En passant

 

« QUAND ON LIT,

ON N’EST JAMAIS SEUL »

 

Chère lectrice, cher lecteur,

 

 

Vous êtes à la recherche d’une lecture réconfortante ? 

En parcourant le menu du blog,

vous trouverez certainement le livre qui apaisera votre peine

 

Vous voulez un conseil de lecture personnalisé et gratuit ?

N’hésitez pas à prendre contact avec moi en remplissant

CE QUESTIONNAIRE DE BIBLIOTHERAPIE

 

Vous souhaitez partager votre rencontre avec un roman bienfaisant ?

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N’hésitez pas à me contacter pour me proposer votre roman bienfaisant :

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« Quand on lit, on n’est jamais seul »

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Le « silence » peut tuer

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« Majda en août »

Samira Sedira

Editions du Rouergue (2016)

 

Majda est la seule fille au sein d’une famille maghrébine qui compte plusieurs garçons. Ses capacités intellectuelles lui promettent un bel avenir, mais au seuil de l’adolescence, certains amis de l’aîné de ses frères lui font subir un traumatisme que sa famille jugera bon de dissimuler sous silence.

Le poids de ce silence et de ces non-dits auront raison de l’état mental et psychique de Majda. A l’âge de 45 ans, elle se réfugie chez ses parents et remonte le fil de ses souvenirs.

Roman bienfaisant ?

Ce roman fait partie des six finalistes du Prix Horizon du deuxième roman organisé par la ville de Marche-en-Famenne (Belgique) et présidé par l’écrivain Armel Job.

Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié « Majda en août », car le roman dégage une puissance évocatrice ancrée dans une réalité qui se rencontre dans tous les milieux, à commencer par le milieu familial.

Le style succinct, et peut-être expressément froid – malgré la chaleur du mois d’août ! –  de ce roman contribue à démontrer tout ce que le silence peut engendrer comme malheur, surtout au sein d’une famille. Les non-dits et le fait de ne pas reconnaître une personne en tant que victime constituent une sérieuse entrave à sa guérison et à un espoir d’épanouissement futur.

Alors roman bienfaisant ? Oui oui grâce aux réflexions qu’il suscite. La fin ne laisse pas indifférent, au contraire, elle contrarie le lecteur, et c’est tant mieux.

Car cette contrariété est peu de chose face à celle que doit éprouver Majda…

Majda a acquis un don d’empathie qui l’a incitée à exercer une activité sociale. Elle retrouve dans les livres l’écho de son malheur :

« Majda avait un don absolu pour comprendre le malheur, et cela dès l’adolescence. Les livres qu’elle dévorait fourmillaient d’histoires malheureuses. Il y avait toujours, dans un livre, l’évocation de sa propre histoire, la preuve que l’humanité partage les mêmes maux, la même désolation, la même impuissance à consoler ses peines. Il y avait toujours dans un livre, un mot, une phrase, quelque chose qui la réconciliait avec cette impuissance.« 

 

 

Chère Maman

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Dans les affaires de mes parents, j’ai retrouvé un vieil ouvrage datant de 1938 « Livre de lecture à l’usage du degré supérieur des écoles primaires »

par Ch. et G. Screvens, Inspecteurs de l’Enseignement primaire (2e édition)

publié par la maison d’édition A. De Boeck à Bruxelles.

A la page 78, un poème de Th. Giard : « Maman »

Aujourd’hui, en hommage à toutes les mamans du monde,

et parce les mots d’une poésie forment souvent un dessert bienfaisant , voici ce beau texte …

 

MAMAN.

Il est un mot d’enfant tout simple mais si beau
Que son parfum demeure en nous jusqu’au tombeau.
Dès que le nouveau-né veut exprimer qu’il aime,
Qu’il vit, qu’il est heureux, il le trouve lui-même,
Le dit et le redit, le gazouille sans fin.
C’est un mot tout mouillé de tendresse et de faim.
Nul ne peut l’oublier : l’aïeul qui, malgré l’âge,
L’entend chanter en lui, voit comme un mirage,
Tout au fond de son coeur usé de souvenir,
Le passé radieux lentement revenir.

Maman ! ce mot se dit ainsi qu’une prière
Maman ! c’est le premier regard plein de lumière
Qui se glisse en notre âme et prépare nos yeux
A supporter l’azur éblouissant des cieux.
C’est le sourire éclos parmi le matin rose.
Maman ! c’est le baiser éperdu qui se pose,
Tout vibrant de douleur encor, mais triomphant,
Pour la première fois sur le front de l’enfant,
Sur ce front nu, veiné, ce creuset d’espérance,
Qui contient tout entier déjà le ciel immense.

Le soldat, cet enfant que grandit le devoir,
En tombant sur le champ de bataille le crie
Comme s’il contenait à lui seul la patrie;
Le criminel qui pleure au fond de sa prison,
Et se sent à jamais perdu sans horizon,
Sans soutien, puisque tout ici-bas l’abandonne,
Sait encor murmurer ce saint mot qui pardonne,
Qui console, malgré les hommes et la loi.
Comme s’il contenait en lui-même la foi.

Th. Giard

 

 

 

 

Le souffle des questions identitaires à travers un roman puissant

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« L’Art de perdre »

Alice Zeniter

Editions Flammarion (2017)

 

Lauréat du prix Goncourt des Lycéens en 2017, ce volumineux roman retrace sur trois générations le parcours d’une famille algérienne kabyle.  Naïma, la narratrice remonte le fil de ce récit depuis les années 1930. A cette époque, son grand-père Ali fait fortune avec ses deux frères dans la production d’huile d’olive grâce à la découverte inattendue d’un pressoir.

Les événements historiques mettront peu à peu un terme à la prospérité familiale. Soupçonnée de faire partie de ce que l’on nomme les « harkis » – à savoir les traîtres à la solde de l’armée française – une partie de la famille se verra condamnée à fuir l’Algérie après l’indépendance.

Hamid, le fils aîné de Ali et père de Naïma, découvrira dans son enfance la vie miséreuse des camps qui furent aménagés en France pour les Algériens.  Finalement placée dans une cité H.L.M., la famille tentera de s’adapter à sa nouvelle situation en faisant face à la montée du racisme.

Naïma qui n’a connu que la France, terre d’accueil de sa famille, se heurte au silence de ses parents lorsqu’elle essaie de remonter le fil de son histoire. Elle voudrait se sentir française tout en revendiquant ses racines algériennes. Mais les attentats perpétrés durant la dernière décennie restent encore autant d’obstacles à l’intégration définitive des siens.

A-t-elle définitivement perdu l’Algérie, ce pays qu’elle ne connaît pas et dont elle ne maîtrise ni la langue ni les coutumes ?

Le titre  assez énigmatique « L’Art de perdre » s’inspire d’un poème d’Elizabeth Bishop selon lequel la vie est un apprentissage de la perte à tous les niveaux; il faut pouvoir apprendre à perdre ses clés, sa maison, son pays …

Roman bienfaisant ?

Cette fresque romanesque évoque avec justesse les difficultés liées à l’intégration dans une perspective intimiste qui parlera à beaucoup de monde. Le récit nous rappelle, ou nous fait connaître, les ressentis et les non-dits d’une famille fuyant son pays, génération après génération.

Alice Zeniter dénonce l’emploi des étiquettes comme « harki » ou « musulman ». Dans l’interview ci-après, elle nous confie que l’emploi d’une étiquette peut amputer quelqu’un de toute l’ampleur d’une vie. Parce qu’Ali a combattu pendant la seconde guerre mondiale pour les Français et parce qu’il a dû faire un choix à un moment donné durant la guerre en Algérie, il est taxé de « harki », ce qui entraînera des conséquences irréversibles pour lui et sa descendance.

Je vous recommande ce beau roman, car il éveille les consciences et appelle à la compréhension et à la tolérance. En plus d’être bien écrit et bien documenté au niveau historique, il s’inscrit dans des problématiques actuelles autour de la question identitaire. N’hésitez pas non plus à écouter l’auteur en parler dans l’interview de l’émission La Grande Librairie.

 

 

Difficile de parler du sentiment amoureux

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« Le dernier amour d’Attila Kiss » de Julia Kerninon

Editions du Rouergue, 2016

« Le Meilleur des amis » de Sean Rose

Editions Actes Sud, 2017

 

Finalistes du Prix Horizon 2008 récompensant tous les deux ans le meilleur second roman d’un jeune auteur, « Le dernier amour d’Attila Kiss » de Julia Kerninon et « Le Meilleur des amis » de Sean Rose décortiquent tous les deux le thème de l’amour avec force ellipses qui révèlent la qualité flottante et le caractère difficilement descriptible des émotions amoureuses.

Julia Kerninon dévoile les balbutiements d’un rapport amoureux entre un homme d’une cinquantaine d’années issu d’un milieu pauvre de Hongrie et une jeune Autrichienne, fille d’aristocrate. L’auteur évoque l’art de l’amour comme un art de guerre où les parties dévoilent peu à peu leurs stratégies . En toile de fond se démarquent les différences sociales (riche – pauvre) et les différences culturelles (Autriche-Hongrie) qui séparent les protagonistes.

Les différences culturelles apparaissent aussi dans « Le Meilleur des amis », car le narrateur est de mère asiatique et exilée. D’une certaine façon, il trouve le réconfort de sa différence dans l’amitié, et ensuite dans l’amour qu’il entretient avec la promise de son meilleur ami. Amitié, amour et trahison rythment ce récit dont le point de départ est un rendez-vous tardif dans un château bordelais où affluent les souvenirs qui en construisent petit à petit la trame.

 

Romans bienfaisants ?

Le printemps qui nous arrive enfin se décline comme la saison des amours...

Bien que le sentiment amoureux reste difficile à raconter, force est de constater que ces deux auteurs parviennent, chacun avec leur talent propre, à nous en décrire des aspects familiers.

Sean Rose met en scène un décor qui fluctue dans l’espace et dans le temps comme une métaphore des vibrations amoureuses et sentimentales qui traversent l’existence.

La toile de fond historique entre l’Autriche et la Hongrie tissée par Julia Kerninon est prétexte à décrire l’ambivalence de toute relation intime qui se construit.

 

 

 

Ces histoires courtes et magnifiquement tournées mettent des mots sur des émotions amoureuses souvent difficiles à comprendre, à décrire, à vivre. Le décryptage et la reconnaissance de tels sentiments procèdent du caractère bienfaisant de ces lectures.

 

« …C’est une histoire de poux, d’errance et de sainteté… »

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« Frère des astres« 

Julien Delmaire

Editions Grasset (2016) – Le Livre de Poche (2018)

Dans ce roman, l’auteur s’est librement inspiré du récit de la vie de Benoît-Joseph Labre (1748-1783), né à Amettes dans le nord de la France et canonisé en 1881. Renvoyé pour diverses raisons de la vie monacale à laquelle il aspirait, Benoît-Joseph Labre a trouvé sa vocation religieuse en parcourant les routes d’Europe tel un pèlerin mendiant, mais tout en restant dévoué et charitable vis-à-vis des plus pauvres que lui.

Le Benoît du récit de Julien Delmaire est également né à Amettes, mais à la fin du 20e siècle et dans une famille où les « fins de mois sont souvent en pente raide ». Il se sent attiré par le mystère de la foi. Devenu adulte, il quitte le cocon familial et se lance sur un chemin d’errance et de piété à travers la France. Ses pérégrinations de chapelles en cathédrales, de bourgades en capitales sont ponctuées de rencontres improbables et relatées sur un rythme littéraire qui enchante la lecture. Les descriptions scandées en petites phrases évoquent des scènes soit miséreuses soit grandioses que le lecteur n’aura aucun mal à se représenter .

Le cadre historique de ce cheminement fait partie intégrante du décor. Benoît habite une époque et un pays, et l’auteur a le don d’évoquer avec très peu de mots des situations particulières connues, ainsi que des événements aisément identifiables qui ont envahi l’actualité voici plus de deux décennies (le génocide au Rwanda, la marche blanche à Bruxelles…).

Roman bienfaisant ?

Il est clair que personne n’envie le parcours que s’impose Benoît. Qui voudrait passer la nuit dehors, sale et affamé ?

Pourtant Benoît fait montre d’une joie de vivre à toute épreuve et cela, peu de gens peuvent s’en arroger le don. Lorsque Benoît est emmené par les policiers auprès d’un psychiatre, celui-ci conclut « Vous savez, c’est la première fois que je rencontre quelqu’un d’heureux. »

Benoît a faim, il a froid en hiver, il est sale, mais il est heureux. Difficile de se mettre à la place de cet être profondément humain et en plein accord avec toutes les manifestations de la vie. L’expérience racontée de ce bonheur dans l’errance et la pauvreté a de quoi changer notre façon d’être et de penser le monde.

Joyeuses Pâques à toutes et tous !

 

Lorsque les mots prennent le pouvoir avec LA VOLEUSE DE LIVRES

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La Voleuse de Livres

Markus Zusak

(traduction française par Marie-France Girod, Editions Oh! 2007, Pocket 2008)

 

Devenu best-seller international, ce superbe roman atypique est paru pour la première fois en Australie en 2005. Il relate l’histoire d’une fillette allemande, Liesel Meminger, durant la seconde guerre mondiale. Le narrateur est pour le moins original puisqu’il s’agit de la Mort. En pleine effervescence à cette époque, la Mort croise plusieurs fois la route de Liesel, et elle est attirée – et même « touchée » – par son destin tragique.

Le jeune frère de Liesel meurt d’une vilaine toux dans le train qui les conduit vers leur nouveau foyer d’accueil. Lors de l’enterrement, la fillette vole son premier livre « Le Manuel du Fossoyeur » tombé par hasard sur le sol. Grâce à cet ouvrage, elle apprend à lire avec l’aide bienveillante de son père adoptif, un homme bon et généreux. Dans son village d’accueil près de Munich, elle croise toutes sortes de personnes à jamais marquées par les affres de la guerre, notamment un jeune Juif qui cherche refuge auprès de ses parents d’accueil.

Liesel découvre aussi le pouvoir des mots utilisés à des fins malheureuses – comme le fit Hitler avec sa propagande nazie – mais également à des fins heureuses, lorsque par exemple la lecture de récits parvient à apaiser l’angoisse des réfugiés dans un abri lors des bombardements.

« Bientôt elle fut entourée de mille morceaux de mots. Les mots. Pourquoi fallait-il qu’ils existent?  Sans eux, il n’y aurait rien de tout cela. Sans les mots, le führer ne serait rien. Il n’y aurait pas de prisonnier boitillant. Il n’y aurait pas besoin de consolation et de subterfuge pour les réconforter.« 

Roman bienfaisant ?

Souvenons-nous de la comédie dramatique italienne « La vie est belle » écrite et réalisée par Roberto Benigni en 1997. Ce conte philosophique traitait de la déportation des Juifs durant la seconde guerre mondiale avec une intention de dédramatiser la réalité grâce à la joie de vivre et à l’humour du comédien. Celui-ci prétendait que le germe de l’espoir pouvait se nicher jusque dans l’horreur.

« La Voleuse de Livres »  se présente aussi comme un conte. Toutefois, l’espoir ne trouve pas ses racines dans la joie de vivre et l’humour du protagoniste, mais dans les mots, à condition bien sûr que ceux-ci tombent entre de bonnes mains.

Plongés dans l’ambiance malsaine qui règne partout, en ce compris du côté allemand où se déroule le récit, les personnages sont soumis aux circonstances malveillantes de l’époque :  à la dictature hitlérienne, à la pauvreté et à la famine, à la culpabilité, aux interdictions d’aider les Juifs, au risque de délation, à la méfiance vis-à-vis de la littérature … Toutefois, la générosité et le courage des êtres humains restent  présents malgré la crainte face au régime totalitaire. Rien n’est perdu lorsque l’entraide et l‘altruisme persistent et usent des mots à bon escient…

La guerre entraîne aussi de nombreux décès, celui des fils, époux et pères morts au combat, celui des victimes de bombardements ennemis, celui des persécutés du régime… Mais le récit aborde le thème de la mort sous un angle original, puisque la mort est personnifiée et nous semble dès lors moins démoniaque.

« Je n’ai pas de faux, ni de faucille. 
Je ne porte une robe noire à capuche que lorsqu’il fait froid.
Et je n’ai pas cette tête de squelette que vous semblez prendre plaisir à m’attribuer. Vous voulez savoir à quoi je ressemble vraiment? Je vais vous aider. Allez chercher un miroir pendant que je poursuis.« 

La Mort devient presque une entité sympathique grâce aux mots du récit.

En retour, la Mort reconnaît le pouvoir des mots qui font la magie de cette histoire.

« J’aurais aimé parler à la voleuse de livres de la violence et de la beauté, mais qu’aurais-je pu dire qu’elle ne savait déjà à ce sujet ? J’aurais aimé lui expliquer que je ne cesse de surestimer et de sous-estimer l’espèce humaine, et qu’il est rare que je l’estime tout simplement. J’aurais voulu lui demander comment la même chose pouvait être à la fois si laide et si magnifique, et ses mots et ses histoires si accablants et si étincelants.« 

***

Ci-après la bande-annonce du film américano-allemand réalisé par Brian Percival en 2013 et qui s’inspire de ce roman bouleversant :

RELATIVISEZ vos soucis en LISANT ce récit poignant…

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BAKHITA de Véronique Olmi

Editions Albin Michel, 2017

Prix du Roman Fnac 2017 – Grand Prix des blogueurs littéraires 2017

 

Véronique Olmi dresse une poignante biographie de cette personne énigmatique née en 1869 dans la province du Darfour au Soudan et qui fut enlevée et torturée dans son enfance pour approvisionner les réseaux d’esclaves. Après des années de souffrance, son destin la conduit par chance entre les mains d’un consul italien qui l’emmène avec lui dans la province de Venise. D’esclave, elle devient domestique pour finalement demander à entrer dans les ordres chez les religieuses canossiennes. Son parcours atypique et sa couleur de peau feront d’elle un emblème de propagande pour servir la grandeur de l’Italie au début du 20e siècle.

Elle sera béatifiée en 1992 et canonisée par Jean-Paul II en 2000.

La première partie du récit décrit le terrible parcours de cette enfant du Darfour à qui les mauvais traitements ont fait oublier son véritable prénom. Elle n’aura de cesse de retrouver les siens, ce qui l’aidera à survivre au pire.

La seconde partie est dédiée à sa vie en Italie, aux conflits intérieurs et extérieurs qu’elle devra affronter pour entrer dans la vie religieuse et s’y conformer.

Roman bienfaisant ?

Raconter la vie d’une personne sous forme de roman est selon moi la meilleure façon d’imprégner la mémoire des gens. Sans doute peu de lecteurs avaient-ils une connaissance préalable de l’histoire tragique de cette religieuse noire. Grâce au roman de Véronique Olmi, grâce aussi à sa plume qui tient le lecteur en haleine, nous découvrons les affres d’une destinée dont le début ressemble à un véritable cauchemar.

Et si le sort a été clément envers Bakhita à un moment donné de sa vie, ce ne fut hélas pas le cas pour un grand nombre d’autres enfants ou adultes voués à l’esclavage et dont l’auteure nous évoque une partie des tourments.

Une telle lecture permet donc de relativiser ses propres soucis personnels et d’apprécier le haut degré de résilience de Bakhita face aux violentes épreuves qui ont marqué ses premières années et qui ne l’ont toutefois pas empêchée de s’ouvrir à autrui.

Ci-après, je vous invite à écouter une interview de la romancière Véronique Olmi lors de l’émission « La Grande Librairie » du 6 octobre 2017.

Elle y parle de son roman qui fut non sans raison couronné de succès et applaudi par les blogueurs littéraires…

 

Si la Saint-Valentin n’est pas synonyme de fête pour vous…

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Rien ne remplace un bon moment passé avec son amoureuse ou son amoureux… surtout en ce jour de Saint-Valentin

Pourtant il arrive que l’expérience amoureuse du moment ne soit pas au beau fixe ou qu’elle soit tout simplement absente.

Ce n’est pas une raison pour tourner le dos à un bon moment…

La solution que je vous propose :

Préparez-vous une boisson que vous aimez tout particulièrement : un thé, un café, un jus, …

 

Faites couler un bon bain moussant parfumé.… allumez quelques bougies ou emplissez votre salle de bains d’un éclairage apaisant.

 

N’oubliez pas le roman que vous adorez, qui vous permet de vous évader ou qui vous aide à voir les choses de la réalité selon une perspective différente.

Enfin, accordez-vous un parfait moment de détente….

Bien sûr, la Saint-Valentin peut aussi se fêter ainsi…. comme un poisson dans l’eau….

Pour celles et ceux qui ne savent pas quoi lire…

n’hésitez pas à consulter mon ouvrage 

Promotion spéciale en ce jour de Saint-Valentin !

Il vous aidera dans votre choix de lecture bienfaisante…

Se reconstruire suite à des blessures familiales…

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« DELIVRANCES » de Toni Morrison

« God Help the Child » Trad. française par Christine Laferrière

Ed. Christian Bourgeois (2015) – Audiolib (2016)

 

La grande romancière afro-américaine, Toni Morrison (née en 1931 !) a écrit une histoire qui aborde de façon condensée ses thèmes fétiches : le racisme envers les gens de couleur aux USA, l’enfance et la famille, le mal-être et la renaissance grâce à l’amour.

Lorsque Lulla vient au monde, sa couleur très noire choque ses parents mulâtres. Son père quitte le foyer et sa mère l’élève sans véritable amour.  Devenue une belle jeune femme, elle a changé de nom et fait carrière dans les cosmétiques. Un jour, elle décide de réparer une faute commise dans son enfance vis-à-vis d’une personne qu’elle a condamnée à la prison dans le seul but de conquérir l’amour de sa mère. Au même moment, sa relation amoureuse vacille. Son amant Booker tente lui aussi d’échapper aux traumatismes de son enfance…

Les chapitres se succèdent rapidement et entremêlent les points de vue narratifs : celui de Lulla, de son amant Booker, de sa mère, de sa meilleure amie, etc. Le style d’écriture de Toni Morrison contient des ingrédients du « réalisme magique » où certains éléments surnaturels mineurs pénètrent dans la réalité familière. Ainsi par exemple, Lulla voit-elle son corps de femme redevenir celui d’un enfant.

Roman bienfaisant ?

Une vie qui débute sans amour ne peut se racheter que grâce à l’amour, non seulement l’amour qu’on reçoit, mais aussi celui qu’on apprend à donner à autrui. C’est en quelque sorte le message de Toni Morrison. Et son récit en est porteur. La plume originale et succincte de l’auteure sonne juste, le déroulement des pensées des divers protagonistes démontre une vision mâture de l’âme humaine. Ce roman, proche du récit initiatique, s’achève sur une note optimiste bienfaisante.

Ci-dessous l’interview de Christine Laferrière qui a traduit le roman en français et nous parle de cet ouvrage …

 

 

UN NOUVEAU SITE VIENT DE NAÎTRE,

IL S’AGIT DU PENDANT ANGLAIS DE LIREPOURGUERIR

« READTOHEAL« 

Le dernier article parle  du roman de Kathryn Stockett « The Help »
qui évoque aussi le racisme noir/blanc dans la société américaine

« Quiconque oublie le temps cesse de vieillir. … »

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L’oubli triomphe du temps, ennemi de la mémoire.

Car le temps, en définitive, ne guérit toutes les blessures qu’en s’alliant à l’oubli.

« Le goût des pépins de pomme »

Katharina Hagena

Version originale allemande « Der Geschmack von Apfelkernen » (2008-2009)

Traduction française par Bernard Kreiss

aux éditions Anne Carrière (2010), Audiolib (2010), Le Livre de Poche (2011)

***

Trois générations de femmes ressurgissent dans la mémoire de la narratrice après le décès de Bertha, sa grand-mère. Unique petite-fille en vie, Iris hérite de la maison familiale. Après l’enterrement, les trois filles – sa mère et ses deux tantes – lui laisseront la clef de la maison. A elle maintenant de décider si elle gardera la maison ou si elle la mettra en vente.

Durant ces quelques jours de réflexion, Iris parcourt les endroits de la maison et du jardin et redécouvre les saveurs de sa jeunesse. La jeune femme se remémore les récits et tragédies vécus par les générations précédentes, les histoires qu’on lui a racontées, mais aussi les événements et les drames qu’elle a elle-même vécus et interprétés. Elle pense à sa grand-mère qui, durant ses dernières années, avait totalement perdu le fil de sa mémoire…

Iris se raconte son histoire familiale et peut-être la réinvente-t-elle pour se rassurer et trouver une stabilité dans le flot des souvenirs :

« Les histoires que l’on me racontait étaient-elles plus vraies que celles que je fabriquais moi-même à partir de souvenirs épars, de suppositions et de choses apprises en écoutant aux portes ? Les histoires inventées devenaient parfois vraies au fur et à mesure, et nombre d’histoires inventaient la vérité. »

Le thème de la mémoire et de l’oubli est abordé sous divers angles, d’une façon que je trouve originale et lumineuse.

  • La narratrice tente de recréer son histoire familiale avec des bribes de souvenirs. En même temps, elle construit sa propre histoire dans le présent, car elle va devoir faire des choix pour l’avenir. Sa rencontre avec un ami de jeunesse pimente le présent.
  • Le passage incessant du présent au passé conjugué à toutes les époques rend l’histoire très vivante et captive le lecteur
  • Le récit de ces trois générations de femmes se déroule en Allemagne, et il est également imprégné de l’histoire peu glorieuse du pays durant les années de guerre
  • Bertha la grand-mère représente une sorte de « métaphore » des rapports entre l’oubli et la mémoire. Même si elle n’a pas choisi sa maladie, sa perte de mémoire la préserve des sentiments de tristesse, de regret, de remords.

Roman bienfaisant ?

J’ai classé ce roman dans la rubrique qui aborde le thème du deuil.  Souvent, en se rémémorant des souvenirs, nous faisons le deuil des bons moments passés et des personnes qui ne sont plus de ce monde. Il y a comme un constat de perte dans tous les cas. En même temps, nous reconstruisons une sorte de réalité qui nous arrange parmi le flot de nos souvenirs, et ceci afin de museler les remords.

La narratrice dit elle-même que

« A partir d’une certaine quantité de souvenirs, chacun devait finir par en être saturé. L’oubli n’était donc lui-même qu’une forme de souvenir. Si l’on n’oubliait rien, on ne pourrait pas non plus se souvenir de quoi que ce soit. Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l’océan de l’oubli ».

et

« J’en déduisis que l’oubli n’est pas seulement une forme de souvenir, mais que le souvenir est aussi une forme de l’oubli ».

Il s’agit ici du récit de la vie de femmes confrontées à des joies, souffrances et malheurs. Ces femmes, dont Iris se fait l’écho, ont pourtant surmonté, chacune à leur manière, les difficultés de l’existence. Le roman de Katharina Hagena, , tout en transmettant le goût et la saveur du terroir rural, est à la fois empreint de nostalgie et de soleil. Sa lecture ne manque pas de mettre à l’honneur le plaisir et le goût de vivre.