Archives de Catégorie: Thème de la DECEPTION SENTIMENTALE

Amour déçu, un thème souvent abordé en littérature

Danser au bord de l’abîme

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« Danser au bord de l’abîme »

de Grégoire Delacourt

Editions Jean-Claude Lattès (2017) et version Audiolib

 

Grégoire Delacourt a le don de mettre avec justesse des mots sur des ressentis féminins. Après le roman « La liste de mes envies« , paru en 2012, la preuve en est encore cet ouvrage publié le 2 janvier 2017.

Dans « Danser au bord de l’abîme« , l’auteur se glisse dans la peau d’une femme de quarante ans, mariée, trois enfants qui croise un jour les yeux d’un homme dans une brasserie. Le désir la fait vibrer, la fait danser, mais le risque de tout perdre est grand. Prendra-t-elle ce risque ?

Roman bienfaisant ? 

Je reprends ici les paroles de Grégoire Delacourt lors d’une interview par Dana Philp qui est reprise sur son site internet 

 « Outre le fait de nous divertir, de nous faire réfléchir, frissonner, rêver, [la littérature] a pour but l’analyse des conséquences. Elle est ce recul, ce point de vue différent sur les choses de la vie ».

Dans le récit, l’auteur met la narration en parallèle avec le conte de la chèvre de Monsieur Seguin qui a préféré, au péril de sa vie, ressentir les frissons de la liberté et de l’indépendance plutôt que de passer sa vie dans la maison sécurisante de son maître.

Il ne faut toutefois pas considérer cette histoire comme moralisatrice. Le lecteur est bien conscient que quelles que soient les conséquences, la protagoniste n’aurait pas pu choisir une autre voie. Et c’est précisément en raison de cette impossibilité de choix « raisonnable » que le côté bienfaisant de ce roman prend toute sa dimension.  L’histoire permet en quelque sorte de se libérer d’un sentiment de culpabilité, voire de le ressentir à distance à travers les expériences de la protagoniste pour ensuite le surmonter.

Les uns diront : « Le présent est la seule certitude, la seule île possible dans le vide. C’est là que nous devons vivre. »

Les autres ajouteront : « Faut-il vivre les choses alors qu’il est aussi beau de les rêver ? »

La protagoniste, elle, nous confiera : « Ma mère s’était sacrifiée, elle avait préféré la prudence de la paix à la fureur des chagrins d’amour. Elle avait plongé dans les livres plutôt que dans les bras des hommes.« 

Mais était-ce réellement un sacrifice ???

 

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Lecture-pansement pour les coeurs éprouvés…lisez et vous danserez aussi

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« Et je danse aussi« 

 Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

chez Fleuve Editions (2015) et en format poche chez Pocket (2016)

Par un échange d’emails d’abord hésitants, puis de plus en plus attendus, Pierre-Marie Sotto, un écrivain en panne d’inspiration, et Adeline Parmelan, une jeune femme blessée, se racontent chacun leur vie. De fil en aiguille, ils entrent avec les mots dans la confidence des souvenirs heureux et malheureux qui les ont marqués. La relation épistolaire qui perdure dépasse le simple stade du virtuel, elle rapproche leur solitude respective dans une complicité qui nourrit leurs réflexions sur l’amour et l’amitié, mais aussi sur l’écriture et la littérature.

« Ce qui me touche et me séduit dans les livres, les films, le théâtre, plus que les histoires elles-mêmes, c’est ce qui les habille. La façon dont on me les raconte, leur texture, le tissu dont elles sont tissées, leur grain comme on dit en photographie. Et ce grain-là, je le trouve dans vos mots, Adeline. Vos histoires me plaisent, et votre manière de me les raconter aussi. »

L’humour et le sourire constituent des ingrédients actifs du récit. De même, des rebondissements imprévus en garantissent un plaisir continu de lecture et maintiennent le suspense. Il faut dire que Pierre-Marie n’a jamais lu le manuscrit envoyé par Adeline et qui est à l’origine de leur échange de courriels, or celui-ci renferme les réponses à de nombreuses questions sur la véritable identité des protagonistes.

Roman bienfaisant ?

Beaucoup de témoignages affluent pour dire que ce roman représente un véritable pansement pour les coeurs éprouvés. Les deux auteurs, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, qui sont par ailleurs spécialisés dans la littérature pour jeunesse, se sont pris au jeu du roman épistolaire, et le succès ne s’est pas fait attendre. Les bons conseils que se prodiguent les deux protagonistes reflètent un réel souci d’encourager les lecteurs à surmonter les épreuves et à croire en la beauté de la vie.

« J’ai reçu votre message comme on reçoit un bonbon. Je l’ai posé sur ma langue, et je l’ai laissé fondre doucement durant toute la journée d’hier, au gré de mes promenades.« 

 

« ASSEZ PARLÉ D’AMOUR » en ce jour de Saint-Valentin !

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« ASSEZ PARLÉ D’AMOUR »

Hervé Le Tellier

Editions JC Lattes (2009) 279 pages et Le Livre de Poche (2010) : 256 pages

Deux femmes mariées, mères de famille ont tout pour être heureuses. Elles ne se connaissent pas, mais elles tombent amoureuses simultanément et l’auteur crée un parallèle entre la naissance et la concrétisation de leur histoire extraconjugale respective. Mais lorsque le choix ultime s’imposera à elle, lourd de conséquence, leur trajectoire, jusque là similaire, prendra des chemins différents.

Hervé Le Tellier est un romancier français, membre de l’OULIPO (Ouvroir de Littérature Potentielle), association fondée en 1960 et toujours en quête de nouvelles règles formelles destinées à encourager la création. Conscient de la difficulté de parler de l’amour, l’auteur a écrit un roman intimiste où il conjugue l’amour sous diverses formes (amour passé, amour-passion, amour-tendresse, amour maternel, amour filial), car les protagonistes qui gravitent autour des deux femmes ont également leur mot à dire dans l’histoire. Le labyrinthe de l’amour étant complexe, Le Tellier choisit une façon originale d’en parler en lui imposant une structure formelle ludique, mais qui a toutefois l’élégance de passer inaperçue si le lecteur préfère l’ignorer.

Roman bienfaisant ?

Si l’auteur oulipien qu’est Hervé Le Tellier est défini comme « un rat qui construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir », alors je pense que celui qu’il a réalisé par le biais de ce beau roman pourra aider le lecteur à trouver lui-même son propre chemin dans le dédale de ses aventures amoureuses.

Cette chronique est en partie extraite de l’ouvrage « Lire pour guérir d’une peine de coeur » que vous pouvez encore vous procurer

en version numérique ou en version papier sur Amazon.

Il n’y a pas d’âge pour aimer…

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« Les quatre saisons de l’été »

Grégoire Delacourt

roman publié aux éditions  JC Lattès  et Feryane 2015

Quatre histoires d’amour à des âges différents se croisent durant l’été 99 dans un écrin de sable …en fait, sur la plage du Touquet où se déroule le récit décliné en quatre temps, celui de l’adolescence, de la trentaine, de la cinquantaine et du crépuscule de la vie.

Le lecteur fera connaissance avec un amour platonique de jeunesse, une peine de coeur, un amour qui reprend vie et un amour qui veut se figer dans l’éternité. Je ne vous en dirai pas plus, mais les protagonistes de chaque récit parlent de leur vécu, de leurs espérances, de leurs déceptions et de leurs passions. Les rencontres fortuites entre les uns et les autres s’influencent respectivement, font entrer d’autres perpectives dans leur vie personnelle.

Le récit n’est pas trop long et se lit facilement, les mots tombent comme des fleurs remplies d’émotions, de larmes et de sourires.

« On ne doit pas redonner vie à nos amours d’enfance. On doit les laisser là où elles sont : dans l’obscurité confortable des souvenirs. Là où les promesses ébauchées, les caresses imaginées, oubliées, la nostalgie des peaux, des odeurs, là où les rêves enfouis se bonifient et écrivent la plus belle des histoires.
Celle que rien ne menace. Celle qui n’est jamais arrivée. »

Un roman bienfaisant ?

Plus que les histoires en elles-mêmes, c’est la description des sentiments – la façon subtile, parfois minimaliste – qui fait vibrer le lecteur et lui ouvre le champ des évocations similaires, proches ou lointaines. De telles évocations peuvent s’avérer salutaires…

…….En parlant roman d’amour, si vous cherchez celui de vos vacances, n’hésitez pas à consulter 

La version numérique sera d’ici quelques heures en promotion pendant une semaine sur Amazon.

Disparaître par amour « Agatha Christie, le chapitre disparu » de Brigitte Kernel

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…Elle fut créatrice d’énigmes, et même de celles ici qui touchèrent à sa propre vie…

Brigitte Kernel « Agatha Christie, le chapitre disparu »

Editions Flammarion, 2016

 

C’est avec beaucoup de curiosité que je me suis plongée dans le roman de Brigitte Kernel qui tente de donner une explication plausible à l’énigmatique disparition d’Agatha Christie pendant une dizaine de jours en 1926.

Les avis que j’ai lus sont partagés : certains lecteurs sont enchantés, d’autres ne sont pas totalement convaincus par l’histoire ou le style.

Personnellement, je me suis laissée emporter par ce roman très agréable à lire et qui lève le voile sur certains aspects de la biographie de la célèbre romancière.

Sur le fil thématique de ce blog, je dirais que, outre la bonne idée de se glisser dans la peau de la « reine du crime », Brigitte Kernel met au centre du propos les émotions d’une femme blessée par les infidélités de son mari.

Peu de temps après le décès de sa mère qu’elle chérissait, Agatha Christie apprend qu’elle est trompée par son premier mari Archibald Christie qui lui annoncera bientôt qu’il veut divorcer et vivre avec sa secrétaire, Nancy Neele. Déjà perturbée par son deuil, la romancière reçoit cette nouvelle comme un véritable choc qui lui brise le coeur et la raison…

Toute personne trompée et délaissée comprendra la douleur ressentie par la romancière, ainsi que sa colère et ses projets parfois irraisonnés… Et c’est là qu’intervient justement le côté bienfaisant du roman qui fait naître l’empathie et/ou la reconnaissance auprès du lecteur.

Au fil du récit, celui-ci pourra encore constater que la roue du destin continue de tourner, et de ce fait, qu’elle atténue les peines et nous aide à retrouver goût à la vie…

****

Si vous voulez découvrir d’autres romans bienfaisants pour surmonter les chagrins d’amour, je vous invite à lire mon guide

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Si vous souhaitez en parler sur votre blog, n’hésitez pas à me contacter sur deslivrespourguerir@gmail.com.

 

 

LIRE POUR GUERIR D’UNE PEINE DE COEUR

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A l’occasion de la fête des amoureux, n’oublions pas les personnes qui

souffrent par amour…

 

Votre blog « lirepourguerir » recommande une solution facile et accessible à tous :

1) prendre place dans un endroit confortable,

2) tasse de café ou de thé à portée de main,

3) plonger son esprit dans une bonne lecture réconfortante !

 

  • Oui, mais QUEL ROMAN choisir pour surmonter une peine de coeur ?

  • L’auteur de ce blog vous propose plusieurs lectures dans l’ouvrage suivant :

« Lire pour guérir d’une peine de coeur »
de Nathalie Cailteux

De nombreuses recherches dans les annales littéraires et surtout dans ma mémoire sentimentale m’ont aidée à réaliser cette compilation qui regroupe 24 propositions de lectures susceptibles de remonter le moral à toute personne souffrant d’un chagrin d’amour …

Si tant est bien sûr que l’on puisse catégoriser les peines de coeur, cet ouvrage répertorie des romans en fonction de diverses souffrances sentimentales (chagrin passionné et/ou platonique durant la jeunesse, effritement de l’amour au sein du couple, rupture sentimentale, peine de coeur au masculin, souffrance après un deuil …). Loin de moi l’idée de couvrir tout le champ des déboires sentimentaux, mais j’espère vraiment que ces lectures aideront le plus grand nombre d’entre vous.

Vous noterez que les livres cités appartiennent à une variété de genres (fresques romanesques, récits humoristiques, ouvrages classiques, romans modernes, y compris un roman faisant partie de l’Oulipo); mon objectif était de viser autant que possible plusieurs affinités littéraires.

En ce jour de la Saint-Valentin, je vous propose de lire cette compilation à titre gracieux. Ensuite, elle sera en vente sur Amazon pour la modique somme de 3,23 EUR.

Vos avis et commentaires sur Amazon ou sur ce blog seront bien entendu très appréciés.

Bonne lecture à toutes et tous !

 

LE NEGOCE DE L’AMOUR : « Orgueil et Préjugés » de Jane Austen – « Une saison à Longbourn » de Jo Baker

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  « Orgueil et Préjugés » de Jane Austen

Un classique indémodable dont les thèmes sont l’amour, l’argent, l’orgueil et les préjugés…. Dans une famille anglaise du 19ème siècle, cinq filles sont en âge de se marier. Leur mère, Mme Bennet tente de négocier d’opportunes alliances avec les quelques hommes célibataires du voisinage. Mais sa fille Elizabeth ne veut pas d’un mariage arrangé qui ne lui convient pas… Dans ce charmant récit d’amour, les préjugés arrosés par une bonne dose d’orgueil font obstacle. Darcy et Elizabeth devront surmonter cet obstacle pour se retrouver.

Dans ce méli-mélo d’attitudes qui se veulent bienséantes, de préjugés et d’orgueil mal placé, la sincérité du coeur et de l’amour finira par vaincre.

Une superbe histoire qu’on lit et relit avec plaisir pour …. s’évader, se faire du bien ….

Dans une veine similaire, un roman vient de paraître en format poche, également aux éditions Le Livre de Poche…

« Une saison à Longbourn » de Jo Baker

Ce roman reprend le récit du grand classique, mais version « à l’étage des domestiques »… L’auteur rend  justice aux petites gens qui assurent la maintenance et l’entretien du domaine dans lequel vivent les demoiselles Bennet. Ici les tracas amoureux des maîtres semblent futiles et de moindre importance au regard des relations sentimentales et des secrets bien cachés des personnes assurant l’intendance… Si l’amour reste le thème récurrent, d’autres sujets sont aussi d’actualité : le côté esclavage de la domesticité, le sort des jeunes soldats, la pauvreté des petites gens… La société de l’époque est revisitée dans la partie souvent invisible où vivent et triment femmes de chambre, valets, intendants… un autre monde qui a souvent plus de difficultés de faire vivre ses amours.

Tragédies amoureuses au masculin – « La lettre à Helga » de B. Birgisson et « Les fidélités » de D.Brasseur

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Les deux courts romans (environ 150 pages) présentés dans cette chronique font partie de la sélection du jury 2015 pour les éditions Points. J’ai choisi de les mentionner sur ce site parce que ici ce sont les hommes qui parlent de leur tragédie amoureuse.

 

« La Lettre à Helga » de Bergsveinn Birgisson

Un vieillard islandais écrit une lettre ouverte à sa bien-aimée Helga, justifiant le choix qu’il a fait de rester à la campagne auprès de ses moutons et de sa terre tout en renonçant par ailleurs à la suivre, elle et le bébé qu’elle attendait de lui, pour s’installer en ville. Ce roman hésite entre fresque bucolique islandaise et déclaration d’amour passionné. Il adopte un style frais, brut et parfois cocasse pour évoquer les pensées champêtres d’un homme pris entre son amour pour une femme et son amour pour la terre islandaise. Très beau roman qui nous parle aussi de l’Islande, un pays du nord à découvrir.

« J’aurais creusé un fossé pour toi. Le même fossé toute ma vie, pour le combler à nouveau. J’aurais traversé la lande dans les deux sens, jour après jour, à en user deux paires de chaussons en peau de poisson, rien que dans l’espoir de pouvoir te toucher du doigt. J’aurais mangé du savon pour toi si tu me l’avais demandé. Mais renoncer à moi-même, à la campagne et au travail de la terre auquel je m’identifiais, ça, je ne pouvais pas. »

 

« Les fidélités » de Diane Brasseur

L’auteur, une femme, met en scène un narrateur masculin qui évoque sa double relation sentimentale, d’un côté ses amours avec sa jeune maîtresse et de l’autre, ses liens familiaux avec son épouse et sa fille. Tiraillé entre ces deux vies, il ne sait pas ou ne veut pas faire de choix. Dans ce récit, il évoque des souvenirs réels, mais également des fantasmes, des faits imaginaires et l’on ressent chez lui un malaise évident dans ce tourbillon de pensées.

« Je fais l’amour avec Alix, je fais l’amour avec ma femme. Je ne sais plus qui je trompe avec qui. »

J’avoue donner ma préférence au premier récit plutôt qu’à celui-ci. Pourtant je lui reconnais du mérite : la romancière est une femme et elle évoque les pensées d’un homme. A voir maintentant s’il s’agit de pensées que les femmes souhaiteraient apprécier chez un homme infidèle ? En tous les cas, cet homme qui se dit « fidèle à deux vies » reste pourtant bel et bien infidèle pour les deux femmes et il a du mal à gérer cette situation…

 Des romans bienfaisants ?

Je pense que de tels écrits peuvent rencontrer les sentiments des uns ou des autres, que ce soit des hommes ou des femmes. Entendre se justifier quelqu’un en lisant un livre tranquillement – et non pas dans l’émotion d’une querelle – nous aide à adopter une attitude plus empathique, à prendre de la distance avec les événements,  à réfléchir.

A vous de me dire ce que vous en pensez ?

 

Un roman d’amour pour la Saint-Valentin « AUTANT EN EMPORTE LE VENT » de Margaret Mitchell

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« AUTANT EN EMPORTE LE VENT » de Margaret Mitchell

Puisque nous sommes le 14 février… AUTANT EN PARLER…

Chers lecteurs, je suppose que vous connaissez cette grande saga romanesque qui s’inscrit dans le cadre historique de la guerre de Sécession en Amérique (1861-1865), ainsi que son adaptation cinématographique réalisée en 1939 par Victor Fleming avec Vivien Leigh dans le rôle de Scarlett O’Hara et Clark Gable dans le rôle de Rhett Butler….

Pour rappel, voici un petit résumé de l’histoire :

Scarlett O’Hara est une belle jeune fille issue d’une riche famille de planteurs de coton en Géorgie. Elle est courtisée par tous les bons partis de la région, mais celui dont elle est secrètement amoureuse, Ashley Wilkes, vient d’annoncer son mariage avec la gentille Mélanie Hamilton. Alors que Scarlett dévoile ses épanchements, son chagrin et sa rage de jeune fille gâtée, elle est surprise par Rhett Butler, un homme énigmatique et séducteur qui se moque gentiment d’elle et s’éprend de son énergique personnalité. Cet homme qui se montre différent des autres éveillera en elle des sentiments partagés qui s’intensifieront au fil du récit.

La guerre civile est aux portes de l’Etat de Géorgie et les aventures sentimentales de la jeune fille vont peu à peu s’entremêler aux aléas de l’histoire de sa famille et de son pays.

Ce roman paru en 1936 sous le titre original « Gone with the Wind » a reçu le Prix Pulitzer en 1937. Son succès planétaire n’est pas vain, car il entraîne le lecteur (ou le spectateur) dans une histoire sentimentale comme on les apprécie, mettant en scène

– des personnages charmeurs et attirants, mais dont les défauts soulignent malgré tout le caractère faillible et humain,

– des faits marqués par la grande Histoire (la guerre de Sécession, la question de l’esclavage, la difficulté à s’adapter aux grands tournants de l’histoire, la misère d’après-guerre etc.)

– une histoire d’amour qui met du temps à se concrétiser et entretient un énorme « suspense sentimental »

Une histoire bienfaisante ? Mais oui, laissez-vous bercer par cette histoire qui, nul doute, vous distraira de vos peines de coeur !

N.B. Lorsque de nouveaux problèmes surgissent, Scarlett O’Hara décide de ne pas laisser les soucis parasiter son esprit… Faisons comme elle et inspirons-nous de ses pensées qu’elle formule toujours ainsi…

« Après tout, demain est un autre jour ! »

Cette phrase fut classée 31ème au palmarès des 100 meilleures répliques de cinéma…

Folie malsaine de l’imagination ou « MADAME BOVARY » de Gustave FLAUBERT

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« Madame Bovary » de Gustave Flaubert

C’est avec plaisir que je vais vous parler ce mois-ci d’un grand classique de la littérature française.

Voici l’histoire de « Madame Bovary » en quelques mots  : Emma, fille d’un riche fermier, devient l’épouse d’un brave médecin de campagne, Charles Bovary. Son mariage et sa petite fille ne lui apportent pas le bonheur espéré. Elle s’enlise dans l’ennui et rêve d’un amour fougueux et d’une vie mondaine trépidante comme les princesses des romans à l’eau de rose dont elle est friande. Aveuglée par ses illusions, elle se laisse entraîner dans des aventures extra-conjugales qui ne pourront jamais vraiment la combler.

Gustave Flaubert a mis le doigt sur les dangers d’une trop grande propension à enjoliver la réalité, ce qui multiplie à l’excès le désir de toujours vouloir plus et mieux, et ce qui finalement fait obstacle au contentement et au bonheur. L’auteur se moque des lectures dans lesquelles Emma se plongeait et qui ont laissé débordé son imagination avec une trop grande effervescence. Il dénonce les dangers de cette évasion rêveuse qui dénature la réalité et ne conduit qu’à l’insatisfaction. D’ailleurs de ce roman est né le terme « bovarysme » qui se définit comme un état d’insatisfaction se traduisant par des ambitions démesurées et une fuite dans l’imaginaire et le romanesque.

Un livre qui fait du bien ?

En tous les cas, cette histoire a le mérite de remettre nos désirs à l’heure de la réalité, elle nous suggère de considérer notre verre non pas à moitié vide, mais à moitié plein.

En outre, ce roman questionne les bienfaits de la lecture. Léon, amoureux d’Emma, parle du bien-être qu’il ressent en lisant :

« On ne songe à rien, continuait-il, les heures passent. On se promène immobile dans des pays que l’on croit voir, et votre pensée, s’enlaçant à la fiction, se joue dans les détails ou poursuit le contour des aventures. Elle se mêle aux personnages; il semble que c’est vous qui palpitez sous leurs costumes« .

Toutefois, le délire imaginaire d’Emma prend souvent des proportions démesurées :

« Alors elle se rappela les héroïnes des livres qu’elle avait lus, et la légion lyrique de ces femmes adultères se mit à chanter dans sa mémoire avec des voix de soeurs qui la charmaient. Elle devenait elle-même comme une partie véritable de ces imaginations et réalisait la longue rêverie de sa jeunesse, en se considérant dans ce type d’amoureuse qu’elle avait tant envié. »

Conclusion : il faut lire de façon intelligente, lire pour s’évader, lire pour se retrouver, lire pour ne pas se sentir seul, lire pour guérir mais tout en sachant bien entendu faire la part entre la réalité et l’imaginaire.

Dans son essai sur la lecture « Comme un roman« , Daniel Pennac a défini avec humour le bovarysme comme une « maladie textuellement transmissible » auquel toutefois, précise-t-il, chaque lecteur a droit de façon imprescriptible.

 ***

Paru en 1857, le roman « Madame Bovary » a valu à son auteur Gustave Flaubert d’être jugé pour outrage aux bonnes moeurs. Il fut blâmé pour le réalisme, jugé choquant à l’époque, avec lequel il avait décrit ses personnages.

A la fois précurseur d’une nouvelle sensibilité littéraire qui est le réalisme, l’auteur reste cependant aussi un héritier du romantisme dans sa façon d’agencer et d’interpréter avec un certain lyrisme la réalité de cette histoire. Vous trouverez un analyse détaillée sur ce dualisme en suivant ce lien.