En passant

 

« QUAND ON LIT,

ON N’EST JAMAIS SEUL »

 

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CE QUESTIONNAIRE DE BIBLIOTHERAPIE

 

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« Quand on lit, on n’est jamais seul »

Place à du « coaching » sous forme de roman !

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« Ta deuxième vie commence

quand tu comprends que tu n’en as qu’une »

de Raphaëlle Giordano

Editions Eyrolles 2015, Editions de la Loupe, 2016

Raphaëlle Giordano est spécialiste en développement personnel et en coaching créatif.

Ce premier roman met en scène sous forme de récit la relation d’accompagnement entre un coach – appelé  le « routinologue » – et Camille, une femme qui essaie de retrouver bien-être et joie de vivre tout en se débarrassant de la morosité chronique qui gangrène sa vie, son humeur et ses relations.

 « Constatant qu’un nombre croissant de personnes possédant tout pour être heureuses sans finalement parvenir à l’être se trouvaient en proie à une forme de morosité chronique, Raphaëlle Giordano a créé un métier essentiel. Ni psy, ni coach, le routinologue est un expert en accompagnement dans l’art de retrouver le bonheur perdu ! »

Les ressorts de cette histoire tournent essentiellement autour des trucs et astuces visant à améliorer son regard sur la vie et ils s’adressent à tout un chacun : comment retrouver une image positive de soi, comment améliorer ses relations avec son entourage, avec son époux, avec ses enfants, comment s’épanouir dans sa vie professionnelle…

L’auteur fait référence à des principes de coaching, s’inspire de citations de grands auteurs et, par l’intermédiaire de l’action ciblée du « routinologue », accompagne sa protagoniste vers la conquête de son bonheur.

Roman bienfaisant ?

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une oeuvre de littérature qui recourt à la catharsis et agit comme un libérateur d’émotions, car l’objectif visé semble tout autre.

Dans ce roman feel-good, Raphaëlle Giordano a tout simplement voulu faire passer par le biais d’un récit de grands principes de développement personnel (méthode SMART, pensée positive, principe de l’ancrage positif etc.) parce qu’il est plus facile, plus agréable et plus compréhensible de lire une histoire que de se plonger dans un ouvrage documentaire et explicatif. 

Qui plus est, le lecteur retiendra aisément les trucs qui ont conquis la protagoniste, une protagoniste à laquelle il peut d’ailleurs s’identifier : il s’agit d’une épouse et mère de famille qui bosse à temps partiel dans une société où elle ne s’épanouit pas vraiment et qui a du mal à trouver un peu de temps pour elle et sa famille…bref, un profil assez récurrent dans nos sociétés.

Peut-être connaissez-vous d’autres romans de ce genre ?

Célébration de la lecture

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Célébration de la lecture

par Colette Nys-Mazure aux éditions Luc Pire (2008)

Dans ce très bel ouvrage, la poète et écrivain belge Colette Nys-Mazure interprète avec sa propre sensibilité poétique

plus de 75 oeuvres picturales représentant des « personnes plongées dans la  L E C T U R E« …

Parmi les artistes des toiles illustrant cet ouvrage, citons notamment Monet, Courbet, Manet, Picasso, Rembrandt, Delvaux etc.

L’auteur soulignera dans son introduction « Peindre, lire, écrire : des actes intimes« 

« Entre le tableau et le livre, le lien est étroit [..] l’un et l’autre s’ouvrent telles des fenêtres sur le monde« 

A propos des tableaux, elle dira « Je leur prête mes mots pour qu’ils vivent différemment avant de rejoindre les émotions des lecteurs qui, à leur tour, entreront en résonance et retrouveront peut-être le tableau« 

 

 

« Une légende russe » de Léonid et Olga Tikhomirov 1967-1972

 

 

 

 

La date du 23 avril est devenue « Journée Mondiale du Livre » en se référant au jour de la mort de Shakespeare et de Cervantes (23 avril 1616).

Des événements autour du livre sont organisés un peu partout, mais tout particulièrement cette année à Conakry, capitale de la République de Guinée, qui a été nommée entre avril 2017 et avril 2018, capitale mondiale du livre.

 

Lecture-pansement pour les coeurs éprouvés…lisez et vous danserez aussi

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« Et je danse aussi« 

 Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

chez Fleuve Editions (2015) et en format poche chez Pocket (2016)

Par un échange d’emails d’abord hésitants, puis de plus en plus attendus, Pierre-Marie Sotto, un écrivain en panne d’inspiration, et Adeline Parmelan, une jeune femme blessée, se racontent chacun leur vie. De fil en aiguille, ils entrent avec les mots dans la confidence des souvenirs heureux et malheureux qui les ont marqués. La relation épistolaire qui perdure dépasse le simple stade du virtuel, elle rapproche leur solitude respective dans une complicité qui nourrit leurs réflexions sur l’amour et l’amitié, mais aussi sur l’écriture et la littérature.

« Ce qui me touche et me séduit dans les livres, les films, le théâtre, plus que les histoires elles-mêmes, c’est ce qui les habille. La façon dont on me les raconte, leur texture, le tissu dont elles sont tissées, leur grain comme on dit en photographie. Et ce grain-là, je le trouve dans vos mots, Adeline. Vos histoires me plaisent, et votre manière de me les raconter aussi. »

L’humour et le sourire constituent des ingrédients actifs du récit. De même, des rebondissements imprévus en garantissent un plaisir continu de lecture et maintiennent le suspense. Il faut dire que Pierre-Marie n’a jamais lu le manuscrit envoyé par Adeline et qui est à l’origine de leur échange de courriels, or celui-ci renferme les réponses à de nombreuses questions sur la véritable identité des protagonistes.

Roman bienfaisant ?

Beaucoup de témoignages affluent pour dire que ce roman représente un véritable pansement pour les coeurs éprouvés. Les deux auteurs, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, qui sont par ailleurs spécialisés dans la littérature pour jeunesse, se sont pris au jeu du roman épistolaire, et le succès ne s’est pas fait attendre. Les bons conseils que se prodiguent les deux protagonistes reflètent un réel souci d’encourager les lecteurs à surmonter les épreuves et à croire en la beauté de la vie.

« J’ai reçu votre message comme on reçoit un bonbon. Je l’ai posé sur ma langue, et je l’ai laissé fondre doucement durant toute la journée d’hier, au gré de mes promenades.« 

 

Cancre : un destin irrémédiable?

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« CHAGRIN D’ECOLE » de Daniel Pennac

Editions Gallimard, 2007 – Version poche chez Folio, 2009

Prix Renaudot en 2007

L’écrivain français Daniel Pennac se base sur sa propre histoire en tant que « mauvais » élève pour décrypter les sentiments et les attitudes affluant autour de ces jeunes cancres qui pratiquent la différence au sein de leur classe, de leur école, de leur famille, voire de la société.

Devenu professeur de littérature, l’auteur reconnaît que son sauvetage s’est opéré grâce à quelques esprits avisés qui ont su lui redonner confiance en lui . »Puis vint mon premier sauveur. Un professeur de français… »

« Car il y avait la lecture. Je ne savais pas, alors, qu’elle me sauverait. »

Ce récit éclairé et bien écrit allie les souvenirs de l’auteur à des réflexions sur l’enseignement, la famille, la société d’hier et celle d’aujourd’hui, l’ère des moyens de communication sophistiqués.

Daniel Pennac n’hésite pas à dévoiler ses trucs pour éveiller l’intérêt de ses élèves, pour leur (re)donner le goût d’apprendre et de s’instruire.

« Le savoir est d’abord charnel. Ce sont nos oreilles et nos yeux qui le captent, notre bouche qui le transmet. Certes, il nous vient des livres, mais les livres sortent de nous. Ca fait du bruit, une pensée, et le goût de lire est un héritage du besoin de dire.« 

Roman bienfaisant ?

Ce roman autobiographique soulève des réflexions justes et pointues sur la situation de nos adolescents, et plus particulièrement sur celle de ceux que l’on qualifie de « cancres » parce qu’ils ne s’adaptent pas aux normes de notre enseignement et de notre société, parce qu’ils sont d i f f é r e n t s.

« La naissance de la délinquance, c’est l’investissement secret de toutes les facultés de l’intelligence dans la ruse. »

Un récit agréable à lire et que je recommande tout particulièrement aux enseignants, ainsi qu’aux parents d’enfants en âge scolaire.

Mémoire défaillante, un thriller psychologique pour en parler

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« AVANT D’ALLER DORMIR »

J.S. Watson

Ce thriller psychologique raconte le désespoir, mais aussi l’instinct de survie d’une femme amnésique qui se réveille tous les matins en ayant oublié son passé, et notamment ses vingt dernières années. Elle ne se reconnaît pas dans la glace et ne parvient pas à identifier l’homme qui dort à ses côtés et qui prétend être son mari.

Un médecin la contacte tous les matins et lui indique l’endroit où elle a caché le journal intime dans lequel elle note ce qu’elle vit au fil des jours. Ce précieux outil l’accompagne au quotidien pour l’aider à retrouver les bribes de son passé et dissiper son désarroi toujours renouvelé. Peu à peu lui apparaissent pourtant des incohérences entre ce qu’elle écrit, ce qu’on lui raconte, et le peu dont elle se souvient…

Outre la tension latente qui sous-tend ce roman et tient le lecteur en haleine, l’importance de la mémoire et des souvenirs dans l’identité humaine est mise en avant tout au long du récit :

« Que sommes-nous d’autre que la somme de nos souvenirs?« 

La protagoniste veut retrouver les souvenirs qui la définissent en tant qu’être humain, même si ceux-ci sont douloureux…

« Tout ce que je veux, c’est me sentir normale. Vivre comme tout le monde, avec des expériences enrichissantes, chaque jour donnant forme au suivant. Je veux mûrir, apprendre des choses et accumuler du savoir.« 

Des réflexions s’échangent sur l’histoire personnelle telle que vécue et perçue par chacun d’entre nous, et par là même, sur le tissu de souvenirs qui prend forme au gré de nos besoins pour forger le socle de notre existence :

« Nous changeons toujours les faits, nous réécrivons toujours l’histoire pour nous rendre la vie facile, pour la faire coïncider avec la version des événements que nous préférons. Nous le faisons automatiquement. Nous inventons des souvenirs. Sans y penser. Si nous nous répétons suffisamment souvent que quelque chose a eu lieu, nous finissons par le croire, et ensuite nous pouvons nous en souvenir.« 

Roman bienfaisant ?

Ce thriller aborde les troubles cérébraux liés à la mémoire. Beaucoup d’entre nous connaissent une personne atteinte d’un de ces disfonctionnements de la mémoire. Il s’agit souvent de personnes âgées, mais pas toujours. La communication avec ces personnes peut s’avérer difficile, il faut faire preuve de beaucoup d’empathie et d’amour pour pouvoir suivre le cheminement de leurs pensées confuses.

Le roman prend ici la position du malade et rend compte de sa détresse face à son cerveau défaillant.

« ASSEZ PARLÉ D’AMOUR » en ce jour de Saint-Valentin !

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« ASSEZ PARLÉ D’AMOUR »

Hervé Le Tellier

Editions JC Lattes (2009) 279 pages et Le Livre de Poche (2010) : 256 pages

Deux femmes mariées, mères de famille ont tout pour être heureuses. Elles ne se connaissent pas, mais elles tombent amoureuses simultanément et l’auteur crée un parallèle entre la naissance et la concrétisation de leur histoire extraconjugale respective. Mais lorsque le choix ultime s’imposera à elle, lourd de conséquence, leur trajectoire, jusque là similaire, prendra des chemins différents.

Hervé Le Tellier est un romancier français, membre de l’OULIPO (Ouvroir de Littérature Potentielle), association fondée en 1960 et toujours en quête de nouvelles règles formelles destinées à encourager la création. Conscient de la difficulté de parler de l’amour, l’auteur a écrit un roman intimiste où il conjugue l’amour sous diverses formes (amour passé, amour-passion, amour-tendresse, amour maternel, amour filial), car les protagonistes qui gravitent autour des deux femmes ont également leur mot à dire dans l’histoire. Le labyrinthe de l’amour étant complexe, Le Tellier choisit une façon originale d’en parler en lui imposant une structure formelle ludique, mais qui a toutefois l’élégance de passer inaperçue si le lecteur préfère l’ignorer.

Roman bienfaisant ?

Si l’auteur oulipien qu’est Hervé Le Tellier est défini comme « un rat qui construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir », alors je pense que celui qu’il a réalisé par le biais de ce beau roman pourra aider le lecteur à trouver lui-même son propre chemin dans le dédale de ses aventures amoureuses.

Cette chronique est en partie extraite de l’ouvrage « Lire pour guérir d’une peine de coeur » que vous pouvez encore vous procurer

en version numérique ou en version papier sur Amazon.

« Toute la lumière que nous ne pouvons voir »

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« Toute la lumière que nous ne pouvons voir »

de Anthony Doerr

(« All the light we cannot see » – 2014 USA)

Editeurs francophones : Albin Michel (2015 – 600 p.) – Livre de Poche (2016 – 704 p.)

et Audiolib (2015)

Lauréat de plusieurs prix dont le Prix Pulitzer de la Fiction en 2015, le roman de Anthony Doerr nous emporte dans les tourments de la seconde guerre mondiale en suivant le cheminement de deux adolescents appartenant chacun au camp opposé : une Française, Marie-Laure, aveugle depuis l’enfance, qui fuit Paris avec son père pour se réfugier chez son grand-oncle, et un Allemand, Werner, orphelin doué et autodidacte que l’on envoie oeuvrer dans les armées d’Hitler pour mettre fin à la Résistance.

Les routes de ces deux adolescents « lumineux » vont se croiser à Saint-Malo vers la fin de la guerre, à l’époque où les bombardements détruiront une grande partie de la ville. Entre-temps, ils auront tous les deux croisé les forces du mal et celles du bien, mais se laisseront guider par la lumière de ces dernières.

Le titre du roman fait référence à la question d’un professeur qui donne des cours  à la radio juste avant le début de la guerre. Ces cours sont suivis secrètement et avec attention par Werner et sa soeur. Le professeur se demande « comment se fait-il, les enfants, que le cerveau, qui ne bénéficie d’aucune source lumineuse, édifie pour nous un monde plein de lumière ? »

« So how, children, does the brain, which lives without a spark of light, build for us a world so full of light? « 

Le talent de l’auteur sera de démontrer la victoire de la bonté humaine, cette lumière, dans un monde subissant l’enfer et les ténèbres de la guerre.

Roman bienfaisant ?

Véritable coup de coeur, le récit de Anthony Doerr nous transporte au milieu d’une époque qui s’éloigne peu à peu de nos mémoires, mais qu’il ne faut surtout pas oublier pour éviter qu’elle ne se renouvelle : une époque grise, violente, bestiale, sans retenue, où les plus courageux, ceux qui osent se rebeller contre le pouvoir en place, semblent perdre la partie. Mais sont-ils vraiment des perdants ?

Parmi eux, une aveugle et un orphelin désemparé réussissent à se libérer des chaînes de leur époque et des a priori de leur nationalité pour suivre leur conscience, leur voix intérieure.

« Même les heures les plus sombres ne pourront jamais détruire toute la beauté du monde »

 Ce livre revisite l’histoire sans parti pris et met à l’honneur le courage des plus faibles face à la cruauté et à l’injustice ambiantes.

« Lire c’est vivre plus »

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Lire c’est vivre plus

sous la direction de Claude Chambard

L’Escampette Editions (2015)

 

Cet opuscule de 65 pages regroupe les pensées de huit écrivains et/ou traducteurs sur le thème de la lecture, un sujet qui, comme vous le savez, me tient à coeur.

Dans sa préface intitulée « Plus je lis, et plus je change« , Claude Chambard dédie ce livre à Claude Rouquet, créateur des éditions L’Escampette.

Il passe ensuite la plume aux personnes qui ont collaboré à cet ouvrage :  David Collin, Christian Garcin, François Gaudry, Alberto Manguel, Claude Margat, Lambert Schlechter, Catherine Ternaux.

Au fil des écrits sont également compilées un grand nombre de citations ayant pour thème la lecture, les livres, la passion littéraire…

Je vous en livre quelques-unes…

« La passion des livres est la pharmacie de l’âme » Jules Janin

« Si la littérature constitue un moyen privilégié pour connaître la vie, c’est au fond parce qu’elle n’est finalement rien d’autre que la vie elle-même » Marcel Proust

« La vrai lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver » Jean Guéhenno

« La vertu paradoxale de la lecture […] est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens » Daniel Pennac

L’éloge de la lecture est bien au programme de cet ouvrage collectif  qui ravira les amateurs, rassurera celles et ceux qui se sentent isolé(e)s dans leur passion et enfin motivera les plus hésitants à se lancer dans la littérature par la porte la plus accessible qui soit : le livre…

Joyeuse année, riche en lectures bienfaisantes !

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« Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie » Montesquieu

« La vertu paradoxale de la lecture est de nous extraire du monde pour lui trouver un sens » D. Pennac

 « Une lecture amusante est aussi utile à la santé que l’exercice du corps » Emmanuel Kant

« La lecture est une amitié » M.Proust


« Il n’y a vraiment que deux choses qui puissent faire changer un être humain :un grand amour ou la lecture d’un grand livre« 

Paul Desalmand

Lisez, lisez…. soyez liseur !

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« Le liseur du 6h27 »

Jean-Paul Didierlaurent

Ed. Au Diable Vauvert (2014), puis chez Gallimard en poche (Folio) et en audio (Ecoutez lire)

Mon coup de coeur pour finir l’année 2016 en beauté !

« Se fondre dans le paysage jusqu’à se renier soi-même pour rester un ailleurs jamais visité.« 

Guylain Vignolles est affublé d’un nom difficile à porter : l’inversion des premières lettres est presque instantané… cet handicap qui tend à souligner sa différence lui a valu de rester « à l’écart » et de vivre seul avec un poisson rouge.  Il travaille dans une usine où règne la monstrueuse Chose, appelée aussi la « Zerstor » machine, mot germanique qui se réfère à une notion de destruction violente. Cette « Zerstor » pulvérise les vieux livres afin d’en extraire de la pâte à papier.

Pour se rendre à son poste de travail, Guylain prend le train de 6h27. Tous les jours à cette même heure, il lit tout haut les pages sauvées des griffes de la machine, des pages extraites de toutes sortes d’ouvrages… Sa passion pour les mots, il la partage avec d’autres personnes esseulées qui, comme lui, vivent un peu en marge de la société : un gardien excentrique qui ne parle qu’en alexandrins, un ancien collègue dont la Zerstor a broyé les jambes, des personnes âgées, une dame-pipi écrivain…

Si vous avez apprécié le film « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain« , vous aimerez ce roman qui lui ressemble. Ici aussi, le récit est servi par une narration aux apparences légères pour relater des expériences difficiles : handicap, vieillesse, marginalité, solitude et surtout différence sociale.

(Tiens, tiens, le liseur de l’édition Ecoutez lire est Dominique Pinon, acteur du film précité… un hasard?).

« Le liseur du 6h27 » est une histoire fraîche et tendre, un brin naïve et totalement bienveillante que je vous conseille vivement pour finir l’année 2016 en beauté.

Il s’agit d’un récit bienfaisant  qui vous réchauffe le coeur  en mettant à l’honneur les mots, l’écriture, les livres.

Outre cette mise en avant de la passion des mots, nous pouvons également y voir une dénonciation des systèmes d’oppression qui pratiquent la censure sur le monde de la littérature, ainsi qu’une dénonciation de nos systèmes de consommation qui réduisent le livre à un simple objet de consommation à jamais recyclable.

Pourtant, vous le savez autant que moi, le livre est bien plus qu’un simple objet, il renferme une histoire capable de nous apprendre à mieux vivre, à mieux se positionner dans le monde, à mieux comprendre autrui et soi-même, une histoire qui peut nous aider à guérir