Archives de Catégorie: * Bibliothérapie en général

Fureur littéraire en Islande

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« La lecture élargit l’horizon de la vie, la vie devient plus grande, elle devient autre chose, c’est comme si l’on possédait une chose que personne ne pourra jamais nous enlever, et ça vous rend plus heureux« 

« Le Coeur de l’Homme » (2011) de Jón Kalman Stefansson (auteur islandais)

L’ISLANDE et son rapport à la lecture

Je reviens d’un séjour dans ce pays nordique qui émerveille par ses multiples paysages, ses couleurs vives, son climat changeant et le sourire de ses habitants.

Mais l’Islande est aussi un pays ancré dans une tradition littéraire très forte et il m’a semblé intéressant de l’évoquer sur ce blog. En 2011, l’Unesco décerna à la capitale Reykjavik le titre de Cité de la Littérature. C’était la première fois qu’une ville dont la langue n’est pas l’anglais recevait cet honneur.

La littérature occupe une grande place en Islande.  Sur environ 320 000 habitants, plus ou moins un millier de titres sont publiés chaque année par des Islandais. C’est énorme !

La renommée de plusieurs auteurs a également dépassé les frontières islandaises :

  • Arnaldur Indridason et Arni Thorarinsson pour les polars
  • Audur Ava Olafsdottir, auteur de « Rosa Candida« , mais aussi de « L’Exception« 
  • Bersveinn Birgisson, auteur de « La lettre à Helga« 
  • Jón Kalman Stefánsson
  • et bien d’autres encore…

Les références à la littérature sont partout.

L’Eglise Hallgrimskirkja de Reykjavik porte par exemple le nom de Hallgrim Pétursson, le plus grand écrivain islandais du XVIIe siècle, auteur des Psaumes de la Passion.

Sculpture de lecteurs dans l’Eglise Hallgrimskirkja

 

Une application mobile gratuite permet

 de déambuler dans les rues de la capitale

en écoutant des exposés ou extraits relatifs aux sagas et aux auteurs contemporains (par exemple Indridason).

 

Les Vikings issus de pays nordiques comme la Norvège sont venus s’installer en Islande au 9ème siècle. Une tradition narrative faite de sagas en tous genres s’y est peu à peu développée : récits des colonisateurs, évocation de grandes traditions épiques et sacrées etc. En faisant une visite autour du pays, on s’aperçoit que presque chaque lieu est relié à un conte populaire.

Ecrire pour exister, écrire pour témoigner de la richesse naturelle ambiante, écrire pour partager. Lire pour apaiser ses angoisses, lire pour se sentir moins seul, lire pour trouver le bonheur d’exister…

Le sol islandais inspire les écrivains pour notre plus grand plaisir…

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Romans à EVITER ? durant la période estivale

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Profitons de l’été pour lire, mais ne limitons pas cette période de repos à des lectures sans intérêt sous prétexte que nous avons besoin de ménager notre cerveau et notre capacité de réflexion.

Malgré tout, si tel est votre souhait, un conseil :  il vous faudra EVITER  les grands classiques et autres récits suivants :

 

Le volumineux roman de

Gabriel Garcia Marquez « Cent ans de solitude »

qui retrace les péripéties de toute une famille sur sept générations alors qu’elle est frappée par une malédiction qui la condamne à cent ans de solitude

 

Le ténébreux roman de

Albert Camus « La Peste » ,

récit chronologique de l’épidémie qui frappa la ville d’Oran en Algérie à la veille de la seconde guerre mondiale. L’homme prend conscience de sa finitude, en fait le deuil, mais se bat malgré tout pour le bien de l’humanité.

La célèbre histoire de

« Madame Bovary » de Gustave Flaubert 

mettant en scène les insatisfactions amoureuses de la protagoniste friande de romans à l’eau de rose.

 

Le sentiment d’injustice qui prévaut dans le roman de

Gilbert Cesbron « Une abeille contre la vitre »

et qui isole plus sûrement la protagoniste que la disgrâce physique qui en est la cause. Le roman transmet toutefois une note d’espoir…

 

Plus récent, le beau et sombre roman de

Joyce Carol Oates « Mudwoman »

qui évoque le thème de l’adoption et des relations familiales chaotiques

 

Le sordide récit

« Le Parfum » de Patrick Süskind

qui parle d’un homme physiquement différent des autres, une différence qui l’a isolé et lui a conféré un côté monstrueux.

 

Le récit original de

Isabelle Rivoal « Grosse »

où la différence physique est également source de souffrance physique

La nouvelle emblématique

« Le silence de la mer » de Vercors

qui témoigne que la différence peut être culturelle, et n’en reste pas moins source de maladresse, conflit et isolement

Le roman

« L’intensité secrète de la vie quotidienne » de William Nicholson

qui évoque les frustrations et le mal-être au quotidien d’une douzaine de personnages de la classe moyenne.

Le court roman

« Le vieil homme et la mer » de Ernest Hemingway

qui fait l’apologie du dépassement de soi lorsque la vieillesse devient un obstacle

 

Le récit initiatique bienfaisant de

Richard Bach « Jonathan Livingston le goéland » 

qui fait également l’apologie du dépassement de soi et de la liberté

 

Finalement, un roman que je viens de terminer, un grand classique que je n’avais jamais eu l’occasion de lire et qui a profondément marqué mon esprit. Ce roman permet à tous de relativiser soucis et difficultés (je vous en parlerai dans une prochaine chronique) :

« Si c’est un homme » où Primo Levi

raconte son expérience dans le camp d’extermination d’Auschwitz

 

Vous l’aurez compris : ces douze romans, je vous en recommande vivement leur lecture ou relecture, parce que, à l’exception de l’un ou l’autre ouvrage plus récent, ils font partie des grands classiques de notre patrimoine culturel littéraire et ont marqué les époques. Leur caractère bienfaisant est avéré par leur qualité littéraire intrinsèque, ainsi que par leur contenu qui soulève nombre de questions et réflexions.

Pensez cet été à revisiter ces beaux classiques….

 

 

Célébration de la lecture

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Célébration de la lecture

par Colette Nys-Mazure aux éditions Luc Pire (2008)

Dans ce très bel ouvrage, la poète et écrivain belge Colette Nys-Mazure interprète avec sa propre sensibilité poétique

plus de 75 oeuvres picturales représentant des « personnes plongées dans la  L E C T U R E« …

Parmi les artistes des toiles illustrant cet ouvrage, citons notamment Monet, Courbet, Manet, Picasso, Rembrandt, Delvaux etc.

L’auteur soulignera dans son introduction « Peindre, lire, écrire : des actes intimes« 

« Entre le tableau et le livre, le lien est étroit [..] l’un et l’autre s’ouvrent telles des fenêtres sur le monde« 

A propos des tableaux, elle dira « Je leur prête mes mots pour qu’ils vivent différemment avant de rejoindre les émotions des lecteurs qui, à leur tour, entreront en résonance et retrouveront peut-être le tableau« 

 

 

« Une légende russe » de Léonid et Olga Tikhomirov 1967-1972

 

 

 

 

La date du 23 avril est devenue « Journée Mondiale du Livre » en se référant au jour de la mort de Shakespeare et de Cervantes (23 avril 1616).

Des événements autour du livre sont organisés un peu partout, mais tout particulièrement cette année à Conakry, capitale de la République de Guinée, qui a été nommée entre avril 2017 et avril 2018, capitale mondiale du livre.

 

« Lire c’est vivre plus »

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Lire c’est vivre plus

sous la direction de Claude Chambard

L’Escampette Editions (2015)

 

Cet opuscule de 65 pages regroupe les pensées de huit écrivains et/ou traducteurs sur le thème de la lecture, un sujet qui, comme vous le savez, me tient à coeur.

Dans sa préface intitulée « Plus je lis, et plus je change« , Claude Chambard dédie ce livre à Claude Rouquet, créateur des éditions L’Escampette.

Il passe ensuite la plume aux personnes qui ont collaboré à cet ouvrage :  David Collin, Christian Garcin, François Gaudry, Alberto Manguel, Claude Margat, Lambert Schlechter, Catherine Ternaux.

Au fil des écrits sont également compilées un grand nombre de citations ayant pour thème la lecture, les livres, la passion littéraire…

Je vous en livre quelques-unes…

« La passion des livres est la pharmacie de l’âme » Jules Janin

« Si la littérature constitue un moyen privilégié pour connaître la vie, c’est au fond parce qu’elle n’est finalement rien d’autre que la vie elle-même » Marcel Proust

« La vrai lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver » Jean Guéhenno

« La vertu paradoxale de la lecture […] est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens » Daniel Pennac

L’éloge de la lecture est bien au programme de cet ouvrage collectif  qui ravira les amateurs, rassurera celles et ceux qui se sentent isolé(e)s dans leur passion et enfin motivera les plus hésitants à se lancer dans la littérature par la porte la plus accessible qui soit : le livre…

Joyeuse année, riche en lectures bienfaisantes !

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« Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie » Montesquieu

« La vertu paradoxale de la lecture est de nous extraire du monde pour lui trouver un sens » D. Pennac

 « Une lecture amusante est aussi utile à la santé que l’exercice du corps » Emmanuel Kant

« La lecture est une amitié » M.Proust


« Il n’y a vraiment que deux choses qui puissent faire changer un être humain :un grand amour ou la lecture d’un grand livre« 

Paul Desalmand

Lisez, lisez…. soyez liseur !

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« Le liseur du 6h27 »

Jean-Paul Didierlaurent

Ed. Au Diable Vauvert (2014), puis chez Gallimard en poche (Folio) et en audio (Ecoutez lire)

Mon coup de coeur pour finir l’année 2016 en beauté !

« Se fondre dans le paysage jusqu’à se renier soi-même pour rester un ailleurs jamais visité.« 

Guylain Vignolles est affublé d’un nom difficile à porter : l’inversion des premières lettres est presque instantané… cet handicap qui tend à souligner sa différence lui a valu de rester « à l’écart » et de vivre seul avec un poisson rouge.  Il travaille dans une usine où règne la monstrueuse Chose, appelée aussi la « Zerstor » machine, mot germanique qui se réfère à une notion de destruction violente. Cette « Zerstor » pulvérise les vieux livres afin d’en extraire de la pâte à papier.

Pour se rendre à son poste de travail, Guylain prend le train de 6h27. Tous les jours à cette même heure, il lit tout haut les pages sauvées des griffes de la machine, des pages extraites de toutes sortes d’ouvrages… Sa passion pour les mots, il la partage avec d’autres personnes esseulées qui, comme lui, vivent un peu en marge de la société : un gardien excentrique qui ne parle qu’en alexandrins, un ancien collègue dont la Zerstor a broyé les jambes, des personnes âgées, une dame-pipi écrivain…

Si vous avez apprécié le film « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain« , vous aimerez ce roman qui lui ressemble. Ici aussi, le récit est servi par une narration aux apparences légères pour relater des expériences difficiles : handicap, vieillesse, marginalité, solitude et surtout différence sociale.

(Tiens, tiens, le liseur de l’édition Ecoutez lire est Dominique Pinon, acteur du film précité… un hasard?).

« Le liseur du 6h27 » est une histoire fraîche et tendre, un brin naïve et totalement bienveillante que je vous conseille vivement pour finir l’année 2016 en beauté.

Il s’agit d’un récit bienfaisant  qui vous réchauffe le coeur  en mettant à l’honneur les mots, l’écriture, les livres.

Outre cette mise en avant de la passion des mots, nous pouvons également y voir une dénonciation des systèmes d’oppression qui pratiquent la censure sur le monde de la littérature, ainsi qu’une dénonciation de nos systèmes de consommation qui réduisent le livre à un simple objet de consommation à jamais recyclable.

Pourtant, vous le savez autant que moi, le livre est bien plus qu’un simple objet, il renferme une histoire capable de nous apprendre à mieux vivre, à mieux se positionner dans le monde, à mieux comprendre autrui et soi-même, une histoire qui peut nous aider à guérir

Le rôle du « manteau d’images » selon Michel Tournier

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« L E S   V E R T E S   L E C T U R E S« 

de Michel Tournier

première édition chez Flammarion (2006)

Aujourd’hui, 6 décembre, le grand Saint-Nicolas débarque en Belgique et dans les régions frontalières pour récompenser les enfants sages avec des jouets et des friandises.

Et qui sait ? Le grand Saint aura peut-être l’excellente idée de déposer des livres dans les chaussons des enfants… Au coeur de ces pages, illustrées ou non, les enfants découvriront alors un monde imaginaire et enchanteur peuplé de personnages dont les comportements leur sont pourtant familiers.

 « Les vertes lectures » de Michel Tournier nous parle de ces romans qui ont marqué la prime jeunesse de beaucoup d’entre vous et dont le contenu réaliste, souvent cruel, est couvert d’un manteau d’images destiné aux enfants.

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Si vous avez été ou êtes toujours séduits par les romans de la Comtesse de Ségur, par les récits de Jules Verne, par le monde de Lewis Carroll, le Tintin d’Hergé, l’esprit de Jack London, Lagerlöf, Kipling, Rabier, Gripari, May, plongez-vous vite dans cet ouvrage édifiant qui vous apprendra mille détails sur les origines de ces histoires, ainsi que sur la vie de leur auteur respectif. Ce livre est très agréable à lire et écrit de main de maître par l’auteur de  « Vendredi ou les Limbes du Pacifique » (Grand Prix du roman de l’Académie française en 1967) et « Le Roi des Aulnes » (prix Goncourt en 1970).

Vous trouverez aussi une édition revue et augmentée chez Folio (2007)

Si j’évoque cette lecture, ce n’est pas au titre de « roman bienfaisant », mais parce qu’elle traite de tous ces récits pour la jeunesse qui renferment en eux de véritables vertus bienfaisantes. Car les enfants ont besoin de comprendre le monde qui les entoure, un monde souvent injuste et cruel. Tout comme les adultes, ils ont aussi besoin de libérer leurs émotions par le biais d’une lecture bienfaisante, adaptée à leur âge.

Dans sa psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim (1903-1990), pédagogue et psychologue américain d’origine autrichienne, disait « Bien loin de manifester des exigences, le conte de fées rassure, donne de l’espoir pour l’avenir et contient la promesse d’une conclusion heureuse« .

Joyeuse fête de Saint-Nicolas à tous les enfants !

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PETITE PUB D’OCCASION

Pas d’inspiration pour Saint-Nicolas ou le Père Noël ?

Il était une fois un conte pour aider les enfants à se brosser les dents….

« La Souris Milledent » de Nathalie Cailteux et Elodie Launois est sur Amazon.

Plaidoyer pour les livres et l’écologie

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« Le vieux qui lisait des romans d’amour »

de Luis Sepúlveda

1992, traduit de l’espagnol par François Maspero

Editions Metailié (140 pages), Editions Seuil (120 pages)  ou  Audiolib

Mon souci avec ce beau roman bienfaisant – qui a par ailleurs remporté succès commercial et prix littéraires et a été adapté au cinéma en 2001 – est de le placer dans une catégorie spécifique de mon blog de bibliothérapie.

Le titre évoque le thème de la vieillesse, mais avec un côté surprenant et rassurant. Le héros, Antonio José Bolivar Proano, est un homme plutôt âgé. Etant donné qu’il connaît la forêt amazonienne comme sa poche, on lui demande de retrouver le coupable (homme ou animal) qui a assassiné un chasseur blanc. L’énergie et l’intelligence déployées par cet homme d’expérience sont admirables. Chapeau pour le troisième âge !

Le thème de l’injustice est également abordé dans ce roman, parce que les anti-héros de ce récit, notamment les hommes blancs qui représentent notre civilisation soi-disant « moderne », ne comprennent rien ni à la vie amazonienne, ni à la vie animale. Ils se sentent au-dessus du lot, dénigrent les indigènes qu’ils considèrent comme coupables et ne se préoccupent aucunement de l’écologie et de la biodiversité. Leurs décisions et leurs actes sont injustes.

Ce récit souligne aussi le thème de la différence. La différence fait peur, qu’elle soit issue des indigènes ou des animaux. Ce qui fait peur est responsable de tous les maux. Ne vaut-il pas mieux prendre le temps de connaître le monde qui nous entoure et de s’imprégner des rites et coutumes d’une culture différente avant de juger, de condamner, voire de tuer ?

Un autre thème développé dans cette histoire est celui de la solitude. Antonio José Bolivar Proano est un être isolé au coeur de la forêt amazonienne. Sa vie passée nous est racontée et nous apprenons qu’il a dû traverser maintes épreuves au cours desquelles il a perdu sa femme, son ami. Son seul refuge pour fuir la haine et la bêtise des hommes est la lecture de romans d’amour.

C’est donc de cette façon que le  roman illustre aussi pour moi le thème général de la bibliothérapie

Vertu bienfaisante du roman policier ?

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Toute lecture peut s’avérer bienfaisante, les romans policiers également.

A côté de quelques autres noms (Conan Doyle, Emile Gaboriau…), l’écrivain américain Edgar Allan Poe (1809-1849)  fait souvent figure de précurseur du roman policier et du roman fantastique. La traduction française de ses écrits par Charles Baudelaire a permis de le découvrir dès la seconde moitié du 19e siècle en France.

Certains disent que Poe avait lutté toute sa vie contre une certaine instabilité psychique et qu’il « inventa la nouvelle policière pour ne pas devenir fou ».

Dans son introduction aux « Nouvelles histoires extraordinaires » d’Edgar Allan Poe, Roger Asselineau (1915-2002) décrète que « … »Le roman policier permet à chacun de nos jours, lorsque les contraintes sociales se font trop lourdes, de tuer impunément et même avec bonne conscience. C’est déjà sans doute le genre de satisfaction que Poe y recherchait… »

Dans son ouvrage « Le roman policier ou la modernité » (1992), Jacques Dubois dit que « la faute de l’autre est aussi en nous, et nous serions capables de la commettre… Tel est bien, […], l’effet cathartique de toute lecture policière : à jouir de la reconnaissance du coupable, nous nous délivrons du sentiment de faute qui nous habite« .

Dans sa thèse de littérature comparée (2004-2005) intitulée « Formation du roman policier algérien 1962-2002« , Miloud Benhaïmouda va plus loin : « … dans une société civilisée, le « crime sur papier », substitut en fiction du crime sanglant, contribuerait à tempérer l’angoisse de la mort et à pallier, par la libération cathartique, les contraintes et interdits sociaux qui prohibent l’infraction jugée universellement la plus grave : le meurtre…[..mais] son effet cathartique s’étend également au désir d’expiation que la règle de l’épilogue édifiant (le rétablissement exemplaire de l’ordre) vient usuellement satisfaire. »

Roman policier …. bienfaisant ?

La lecture d’un « bon » roman policier/thriller peut donc à la fois combler notre double besoin de transgresser les règles sociales et de revenir à un ordre exemplaire.

Personnellement, j’y ajoute un avantage supplémentaire : la lecture d’un bon thriller plein de suspense permet aussi de se distraire et donc de s’évader du quotidien … Encore faut-il que le thriller soit bien écrit (comme d’ailleurs tout roman bienfaisant), qu’il évite la simplicité du manichéisme, qu’il éveille un questionnement ou une réflexion existentielle et qu’il donne envie de s’y replonger dès que possible…

Cet été, j’ai eu le plaisir de lire deux grands romans qui semblent répondre à plusieurs critères…. (je les classe parmi les ROMANS BONBONS »)

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……S U S P E N S E …..

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Ces deux romans policiers – gros volumes, plus de 800 pages – ont été successivement lauréats du Prix des Lecteurs du Livre de Poche (sélection polars)

« JE SUIS PILGRIM » de Terry Hayes (lauréat en 2015)2polars3b

Difficile de résumer un tel roman, sinon en reprenant la phrase de la quatrième de couverture qui parlera notamment aux cinéphiles « Un thriller d’espionnage exceptionnel, mélange de Homeland et de  Jason Bourne« . Le narrateur est une personne énigmatique des services secrets américains qui  cherche à découvrir l’auteur présumé d’un futur attentat terroriste…

Beaucoup de digressions (que l’on reconnaîtra ensuite comme nécessaires), beaucoup de protagonistes, et un récit à rebondissements qui ne laisse aucun repos.

 

« W3 : LE SOURIRE DES PENDUS » de Nathalie Hug et Jérôme Camut (lauréat 2014)

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Le premier volet d’une série de trois qui connaît pas mal de succès. Les divers protagonistes principaux recherchent les coupables d’une série d’enlèvements de jeunes filles et/ou de meurtres violents. Dans ce roman, les victimes (les pendus) ne sont pas tous des innocents, les protagonistes présentent diverses facettes et un historique pas toujours bon enfant, et certains présumés coupables montrent des signes de bienveillance… Une lecture divertissante, où la recherche dans la psychologie des personnages suscite des questionnements bienvenus, voire bienfaisants.

 

L’été n’est pas terminé, il vous reste encore un peu de temps à consacrer à la lecture de romans policiers….

Alors pourquoi pas

ou

 

Et vous ? Quelle est votre sélection de polars incontournables ?