Archives d’Auteur: Nathalie Cailteux

À propos de Nathalie Cailteux

Philologue passionnée par la littérature et les effets positifs de celle-ci sur le moral. A l'écoute de vos problèmes, je vous propose de surmonter vos difficultés grâce à la lecture de romans. - www.lirepourguerir.com  /////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////// Philologist with a passionate interest in literature and its positive effects on well-being, I recommand you the reading of novels to ease your pain and overcome difficulties of life. www.readtoheal.wordpress.com  //////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////   Contactez-moi sur / Please contact me via deslivrespourguerir@gmail.com

« L’homme qui voulait être heureux »

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Lire pour guérir

Histoires ou récits bienfaisants

Sur le marché du livre, vous trouverez une grande variété d’ouvrages sur le développement personnel, le bien-être physique et moral ou encore de nombreux guides pour surmonter telle ou telle difficulté. Le coaching est en vogue.

Toutefois, ce blog vise avant tout à proposer des « romans » ou fictions ayant une valeur bienfaisante, que ce soit en éveillant la réflexion, en provoquant le divertissement, en instaurant un effet cathartique ou tout simplement en donnant des pistes pour surmonter une difficulté.

En lisant une histoire, vous vous plongez littéralement dans une autre vie et plus encore, dans l’esprit d’une autre personne. Cela influera grandement votre pouvoir d’empathie.

« L’homme qui voulait être heureux » de Laurent Gounelle

Comment être heureux ?

Le bonheur est la finalité de toute existence humaine, mais comment y parvenir ?

Dans ce roman publié aux éditions Anne Carrière en 2008 (en format poche aux éditions…

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« L’homme qui voulait être heureux »

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Histoires ou récits bienfaisants

Sur le marché du livre, vous trouverez une grande variété d’ouvrages sur le développement personnel, le bien-être physique et moral ou encore de nombreux guides pour surmonter telle ou telle difficulté. Le coaching est en vogue.

Toutefois, ce blog vise avant tout à proposer des « romans » ou fictions ayant une valeur bienfaisante, que ce soit en éveillant la réflexion, en provoquant le divertissement, en instaurant un effet cathartique ou tout simplement en donnant des pistes pour surmonter une difficulté.

En lisant une histoire, vous vous plongez littéralement dans une autre vie et plus encore, dans l’esprit d’une autre personne. Cela influera grandement votre pouvoir d’empathie.

« L’homme qui voulait être heureux » de Laurent Gounelle

Comment être heureux ?

Le bonheur est la finalité de toute existence humaine, mais comment y parvenir ?

Dans ce roman publié aux éditions Anne Carrière en 2008 (en format poche aux éditions Pocket en 2010), l’auteur de romans psychologiques, Laurent Gounelle, nous relate une expérience vécue à Bali auprès d’un sage indigène. Ce dernier dévoile au narrateur les clefs pour se libérer de ses inhibitions, pour se connaître et enfin pour suivre le chemin qui correspond à ses attentes les plus authentiques. Voici quelques-unes de ces clefs :

Avoir une image positive de soi

Quand vous croyez une chose, elle vous amène à adopter certains comportements, lesquels vont avoir un effet sur le comportement des autres dans un sens qui va, là encore, renforcer ce que vous croyez.

Laurent Gounelle « L’homme qui voulait être heureux »

Il faut apprendre à conserver une image positive de soi. C’est en effet l’image qu’on a de soi qui sera également perçue par les autres.

Prendre conscience des effets de nos croyances

Chacun de nous porte en lui une constellation de croyances. Elles sont innombrables et dirigent notre vie

Laurent Gounelle « L’homme qui voulait être heureux »

Il est important de se rendre compte que nous vivons tous en fonction d’un ensemble de croyances. Ces dernières peuvent avoir des effets positifs ou négatifs selon le cas. L’important pour nous est de prendre conscience des effets que ces croyances ont sur notre vie.

Affronter ses peurs

La plupart de nos peurs sont des créations de notre esprit. La seule façon d’en être convaincu, c’est de se jeter à l’eau, d’aller les affronter.

Laurent Gounelle « L’homme qui voulait être heureux »

Prendre son courage à deux mains face à nos craintes, c’est aussi la seule façon de ne jamais avoir de regrets.

Rester maître de ses choix

Il y a des circonstances où l’on est amené à faire des choix, donc à renoncer à des choses auxquelles on tient, pour aller vers ce que l’on a le plus à cœur. […]

Si vous ne renoncez à rien, vous vous abstenez de choisir. Et quand on s’abstient de choisir, on s’abstient de vivre la vie que l’on voudrait.

Laurent Gounelle « L’homme qui voulait être heureux »

Si l’on veut être heureux, il ne faut pas se voir comme la victime des événements et des autres, mais comme l’auteur de son destin.

S’ouvrir aux autres

La vie, c’est s’ouvrir aux autres, pas se refermer sur soi. Tout ce qui permet de se connecter aux autres est positif.

Laurent Gounelle « L’homme qui voulait être heureux »

La peur du rejet des autres est issue de nos croyances, or en général, les gens sont plutôt enclins à nous aider, non à nous repousser.

Mais si vous croyez fermement (et adoptez une attitude conforme à cette croyance) que les autres vont vous rejeter, il est possible que votre comportement les y poussera.

Récit bienfaisant

Ce roman de Laurent Gounelle est écrit avec une visée de développement personnel. Les entretiens avec le sage de Bali et les épisodes de la vie du narrateur dans ce pays fournissent des explications claires à l’expérience initiatique vers un mieux être.

Par ailleurs, ce récit se lit très facilement, la plume de l’auteur étant très agréable à suivre. Il est donc aisé d’apprendre par le biais de cette histoire les moyens pour accéder au bonheur, et pourquoi pas, de les mettre en pratique.

Laurent Gounelle et autres romans bienfaisants

L’auteur français a écrit de nombreux autres romans véhiculant un message d’espoir et d’aide au bien-être. Il s’agit pour beaucoup de best-sellers internationaux.

Vous pouvez retrouver de petits articles au sujet de ses romans sur mon ancien blog lirepourguerir.com, comme celui-ci qui traite du roman « Le jour où j’ai appris à vivre »

Danser la vie sous toutes ses formes…

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« La salle de bal » de Anna Hope

Traduction par Elodie Leplat – Editions Gallimard (2017) – Editions Folio (2019)

Je me suis plongée dans ce petit bijou littéraire qui remporta le Grand Prix des Lectrices de Elle en 2018. Le souffle romanesque, le cadre historique et l’écriture subtile en font une lecture à la fois captivante et lumineuse.

Résumé de « La salle de bal »

L’histoire se déroule en 1911 au sein de l’asile psychiatrique de Sharston situé dans le Yorkshire (Angleterre). Tous les gens qu’on enferme dans cet asile sont loin d’être des « aliénés mentaux » au sens où nous l’entendons à l’heure actuelle.  La jeune Ella y est internée pour avoir brisé une vitre de la filature où elle travaillait depuis de longues années. Dans la partie réservée aux hommes se trouve John, taxé de « mélancolique » après avoir subi un traumatisme familial. D’autres encore sont là pour diverses raisons, mais dans la plupart des cas, ils sont en pleine possession de leurs facultés mentales.

Charles Fuller a obtenu un poste dans cet asile et y exerce des fonctions de médecin adjoint. A sa grande joie, il a également été nommé chef d’orchestre au sein de l’institut. Tous les vendredis, un bal est organisé dans une grande salle de l’asile où femmes et hommes se retrouvent pour danser au rythme de la musique. Charles considère que la musique ressemble à une « prescription médicale » et prend à coeur son rôle de chef d’orchestre.

« J’ai tendance à préférer Mozart pour les épileptiques. Ou Bach. Les patients semblent apprécier l’ordre que cette musique leur procure et, ensuite… Chopin, Schubert, les Impromptus – pour… ma foi, pour leur… beauté, j’imagine »

Toutefois, le Dr Fuller est également sensibilisé et attiré par les théories de l’eugénisme qui sont en vogue à l’époque, aussi bien dans le monde médical que politique. Ces idées, renforcées par des aspirations ambitieuses personnelles et une certaine amertume, auront de fâcheuses répercussions sur certains patients, notamment Ella et John qui ont noué réciproquement des sentiments amoureux lors de leurs rencontres hebdomadaires dans la salle de bal.

 

Personnages sous l’emprise des idées de leur époque

Le récit alterne selon trois perspectives, celle de Ella, celle de John et celle de Charles (le docteur).

Ella et son amitié pour Clem :

Dans la partie réservée aux femmes, Ella se prend d’amitié pour Clem, une internée issue d’un milieu aisé et qui adore la lecture dans laquelle elle se réfugie littéralement.

« Une fois plongée dans sa lecture, Clem ne relevait jamais la tête : elle disparaissait de manière aussi définitive que si un trou s’était matérialisé et qu’elle s’y était faufilée, et en l’observant, Ella se disait qu’elle aussi aurait bien aimé disparaître. A défaut elle lisait le visage de Clem, en s’imaginant qu’il était possible de deviner la teneur de l’histoire comme ça, à la façon dont Clem se mordillait le bout des ongles ou la peau autour. A sa façon de tourner vite les pages ou de ralentir, les yeux agités d’un mouvement craintif, presque comme si elle ne voulait pas arriver à la fin. »

Or si l’analphabétisme de Ella est un obstacle dans sa relation amoureuse, la passion que Clem dévoile pour les livres lui attire de grosses complications, car elle dérange le docteur qui déclare :

« Contrairement à la musique, il a été démontré que la lecture pratiquée avec excès était dangereuse pour l’esprit féminin. Cela nous a été enseigné lors de nos tout premiers cours magistraux : les cellules masculines sont essentiellement cataboliques – actives et énergiques – tandis que les cellules féminines sont anaboliques – destinées à conserver l’énergie et soutenir la vie. Si un peu de lecture légère ne porte pas à conséquence, en revanche une dépression nerveuse s’ensuit quand la femme va à l’encontre de sa nature. »

Ces déclarations misogynes, hélas en phase avec certaines pensées de l’époque, auront des conséquences désastreuses sur Clem lorsque celle-ci se verra privée de ses livres.

 

John Mulligan :

John est un bel Irlandais qui attire l’attention du docteur d’une façon qui trouble ce dernier.

C’est grâce à sa rencontre avec Ella que John sortira de sa torpeur mélancolique. Les lettres qu’il adresse à sa bien-aimée nous le révèlent comme un être sensible et touchant.

 

Charles :

La romance entre Ella et John place le docteur Fuller et ses idées tordues dans la partie ombragée de l’histoire. L’auteure Anna Hope parvient toutefois à éviter tout manichéisme en faisant ressortir le côté tragique du personnage emprisonné dans des émotions qu’il ne maîtrise pas et qui le conduiront à adopter les idées eugéniques de son époque.

Docteur pour « aliénés mentaux » qui ne le sont pas, Charles se révèle lui-même comme un « aliéné » en société.

Séduit par les théories eugéniques (dont la stérilisation des indigents en devenait un instrument), Charles tente d’améliorer cette société en voulant les mettre à l’oeuvre au sein de l’asile. Son cheminement, bien que funeste et critiquable, suit une logique en phase avec les idées de Sir Francis Galton, cousin de Charles Darwin.

Ambitieux, Charles souhaite ainsi se faire remarquer par les grands de l’époque qui les cautionnent (parmi lesquels Winston Churchill).

 

Rôle lumineux de la nature

La nature détient le rôle primordial de l’espoir dans cette histoire. La nature illumine les coins sombres de l’asile. En lisant ce roman, on a envie de sortir hors de l’enceinte anxiogène de l’asile et de respirer une grande bouffée d’air frais.

[John] « Il se mit à remarquer les choses plus en détail : l’éclat des feuilles nouvelles du vieux chêne, la façon dont les hirondelles voletaient dans le soleil, plus sûres maintenant, comme si elles s’en glorifiaient, le jabot scintillant tel de l’argent lorsqu’elles tournoyaient, serpentin de lumière.
Il ne semblait pas juste qu’il pût voir ces choses alors qu’elle, et les autres femmes, non.
Ainsi donc il se mit à emmagasiner les images qu’il voyait de façon à avoir quelque chose à lui dire le vendredi, dans la salle de bal, quelque chose qu’il déroberait au monde lumineux pour l’introduire discrètement dans les couloirs obscurs. »

Roman bienfaisant ?

Anna Hope, actrice et écrivaine anglaise, s’est inspirée de son histoire familiale (son arrière-grand-père avait été interné dans un asile britannique), ainsi que de la Grande Histoire pour dérouler le fil de ce récit puissant et aux accents dramatiques bien agencés. L’enfermement des indigents et pauvres gens dans les asiles, ainsi que les principes de l’eugénisme tels qu’ils étaient en vogue au début du XXe siècle nous sont expliqués par le biais du docteur Fuller et suscitent notre réflexion. Le dénouement du récit contredira ici les théories suivies par Charles.

Hélas, les germes de ces idées – générées en partie, une fois de plus, par la peur de la différence – se retrouveront imbriqués dans les ressorts funestes de la grande tragédie humaine qui surviendra quelques années plus tard en Europe…

P.S. N’oublions pas que notre société contemporaine n’est pas non plus étrangère à ce débat, où la morale se heurte souvent aux moyens utilisés pour parvenir à une « humanité mieux adaptée et donc plus heureuse ».

 

« La salle de bal » de Anna Hope est un roman bienfaisant parce qu’il nous fait réfléchir sur des questions ou idées dont il faut coûte que coûte éviter les fâcheuses dérives. Mais le récit donne aussi du baume au coeur parce qu’il met en évidence le côté lumineux des sentiments amoureux, de l’amitié et de l’espoir, dont la nature représente ici la métaphore par excellence.

Les maux par les mots

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« Les maux par les mots – Guide de lectures thérapeutiques »

Jacqueline Cahen et Marie-Rose Lefèvre

Mercure de France, 1989

Voici une petite anthologie de poésie thérapeutique, qui, certes n’est pas très récente (1989), mais  n’en reste pas moins moderne et jouissive.

Médecine littéraire

Josephine Cahen et Marie-Rose Lefèvre, deux femmes amoureuses de littérature, découvrent qu’elles ont à portée de main « le meilleur antidote contre les douleurs du corps et surtout celles de l’esprit : une bibliothèque ». Dans leur introduction, elles annoncent « Rivalisant avec la médecine naturelle, nous vous offrons un nouvel art de vivre : la médecine littéraire. »

Pour réaliser cet ouvrage, elles ont demandé à leur entourage si certains avaient déjà été immédiatement soulagés par la lecture d’un texte littéraire ou poétique. Elles furent surprises de constater le nombre de réponses positives. Leur livre se base dès lors sur les témoignages qu’elles ont reçus, ainsi que sur les textes prescrits par ceux-ci. « Toutes les réponses sélectionnées relatent des situations authentiquement vécues. Tous les textes cités ont été au moins une fois le remède à un mal. »

L’ouvrage « LES MAUX PAR LES MOTS » se divise comme suit :

  1. Passions et désordres de l’esprit (chapitre subdivisé en Etats de crise et Etats latents)
  2. Les troubles du corps
  3. Le coin de la médecine orientale
  4. Quart d’heure de culture métaphysique
  5. Le mal d’amour
  6. Face aux épreuves de l’existence

Chaque chapitre dévoile avec beaucoup d’humour comment les « mots » extraits de textes littéraires ont produit leur effet sur des « maux » de l’esprit (pessimisme, déprime, insatiabilité….) ou du corps (migraines, insomnie, courbatures…), des « maux » d’amour (jalousie, timidité…), et d’autres « maux » de l’existence (deuil, suicide, divorce etc.).

Avertissement

Comme pour les médicaments, une même prescription littéraire ne donne pas toujours les mêmes résultats pour tout le monde, nous préviennent les auteurs.

Peu importe ! Fera l’affaire le plaisir de découvrir ces extraits littéraires mis en scène avec drôlerie et accompagnés de l’une ou l’autre formulation telle que : indications, contre-indications, posologie et mode d’emploi, précautions; lesdites formulations s’inspirant textuellement des témoignages reçus.

Citations littéraires

Les extraits littéraires et poétiques proviennent d’un grand nombre d’écrivains de renommée internationale.

Citons par exemple : Shakespeare, Oscar Wilde, Rimbaud, Lao Tseu, Khalil Gibran, Henri Michaux, Sully Prudhomme, Rainer Maria Rilke, Joachim du Bellay, Apollinaire etc.

Les textes qui ne sont pas en langue française sont bien entendu traduits, mais la plupart du temps, le lecteur pourra aussi les retrouver dans leur langue d’origine.

Lecture à haute voix

Dans la plupart des cas – si pas dans tous les cas -, il est recommandé de lire ces mots à haute voix.

S’agissant en l’occurrence de vers de poésie, entendre leur sonorité peut avoir un effet qu’on n’imaginerait pas en lecture silencieuse.

Lire à haute voix nous force à ralentir, à nous concentrer sur les mots et leur signification. Profitons de cet état de calme et d’apaisement au milieu du stress quotidien pour nous recentrer sur la puissance des mots et sur notre propre ressenti ! Pour certaines poésies, il est d’ailleurs recommandé de les lire en public, ou du moins avec la personne attitrée susceptible de comprendre le mal-être dont nous souffrons.

Des paroles bienfaisantes à l’approche de la mort

J’ai retenu un extrait d’un poème « L’agonie » de Sully Prudhomme qui m’a touchée et que je me permets de vous citer pour se réconcilier avec la mort :

Vous qui m’aiderez dans mon agonie,
Ne me dites rien ;
Faites que j’entende un peu d’harmonie,
Et je mourrai bien.

La musique apaise, enchante et délie
Des choses d’en bas :
Bercez ma douleur ; je vous en supplie,
Ne lui parlez pas.

Je suis las des mots, je suis las d’entendre
Ce qui peut mentir ;
J’aime mieux les sons qu’au lieu de comprendre
Je n’ai qu’à sentir ;

Une mélodie où l’âme se plonge
Et qui, sans effort,
Me fera passer du délire au songe,
Du songe à la mort.

Vous qui m’aiderez dans mon agonie,
Ne me dites rien.
Pour allègement un peu d’harmonie
Me fera grand bien.

Quelques mots pour faire face au surmenage intellectuel

Dans un style plus amusant, le poète Jacques Prévert avec ses « Paroles » nous donne à répéter une petite comptine pour surmonter les « excès intellectuels en tous genres » :

L’amiral Larima
La rime à quoi
La rime à rien
L’amiral Lamira
L’amiral Rien

Répétition d’un cycle de mots pour contrer le hoquet

Dans une veine encore plus drôle, l’extrait ci-après de « Cigales » du poète symboliste français Saint-Pol Roux, répété plusieurs fois selon une posologie décrite dans l’ouvrage de Stéphanie Cahen et Marie-Rose Lefèvre pourrait vous aider à stopper votre hoquet.

Dans un verger, Messire Epouvantail bat la
mesure au-dessus d’un pupitre aux notes de
cerises exécutées sur le fifre par un berger
d’ouailles qui bêlent sous un vol vivace d’hiron-
delles tricotant l’espace.

Les maux soulagés par les mots

Les avantages de cet ouvrage sont multiples.

Outre le fait que les conseils puissent s’avérer utiles pour soulager certains maux de l’existence, la lecture de ce livre nous fait connaître ou nous replonge dans des extraits littéraires qui font partie des grands classiques de la littérature. Un bonheur pour tous les amateurs de littérature !

Finalement, un tel bouquin renforce la théorie selon laquelle la lecture est source de bien-être.

Spectacle inspiré de l’oeuvre

L’ouvrage de Stéphanie Cahen et Marie-Rose Lefèvre a inspiré Francine Vidal qui s’en sert pour mettre en scène sa pharmacopée poétique (Compagnie Caracol, Bourgogne) dont nous vous proposons de visionner un extrait ci-après :

https://player.vimeo.com/video/272318578

« Aux frontières de la norme » entretien avec l’autrice

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J’ai le plaisir de vous annoncer que le recueil de nouvelles

« Aux frontières de la norme » de Céline Dominik Wicker

a été selectionné dans la catégorie « Nouvelles »

du premier trimestre 2020 pour le Prix Bob Morane !

 

Lire pour guérir

Aux frontières de la norme de Céline Dominik Wicker

« Aux frontières de la norme »

Céline Dominik Wicker

(Editions du Venasque)

Recueil de nouvelles militant pour le droit à la différence

L’auteure – ou autrice – franco-suisse Céline Dominik Wicker, maman de deux enfants autistes, a rédigé le recueil de nouvelles « Aux frontières de la norme » publié par les éditions du Venasque. Sur sa page Facebook , Céline nous explique sa passion pour l’écriture et son combat pour une société « plus inclusive ».

Les cinq nouvelles qui forment ce percutant recueil dans un fabuleux mélange de réalisme et de fantaisie forcent la réflexion sur ce qui devrait être considéré comme « normal » dans notre société.

J’ai eu le plaisir d’interviewer Céline qui a bien voulu répondre à mes questions au sujet de son recueil :

  • Pouvez-vous nous expliquer le fil rouge qui relie ces cinq nouvelles et la raison qui vous a poussée à les écrire ?

Ce recueil s’inscrit…

Voir l’article original 949 mots de plus

Selection de poèmes pour maman

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Sélection de poèmes pour la fête des mères

célébrée aujourd’hui en Belgique

 

 

Je prenais la main de ma mère
Pour la serrer dans les deux miennes
Comme l’on prend une lumière
Pour s’éclairer quand les nuits viennent .

Ses ongles étaient tant usés,
Sa peau quelquefois sombre et rêche.
Pourtant, je la tenais serrée
Comme on le fait sur une prêche.

Ma mère était toujours surprise
De me voir prendre ainsi sa main.
Elle me regardait, pensive
Me demandant si j’avais faim.

Et, n’osant lui dire à quel point
Je l’aimais, je la laissais
Retirer doucement sa main
Pour me verser un bol de lait.

Maurice Carême (1899-1978), poète et écrivain belge

 

Après un si joyeux festin,
Zélés sectateurs de Grégoire,
Mes amis, si, le verre en main
Nous voulons chanter, rire et boire,
Pourquoi s’adresser à Bacchus ?
Dans une journée aussi belle
Mes amis, chantons en  » chorus « 
À la tendresse maternelle. (Bis.)

Un don pour nous si précieux,
Ce doux protecteur de l’enfance,
Ah ! c’est une faveur des cieux
Que Dieu donna dans sa clémence.
D’un bien pour l’homme si charmant
Nous avons ici le modèle ;
Qui ne serait reconnaissant
À la tendresse maternelle ? (Bis.)

Arrive-t-il quelque bonheur ?
Vite, à sa mère on le raconte ;
C’est dans son sein consolateur
Qu’on cache ses pleurs ou sa honte.
A-t-on quelques faibles succès,
On ne triomphe que pour elle
Et que pour répondre aux bienfaits
De la tendresse maternelle. (Bis.)

Ô toi, dont les soins prévoyants,
Dans les sentiers de cette vie
Dirigent mes pas nonchalants,
Ma mère, à toi je me confie.
Des écueils d’un monde trompeur
Écarte ma faible nacelle.
Je veux devoir tout mon bonheur
À la tendresse maternelle. (Bis.)-

Alfred de Musset (écrit à l’âge de 14 ans) (1810-1857)

Il a plu des mots ce matin
Ils sont tombés dans mon jardin.
Des mots très fous
Qui font la roue,
Des mots d’amour
Tout en velours,
Des mots très doux,
Des mots pour toi.
Et tout le jour, d
ans le secret,
Je t’en ferai des bouquets.

Il y a plus de fleurs
Pour ma mère, en mon coeur,
Que dans tous les vergers ;

Plus de merles rieurs
Pour ma mère, en mon coeur,
Que dans le monde entier ;

Et bien plus de baisers
Pour ma mère, en mon coeur,
Qu’on en pourrait donner.

Maurice Carême

 

 Ô Claire, Suzanne, Adolphine,
Ma Mère, qui m’étiez divine,

Comme les Maries, et qu’enfant,
J’adorais dès le matin blanc

Qui se levait là, près de l’eau,
Dans l’embrun gris monté des flots,

Du fleuve qui chantait matines
À voix de cloches dans la bruine ;

Ô ma Mère, avec vos yeux bleus,
Que je regardais comme cieux,

Penchés sur moi tout de tendresse,
Et vos mains elles, de caresses,

Lorsqu’en vos bras vous me portiez
Et si douce me souriiez,

Pour me donner comme allégresse
Du jour venu qui se levait,
[…] 

Max Elskamp , (1862-1931), poète symboliste belge

Que dire d’une mère,
Qui n’a pas été dit,
Prières et mille vers,
Encore on en écrit.

Mais c’est pour toi, maman,
Que ces mots, tendrement,
Défilent sous mes yeux,
Sans trêve, comme un jeu ;

Et souviens toi, maman,
Quand nous étions enfants,
Tu peignais nos cheveux,
Et essuyais nos yeux.

Si peine et désarroi
Viennent frapper chez toi,
Tu les laisses entrer
Sans jamais rechigner ;

Et jamais ton visage
Ne m’a montré de larmes
Et la vie qui défile,
Laisse ton cœur sans ride ;

Alors, dis-moi ma mère,
Quel donc est ton secret,
Rends-moi les idées claires…
Es-tu donc une fée ?

Cathy Barges , autrice française (1975-)

Maman
Il y a longtemps
Je n’étais pas grand
Et je t’aimais déjà maman.
Mais aujourd’hui,
J’ai bien grandi
Et je t’aime encore autant maman.
Et demain quand
Je serai géant
Je t’aimerai encore toujours maman.
Christian Merveille (1949-), chanteur, auteur, compositeur belge
J’ai de toi une image
Qui ne vit qu’en mon cœur.
Là, tes traits sont si purs
Que tu n’as aucun âge.

Là, tu peux me parler
Sans remuer les lèvres,
Tu peux me regarder
Sans ouvrir les paupières.

Et lorsque le malheur
M’attend sur le chemin,
Je le sais par ton cœur
Qui bat contre le mien. 

Maurice Carême 

 

Bonne fête à toutes les mamans du monde !

 

 

Feu aux livres !

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« Fahrenheit 451 » de Rad Bradbury

Contexte historique du récit

L’auteur américain Rad Bradbury (1920-2012) est un autodidacte passionné de lecture, et tout particulièrement de récits de science-fiction. Il s’adonne aussi à l’écriture (il publiera sa première nouvelle Script à l’âge de 17 ans dans une revue spécialisée). Plusieurs événements le marquent profondément, comme la destruction de la Bibliothèque d’Alexandrie, les livres incendiés par les nazis durant la seconde guerre mondiale, la répression menée en Russie contre les écrivains et les poètes, ainsi que l’ingérence de son gouvernement dans les affaires des créateurs et artistes au début de la guerre froide. Il fait partie aussi de cette époque qui verra la télévision entrer dans les familles et monopoliser l’attention du public sans lui donner le temps de la réflexion.

Ces éléments inspireront l’auteur lors de l’écriture de ce roman qui fut publié en 1953 aux Etats-Unis d’Amérique chez Ballantine Books et en France en 1955 aux éditions Denoël.

« Fahrenheit 451 » obtint le prix Hugo du meilleur roman en 1954.

Un titre énigmatique pour un récit qui l’est également

Le titre fait référence à la température en degrés Fahrenheit avec laquelle un livre – donc le papier qui le compose – s’enflamme et se consume de lui-même.

451 degrés Fahrenheit équivaut à 232,8 degrés Celsius.

« Fahrenheit 451 » est un roman d’anticipation et de science-fiction dystopique qui nous emmène dans un monde où les livres et donc tout ce qui tourne autour des livres, à savoir la curiosité, l’imagination, la remise en question sont strictement interdits. Les gens passent leur temps devant des écrans ou télécrans muraux qui leur renvoient ce qu’ils doivent penser, aimer, désirer. Le protagoniste, Montag, est l’un des pompiers chargés de brûler les livres que certains conservent malgré les interdits. Jusqu’au jour où il se pose des questions et découvre les bienfaits et atouts de la littérature. Il entre alors en résistance et devient un paria recherché par les instances policières. Mais au même moment, une guerre s’annonce, sans que cela ne semble inquiéter les masses….

Plusieurs façons de brûler les livres

Dans la préface du roman, rédigée par Jacques Chambon (l’un des traducteurs francophones), il est fait mention de l’impérialisme des médias, du grand décervelage auquel procèdent la publicité, les jeux, les feuilletons, les « informations » télévisées.

« Car, comme le dit d’ailleurs Bradbury, « il y a plus d’une façon de brûler un livre », l’une d’elles, peut-être la plus radicale, étant de rendre les gens incapables de lire par atrophie de tout intérêt pour la chose littéraire, paresse mentale ou simple désinformation »

Cette réflexion est plus que jamais d’actualité de nos jours où les messages publicitaires, les vidéos, podcasts et autres multiples (dés)informations et messages véhiculés par internet ont pris le relais de la télévision pour amplifier l’impérialisme des médias et du contenu qu’ils transmettent à nos yeux et à nos oreilles.

Le chef des pompiers, tout en mettant Montag en garde, lui recommande :

« Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de « faits », qu’ils se sentent gavés, mais absolument « brillants » côté information. Ils auront alors l’impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du surplace. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C’est la porte ouverte à la mélancolie ».

L’importance de la lecture à l’heure actuelle

Le 23 avril, nous fêtions la journée mondiale des livres.   Pourquoi le fait de lire apporte-t-il une valeur non négligeable à notre vie ?

Souvent, j’entends les gens dire : « Pas le temps de lire, pas le temps de me poser cinq minutes pour parcourir calmement les lignes d’un ouvrage littéraire ». Ce sentiment, nous le connaissons tous un jour ou l’autre. La lecture exige un effort de concentration et de retrait. Il est souvent plus simple de laisser déverser dans les vannes de son esprit ce qui coule aisément de son écran.

Lire implique de se retirer de la vie quotidienne et de son stress et requiert avant tout une position de calme. Le contenu d’un ouvrage nous parvient ensuite lentement au rythme du mouvement de nos yeux de gauche à droite, avec une attitude de pleine conscience et/ou de concentration vis-à-vis du contenu de l’ouvrage, en laissant de côté tous les tracas du quotidien qui pourraient nous distraire.

« Est-ce que les livres peuvent nous aider ? […] Un, comme j’ai dit, la qualité de l’information. Deux : le loisir de l’assimiler. Et trois : le droit d’accomplir les actions fondées sur ce que nous apprend l’interaction des deux autres éléments »

Nous plongeons dans la lecture, comme dans une eau fraîche regorgeant de couleurs et de nouveautés, riche en aventures et en réminiscences. Ce que nous voyons alors dépasse les confins de notre imagination et nous pousse à réfléchir au-delà des mots transmis par le roman. Nous pouvons décortiquer cette réflexion dans cet espace-temps de lecture qui est en repos pour ensuite nous en servir dans notre réalité en mouvement.

Lire oui, mais surtout lire bien

« Que signifie le mot qualité ? Pour moi, ça veut dire texture. Ce livre a des pores. Il a des traits. Vous pouvez le regarder au microscope. Sous le verre, vous trouverez la vie en son infini foisonnement. Plus il y a de pores, plus il y a de détails directement empruntés à la vie par centimètre carré de papier, plus vous êtes dans la « littérature ». C’est du moins ma définition. Donner des détails. Des détails pris sur le vif. Les bons écrivains touchent souvent la vie du doigt. Les médiocres ne font que l’effleurer. »

Le professeur Faber montre ici à Montag l’importance de la bonne littérature, celle qui creuse dans les tréfonds de la vie et en retire son essence.

Prévoyez un temps pour la lecture

En ces temps de confinement, prévoyez un temps, ne serait-ce qu’une petite heure, pour la lecture. Choisissez vos livres en fonction de vos envies et besoins du moment. Choisissez-les en connaissance de cause. Le bénéfice que vous en retirerez ne sera pas perdu.

« Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie » a dit Montesquieu. 

 

Plaidoyer pour les livres et l’écologie

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En hommage à l’auteur Luis Sepulveda, décédé le 16 avril 2020 des suites d’une infection au Covid 19, je « reblogue » cet article que j’avais publié sur ce blog en novembre 2016 au sujet de son oeuvre phare « Le vieux qui lisait les romans d’amour »

Lire pour guérir

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« Le vieux qui lisait des romans d’amour »

de Luis Sepúlveda

1992, traduit de l’espagnol par François Maspero

Editions Metailié (140 pages), Editions Seuil (120 pages)  ou  Audiolib

Mon souci avec ce beau roman bienfaisant – qui a par ailleurs remporté succès commercial et prix littéraires et a été adapté au cinéma en 2001 – est de le placer dans une catégorie spécifique de mon blog de bibliothérapie.

Le titre évoque le thème de la vieillesse, mais avec un côté surprenant et rassurant. Le héros, Antonio José Bolivar Proano, est un homme plutôt âgé. Etant donné qu’il connaît la forêt amazonienne comme sa poche, on lui demande de retrouver le coupable (homme ou animal) qui a assassiné un chasseur blanc. L’énergie et l’intelligence déployées par cet homme d’expérience sont admirables. Chapeau pour le troisième âge !

Le thème de l’injustice est également abordé dans ce roman, parce que les anti-héros…

Voir l’article original 212 mots de plus

Roman épistolaire, source de bien-être

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Illustration roman épistolaire

 

Le roman épistolaire, source bienfaisante ?

 

Genre littéraire mettant en lumière les pensées des personnages au travers de leur correspondance, le roman épistolaire donne l’illusion au lecteur d’être au plus proche de leur intimité. La narration s’articule et se révèle autour de lettres échangées entre les protagonistes, que ceux-ci soient deux ou même plusieurs. Au lieu de passer d’un chapitre à un autre, le lecteur poursuit son histoire d’une missive à la suivante, et va de découvertes en découvertes par le biais du prisme des différents points de vue et remises en question.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire au vu des contraintes (réalisme, multiplication des voix, discontinuité du récit, difficulté formelle) qui lui sont imposées, le roman épistolaire dispose d’une belle variété de possibilités pour tenir son lecteur en haleine et lui donner envie de poursuivre sa lecture.  Le talent d’un écrivain se mesure donc à la virtuosité avec laquelle il fera vivre l’intrigue par les diverses tonalités dans l’écriture de ce genre.

 

Authenticité apparente, récit morcelé et plaisir de reconstruction

Le roman épistolaire doit emmener le lecteur au coeur d’une intrigue vraisemblable où celui-ci peut se reconnaître ou du moins reconnaître une réalité qui existe. Les lettres doivent donc mentionner une date et un lieu pour apparaître crédibles.

Par ailleurs, le lecteur se retrouve en situation de voyeurisme vis-à-vis des pensées avouées par les protagonistes qui échangent une correspondance. En même temps, il est appelé à reconstruire une réalité vraisemblable sur base de ce récit morcelé par les diverses lettres qui composent le roman.

La lecture du roman épistolaire fait grandement appel à l’imagination du lecteur, ce qui, dans le meilleur des cas, en accroît son plaisir.

 

Le roman épistolaire et son histoire

Même si quelques oeuvres de l’Antiquité et du Moyen Âge font référence au sein de la littérature épistolaire, la date de naissance du roman épistolaire correspondrait, selon les spécialistes, à l’année 1669 avec les « Lettres portugaises« , un recueil reprenant les lettres d’une religieuse portugaise à un officier français et qui aurait été écrite par Gabriel de Guilleragues.    
Mais c’est au XVIIIe siècle que le roman épistolaire connaît son apogée, notamment avec les oeuvres suivantes qui sont devenues les modèles du genre :

  • « Lettres persanes » de Montesquieu (1721)
  • « La Nouvelle Héloïse » de Rousseau (1761)
  • « Les Liaisons dangereuses » de Choderlos de Laclos (1782)

 

Romans épistolaires contemporains

Qu’en est-il des romans épistolaires aujourd’hui ? A vrai dire, il en existe de nombreux, et beaucoup d’ouvrages valent le détour d’une lecture.

Voici trois exemples de romans épistolaires que je qualifierais de « bienfaisants » et qui par ailleurs placent le récit dans un cadre historique assez proche, celui de la seconde guerre mondiale.

– « L’appartement du dessous » de Florence Herrlemann

Florence Herrlemann L'appartement du dessous

Ce roman épistolaire, publié par les éditions Albin Michel en 2019, fait partie des cinq romans sélectionnés pour le Prix Horizon 2020 qui a lieu tous les deux ans à Marche-en-Famenne en Belgique.

Ce prix littéraire, présidé par l’écrivain Armel Job, récompense l’auteur d’un deuxième roman grâce au vote de lecteurs, organisés en comités de lecture, qui sont appelés à choisir leur favori parmi les « deuxièmes romans » en lice. Lors de la journée de vote, les lecteurs peuvent rencontrer les auteurs et débattre avec eux.

La cinquième édition du Prix Horizon aurait dû avoir lieu le 16 mai 2020, mais sera reportée à une date ultérieure au vu des circonstances liées à la pandémie de coronavirus.

 

 

 

Que nous raconte ce roman épistolaire ? Lorsqu’une jeune femme vient s’installer dans l’appartement d’un immeuble parisien, la vieille Hectorine qui habite dans l’appartement du dessus s’empresse de lui déposer une lettre de bienvenue. C’est le début d’une longue correspondance jetant un lien insolite et de plus en plus intrigant entre ces deux femmes qu’un seul étage sépare, mais qui ne se croiseront pourtant jamais. Hectorine, en retraçant une partie de son histoire qui a traversé la seconde guerre, révélera peu à peu un douloureux secret à sa voisine et correspondante.

Roman bienfaisant ? Véritable coup de foudre pour ce roman qui met en avant les bienfaits de l’amitié, de la communication sincère et de la parole qui délivre.

– « Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » de Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Publiée aux USA en 2008 et en France en 2009, cette fiction historique épistolaire connut un succès mondial peu de temps après le décès de Mary Ann Shaffer (1934-2008) qui en fut la co-auteure avec sa nièce Annie Barrows (1962-).

L’adaptation cinématographique du roman est apparue sur les écrans en 2018.

Le récit se déroule principalement à Guernesey où vivent la plupart des personnes qui vont développer une relation épistolaire avec une jeune femme anglaise à la fin de la seconde guerre mondiale. Au fil des courriers qui s’échangent, Juliet, la jeune femme, se passionnera pour l’histoire de ce club de lecture créé pendant la guerre pour justifier une violation du couvre-feu allemand. Les membres de ce club lui confieront leur expérience de l’occupation allemande à Guernesey et le lien personnel qu’ils ont chacun développé avec la littérature.

 

Roman bienfaisant ?  Ce roman a été apprécié pour l’humanité véhiculée au coeur des événements tragiques de l’époque, pour les notes d’humour, ainsi que pour la tension qui sous-tend l’intrigue tout au long de l’échange épistolaire. Sans oublier le principal : ce roman fait également l’éloge de la littérature et de ses bienfaits.

– « Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles » de Suzanne Hayes et Loretta Nyhan
Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles

 

Elles se sont rencontrées sur le blog de Loretta et ont fait le pari de co-écrire ce roman épistolaire sans jamais se rencontrer, tout comme les protagonistes de leur récit qui, sans se connaître, vont nouer une amitié grâce à un échange de correspondance initié alors que leurs époux et proches respectifs sont partis combattre en Europe durant la seconde guerre mondiale.

Malgré les temps difficiles, l’optimisme est de rigueur dans la complicité qui unit ces deux femmes face à l’adversité grâce à cette relation épistolaire. Elles y échangent des recettes, des potins, des conseils de jardinage, ainsi que des secrets intimes.

 

 

 

 

Roman bienfaisant ? Lorsque le bonheur, doublé d’une dose d’optimisme, veut trouver la lumière au milieu de la tristesse et de la morosité ambiantes, il y parvient… même s’il doit user de l’écriture bienveillante et de la voie postale pour arriver à ses fins….

Ce roman vous le prouvera, surtout avec un titre qui fait naturellement écho aux temps difficiles que nous vivons actuellement….

 

Pandémie : cinq romans qui en parlent avec espoir

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Pandémie : les romans qui en parlent avec espoir

A l’heure de la pandémie du coronavirus, penchons-nous sur ces romans qui révèlent notre nature humaine sous ses bons et ses mauvais côtés face au fléau d’un virus, mais dont le message n’est pas sans laisser quelque vision optimiste. Car l’espoir réside dans les meilleurs atouts de l’espèce humaine : sa capacité d’adaptation, son intelligence à relever les défis, et surtout ses vertus d’entraide.

Le roman évoqué à plus d’un titre aujourd’hui est bien sûr :

1) « LA PESTE »

d’Albert Camus 

Parue en 1947 au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’histoire de ce roman se déroule à Oran en Algérie où se déclare une épidémie de peste qui finit par isoler la ville du reste du monde et à obliger les habitants à s’investir d’une manière ou d’une autre pour survivre au fléau.

Face à ce malheur survenu inopinément – à ce « mal abstrait » qui prend peu à peu les contours de la peste – se manifestent les réactions humaines les plus diverses, depuis le sacrifice et le don de soi pour le bien-être et la survie de son prochain… jusqu’à la recherche égoïste du profit aux dépens d’autrui. Diverses figures de la société y sont décrites avec leur parcours, leur dérive, leur grandeur comme leur bassesse.

Pour survivre, pour s’adapter, ou tout simplement pour faire le deuil de la routine et de l’existence sans fin et sans heurt qu’il n’obtiendra jamais, l’homme possède une arme : sa liberté d’action et sa liberté de participation à l’amélioration de la condition humaine.

Pour Camus, l’homme doit continuellement se battre contre la souffrance humaine, contre le mal existentiel qui frappe tout un chacun et ainsi révéler la nature exemplaire de sa condition.

 

2) « LE HUSSARD SUR LE TOIT »

de Jean Giono

Ce second classique, publié en 1951, raconte les aventures d’un colonel de hussards qui traverse la Provence alors qu’une épidémie de choléra y sévit (historiquement une épidémie de choléra est arrivée en France en 1832). Il rencontre une jeune femme qui doit rejoindre son mari. Ils partageront leur périple et affronteront ensemble les aléas de l’épidémie.

Le choléra, selon Giono, est un révélateur mettant à nu les tempéraments les plus vils ou les plus nobles. Une catastrophe, comme cette pandémie, libère la peur, la lâcheté et l’égoïsme, mais elle met aussi en lumière des êtres qui se dévouent corps et âme pour les autres au péril de leur vie.

En fin de compte, la fatalité n’aura pas gain de cause sur les êtres exceptionnels, comme c’est le cas pour le hussard qui n’attrapera pas le choléra.

 

3) « LA QUARANTAINE »

de J.M.G Le Clézio

Il s’agit d’un récit de voyage en partie autobiographique (en référence au grand-père de l’auteur) et publié en 1995. Lors d’un retour par bateau sur leur île natale, l’île Maurice, deux frères sont obligés de rester en quarantaine sur une petite île voisine parce que des passagers du bateau ont contracté la variole.

Sur cet île, les merveilles de la nature auront raison de l’enfermement mental imposé par la quarantaine.

Des paroles bienfaisantes en écho aux mesures de confinement qui sont actuellement en vigueur….

 

4) « PANDEMIA »

de Franck Thilliez

L’auteur a imaginé un scénario très similaire à ce qui se passe aujourd’hui. En 2015, il publie cette histoire relatant la contamination de l’Europe par un virus grippal provenant d’un cygne. L’auteur explique dans une interview qu’il s’est inspiré de faits scientifiques et plans précis en cas de contamination, livrés par des spécialistes en virologie et sécurité biologique de l’Institut Pasteur de Lille.

Dans son roman, on retrouve à l’identique une lente incubation, une propagation élevée du virus, un engorgement des structures de santé, la fermeture des écoles et des crèches et la peur panique qui s’installe dans la population.

Ce thriller haletant constitue un véritable électrochoc, surtout dans les conditions actuelles et tente de nous faire réfléchir sur la société actuelle et ses dérives.

 

5) « EN COMPAGNIE DES HOMMES »

de Véronique Tadjo

Publié en 2017, ce roman polyphonique nous plonge dans la crise sanitaire liée au virus Ebola entre 2014 et 2016 en Guinée, Sierra Leone et Libéria. Il donne voix à divers personnages, humains ou non (le virus Ebola lui-même y prend la parole) qui se confient tour à tour à l’arbre Baobab, symbole de sagesse. Les soignants, les proches de victimes, les autorités, les fossoyeurs, les infectés s’expriment sur le désastre de ce fléau.

L’auteur veut mettre à l’honneur tous ceux qui ont lutté face à cette épidémie, en risquant leur vie. « Il s’agit bien souvent de gens très humbles » constate-t-elle.

Elle parle de son roman dans l’interview ci-après :

***

Certes, ces cinq romans font référence à des périodes très sombres de notre histoire et empruntent à la fiction ou à la poésie les qualités qui les rendent agréables à lire et parfois très touchants (romantisme, suspense, aventures).

N’empêche que toutes ces histoires nous rappellent à notre humanité et à cette capacité que nous avons en chacun de nous pour faire face au fléau et pour aider notre prochain. Encore faut-il éviter de se retrancher derrière nos peurs et notre égoïsme et prendre exemple sur certains protagonistes qui luttent au péril de leur vie pour sauver l’espèce humaine…

« La seule façon de mettre les gens ensemble, c’est encore de leur envoyer la peste. » – « La peste » de Albert Camus

« Est-ce qu’on a le droit d’abandonner un être humain? Et même s’il meurt, est-ce qu’on ne doit pas tout faire pour qu’il meure moins mal si l’on peut? » – « Le hussard sur le toit » de Jean Giono

« Je reste des heures, sans bouger, simplement à regarder la mer, à écouter les coups des vagues, à goûter au sel jeté par les rafales de vent. Ici, il me semble qu’il n’y a plus rien de tragique. » – « La quarantaine » de J.M.G. Le Clézio

« Le gouvernement sait très bien que la communication est à double tranchant. Si les gens prennent peur, c’est pire que s’ils tombent vraiment malades. D’un autre côté, s’ils ne se sentent pas concernés, ils ne prendront aucune précaution et le virus fera sa loi. » – « Pandemia » de Franck Thilliez

« Il faut la mort pour apprendre à retrouver la solidarité. » et « Lutter, c’est le prix à payer quand on vit sur la même planète.«  « En compagnie des hommes » de Véronique Tadjo

Bonnes lectures et prenez soin de vous !