaissez pas encore l’écrivain japonais Haruki Murakami ? Pourtant, il figure parmi les auteurs japonais contemporains les plus lus au monde, ses oeuvres littéraires sont traduites dans une cinquantaine de langues et il s’est vu décerner de nombreux prix et distinctions, dont le Prix World Fantasy du meilleur roman en 2006 pour « Kafka sur le rivage » . Il est aussi régulièrement cité comme pouvant prétendre au prix Nobel de littérature.

 

Son quatorzième roman en deux parties, « Le Meurtre du Commandeur » livre 1 et livre 2, traduit en français par Hélène Morita et publié en 2018 aux éditions Belfond, a été l’occasion pour moi de découvrir cet auteur prolifique et talentueux.

 

Lorsque le surnaturel pénètre la réalité pour lui donner son sens…

« La réalité ne se limite pas seulement à ce qui est visible.. » nous dit le narrateur du roman de Murakami. De fait, l’auteur japonais nous plonge dans un récit réaliste (le quotidien d’un peintre-portraitiste auquel son épouse a demandé le divorce et qui s’est réfugié en solitaire dans une maison à flanc de colline) où le surnaturel fait irruption pour entrouvrir les portes d’une possible reconversion.

La maison dans laquelle habite le narrateur appartient au père d’un ami, Tomohiko Amada, autrefois célèbre peintre, mais aujourd’hui atteint de démence sénile et soigné en maison de repos. Le narrateur découvre par hasard dans le grenier une peinture de l’artiste, soigneusement dissimulée et qui s’inspire de l’opéra de Mozart « Don Giovanni »  : il s’agit de la représentation de la scène du meurtre du commandeur évoquée dans l’acte 1 de cet opéra.

Par ailleurs, le narrateur fait la connaissance d’un personnage richissime et énigmatique, Menshiki, qui lui demandera de faire son portrait et de faire celui d’une jeune fille dont il prétend être le père biologique. Grâce à Menshiki, des fouilles pourront être entreprises pour trouver l’origine d’un son de clochette qui réveille le narrateur durant la nuit.

La découverte d’une fosse dans les alentours de la maison et l’apparition d’un petit personnage insolite dans la vie du narrateur participent au fantastique qui imprègne peu à peu le récit et dont se nourrissent à la fois la narration (qui se colore d’une touche surréaliste originale) et le narrateur (en quête de réponses à ses questions existentielles).

« Dans notre vie, il est fréquent de ne pas pouvoir discerner la frontière entre le réel et l’irréel. Et il me semble que cette frontière est toujours mouvante. Comme une frontière entre deux pays qui se déplacerait à son gré selon l’humeur du jour. Il faut faire très attention à ces mouvements. Sinon, on finit par ne plus savoir de quel côté on se trouve », lui confiera Menshiki.

 

D’où vient ce réalisme magique ?

Le critique d’art allemand Franz Roh fut le premier à utiliser cette appellation pour décrire en peinture des éléments magiques et paranormaux survenant dans un environnement réaliste et reconnaissable.

Plus tard, les écrivains latino-américains revendiquent cette appellation de « réalisme magique » pour qualifier leurs récits. Le roman bien connu « Cent ans de solitude » publié en 1967 par le colombien Gabriel Garcia Marquez fait figure d’emblème de ce courant d’écriture.

Introduire la magie dans la réalité quotidienne ou historique (sans tomber dans le surnaturel à outrance) est un procédé bien dosé qui se retrouve dans beaucoup de romans issus de la littérature internationale. On pense ici par exemple à Franz Kafka, à Marcel Aymé, Günter GrassPatrick Süskind, Toni Morrison….

et bien sûr ici, à Huraki Murakami qui use de l’étrange pour décortiquer la réalité.

« … Peut-être ce qui nous arrive nous semble-t-il être uniquement des faits parmi les plus ordinaires, se produisant de la façon la plus ordinaire, dans un quotidien linéaire. Ou bien au contraire, peut-être tout cela nous paraît-il complètement insensé. Mais en fin de compte, c’est seulement beaucoup plus tard que l’on saura vraiment si un événement est conforme à la raison ou pas. »

 

Murakami interroge la création artistique

Parmi les sujets chers à l’auteur japonais figure celui de la création artistique perpétuellement questionnée dans le roman « Le Meurtre du Commandeur« .

Non seulement le narrateur s’adonne lui-même à la peinture, mais il vit chez un célèbre peintre, qui fut spécialiste du Nihonga, la peinture traditionnelle japonaise. Le titre du roman fait référence à une toile découverte dans le grenier de l’artiste et inspirée de l’opéra de Mozart. De nombreuses réflexions autour de la peinture, mais aussi de la musique et de la littérature, sont distillées au fil du récit.

« Une peinture est une chose curieuse: à mesure qu’elle approche de son achèvement, elle acquiert sa volonté, son point de vue et sa voix propres, et lorsqu’elle est achevée, elle fait signe à l’artiste que le travail est terminé… »

« J’avais toujours aimé, tôt le matin, contempler longuement une toile absolument vierge, sur laquelle il n’y avait encore aucun dessin, aucune peinture. J’appelais ce moment « le zen de la toile« . Rien encore n’était dessiné, mais ce n’était absolument pas du vide qu’il y avait là. Sur cette surface immaculée se dessinait la forme sur le point d’advenir. Si je fixais mon regard dessus, je discernais diverses possibilités, lesquelles finiraient bientôt par converger avant de déboucher en une piste concrète. j’aimais cet instant. L’instant où présence et absence allaient se mêler. »

« Le souvenir peut réchauffer le temps. Et puis, si on y réussit, l’art peut conserver à tout jamais le souvenir en lui donnant une forme. Comme Van Gogh qui a réussi à faire survivre jusqu’à nous ce facteur inconnu d’un coin de campagne en l’inscrivant dans notre mémoire collective.« 

Récit bienfaisant ?

Cette histoire analyse avec profondeur les émotions et les sentiments des protagonistes tout en suscitant la réflexion sur de nombreux sujets.

Les personnages, et en particulier le narrateur, vivent dans un état de détachement solitaire et mélancolique. Ils attendent des réponses personnelles et universelles, et les événements, souvent étranges, leur en fourniront les clefs.

Il s’agit donc en l’occurrence d’un récit initiatique empreint d’une belle touche d’onirisme qui guide les personnages dans leur quête tout en ménageant un certain suspense pour le lecteur.

Les thèmes évoqués sont multiples et concernent le couple, la création artistique, la parentalité, la vocation professionnelle, l’amitié, la nature et la force spirituelle.

Personnellement j’ai beaucoup apprécié l’univers de Murakami qui se situe à mi-chemin entre le désenchantement des aléas d’une vie ordinaire et le côté enchanteur des choses et des rencontres qui font partie de notre quotidien et dont on se devrait de reconnaître l’empreinte, si pas magique, du moins merveilleuse…

Moriya Tadashi

Moriya Tadashi

Accents décalés

Par défaut

Humour dans litterature

Accents décalés et humour bienfaisant

dans la littérature

Définition et bienfaits de l’humour

L’humour est défini par le dictionnaire Le Petit Robert comme une « forme d’esprit qui consiste à présenter la réalité de manière à en dégager les aspects plaisants et insolites« . Grâce à quoi, l’humour facilite les rapports avec les autres et réconforte devant l’adversité.

L’humour prend ses racines dans la réalité qui nous entoure, dans notre quotidien et notre actualité pour en retirer un côté « plaisant ». Il a pour vocation de dédramatiser, voire de relativiser la plupart des situations, même les plus dramatiques. Il ressemble à la soupape d’une casserole à pression qui permet à la tension accumulée de s’échapper par une ouverture. En distendant les liens d’une emprise anxiogène du rationnel, l’humour nous offre une occasion de respirer et de nous évader.

Rire avec les autres

L’humour crée des liens de connivence et de solidarité avec autrui. « Nous avons le même humour, nous partageons les mêmes délires ». Une amitié se développe souvent autour de liens tissés par l’humour en réaction à une situation donnée.

 « L’humour est le plus court chemin d’un homme à un autre » prétend Georges Wolinski

…mais ne pas rire des autres

« Humour, c’est amour; ironie, c’est mépris » affirme Dominique Noguez dans son essai « L’Arc-en-ciel des humours »L'Arc-en-ciel des humours - Dominique Noguez

Il va de soi que l’humour sort de son critère de bienveillance lorsqu’il repose sur la critique aux dépens d’autrui, lorsqu’il se transforme en moquerie blessante. Faire rire son entourage en se moquant méchamment d’une autre personne n’est pas faire preuve d’humour, mais de lâcheté et d’un cruel manque d’esprit. Qu’il est facile d’user du langage du mépris ou de l’ironie envers autrui pour amuser les autres ! Il est bien plus difficile, mais beaucoup plus courageux et intelligent de souligner le côté singulier, cocasse ou drôle d’une situation donnée, sans blesser personne tout en favorisant la solidarité et la complicité.

Rire de soi

J’en viens à l’auto-dérision qui constitue le degré le plus raffiné de l’humour. Rire de soi, se moquer de soi et en faire profiter les autres qui ne seront donc pas embarrassés d’applaudir cet humour puisqu’il provient de l’intéressé lui-même.

Rire de soi, c’est prendre un peu de distance par rapport à ses habitudes, à ses faiblesses, à ses lacunes en les analysant avec sourire et lucidité. Mais attention toutefois de ne pas verser dans l’auto-dépréciation qui conduirait inexorablement à des sentiments négatifs.

Accents décalés en littérature

La littérature regorge d’humour et d’auto-dérision vis-à-vis du réel, un réel parfois tragique, parfois insoutenable et difficile à supporter. La façon décalée avec laquelle les romans abordent certains sujets peut surprendre, mais cela ouvre en même temps un nouveau champ de vision et engendre la réflexion. La réalité tragique en devient plus vivable.

Je vais vous présenter ci-après quelques ouvrages parus voici une dizaine d’années aux éditions Le Dilettante. Ces récits ont en commun d’aborder le banal ou le tragique avec un style paradoxalement léger et cocasse. La réalité telle que nous la vivons quotidiennement nous y est présentée sous un jour nouveau, parfois étonnamment drôle et décalée.

C’est ce décalage du regard qui a poussé l’auteur belge Alain Bertrand à composer un ouvrage « On progresse » "On progresse" Alain Bertranddécrivant, façon catalogue pour  aliens, les objets contemporains et leur usage réel. Cela va du barbecue au cercueil en passant par le doudou, la pince à linge ou encore le cornet de frites dans les dernières pages consacrées au bonus belge. Il faut bien reconnaître que l’auteur sait pointer l’attention sur le côté délirant de nos habitudes face aux objets du quotidien. Un recueil de savoureux persiflages sur les vices cachés de la vie moderne à travers une paire de lunettes originales…

Si une bonne tragi-comédie burlesque truffée de personnages aux attitudes caricaturales vous tente malgré la finalité dramatique qui en découle, n’hésitez pas à vous plonger dans le roman « La belle maison » de Franz Bartelt "La belle maison" Franz Bartelt, auteur prolifique vivant dans les Ardennes françaises. Il y raconte comment une communauté villageoise tente de faire le bonheur de deux clochards, mais en se trompant sur toute la ligne. Car la signification du bonheur est multiple et sa consécration n’est pas pour tous de vivre dans une belle maison. De cette incompréhension naîtra la tragédie… Le rythme est soutenu et le détail des petits événements qui s’additionnent prend une dimension truculente et spontanée. Ce ton badin accompagne, avec un décalage talentueusement mis en scène, l’ombre qui plane sur le récit.

Tout aussi captivant et agréable à lire, le second roman de Murielle Renault « Le strip-tease de la femme invisible » "Le strip-tease de la femme invisible" de Murielle Renaultaborde des thèmes d’actualité plus ou moins graves (boulimie, anorexie, télé-réalité) sur un ton suffisamment léger pour ne pas verser dans la morosité tout en montrant habilement la volonté insidieuse de cacher l’aspect sombre du récit. La protagoniste est une femme mal dans sa peau qui décide de s’inscrire à une émission de télé-réalité dont l’objectif est de transformer littéralement le physique des candidates. Une fois relookée, elle s’apercevra vite que, loin d’avoir réglé ses véritables problèmes, sa transformation physique a entraîné d’autres soucis plus importants qui déboucheront sur de véritables drames.

Dans le genre spontané et « je le dis comme je le pense », le troisième roman de Cyril Montana « La faute à Mick Jagger » "La faute à Mick Jagger" de Cyril Montanarelate sous forme de chassé-croisé entre le passé et le présent divers moments de l’existence du fils d’un couple de Babas-cool dépassés par leurs propres problèmes et ayant malheureusement oublié d’aimer leur enfant. Avec un humour qui côtoie cafard, tristesse et amertume, l’auteur s’inspire de sa propre autobiographie pour démontrer l’importance des premières années sur l’évolution de chaque destinée, et plus que tout, la place prépondérante de l’amour parental.

Ces quelques récits aux accents décalés développent chacun à leur manière une façon d’aborder la réalité et ses aspects tragiques avec suffisamment de recul pour les comprendre et peut-être y remédier.

Je finirais sur quelques citations exemplaires du célèbre acteur comique Charlie Chaplin  :

« L’humour renforce notre instinct de survie et sauvegarde notre santé d’esprit. »

« Quand un monde de déceptions et d’ennuis s’abat sur vous, si l’on ne s’abandonne pas au désespoir, on se tourne soit vers la philosophie, soit vers l’humour« 

… et toujours vers la lecture 🙂

A l’assaut du bonheur de LIRE !

Par défaut

 

Les gens heureux lisent et boivent du café

« Les gens heureux lisent et boivent du café »

Agnès Martin-Lugand

Editions Michel Lafon (2013), Pocket (2014)

Tragédie d’une libraire

Beaucoup d’entre vous ont déjà lu ou re-connaissent ce roman qui a eu un grand succès relayé par les nouveaux médias. L’histoire raconte les aléas d’une jeune femme libraire qui doit se reconstruire après avoir tragiquement perdu son mari et sa petite fille dans un accident de la route.

Ce récit « feel good »  est divertissant et très agréable à lire. Il s’agit d’un roman à la portée d’un large public qui partagera les émotions de l’héroïne Diane et pourra peut-être s’y reconnaître. Les personnages secondaires sont assez bien typés, et le tout baigne dans une ambiance sympathique, parfois teintée d’humour.

Les gens heureux lisent-ils vraiment ?

Le titre du livre interpelle la lectrice que je suis, mais n’est pas vraiment développé en tant que thématique dans le récit. Bien sûr, la protagoniste principale adore les livres, elle est libraire, et lorsque le destin lui joue un très méchant tour, elle se détourne de son métier et s’isole en s’enfonçant dans la dépression.  Elle reviendra dans sa librairie plus tard, lorsque le ciel changera de couleur pour elle et lorsque les ombres se seront quelque peu dissipées.

Le retour aux livres et à la lecture est-il pour autant synonyme de bonheur retrouvé ?

Parmi les choses qui rendent les gens heureux, on mentionne souvent la faculté de pouvoir se déconnecter du monde extérieur pour revenir à une meilleure écoute de soi et des autres.

La méditation, le retour à la nature, la contemplation d’une oeuvre d’art, l’ouverture aux sensations et aux émotions de tout son être constituent de bons moyens pour y parvenir. La lecture en fait également partie, car elle ouvre l’esprit à un échange avec autrui et à une réflexion sur soi-même.

Au bonheur de lire ou lire pour le bonheur

Pourquoi lit-on des romans ou des fictions ?

1. pour se divertir et s’évader : c’est sans doute la première réponse qui revient le plus souvent lorsque se pose la question « Pourquoi lisez-vous ? » . Bien sûr, pour se divertir ! C’est comme lorsque nous avons envie d’aller au cinéma, de sortir en boîte, de faire la fête. L’objectif est de s’éloigner du quotidien, de retrouver des amis, de se déconnecter du train train, de faire autre chose.
Parmi de nombreux exemples, citons : « La Vérité sur l’Affaire Harry Québert » de Joël Dicker
ou encore « Le Livre des Baltimore » du même auteur, qui constituent des moments d’évasion garantis !

2. pour voyager sans aucun risque : nous sommes tous enclins à apprendre et à découvrir d’autres horizons, qu’ils soient géographiques, temporels ou émotionnels. La peur nous freine bien souvent dans ces élans. Peur de l’autre, peur de l’inconnu. Grâce à la lecture, nous pouvons rester bien tranquillement dans notre fauteuil tout en parcourant divers coins du monde. Nous avons aussi la possibilité de nous connecter à d’autres époques et de plonger dans l’atmosphère de celles-ci. Enfin et surtout, nous pouvons entrer dans l’esprit d’une autre personne et accompagner ses pensées et ses réflexions, voire y reconnaître nos propres émotions.

Parmi de nombreux exemples, citons :
« Une Odyssée américaine » de Jim Harrison
Ce roman raconte le périple d’un sexagénaire, qui après avoir été plaqué par sa femme, décide de tout quitter et de prendre la route pour explorer l’un après l’autre les différents états américains.

« Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » de Jonas Jonasson.
Ce roman, à l’instar du récit américain « Forrest Gump », relate les extraordinaires péripéties et rencontres d’un centenaire, aujourd’hui pensionnaire de maison de retraite, qui a traversé tout le 20e siècle d’est en ouest.

“ Ouvrir un livre c’est comme hisser la voile, le début du départ. ”
Éric Orsenna

 

3. pour sortir de la solitude : la rencontre avec les personnages d’un récit est toujours enrichissante et stimulante. N’avez-vous jamais ressenti cette irrésistible envie de retrouver en fin de journée la lecture d’un récit, interrompue la veille parce qu’il fallait bien dormir ? Vous y pensez souvent durant votre journée et vous vous réjouissez d’avance de connaître la suite du récit… C’est un peu comme retrouver un vieil ami avec lequel partager ses pensées et ses sentiments.

Parmi de nombreux exemples, citons :  « Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows qui se décline sous forme de roman épistolaire grâce auquel nous apprenons à connaître la vie de tous les membres d’un club littéraire.

“ Lire, c’est vivre sans frontière et sans horloge.
La lecture est un partage universel : celui qui lit, n’est jamais seul.
Michèle Gazier

 

4. pour se laisser surprendre et submerger par des émotions (cela fait du bien) : il est prouvé que l’effet cathartique est bénéfique sur la santé mentale. Dès lors pleurer, rire, avoir peur par le biais d’une histoire provoquent une brèche libératrice pour un flux d’émotions qui resteraient autrement bloquées en nous et pourraient peut-être donner lieu à certaines pathologies.

A titre d’exemples, je vous renvoie à ma chronique sur les thrillers qui peuvent être sources de bien-être.

 

5. pour apprendre : nombreux sont les récits qui, outre le fait de nous faire frissonner, nous transmettent des connaissances sur les aléas d’un métier, les déboires d’une époque, la façon d’entretenir certaines plantes ou d’apprivoiser certains animaux, les souffrances liées à une maladie etc. La connaissance reste une ouverture sur le monde qui nous entoure et génère l’empathie pour celles et ceux qui en détiennent certaines clefs et peuvent s’en accommoder ou s’en servir le cas échéant.
Je pense par exemple à ce roman « L’Empreinte de toute chose » d’Elizabeth Gilbert qui aborde sous forme d’un beau récit le thème de l’évolution des espèces et de la botanique à une époque où la place de la femme érudite restait à définir.

6. pour apprivoiser les mots, la grammaire et le style d’une langue :  il est parfois agréable de se laisser porter par une phrase dont les mots vous guident avec justesse sur la corde sensible d’une émotion. Waouh ! Cette expression nous semble alors si belle et si bien agencée. En tant que lecteurs, nous en restons admiratifs et peut-être l’utiliserons-nous plus tard à bon escient.
Les romans d’Amélie Nothomb revisitent d’une manière jouissive notre vocabulaire et questionnent les mots de notre langage. Les romans rédigés par des membres de l’OULIPO (Ouvroir de Littérature Potentielle) sont pour leur part toujours en quête de nouvelles règles formelles destinées à encourager la création. Mais outre ces exemples, chaque plume peut donner lieu à des phrases marquantes, bien tournées et qui font briller certaines idées. A nous d’en profiter !

7. pour vivre deux, trois, quatre fois plus.… : J’ai le bonheur de vivre trois vies : le quotidien,  la lecture d’un récit en soirée et l’écoute d’un roman sur cassette audio dans les embouteillages…

“ Lire, pour vivre plusieurs fois.”
Alexandre Jardin

8. pour guérir bien sûr 🙂 car en lisant, on ne se sent plus seul, on ouvre son esprit sans contrainte à autrui et à une réflexion sur soi-même, on est dans le partage et l’émotion bienfaisante.

Bandes d’ados en littérature, une bulle protectrice et initiatrice

Par défaut

 

Le Club des cinq

Ces fictions qui mettent en scène des bandes de jeunes….

Romans ou séries télévisées, plusieurs titres sont à la une pour divertir les adolescents, mais aussi les adultes…

A commencer par la fameuse série « Stranger things » dont la troisième saison est sortie tout récemment sur Netflix et qui se décline désormais aussi en format romans dans nos librairies.

Qu’est-ce qui fait le succès de ces aventures où les adolescents mènent la barque ?

Dans « Stranger things », le suspense est distillé constamment saison après saison – ou chapitre après chapitre – en fonction des multiples rebondissements de toutes les intrigues menées en parallèle.  Les adultes s’y sont également laissés prendre, malgré le côté invraisemblable du monde dans lequel s’affairent les protagonistes. Il est vrai que les nombreuses références au cinéma et à l’univers des années 80 (cfr Les Goonies) ont tout pour séduire un public senior. Une certaine nostalgie de ces années a sans nul doute eu raison du côté un rien « too much » de la série.

Mais pas seulement !

Ce qui fascine tout particulièrement dans ces aventures d’adolescents, c’est l’évolution entre les personnages et tout particulièrement,  l’évolution des relations au sein de la bande. Nullement figées, celles-ci révèlent des situations émotionnelles authentiques (les liens d’amitié, la trahison, la loi du plus fort, les confidences, la séduction, les amours, l’importance de l’apparence) qui sont propres à tout adolescent, et avouons-le, ne sont pas étrangères au monde des adultes non plus.

Fascination pour l’évolution des relations au sein d’un groupe

Dans un groupe, nous retrouvons toujours un(e) leader, un(e) intello, un(e) moins chanceux(se), un(e) beau/belle. Les événements ont un impact sur l’évolution des relations entre les protagonistes. La loyauté, la sincérité, le partage d’émotions, l’entraide, la compréhension sont des notions sans cesse remises en question lorsque les adolescents doivent affronter leurs pires ennemis, qu’ils soient monstres ou humains.

Or ces questionnements émotionnels au sein d’un groupe font partie de l’éducation sociale et sentimentale de tout être humain. Y faire face dans la jeunesse, se les approprier pour apprendre à se connaître en tant que membre d’une communauté constituent des atouts indispensables dans l’apprentissage de la vie en société. Lorsque ces questionnements prennent une consistance sur le petit écran, ou mieux, lorsqu’ils sont décrits et explicités dans la littérature, cela nous renvoie à nos propres expériences qu’elles soient passées (pour les adultes) ou d’actualité (pour les adolescents).

La nostalgie des années 80 n’est donc pas la seule raison de cet attrait pour certaines séries télévisées ou certains romans dans lesquels les adolescents tiennent les rênes.

Le rôle de l’amitié dans l’adolescence

Michel Claes a rédigé un article en 1988 « Le rôle des amitiés sur le développement et la santé mentale des enfants », qui démontre sur base d’une étude pilote que le nombre et la qualité des amitiés à l’adolescence ont des répercussions sur les facultés d’adaptation sociale, voire sur la santé mentale à l’âge adulte.

Il détaille entre autres trois étapes dans l’évolution des amitiés adolescentes, également mises en évidence dans les études de J.C. Coleman (The Nature of Adolescence, London, Methuen, 1980) et R. Cloutier (Psychologie de l’adolescence, Chicoutimi, Gaétan Morin , 1982) .

« La première étape (11-13 ans) est caractérisée par le partage des activités plutôt que par l’interaction en soi : les amis sont ceux avec lesquels on réalise des activités conjointes. Un intérêt nouveau pour l’autre émerge cependant, l’amitié tendant à être plus sélective que durant l’enfance. La relation devient plus possessive, plus exclusive et la recherche de similitude serait à son point le plus fort. »

« Au milieu de l’adolescence (14-16 ans), la recherche de loyauté et de confiance domine. Les liens d’amitié deviennent plus profonds, ce qui implique confidence, révélation de soi et partage ; la crainte du rejet et de la trahison est particulièrement aiguë à cette période. Les relations d’amitié y prédominent, que ce soit en terme de fréquence de rencontres ou en terme de conformité aux normes des pairs (Hunter et Youniss, 1982). »

« L’amitié post-adolescente (17-19 ans) se caractérise par le partage d’expériences et d’émotions, la mutualité et l’intimité.« 

Une bulle protectrice qui rassure

Faire partie d’une bande de jeunes dispose de nombreux atouts : la force est décuplée face à l’adversaire, le soutien mutuel renforce la barrière de protection et la confiance en soi. Encore faut-il toutefois que les qualités de loyauté et d’entraide soient partagées par tous les membres.

Bulle protectrice aussi pour les lecteurs adolescents qui se reconnaissent dans ces bandes de jeunes et s’identifient à leurs vertus, mais aussi à leurs petites traîtrises, ce qui constitue un moyen de se rassurer, voire d’acquérir une connaissance de soi et des autres par le biais d’une autre perspective.

Enfin, l’humour qui filtre tout au long du récit au travers des déboires et discussions représente un filtre divertissant et protecteur pour le jeune spectateur/lecteur face aux intrigues parfois très sanglantes.

Le Club des cinq, Stranger things, Maxime Chattam….

Les aventures et les relations entre jeunes adolescents en proie à des forces obscures forment l’indéniable fil rouge qui se retrouve au sein de nombreux romans pour adolescents, parmi lesquels

  • les ouvrages de la série Le Club des cinq de la romancière britannique Enid Blyton qui furent publiés en Angleterre entre 1942 et 1963 et apparurent en France à partir de 1955
  • la série « Stranger things » qui triomphe actuellement sur l’écran et déjà en librairie
  • plusieurs ouvrages de l’auteur français Maxime Chattam, comme par exemple :
    •  la série « Autre-Monde » qui entraîne le lecteur dans un univers de science-fiction, mais également
    • le roman « Le 5e règne » dans lequel je me suis plongée un peu par hasard cet été et auquel j’ai été littéralement scotchée durant mes heures de conduite (je l’ai écouté en version audio).

Maxime Chattam Le 5e règne

Lauréat du prix du roman fantastique du festival de Gérardmer en 2003, ce thriller est mené tambour battant par une bande de jeunes adolescents, une bande comparable à celle que l’on retrouve dans la série « Stranger things » , et qui affronte d’horribles êtres malfaisants. Ces derniers sont tellement démoniaques qu’ils n’hésitent pas à assassiner certains membres de la bande. Dans ce roman, le côté « tout le monde s’en sortira » n’est donc pas de mise, ce qui rend le thriller d’autant plus audacieux et captivant.

Romans bienfaisants ?

Les romans à succès mettant en scène des bandes d’adolescents regorgent souvent d’aventures fantastiques avec tous les bons ingrédients d’un polar réussi. Outre le côté divertissant dont ils font preuve, ils dévoilent la psychologie et le développement des relations d’amitié ou d’amour qui se trament en sus de l’intrigue entre les jeunes protagonistes.

Et il faut bien l’avouer, ces relations nous fascinent autant, voire plus, que les monstres qui les déclenchent et dont on se doute – ce n’est pas vraiment un spam – qu’ils n’arriveront pas à obtenir gain de cause, ou du moins, qu’ils seront mis en pause jusqu’au prochain épisode.

L’évolution des rapports entre ces jeunes ressemble à un roman initiatique aux portes du cauchemar fantastique. Mais qui dit roman initiatique, dit aussi roman bienfaisant, car il éveille la réflexion sur les rapports humains, la connaissance de soi et de son rapport avec la société.

Se rafraîchir en lisant

Par défaut

« L’Echappée belle » de Anna Gavalda

Editions Le Dilettante, 2009

Un livre comme une bouffée d’oxygène, ça existe !

Il fait actuellement chaud, très chaud dans beaucoup de pays, même dans ceux qui n’y sont pas spécialement habitués, comme la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, le nord de la France…

Au risque de fondre sur place, mieux vaut se réfugier dans un coin à l’ombre, avec un ventilateur et une bouteille d’eau… sans bouger … en lisant pour s’évader au loin…. Mais que lire ? … si possible une lecture rafraîchissante bien sûr !

Je me souviens de la lecture d’un roman-nouvelle d’Anna Gavalda que je considérais à l’époque comme une véritable bouffée d’oxygène, « L’Echappée belle » . Ce roman fut ré-édité chez Le Dilettante en 2009 alors qu’il était issu d’une première écriture en 2001 récompensant les adhérents de France Loisirs.

De quoi parle-t-on dans ce roman ?

« L’Echappée belle » comme son titre l’indique raconte l’escapade d’une fratrie de quatre trentenaires qui s’offrent le luxe de quitter durant quelques heures leur vie d’adulte cabossée pour retrouver l’insouciance de leurs jeunes années. Sur le point d’assister à un mariage de famille, l’aîné et ses deux sœurs décident de planter là soucis personnels, belle-sœur acariâtre, cousins et cousines pour rejoindre le petit dernier de la fratrie, resté comme guide saisonnier dans un château en pleine campagne.

Avec cette acuité qui la caractérise, Anna Gavalda décrit les mimiques, névroses et petits gestes anodins par le biais des pensées parfois mesquines, mais toujours sincères de sa narratrice, la sœur cadette de la fratrie. Cette dernière passe une bonne partie du livre à se déchaîner pour notre grand plaisir sur sa belle-sœur « chieuse » et trop rigide à son goût. Et de constater gaiement après le départ de celle-ci que « l’ambiance était revenue. Nous avions réussi à éjecter l’alien hors du vaisseau spatial ». Restera alors à goûter pleinement à la petite virée bucolique entre frères et sœurs sur fond musical permanent teinté de nostalgie.

Qu’il est bon d’adhérer pendant le temps que durera la lecture de ce court roman aux points de vue  « bobos » de ces quatre faux jeunes en manque d’insouciance, qui se démènent chacun à leur manière dans leurs relations amoureuses respectives, et qui sont pourtant tellement ordinaires. Mais aussi qu’il est bon de survoler l’ordinaire qui nous emprisonne tous grâce à cette échappée légère et distrayante à souhait !

Pourquoi ce livre rafraîchit-il ?

On a comparé ce petit roman à une bulle de savon, un bonbon ou une pâtisserie à déguster et c’est vraiment le sentiment qui nous envahit à la lecture de ce texte drôle et spontané qui apporte avec lui une bouffée d’oxygène coquine dans un quotidien stressant où fraîcheur et franchise n’ont pas toujours la cote.

Sur le portail lexical du CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales), le terme « rafraîchir » renvoie à de nombreuses utilisations que ce soit au sens propre ou figuré. Etonnamment, les trois premiers synonymes les plus courants de « rafraîchir » sont « ranimer », « réconforter » et « réparer ».

Si la glace et l’eau froide nous rafraîchissent parce qu’elles contribuent à descendre la température de notre corps ou à apaiser notre soif, une oeuvre littéraire peut nous rafraîchir également en calmant notre inquiétude, en nous revigorant. A ce propos, je reprends ici la citation de Flaubert mentionnée dans l’article du CNRTL : Des œuvres comme Ruy-Blas vous rafraîchissent le sang! Cela vous sort de la crasse littéraire qui nous entoure (Flaub.Corresp.,1879, p. 252).

La lecture de certains livres convie une impression de fraîcheur, de jeunesse ou de pureté. Elle peut rafraîchir notre coeur ou notre âme. Elle peut aussi rafraîchir notre mémoire en évoquant des souvenirs similaires et communs au narrateur et au lecteur.

D’autres oeuvres rafraîchissantes ?

Il en existe beaucoup, et comme toujours, un livre rafraîchissant pour un lecteur ne le sera pas automatiquement pour un autre. Tout dépend de la fraîcheur recherchée.

Si celle-ci est synonyme d’évasion et de légèreté, il ne faut pas hésiter à se plonger dans des romans « feel good » dont les couvertures, à elles seules, donnent une impression de fraîcheur avec leurs couleurs vives et pétillantes et leurs joyeux dessins. Si le récit est bien ficelé, l’histoire revigore l’esprit par la même occasion et lui donne des clefs pour remettre à neuf sa propre vie, voire pour la « rafraîchir ».

Si la fraîcheur signifie pour vous une prise de distance avec le quotidien rébarbatif ou la vie terrestre tellement « normale », alors pourquoi ne pas opter pour des romans fantaisistes, voire des romans de science-fiction ?

Lorsque la distance implique de trouver des réponses à de grosses questions existentielles, vous aurez le choix parmi de nombreux ouvrages en tous genres. Il vous suffit de déceler le sujet qui éveille votre intérêt ou vous pose problème et de rechercher les histoires qui traitent de celui-ci. Penchez-vous alors plutôt sur les récits dont les protagonistes font montre de quelque chose qui vous ressemble ou vous interpelle, ceci afin de pouvoir vous identifier plus facilement à eux et de comprendre au mieux leur cheminement.

Maintenant si vous avez réellement besoin d’une fraîcheur physique – comme c’est sans nul doute le cas ces derniers jours, je vous recommande le roman initiatique de Richard Bach, « Jonathan Livingston le goéland » , traduit par Pierre Clostermann et incluant des photographies de Russell Munson. Rien que la vision de cette couleur bleue fait rêver et nous apporte un peu de fraîcheur… Vous trouverez une petite chronique au sujet de ce roman en cliquant ici.

Par contre, si vraiment vous voulez vous enfoncer dans les tréfonds de la canicule estivale et ressentir les délires de la sécheresse qui accablent une communauté rurale du sud-est de l’Australie, n’hésitez pas à vous immerger dans l’excellent roman de Jane Harper « Canicule », qui fut traduit en français par Renaud Bombard et remporta le Prix des Lecteurs du Livre de poche en 2018 dans la catégorie des polars.

Parfois cela fait du bien de savoir que nous ne sommes pas les seuls à souffrir de la chaleur…

Dernières recommandations

Il me reste à vous souhaiter de bonnes lectures et à vous recommander de vous hydrater en suffisance en cette période de canicule.

Si vous en avez l’occasion, plongez dans un bain d’eau rafraîchissante tout en vous plongeant dans une histoire tout aussi rafraîchissante !!!

 

Lettre d’un amoureux des livres

Par défaut

Jules Janin L'amour des livres

Conseils à un passionné de livres 

« L’amour des livres » par Jules Janin (1866)

Point de crainte !

Bien qu’ancien, le style de Janin se lit vite et bien !

« L’amour des livres » constitue l’écriture d’une lettre d’environ 43 pages (édition publiée) que vous pouvez trouver gratuitement en version écrite ou audio sur le net. Cette lettre s’adresse à un jeune bibliophile et lui prodigue des conseils pour la création d’une bibliothèque. Certes, les termes sont pompeux et vieillots, mais la lecture n’en est pas déplaisante pour autant.

Bien sûr, il nous est aujourd’hui difficile de partager les idées de Jules Janin relatives à l’apparence et au format des ouvrages de littérature, notamment lorsque l’auteur souligne l’importance à accorder aux « beaux livres » avec premières reliures, gravures de premier choix, éditions originales rejetant avec mépris les « imprimeries bâtardes », les « loques infectes » qui sentent l’écurie, le graillon et autres parfums…

« …comme toutes les passions bien senties et comprises, la passion des livres a sa coquetterie et son luxe. », se justifie l’auteur passionné du XIXe siècle.

Mais hormis ces quelques idées d’un autre âge (où les formats de poche bien pratiques, les éditions accessibles au grand nombre et les liseuses n’existaient pas encore), la liste des ouvrages cités et le style plutôt théâtral de l’auteur a de quoi nous réjouir.

 

Qui est Jules Janin ?

Jules Janin est un écrivain et journaliste français du XIXe siècle (1804-1874).  Il quitte rapidement le droit pour le journalisme et travaille pour des revues littéraires et des quotidiens comme le Figaro ou le Journal des Débats qu’il rejoindra comme critique pendant une quarantaine d’années. Il sera par ailleurs surnommé le « Prince des Critiques ».

Janin a laissé plusieurs écrits. Son talent d’écrivain se fera connaître dès la parution de l’un de ses premiers romans « L’Âne mort et la femme guillotinée » en 1827. Enfin, après plusieurs tentatives, Jules Janin sera finalement élu à l’Académie française en 1870.

Dans son analyse sur l’esprit critique de Jules Janin, Jacques Landrin précise : « La nostalgie du classicisme, qui perce à tout moment chez Janin, ne le fige pas dans la contemplation du passé; il sait accueillir avec sympathie les nouveautés, pourvu qu’elles n’offensent pas le bon sens. »(Cahiers de l’AIEF, Article de Jacques Landrin, 1983 « Jules Janin, témoin du théâtre romantique pp155-168).

L’amour des livres selon Janin

« Soyez donc le bienvenu, d’aimer si vite et si bien ces chers amis de la vie humaine, amis dévoués, reconnaissants, fidèles. Ils voyagent avec nous, ils nous suivent à la ville, à la campagne ; on emporte son livre au fond des bois, on le retrouve au coin du feu : « C’est proprement un charme ! ». Et Montesquieu a très bien dit qu’il ne savait pas de douleur si grande, qui ne fût soulagée un instant par la lecture d’un bon livre. »

Dans sa lettre, l’auteur détaille les différents types d’ouvrages littéraires, à commencer par la grammaire :

« Les belles-lettres, vous le savez, commencent à la grammaire, et comprennent dans leur ensemble excellent les oeuvres les plus délicates et les plus rares de l’esprit humain. Vous aurez donc un bon dictionnaire, tout bonnement le dictionnaire de l’Académie, et vous le placerez, sans honte et sans peur, de façon à l’avoir toujours sous la main. »

Après la grammaire il y a la rhétorique, et après la rhétorique, arrive la poésie, et notamment la poésie de l’antiquité grecque et romaine.

« Athènes et Rome sont, en effet, les deux grandes institutrices du genre humain. »

et l’auteur en réfère au bon mot de Montaigne qualifiant celle-ci de « bonne nourriture« .

Ensuite…

« Nous arrivons ainsi à nos chers et grands poètes français.

car selon Jules Janin,

 « Il est nécessaire, en effet, si vous voulez être un vrai lettré, que vous remontiez aux origines de la langue nationale. »

S’ensuivent les contes, les fables (cfr La Fontaine) et des grands romans…

« En fait de romans, on n’en lit guère ; ceux qu’on lit, quels chefs-d’oeuvre ! Zayde, Gil Blas, Don Quichotte, Manon Lescaut, Paul et Virginie… On les trouve encore assez facilement en édition originale… »

 

Satires et parodies comme moyens de consolation

 

« Il vous faut aussi, en belle condition, le Moyen de parvenir (de l’imprimerie de François Rabelois) , et la Satire Ménippée (1609), toutes choses indispensables, et d’une infinie consolation quand l’âge arrive où la journée est longue, où le temps est sombre, où l’homme, abandonné d’espérance et sevré de toute ambition, ne redoute, ici-bas, que le remords, moins encore, l’isolement et l’ennui. »

Jules Janin, bibliocoach avant l’heure ?

 

Les livres comme vecteurs de liens

« Les livres ont encore cela d’utile et de rare : ils nous lient d’emblée avec les plus honnêtes gens ; ils sont la conversation des esprits les plus distingués, l’ambition des âmes candides, le rêve ingénu des philosophes dans toutes les parties du monde ; parfois même ils donnent la renommée, une renommée impérissable, à des hommes qui seraient parfaitement inconnus sans leurs livres. « 

 

« La passion des livres est la pharmacie de l’âme »

C’est grâce à cette citation que je suis tombée sur Jules Janin et que j’ai voulu en savoir plus sur son oeuvre et sa vie.

J’espère vous avoir appris un peu plus sur cet homme de lettres d’un autre siècle qui vouait une réelle passion pour les beaux écrits.

« Ils vivent, ils respirent, ils enseignent, ils conseillent.  »

Vous avez bien entendu deviné ce que les « ils » représentent 🙂

« La passion des belles choses (après l’honneur de les faire), il n’y a pas de meilleure louange ! Elle atteste aux lettrés, race immortelle, que le propriétaire de ces beaux exemplaires était un homme heureux de peu, content de vivre, amoureux des belles choses, studieux, paisible,intelligent, se suffisant à soi-même, honorable, honoré, qui s’est entouré, jusqu’à la fin, des grands exemples, des sages conseils. »

… la pharmacie de l’âme…

« Au catalogue de ses livres, on connaît un homme ! Il est là dans sa sincérité. Voilà son rêve… et voilà ses amours ! »

Dis moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es….

 

Pour terminer, une conclusion extraite de cette lettre de Janin qui en prodigue beaucoup :

« Accordez-moi, Seigneur, disait un ancien, une maison pleine de livres, un jardin plein de fleurs ! Voulez-vous, disait-il encore, un abrégé de toutes les misères humaines : regardez un malheureux qui vend ses livres ! « 

 

Bonnes vacances et bonnes lectures à toutes et tous !

Bandes dessinées pour remonter le moral

Par défaut

Les gens honnêtes de Durieux et Gibrat

« Les gens honnêtes »

de Christian Durieux et Jean-Pierre Gibrat

(Editions Dupuis, 2014-2016)

Les quatre tomes « Les gens honnêtes » m’ont tout particulièrement touchée, alors qu’habituellement, il faut l’avouer, je ne suis pas très friande de bandes dessinées. La mixité du texte et de l’image n’est pourtant pas pour me déplaire lorsque les personnages et leur démêlés se montrent attachants. Cette situation s’est précisément présentée à moi lors de la lecture de cette BD en quatre tomes.

Sur une note douce-amère, le récit en images nous entraîne dans les pérégrinations d’un quinquagénaire qui vient de perdre son emploi et se voit incapable de remonter la pente, d’autant plus que son épouse l’a quitté. Au fond du trou, il (re)découvre le monde qui l’entoure et puise ses forces dans l’amour et l’amitié. Si le premier tome nous la joue sur une note plus amère que douce, malgré de constantes touches d’humour, les trois autres tomes gagnent en optimisme. Le protagoniste reprend vaille que vaille son destin en main et la vie continue avec ses hauts et ses bas .

Une bande dessinée bienfaisante ?

L’humanité de Philippe, le protagoniste du récit, est au coeur même de ce récit tragi-comique. Le lecteur peut facilement s’identifier à ce personnage qui doit faire face à des problèmes privés et professionnels assez similaires à ceux d’un bon nombre de quinquas : retrouver un emploi après 50 ans, supporter les difficultés rencontrées par ses enfants adolescents, gérer sa propre situation amoureuse, s’occuper de ses parents vieillissants…

Bien entendu, certaines situations peuvent sembler rocambolesques, mais lorsque la dernière page est tournée, nous avons l’impression d’avoir cheminé longtemps avec Philippe au travers de déboires et de moments de bonheur tout à fait réalistes.

L’humour, remède miracle

Les touches d’humour pleuvent tout au long du récit et nous attendrissent sur le miroir des petits et grands tracas du quotidien. Le protagoniste boit aux sources de l’amour et de l’amitié qui lui tendent des perches pour se relever…

Même si ces perches ne sont pas toujours hum hum les plus adéquates ….  🙂 n’est-ce pas ?

Extrait du tome 2 « Les gens honnêtes »

Bande dessinée – littérature ?

La bande dessinée a l’avantage de toucher un large public. Les écrits, plus courts, sont facilement compréhensibles parce que supportés par des images. Textes et images captent plus vite l’attention du lecteur dont les yeux parcourent rapidement la page et s’accrochent facilement sur le fil d’un récit.

Or ces caractéristiques donnent souvent lieu aux préjugés que tente de définir Jacques Dürrenmatt dans son ouvrage « Bande dessinée et littérature » paru aux Editions Classiques Garnier en 2013

Selon l’auteur, les a priori fustigeant la bande dessinée reposent sur quatre points  : 1) ce genre littéraire se lirait trop rapidement 2) les descriptions relèveraient uniquement des images plutôt que du texte 3) le texte serait appauvri au profit d’une surenchère d’onomatopées et de signes expressifs comme les points d’exclamation etc. 4) la bande dessinée serait incapable de retranscrire les émotions des personnages.

Prenons ces points l’un après l’autre au regard de la bande dessinée de Durieux et Gibrat.

Lecture rapide :

Lire rapidement une histoire ne constitue pas vraiment un inconvénient ou un défaut de qualité. Au contraire, savoir qu’il ne faudra pas se concentrer plus de deux heures peut inciter celui qui ne veut pas y accorder trop de temps, à se plonger malgré tout dans le récit.

Quant aux bandes dessinées de Durieux et Gibrat, la lecture d’un ou deux tomes enjolivera facilement toute une soirée et redonnera du baume à l’âme au lecteur épuisé par ses soucis du quotidien.

Descriptions par l’image et non par le texte :

Certes, les images prennent une place très importante dans les bandes dessinées, mais c’est leur agencement qui en font des images vivantes et captivantes et c’est le texte ou l’absence de texte qui les colore et souligne leur qualité descriptive.

Les images des bandes dessinées de Durieux et Gibrat dépeignent avec justesse l’émotion que veut nous communiquer leurs auteurs. Mais c’est avant tout le texte qui nous permet de percevoir l’ampleur de ces émotions.

Texte apprauvri par un trop-plein d’onomatopées et de signes expressifs

La BD recourt à ces moyens d’expression sonore pour éviter les petites formules qui lient les phrases d’un texte que sont par exemple : « il s’écria », « gémit-il », « la voiture vrombit »… Les images constituent le support par lequel les parties du récit sont reliées entre elles. Les sons qui les ponctuent rendent ces images plus réalistes et vivantes.

La bande dessinée se définit comme un heureux mariage entre images et textes. Grâce aux images, le texte n’est pas appauvri, il devient simplement plus minimaliste. Un simple mot suffit à faire rire, ce qui serait plus difficile sans images.

La plupart des bandes dessinées revendiquent cette qualité, celles de Durieux et Gibrat ne font pas exception.

Incapable de retranscrire les émotions des personnages

S’il existe une époque qui se caractérise par une surabondance d’images, c’est bien la nôtre. Les multiples appareils de communication à notre disposition rivalisent de petites icones pour communiquer un sentiment ou une pensée. Les smileys envahissent la majorité de nos courriels pour transmettre en quelques clics l’émotion qui nous submerge. Alors que dire des dessins représentés avec art par les auteurs de bandes dessinées ?

En tous cas, les bandes dessinées de Durieux et Gibrat ne m’ont pas laissée indifférente et le partage d’émotions était bien présent en lisant les quatre tomes.

Conclusion

La bande dessinée constitue un genre littéraire particulier qui traduit des sentiments via ses propres canaux. Tout comme le roman, elle dispose d’atouts pour inviter le lecteur à adopter une perspective différente face à certaines difficultés, voire pour comprendre une situation donnée et/ou se sentir moins seul(e).

Certes, son abord peut apparaître plus aisé que celui d’un roman. Cela n’en fait pas pour autant un genre littéraire de moindre valeur.

En outre, une bande dessinée peut également se présenter comme une lecture bienfaisante, à condition toutefois qu’elle remplisse les mêmes conditions qu’un roman bienfaisant pour le lecteur qui doit pouvoir y trouver les outils nécessaires pour surmonter les aléas de son existence…

Bonnes lectures à toutes et tous !

Maladies et handicaps : ces lectures qui les racontent

Par défaut

Lectures sur maladies et handicaps

Romans sur la maladie et le handicap

Plusieurs d’entre vous m’ont demandé de leur suggérer des romans sur la maladie ou le handicap, des histoires ou récits de vie dont la lecture pourrait les sortir de leur isolement face à la souffrance ou au sentiment de différence vis-à-vis d’autrui.

Voici une petite liste, bien entendu non exhaustive, de romans susceptibles de soulager mentalement une douleur :

Cancer et souffrance

« La Mort d’un apiculteur » de Lars Gustafsson

Au travers des carnets de note d’un ancien instituteur de campagne se livre le récit de celui qui se croit condamné à une mort prochaine parce qu’il est atteint du cancer. Il ne souhaite toutefois pas se faire soigner en milieu hospitalier et préfère rester avec son chien et ses abeilles pour goûter les derniers instants de vie et livrer bataille à la douleur. Roman bouleversant pour comprendre comment survivre à la douleur aussi atroce soit elle.

« Née sous les étoiles » de Nathanaëlle Arginthe

L’histoire vraie d’une fillette atteinte de cancer qui s’est battue courageusement contre la maladie pour finalement devenir médecin elle-même.

« La Mélodie des jours » de Lorraine Fouchet 

La vie de Lucie bascule lorsqu’elle apprend qu’elle a le cancer du sein. Pourtant tout n’est pas perdu, bien au contraire, cette maladie lui ouvrira d’autres horizons et lui fera connaître des personnes très attachantes. Vous trouverez plus d’informations à ce sujet dans une chronique précédente sur ce roman ici.

Réflexions autour du SIDA

« A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie » de Hervé Guibert 

« Le protocole compassionnel » de Hervé Guibert

« L’homme au chapeau rouge » de Hervé Guibert 

Trois tomes d’une trilogie sur le sida. L’auteur est passé maître de l’autofiction, un genre défini sur Wikipedia comme le  « croisement entre un récit réel de la vie de l’auteur et un récit fictif explorant une expérience vécue par celui-ci » .

Hervé Guibert y raconte l’irruption de la maladie dans sa vie personnelle et dans celle de ses proches, ainsi que toutes les conséquences physiques et mentales qui s’en sont suivies à une époque où le sida faisait encore de nombreuses victimes.

Handicaps physiques et différences visibles

« L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » de Nicholas Evans 

Ce récit nous raconte comment une jeune fille a perdu sa jambe dans un accident et comment elle reprend malgré tout goût à la vie.

« Wonder » de R.J. Palacio

L’histoire d’un enfant victime d’une malformation faciale qui doit affronter les autres et sa différence.

« L’art d’écouter les battements de coeur » de Jan-Philipp Sendker

L’histoire remplie d’espoir  à propos de laquelle vous trouverez une chronique précédente en cliquant ici.  Le récit parle de la rencontre de deux êtres qui souffrent d’un handicap physique.

Expérience de paralysie

« Palladium » de Boris Razon

L’auteur est victime du syndrome de Guillain-Barré, une maladie auto-immune du système nerveux, ayant entraîné sa paralysie totale pendant plus d’un mois. Il nous raconte cette expérience brutale dans son roman.

« Le Scaphandre et le papillon » de Jean-Dominique Bauby

Paralysie totale aussi pour l’auteur de ce roman qu’un accident vasculaire plonge brutalement dans le coma. Lorsqu’il en ressort, seul son esprit est encore vivant.  De son corps inerte, le clignement de son oeil gauche lui permettra de communiquer avec le monde. Grâce au mouvement calculé de cet oeil, il parviendra à faire écrire ce roman qui témoigne de cette expérience traumatisante.

Difficultés à vivre avec le diabète

« Dame Langouste » de Amélie Schoendoerffer

Témoignage d’une jeune fille née dans une famille de stars et souffrant de la maladie du diabète. Elle nous livre son expérience d’adolescente en proie avec les affres de la maladie et de son jeune âge, alors qu’elle souhaite seulement vivre « normalement ».

Cécité

« Soleil Noir » de Marie-José Auderset et Claude Lonfat

L’auteur a perdu la vue des suites d’une maladie génétique. Ses deux fils tentent de lui redonner goût à la vie. L’un des deux mourra et l’autre devra affronter la maladie. A son tour, le père aveugle veut rendre hommage à ses fils en écrivant ce roman par l’intermédiaire de la journaliste Marie-José Auderset. Récit bouleversant et plein de courage.

Autisme

« L’Empereur, c’est moi » de Hugo Horiot

En quelques pages, l’auteur nous raconte la souffrance qu’il a vécue comme enfant autiste Asperger. Il se replonge dans les pensées de ses jeunes années (quatre, huit, douze ans) lorsqu’il refusait de parler et se comportait d’une façon qu’autrui considérait comme « étrange », « différente ». Plus d’informations à propos de ce livre dans une chronique précédente que vous trouverez ici.

***

La plupart de ces romans témoignent d’expériences vécues par leur auteur ou par une personne de son entourage. L’authenticité des émotions et des pensées est bien présente, mais qui plus est, le vent de l’espoir souffle sur les mots,  un espoir non pas de guérir, mais de vivre heureux malgré la maladie ou le handicap.

J’espère que ces quelques pistes de lectures vous permettront de trouver un peu de réconfort. Si d’autres romans vous ont aidé(e)s ou ont aidé des proches souffrant d’une maladie ou d’un handicap, n’hésitez pas à m’envoyer une note que je publierai volontiers dans les commentaires ci-dessous.

Une excellente semaine !!!