Archives d’Auteur: Nathalie Cailteux

À propos de Nathalie Cailteux

Philologue passionnée par la littérature et les effets positifs de celle-ci sur le moral. A l'écoute de vos problèmes, je vous propose de surmonter vos difficultés grâce à la lecture de romans - www.lirepourguerir.com Publications Contactez-moi sur deslivrespourguerir@gmail.com

« La Tresse » de vos chroniques littéraires

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« La tresse » de Laetitia Colombani

Editions Grasset (2017)

Trois femmes (une « Intouchable » d’Inde, une ouvrière d’Italie et une femme d’affaires du Canada), trois destinées très différentes, trois séries de chapitres qui s’entrecroisent pour aboutir à ce beau roman où, à force de lutter et de persévérer, ces trois femmes vont sans le savoir tisser une tresse qui liera leur destin respectif.

Roman plein d’optimisme dans lequel l’énergie véhiculée par le devenir de ces femmes se transmet par delà le texte à une grande partie du lectorat qui salue l’écriture fluide et agréable de Laetitia Colombani.

Ce récit peut être considéré comme roman bienfaisantcar il transmet une lueur d’espoir et de fraternité tout en racontant l’injustice qui perdure dans nos sociétés et en évoquant la thématique de la différence sociale et culturelle.

Une idée m’est passée par la tête à la lecture de ce roman et de son titre si bien choisi : tresser  un fil entre les nombreuses chroniques relevées sur les blogs WordPress. Car il faut bien le reconnaître, beaucoup d’articles ont été publiés sur ce premier roman de Laetitia Colombani.

J’y ai noté des commentaires très positifs, des avis plus nuancés et quelques points de vue négatifs. Beaucoup de  lectrices (lecteurs?) sont tombées sous le charme de ce roman, d’autres ont trouvé qu’il était un bon roman à lire pour l’été, mais sans plus. Certain(e)s ont mis en évidence une préférence pour une histoire plutôt qu’une autre. Certain(e)s ont trouvé que la psychologie des personnages manquait de profondeur. D’autres encore ont souligné l’optimisme qui se reflète à travers ce récit. Plusieurs ont également souligné le caractère « féministe » de ce récit, caractère par ailleurs réfuté par d’autres lectrices/lecteurs.

Cette multitude d’avis reflète ce que j’ai toujours pensé : il n’existe pas de lecture universelle qui sera perçue de manière identique par tous les lecteurs. Qui plus est, une lecture peut plaire et déplaire à la même personne selon le moment où elle pénètre dans la vie de cette personne.

Quoi qu’il en soit, l’expérience m’a plu et je souhaite mentionner ci-après les liens vers ces divers articles.

 

Des bulles et des mots             /&/&/&/            Brize                    /&/&/&/        La tête en claire

My pretty books      /&/&/&/      Petit pingouin vert

L’ourse bibliophile      /&/&/&/            Pause Earl Grey                /&/&/&/       Mon rêve d’été

Les lectures de Caro      /&/&/&/    Mes échappées livresques

Chronicroqueuse de livres      /&/&/&/        Marie lit en pyjama        /&/&/&/        A livre ouvert

Les tribulations d’une accro à la lecture                 /&/&/&/               Popcorn and Gibberish

Madame Ourse         /&/&/&/           Anouklibrary        /&/&/&/        The Eden of books

Tribulations d’une quinqua                /&/&/&/                              Agathe the book

A la page des livres     /&/&/&/     Lutin rêveur       /&/&/&/     A touch of blue…Marine

Au bordel culturel                  /&/&/&/            La Voleuse de Marque-Pages

Girl kissed by fire        /&/&/&/          Alice, Page 53           /&/&/&/                 Fée moi lire

Carnet parisien        /&/&/&/           BettieRose books

Pepparshoes – Sorbet Kiwi    /&/&/&/    Ma toute petite culture    /&/&/&/   Caroline Doudet (L’Irrégulière)

 

Ma tresse n’est pas terminée…. d’autres chroniques sur ce roman  peuvent s’ajouter à cette série… Désolée par avance pour celles que je n’ai pas remarquées au préalable.

A très bientôt !!!

 

 

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Anorexie et culpabilité familiale … SOBIBOR…

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« SOBIBOR » de Jean Molla

Editions Gallimard Jeunesse (2003)

version poche chez Folio (2011)

 

« Sobibor« , dont le titre fait référence à un camp d’extermination durant la seconde guerre mondiale, est un roman pour la jeunesse, écrit de façon à ménager les effets sur le jeune lectorat qui peut ainsi prendre plus facilement du recul face aux thématiques abordées.

En effet, le récit se veut polyphonique : deux points de vue s’y succèdent en alternance, celui d’une jeune fille de notre époque souffrant d‘anorexie et celui d’un  ancien collaborateur des SS qui raconte son expérience en tant que membre organisateur d’un camp de concentration nazi.

Résumé de l’intrigue

Emma, la narratrice, est une adolescente anorexique. Son récit débute lorsqu’elle commet un délit de vol. Elle nous raconte sa maladie et revient sur les événements qui l’ont provoquée. Une nuit, elle a surpris sa grand-mère prononçant dans son sommeil d’étranges mots comme « Sobibor ».   L’adolescente suspecte un terrible secret en découvrant l’origine du mot « Sobibor ». Après le décès de sa grand-mère, elle tombe par hasard sur le journal intime d’un certain Jacques, ancien collaborateur français à la solde de l’Allemagne nazie et chargé de veiller au bon fonctionnement du camp « Sobibor ».

Je n’en dirai pas plus …

Roman pour la jeunesse

Un cours en ligne très intéressant sur la littérature de jeunesse (que je recommande vivement à tous les amateurs du genre lorsque ce cours en ligne sera proposé une seconde fois) m’a permis de détecter dans ce roman des caractéristiques propres à la littérature de jeunesse, notamment

  • des remarques explicatives concernant des faits ou personnages historiques du 20ème siècle, ainsi que la traduction de termes polonais ou allemands.
  • le JE narrateur aussi bien du point de vue de l’héroïne adolescente qui est la narratrice principale, que du point de vue du collaborateur SS qui raconte son récit dans un journal intime
  • un récit polyphonique, avec une perspective principale juvénile et une certaine distanciation dans le temps (journal intime datant de plus de 50 ans),
  • l’auteur n’entre pas dans les détails trop sordides

Roman bienfaisant ?

L’extermination des Juifs par les nazis y est relatée par le prisme des « méchants », chose moins courante, mais qui rend l’approche intéressante et soulève des réflexions sur le sens de la culpabilité et de la responsabilité dans les atrocités commises.

La Shoah est abordée par le biais de l’anorexie dont souffre la narratrice adolescente, ce qui crée un parallèle visuel entre les corps décharnés des prisonniers des camps nazis et ceux des personnes anorexiques.

Très beau roman, plein de mérites et qui plaira à tout public. L’évocation de sujets lourds, comme l’anorexie et les camps de concentration nazis, est facilitée par les moyens littéraires mis en oeuvre pour la jeunesse.

Mais notons que ces moyens permettent également une meilleure appréhension des thématiques par les adultescar il faut l’avouer, nous les adultes, réfléchissons parfois de façon étroite et puérile face à des problèmes mal connus…

 

Interview d’une auteure au roman bienfaisant « Il y a des siècles que je t’aime »

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« Il y a des siècles que je t’aime« 

Elisabeth Demouy

Editeur : Chapitre.com, 2015

L’épreuve du deuil entraîne souvent des questionnements sur la finitude de l’existence, sur  le rôle de notre vie, sur l’après-vie… Différentes réponses existent et nous sommes tous en quête de celle qui nous convient le mieux. Dans son premier roman, Elisabeth Demouy nous propose une option réconfortante pour surmonter la perte d’un être cher.

Je remercie l’auteure d’avoir bien voulu répondre à mes questions après cette belle et intéressante lecture.

LirepourguérirElisabeth Demouy, dans ce premier roman « Il y a des siècles que je t’aime », vous abordez le thème du deuil. Le bonheur d’un jeune couple est brisé par la mort tragique de la femme, Catherine, qui perd la vie dans un accident de voiture. Maxime, son compagnon, va devoir affronter cette épreuve brutale qui l’anéantit. Pouvez-vous nous décrire les différentes étapes de sa démarche qui procèdent du roman initiatique tel que vous le définissez ?

Elisabeth DemouyMa définition du roman initiatique, c’est une lecture qui inspire, qui fait réfléchir. Qui initie le lecteur en ouvrant des portes vers d’autres consciences. Le genre de lecture qui donne parfois envie de refermer le livre entre deux chapitres ou deux pages, pour mieux intégrer son contenu. J’ai choisi le thème fort de la perte d’un être cher comme tremplin d’accès à une dimension plus vaste. Car dans la mort se trouve aussi la renaissance, c’est une transmutation d’énergie. C’est le cheminement d’un homme qui perd sa femme d’un tragique accident dans la fleur de l’âge. Ce drame inacceptable l’entraînera dans une quête de vérité qui le mènera bien au-delà de la compréhension de la mort de son âme sœur. Composé en trois parties – le deuil, la reconstruction et la quête spirituelle – il s’adresse à tout le monde.

LirepourguérirVous évoquez dans votre roman le principe de réincarnation des âmes. Est-ce une croyance à laquelle vous adhérez depuis toujours ou vous est-elle apparue comme évidente après une expérience qui vous a marquée ?

La réincarnation est pour moi une évidence. Les innombrables récits d’expérience de mort imminente (également connus sous le nom de NDE), sont là pour en attester. Cela explique le cas des enfants qui se mettent à parler dans une langue étrangère ou des personnes qui sont attirés par un pays, un lieu ou une ville et qui s’aperçoivent sur place qu’ils connaissent l’endroit comme leur poche, alors qu’ils n’y ont jamais mis un pied.

Lirepourguérir :  Pourquoi, selon vous, la croyance en la survie des âmes peut-elle être source de bien-être dans la vie de tous les jours ?

Elisabeth DemouyN’est-ce pas plus agréable de se dire que l’âme est éternelle plutôt que de croire que l’on n’a que cette vie pour tout expérimenter ? Selon le Dalaï Lama, nous aurions eu d’innombrables vies… Ce qui laisse le temps à l’âme de mûrir et d’évoluer. Choisir de croire à la réincarnation permet d’être plus serein et moins dans le jugement – de soi-même comme des autres.

Lirepourguérir :  Pour les lecteurs qui n’adhèrent pas à la théorie de la réincarnation des âmes –  voire à leur survie après la mort – pensez-vous que votre roman puisse déclencher un processus de mieux-être après le décès d’un proche ? Par exemple, en soulignant le bienfait des rencontres humaines bienveillantes comme c’est le cas dans votre roman.

Elisabeth DemouyJe l’espère ! Bien évidemment que les rencontres sont importantes. Je crois qu’on ne rencontre personne par hasard. Dans cette histoire, la belle-sœur de Maxime, lui recommande une psychologue, qui s’avérera très importante dans son processus d’ouverture. Avant la mort de son âme sœur, Maxime était tout ce qu’il y a de plus cartésien : en suivant sa quête de vérité, j’invite le lecteur à réfléchir sur sa propre vision de l’existence.

Fureur littéraire en Islande

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« La lecture élargit l’horizon de la vie, la vie devient plus grande, elle devient autre chose, c’est comme si l’on possédait une chose que personne ne pourra jamais nous enlever, et ça vous rend plus heureux« 

« Le Coeur de l’Homme » (2011) de Jón Kalman Stefansson (auteur islandais)

L’ISLANDE et son rapport à la lecture

Je reviens d’un séjour dans ce pays nordique qui émerveille par ses multiples paysages, ses couleurs vives, son climat changeant et le sourire de ses habitants.

Mais l’Islande est aussi un pays ancré dans une tradition littéraire très forte et il m’a semblé intéressant de l’évoquer sur ce blog. En 2011, l’Unesco décerna à la capitale Reykjavik le titre de Cité de la Littérature. C’était la première fois qu’une ville dont la langue n’est pas l’anglais recevait cet honneur.

La littérature occupe une grande place en Islande.  Sur environ 320 000 habitants, plus ou moins un millier de titres sont publiés chaque année par des Islandais. C’est énorme !

La renommée de plusieurs auteurs a également dépassé les frontières islandaises :

  • Arnaldur Indridason et Arni Thorarinsson pour les polars
  • Audur Ava Olafsdottir, auteur de « Rosa Candida« , mais aussi de « L’Exception« 
  • Bersveinn Birgisson, auteur de « La lettre à Helga« 
  • Jón Kalman Stefánsson
  • et bien d’autres encore…

Les références à la littérature sont partout.

L’Eglise Hallgrimskirkja de Reykjavik porte par exemple le nom de Hallgrim Pétursson, le plus grand écrivain islandais du XVIIe siècle, auteur des Psaumes de la Passion.

Sculpture de lecteurs dans l’Eglise Hallgrimskirkja

 

Une application mobile gratuite permet

 de déambuler dans les rues de la capitale

en écoutant des exposés ou extraits relatifs aux sagas et aux auteurs contemporains (par exemple Indridason).

 

Les Vikings issus de pays nordiques comme la Norvège sont venus s’installer en Islande au 9ème siècle. Une tradition narrative faite de sagas en tous genres s’y est peu à peu développée : récits des colonisateurs, évocation de grandes traditions épiques et sacrées etc. En faisant une visite autour du pays, on s’aperçoit que presque chaque lieu est relié à un conte populaire.

Ecrire pour exister, écrire pour témoigner de la richesse naturelle ambiante, écrire pour partager. Lire pour apaiser ses angoisses, lire pour se sentir moins seul, lire pour trouver le bonheur d’exister…

Le sol islandais inspire les écrivains pour notre plus grand plaisir…

« Vous qui vivez en toute quiétude, bien au chaud dans vos maisons…. »

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….premières phrases du roman

« Si c’est un homme » de Primo Levi

Editions Julliard pour traduction française, 1987

Editions Pocket, 1988 – Audiolib (2015)

Le chef d’oeuvre autobiographique de cet écrivain juif italien est mondialement connu et continue de marquer les esprits. Témoignage réaliste et poignant sur l’expérience d’un rescapé des camps d’extermination, le roman « Si c’est un homme » est devenu une référence majeure dans la littérature du genre.

Emprisonné et déporté au camp de Auschwitz début 1944, Primo Levi y restera jusqu’en janvier 1945, lorsque le camp sera libéré par les Soviétiques. Son récit autobiographique fut publié en 1947 par une petite maison d’édition italienne, mais ne connut le succès que bien plus tard.

 

Roman bienfaisant ?

Il est clair que les récits sur la Shoah restent des expériences de lecture douloureuse. Dans le roman de Primo Levi , la violence des actes de barbarie est pourtant d’une autre nature que celle que l’on retrouve dans des romans tels que « Holocauste » de Gerald Green ou « Au nom de tous les miens » de Martin Gray etc…où les persécutions ont décimé une ou plusieurs familles, séparé et assassiné leurs membres dans des conditions inimaginables. La douleur tragique et émotionnelle des séparations et des exécutions sommaires est moins présente dans le récit de Primo Levi.

Ici, la cruauté et la déshumanisation  des prisonniers sont décrites comme la conséquence d’une terrible machine organisée et planifiée par le régime nazi. Les gardiens  soumettent les prisionniers aux règlements du camp et suivent eux-mêmes les directives de leur hiérarchie. Les procédures de distribution des rations alimentaires, de sélection des prisionniers, d’interminables attentes pour obtenir des soins, d’imposition de règles sanitaires absurdes sont autant d’expériences qui affament, affaiblissent, déshumanisent et tuent les nombreuses victimes des camps de concentration.

Primo Levi raconte aussi, avec les yeux du scientifique qu’il était, comment et pourquoi certains prisionniers ont réussi à survivre, à quoi il fallait faire attention, ce qui était toléré ou non …  Sa survie personnelle, il pense la devoir d’abord au fait d’être arrivé au camp lorsque les pénuries de main-d’oeuvre ont réduit les exécutions arbitraires des prisonniers, ensuite parce qu’il a eu la chance d’être choisi pour travailler dans des conditions plus optimales, et finalement parce qu’en raison d’une maladie, il a évité de justesse les longues marches de la mort auxquelles très peu de prisonniers ont survécu.

En conclusion, lire « Si c’est un homme » de Primo Levi, c’est aussi et surtout se rendre compte que nous avons de la chance de ne pas avoir subi un tel supplice, c’est aussi et surtout se rappeler qu’il faut éviter à tout prix la répétition de ces horreurs... cfr les premières phrases de Primo Levi…

  • Vous qui vivez en toute quiétude,
  • Bien au chaud dans vos maisons,
  • Vous qui trouvez le soir en rentrant
  • La table mise et des visages amis,
  • Considérez si c’est un homme
  • Que celui qui peine dans la boue,
  • Qui ne connaît pas de repos,
  • Qui se bat pour un quignon de pain,
  • Qui meurt pour un oui pour un non.
  • Considérez si c’est une femme
  • Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
  • Et jusqu’à la force de se souvenir,
  • Les yeux vides et le sein froid
  • Comme une grenouille en hiver.
  • N’oubliez pas que cela fut,
  • Non ne l’oubliez pas…

 

 

 

Romans à EVITER ? durant la période estivale

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Profitons de l’été pour lire, mais ne limitons pas cette période de repos à des lectures sans intérêt sous prétexte que nous avons besoin de ménager notre cerveau et notre capacité de réflexion.

Malgré tout, si tel est votre souhait, un conseil :  il vous faudra EVITER  les grands classiques et autres récits suivants :

 

Le volumineux roman de

Gabriel Garcia Marquez « Cent ans de solitude »

qui retrace les péripéties de toute une famille sur sept générations alors qu’elle est frappée par une malédiction qui la condamne à cent ans de solitude

 

Le ténébreux roman de

Albert Camus « La Peste » ,

récit chronologique de l’épidémie qui frappa la ville d’Oran en Algérie à la veille de la seconde guerre mondiale. L’homme prend conscience de sa finitude, en fait le deuil, mais se bat malgré tout pour le bien de l’humanité.

La célèbre histoire de

« Madame Bovary » de Gustave Flaubert 

mettant en scène les insatisfactions amoureuses de la protagoniste friande de romans à l’eau de rose.

 

Le sentiment d’injustice qui prévaut dans le roman de

Gilbert Cesbron « Une abeille contre la vitre »

et qui isole plus sûrement la protagoniste que la disgrâce physique qui en est la cause. Le roman transmet toutefois une note d’espoir…

 

Plus récent, le beau et sombre roman de

Joyce Carol Oates « Mudwoman »

qui évoque le thème de l’adoption et des relations familiales chaotiques

 

Le sordide récit

« Le Parfum » de Patrick Süskind

qui parle d’un homme physiquement différent des autres, une différence qui l’a isolé et lui a conféré un côté monstrueux.

 

Le récit original de

Isabelle Rivoal « Grosse »

où la différence physique est également source de souffrance physique

La nouvelle emblématique

« Le silence de la mer » de Vercors

qui témoigne que la différence peut être culturelle, et n’en reste pas moins source de maladresse, conflit et isolement

Le roman

« L’intensité secrète de la vie quotidienne » de William Nicholson

qui évoque les frustrations et le mal-être au quotidien d’une douzaine de personnages de la classe moyenne.

Le court roman

« Le vieil homme et la mer » de Ernest Hemingway

qui fait l’apologie du dépassement de soi lorsque la vieillesse devient un obstacle

 

Le récit initiatique bienfaisant de

Richard Bach « Jonathan Livingston le goéland » 

qui fait également l’apologie du dépassement de soi et de la liberté

 

Finalement, un roman que je viens de terminer, un grand classique que je n’avais jamais eu l’occasion de lire et qui a profondément marqué mon esprit. Ce roman permet à tous de relativiser soucis et difficultés (je vous en parlerai dans une prochaine chronique) :

« Si c’est un homme » où Primo Levi

raconte son expérience dans le camp d’extermination d’Auschwitz

 

Vous l’aurez compris : ces douze romans, je vous en recommande vivement leur lecture ou relecture, parce que, à l’exception de l’un ou l’autre ouvrage plus récent, ils font partie des grands classiques de notre patrimoine culturel littéraire et ont marqué les époques. Leur caractère bienfaisant est avéré par leur qualité littéraire intrinsèque, ainsi que par leur contenu qui soulève nombre de questions et réflexions.

Pensez cet été à revisiter ces beaux classiques….

 

 

Un roman triste mais lumineux !

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« Les derniers jours de Rabbit Hayes »

Anna McPartlin

Editions Cherche Midi, 2016  (traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec)

Une couverture plutôt joyeuse pour aborder un thème très sombre, celui du deuil, de la souffrance incurable et de la séparation imminente avec un être cher.

L’auteur, Anna McPartlin est une ancienne humoriste irlandaise devenue romancière.  « Les derniers jours de Rabbit Hayes » est le premier de ses romans à être traduit en français.

L’histoire raconte les neuf derniers jours de Mia, surnommée Rabbit, une quadragénaire en phase terminale d’un cancer généralisé. Elle sait qu’elle va mourir et ses proches parents et amis le pressentent également : sa mère, son père, sa fille Juliet, âgée de 12 ans et qu’elle a élevée seule,  sa soeur aînée et son frère qui est revenu d’Amérique, ainsi que sa meilleure amie Marjorie.  Chacun gère à sa façon cette terrible épreuve. Les chapitres sont divisés entre les pensées et réminiscences des uns et des autres; c’est ainsi que les souvenirs et expériences affluent pour refléter tous les liens affectifs qui ont tissé la toile du destin de Rabbit Hayes.

 

Roman bienfaisant ?

Cette lecture est extrêmement touchante parce que

  • d’une part, elle est très réaliste : la souffrance physique de Rabbit n’est pas dissimulée et les attitudes maladroitement humaines des proches ne sont en rien atténuées. L’auteur a voulu décrire avec une lucidité attendrissante les comportements de gens comme vous et moi qui se retrouvent un jour anéantis face à la mort prochaine de leur fille, mère, soeur, tante ou amie.
  • d’autre part, ce récit est empreint d’humour et d’amour, ce qui le rend terriblement attachant. Les caractères trempés, les travers et les gaffes des uns et des autres ponctuent les événements et surtout, l’amour entre ces gens illumine la tragédie et lui donne une nouvelle perspective réconfortante.

Alors, oui, il s’agit pour moi d’un roman bienfaisant pour les personnes touchées par le deuil, le cancer au stade ultime, la séparation avec un proche. Bien sûr, les souffrances liées à une expérience similaire pourront ressurgir à la lecture de ce drame, mais cette résurgence se produira à la façon d’une catharsis salutaire.

Il faut également souligner le caractère « complet » de ce récit dans le sens où les diverses perspectives face à l’appréhension du décès imminent ne concernent pas seulement les parents et amis de Rabbit, mais Rabbit elle-même, qui nous donne son point de vue sur sa situation à la limite de la mort.

***

Pour finir, je vous mets ci-après le lien vers une vidéo où l’auteur Anna McPartlin nous parle de son roman. Le dialogue est en anglais et les sous-titres en alllemand, mais je vous ai fait une grossière traduction française ci-dessous si vous avez des difficultés à comprendre :

 

Traduction française de l’interview de Anna McPartlin :

« « Les derniers jours de Rabbit Hayes » relate les neuf derniers jours de la vie d’une femme, Rabbit. Elle a 40 ans et nous faisons sa connaissance alors qu’elle se rend avec sa mère dans une maison de soins où elle finira ses jours.

A première vue, cela semble très déprimant, mais en réalité, l’idée ici est de célébrer la vie. Il s’agit d’un roman sur la joie et le bonheur, sur la famille, l’amour, l’amitié et toutes ces belles choses de la vie – c’est aussi la raison pour laquelle il est si difficile de lâcher prise, car la vie est merveilleuse.

Ce récit s’inspire de beaucoup d’événements de ma propre vie. Ma mère entra en maison de soins à  42 ans, l’âge que j’ai actuellement. A l’époque, j’avais 11 ans, un peu comme la fille de Rabbit dans le roman. Il y a donc plusieurs parallèles.

Mais il s’agit tout de même d’une autre histoire. Alors que Rabbit souffre de cancer, ma mère avait la sclérose en plaques, une maladie à plus longue échéance. Toutefois, le temps que l’on passe avec des gens malades alors qu’il devient un facteur problématique – parce qu’il se fait rare – ce temps devient terriblement important. Et je pense que cette urgence temporelle imprègne l’histoire de ce roman.

J’aime tous les protagonistes de ce roman. Toutefois, j’ai une préférence pour Molly, la mère de Rabbit, qui incarne tout ce que j’apprécie tellement chez les robustes mères irlandaises : elle n’accepte aucun refus, elle est à la fois comique, intelligente et chaleureuse. Elle adore sa famille et ferait n’importe quoi pour elle.

Si le lecteur doit retenir quelque chose de ce roman, je souhaite que ce soit ceci : la vie doit être vécue et il ne faut pas craindre la mort qui représente juste une grande inconnue. Et là où il y a de l’amour, le bonheur est présent. »

 

Les lectures qui parlent de livres

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La bibliothèque des coeurs cabossés

de Katarina Bivald (traduction Carine Bruy)

Editeurs : Denoël (2015), Audiolib (2015), J’ai Lu (2016)

Après de longs échanges de lettres autour d’une même passion  – la littérature – Sara, une jeune Suédoise introvertie, décide de rendre visite à sa correspondante Amy, qui est âgée et habite une petite ville de l’Iowa aux USA, Broken Wheel.

Mais lorsque Sara débarque dans cette bourgade, elle apprend le décès de son amie. Aidée par les habitants qui connaissaient et appréciaient Amy, la jeune femme ouvre une librairie pour transmettre à ceux-ci le goût de la lecture et des livres. Un nouveau souffle se répand dans la communauté…

Cette histoire plaisante et agréable à lire ravira les adeptes de romans « feel good » ou romans « chick lit » .

Il faut toutefois l’avouer : le récit ne marque pas vraiment les esprits et n’ébranle pas nos sentiments comme certains peuvent le faire.

Alors, qu’est-ce qui rend ce roman attachant et digne de figurer parmi les oeuvres de littérature bienfaisante ?

La réponse est cette passion pour la lecture soulignée par de très nombreuses références littéraires et qui transparaît tout au long de l’histoire. L’auteur, elle-même libraire, souhaite communiquer à ses lecteurs son amour des livres en lui attribuant le rôle du thème central de son premier roman.

 

« Les livres sont fantastiques et prennent sans doute toute leur valeur dans un chalet au fond de la forêt, mais quel plaisir y a-t-il à lire un livre merveilleux, si on ne peut pas le signaler à d’autres personnes, en parler et le citer à tout bout de champ ? »

« Tu sens? L’odeur des livres neufs. Des aventures pas encore lues. Des amis dont on n’a pas encore fait la connaissance, des heures d’escapade hors de la réalité qui attendent. »

« Il y a toujours un lecteur pour chaque livre. Et un livre pour chaque lecteur.« 

De plus en plus de romans mettent la lecture au centre de leur thématique. Ce faisant, le livre, la librairie, la bibliothèque endossent un rôle au sein même de l’histoire. Ces récits ne remplissent pas toujours une fonction cathartique comme le font les romans bienfaisants. Ils mettent tout simplement un point d’honneur à nous rappeler que la lecture est une amie qui peut nous aider à traverser les épreuves de la vie et du quotidien.

Je vais donc leur consacrer une catégorie spéciale que j’intitule : « Romans où le livre joue un rôle« .

 

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Côtoyer la mort, tout en restant vivant et heureux …

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« Le reste de leur vie »

de Jean-Paul Didierlaurent

Editions Au Diable Vauvert (2016)

J’avais déjà beaucoup apprécié « Le Liseur du 6h27 » premier roman de cet auteur. C’est avec un plaisir renouvelé que j’ai retrouvé son talent de conteur lorsqu’il nous parle de la vie des petites gens et la parfume de senteurs particulières.

Dans « Le reste de leur vie« , le lecteur fait la connaissance d’Ambroise, qui exerce une profession méconnue et pourtant bien nécessaire, celle de thanatopracteur : il s’agit de la personne habilitée à remettre en forme l’apparence des défunts pour que la famille puisse en garder un bon souvenir. Ambroise vit avec sa grand-mère Beth, une femme diabétique et débordante de générosité.

Manelle de son côté est une aide à domicile qui  veille au bien-être des personnes âgées en soulageant leur quotidien. Le vieux Samuel, son préféré, vient d’être diagnostiqué d’un cancer au cerveau.

Le hasard va rapprocher ces quatre personnes dans un périple qui ….devrait finir comme pour tous les contes…

Dans la vidéo ci-après, Jean-Paul Didierlaurent nous relate la genèse de ce roman et comment il souhaite mettre en lumière des personnes qui font le bien autour d’elles en toute humilité.

 

Roman bienfaisant ?

Tous les ingrédients sont réunis pour nous faire vivre une charmante histoire humaine avec ses drames et ses bonheurs.

Côté drames, nous retrouvons à travers le quotidien de Manelle les affres de la vieillesse, de la maladie, de la perte d’autonomie qui caractérisent les personnes dont elle s’occupe. Le quotidien d’Ambroise croise les personnes affectées par le deuil et la perte d’un être cher. Ces deux jeunes protagonistes mettent toute leur énergie au service des autres tout en côtoyant la mort et en négligeant leur propre existence .

L’histoire nous apprendra qu’il est possible de vivre heureux avec cette composante essentielle qui caractérise la vie et qui nous fait trembler d’angoisse, la mort. Le secret pour atteindre ce bonheur de vie au seuil de la mort n’est pourtant pas difficile à deviner, il suffit tout simplement d’aimer

 

 

 

 

Place à du « coaching » sous forme de roman !

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« Ta deuxième vie commence

quand tu comprends que tu n’en as qu’une »

de Raphaëlle Giordano

Editions Eyrolles 2015, Editions de la Loupe, 2016

Raphaëlle Giordano est spécialiste en développement personnel et en coaching créatif.

Ce premier roman met en scène sous forme de récit la relation d’accompagnement entre un coach – appelé  le « routinologue » – et Camille, une femme qui essaie de retrouver bien-être et joie de vivre tout en se débarrassant de la morosité chronique qui gangrène sa vie, son humeur et ses relations.

 « Constatant qu’un nombre croissant de personnes possédant tout pour être heureuses sans finalement parvenir à l’être se trouvaient en proie à une forme de morosité chronique, Raphaëlle Giordano a créé un métier essentiel. Ni psy, ni coach, le routinologue est un expert en accompagnement dans l’art de retrouver le bonheur perdu ! »

Les ressorts de cette histoire tournent essentiellement autour des trucs et astuces visant à améliorer son regard sur la vie et ils s’adressent à tout un chacun : comment retrouver une image positive de soi, comment améliorer ses relations avec son entourage, avec son époux, avec ses enfants, comment s’épanouir dans sa vie professionnelle…

L’auteur fait référence à des principes de coaching, s’inspire de citations de grands auteurs et, par l’intermédiaire de l’action ciblée du « routinologue », accompagne sa protagoniste vers la conquête de son bonheur.

Roman bienfaisant ?

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une oeuvre de littérature qui recourt à la catharsis et agit comme un libérateur d’émotions, car l’objectif visé semble tout autre.

Dans ce roman feel-good, Raphaëlle Giordano a tout simplement voulu faire passer par le biais d’un récit de grands principes de développement personnel (méthode SMART, pensée positive, principe de l’ancrage positif etc.) parce qu’il est plus facile, plus agréable et plus compréhensible de lire une histoire que de se plonger dans un ouvrage documentaire et explicatif. 

Qui plus est, le lecteur retiendra aisément les trucs qui ont conquis la protagoniste, une protagoniste à laquelle il peut d’ailleurs s’identifier : il s’agit d’une épouse et mère de famille qui bosse à temps partiel dans une société où elle ne s’épanouit pas vraiment et qui a du mal à trouver un peu de temps pour elle et sa famille…bref, un profil assez récurrent dans nos sociétés.

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