Archives d’Auteur: Nathalie Cailteux

À propos de Nathalie Cailteux

Philologue passionnée par la littérature et les effets positifs de celle-ci sur le moral. A l'écoute de vos problèmes, je vous propose de surmonter vos difficultés grâce à la lecture de romans. - www.lirepourguerir.com  /////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////// Philologist with a passionate interest in literature and its positive effects on well-being, I recommand you the reading of novels to ease your pain and overcome difficulties of life. www.readtoheal.wordpress.com  //////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////   Contactez-moi sur / Please contact me via deslivrespourguerir@gmail.com

RELATIVISEZ vos soucis en LISANT ce récit poignant…

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BAKHITA de Véronique Olmi

Editions Albin Michel, 2017

Prix du Roman Fnac 2017 – Grand Prix des blogueurs littéraires 2017

 

Véronique Olmi dresse une poignante biographie de cette personne énigmatique née en 1869 dans la province du Darfour au Soudan et qui fut enlevée et torturée dans son enfance pour approvisionner les réseaux d’esclaves. Après des années de souffrance, son destin la conduit par chance entre les mains d’un consul italien qui l’emmène avec lui dans la province de Venise. D’esclave, elle devient domestique pour finalement demander à entrer dans les ordres chez les religieuses canossiennes. Son parcours atypique et sa couleur de peau feront d’elle un emblème de propagande pour servir la grandeur de l’Italie au début du 20e siècle.

Elle sera béatifiée en 1992 et canonisée par Jean-Paul II en 2000.

La première partie du récit décrit le terrible parcours de cette enfant du Darfour à qui les mauvais traitements ont fait oublier son véritable prénom. Elle n’aura de cesse de retrouver les siens, ce qui l’aidera à survivre au pire.

La seconde partie est dédiée à sa vie en Italie, aux conflits intérieurs et extérieurs qu’elle devra affronter pour entrer dans la vie religieuse et s’y conformer.

Roman bienfaisant ?

Raconter la vie d’une personne sous forme de roman est selon moi la meilleure façon d’imprégner la mémoire des gens. Sans doute peu de lecteurs avaient-ils une connaissance préalable de l’histoire tragique de cette religieuse noire. Grâce au roman de Véronique Olmi, grâce aussi à sa plume qui tient le lecteur en haleine, nous découvrons les affres d’une destinée dont le début ressemble à un véritable cauchemar.

Et si le sort a été clément envers Bakhita à un moment donné de sa vie, ce ne fut hélas pas le cas pour un grand nombre d’autres enfants ou adultes voués à l’esclavage et dont l’auteure nous évoque une partie des tourments.

Une telle lecture permet donc de relativiser ses propres soucis personnels et d’apprécier le haut degré de résilience de Bakhita face aux violentes épreuves qui ont marqué ses premières années et qui ne l’ont toutefois pas empêchée de s’ouvrir à autrui.

Ci-après, je vous invite à écouter une interview de la romancière Véronique Olmi lors de l’émission « La Grande Librairie » du 6 octobre 2017.

Elle y parle de son roman qui fut non sans raison couronné de succès et applaudi par les blogueurs littéraires…

 

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Si la Saint-Valentin n’est pas synonyme de fête pour vous…

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Rien ne remplace un bon moment passé avec son amoureuse ou son amoureux… surtout en ce jour de Saint-Valentin

Pourtant il arrive que l’expérience amoureuse du moment ne soit pas au beau fixe ou qu’elle soit tout simplement absente.

Ce n’est pas une raison pour tourner le dos à un bon moment…

La solution que je vous propose :

Préparez-vous une boisson que vous aimez tout particulièrement : un thé, un café, un jus, …

 

Faites couler un bon bain moussant parfumé.… allumez quelques bougies ou emplissez votre salle de bains d’un éclairage apaisant.

 

N’oubliez pas le roman que vous adorez, qui vous permet de vous évader ou qui vous aide à voir les choses de la réalité selon une perspective différente.

Enfin, accordez-vous un parfait moment de détente….

Bien sûr, la Saint-Valentin peut aussi se fêter ainsi…. comme un poisson dans l’eau….

Pour celles et ceux qui ne savent pas quoi lire…

n’hésitez pas à consulter mon ouvrage 

Promotion spéciale en ce jour de Saint-Valentin !

Il vous aidera dans votre choix de lecture bienfaisante…

Se reconstruire suite à des blessures familiales…

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« DELIVRANCES » de Toni Morrison

« God Help the Child » Trad. française par Christine Laferrière

Ed. Christian Bourgeois (2015) – Audiolib (2016)

 

La grande romancière afro-américaine, Toni Morrison (née en 1931 !) a écrit une histoire qui aborde de façon condensée ses thèmes fétiches : le racisme envers les gens de couleur aux USA, l’enfance et la famille, le mal-être et la renaissance grâce à l’amour.

Lorsque Lulla vient au monde, sa couleur très noire choque ses parents mulâtres. Son père quitte le foyer et sa mère l’élève sans véritable amour.  Devenue une belle jeune femme, elle a changé de nom et fait carrière dans les cosmétiques. Un jour, elle décide de réparer une faute commise dans son enfance vis-à-vis d’une personne qu’elle a condamnée à la prison dans le seul but de conquérir l’amour de sa mère. Au même moment, sa relation amoureuse vacille. Son amant Booker tente lui aussi d’échapper aux traumatismes de son enfance…

Les chapitres se succèdent rapidement et entremêlent les points de vue narratifs : celui de Lulla, de son amant Booker, de sa mère, de sa meilleure amie, etc. Le style d’écriture de Toni Morrison contient des ingrédients du « réalisme magique » où certains éléments surnaturels mineurs pénètrent dans la réalité familière. Ainsi par exemple, Lulla voit-elle son corps de femme redevenir celui d’un enfant.

Roman bienfaisant ?

Une vie qui débute sans amour ne peut se racheter que grâce à l’amour, non seulement l’amour qu’on reçoit, mais aussi celui qu’on apprend à donner à autrui. C’est en quelque sorte le message de Toni Morrison. Et son récit en est porteur. La plume originale et succincte de l’auteure sonne juste, le déroulement des pensées des divers protagonistes démontre une vision mâture de l’âme humaine. Ce roman, proche du récit initiatique, s’achève sur une note optimiste bienfaisante.

Ci-dessous l’interview de Christine Laferrière qui a traduit le roman en français et nous parle de cet ouvrage …

 

 

UN NOUVEAU SITE VIENT DE NAÎTRE,

IL S’AGIT DU PENDANT ANGLAIS DE LIREPOURGUERIR

« READTOHEAL« 

Le dernier article parle  du roman de Kathryn Stockett « The Help »
qui évoque aussi le racisme noir/blanc dans la société américaine

« Quiconque oublie le temps cesse de vieillir. … »

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L’oubli triomphe du temps, ennemi de la mémoire.

Car le temps, en définitive, ne guérit toutes les blessures qu’en s’alliant à l’oubli.

« Le goût des pépins de pomme »

Katharina Hagena

Version originale allemande « Der Geschmack von Apfelkernen » (2008-2009)

Traduction française par Bernard Kreiss

aux éditions Anne Carrière (2010), Audiolib (2010), Le Livre de Poche (2011)

***

Trois générations de femmes ressurgissent dans la mémoire de la narratrice après le décès de Bertha, sa grand-mère. Unique petite-fille en vie, Iris hérite de la maison familiale. Après l’enterrement, les trois filles – sa mère et ses deux tantes – lui laisseront la clef de la maison. A elle maintenant de décider si elle gardera la maison ou si elle la mettra en vente.

Durant ces quelques jours de réflexion, Iris parcourt les endroits de la maison et du jardin et redécouvre les saveurs de sa jeunesse. La jeune femme se remémore les récits et tragédies vécus par les générations précédentes, les histoires qu’on lui a racontées, mais aussi les événements et les drames qu’elle a elle-même vécus et interprétés. Elle pense à sa grand-mère qui, durant ses dernières années, avait totalement perdu le fil de sa mémoire…

Iris se raconte son histoire familiale et peut-être la réinvente-t-elle pour se rassurer et trouver une stabilité dans le flot des souvenirs :

« Les histoires que l’on me racontait étaient-elles plus vraies que celles que je fabriquais moi-même à partir de souvenirs épars, de suppositions et de choses apprises en écoutant aux portes ? Les histoires inventées devenaient parfois vraies au fur et à mesure, et nombre d’histoires inventaient la vérité. »

Le thème de la mémoire et de l’oubli est abordé sous divers angles, d’une façon que je trouve originale et lumineuse.

  • La narratrice tente de recréer son histoire familiale avec des bribes de souvenirs. En même temps, elle construit sa propre histoire dans le présent, car elle va devoir faire des choix pour l’avenir. Sa rencontre avec un ami de jeunesse pimente le présent.
  • Le passage incessant du présent au passé conjugué à toutes les époques rend l’histoire très vivante et captive le lecteur
  • Le récit de ces trois générations de femmes se déroule en Allemagne, et il est également imprégné de l’histoire peu glorieuse du pays durant les années de guerre
  • Bertha la grand-mère représente une sorte de « métaphore » des rapports entre l’oubli et la mémoire. Même si elle n’a pas choisi sa maladie, sa perte de mémoire la préserve des sentiments de tristesse, de regret, de remords.

Roman bienfaisant ?

J’ai classé ce roman dans la rubrique qui aborde le thème du deuil.  Souvent, en se rémémorant des souvenirs, nous faisons le deuil des bons moments passés et des personnes qui ne sont plus de ce monde. Il y a comme un constat de perte dans tous les cas. En même temps, nous reconstruisons une sorte de réalité qui nous arrange parmi le flot de nos souvenirs, et ceci afin de museler les remords.

La narratrice dit elle-même que

« A partir d’une certaine quantité de souvenirs, chacun devait finir par en être saturé. L’oubli n’était donc lui-même qu’une forme de souvenir. Si l’on n’oubliait rien, on ne pourrait pas non plus se souvenir de quoi que ce soit. Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l’océan de l’oubli ».

et

« J’en déduisis que l’oubli n’est pas seulement une forme de souvenir, mais que le souvenir est aussi une forme de l’oubli ».

Il s’agit ici du récit de la vie de femmes confrontées à des joies, souffrances et malheurs. Ces femmes, dont Iris se fait l’écho, ont pourtant surmonté, chacune à leur manière, les difficultés de l’existence. Le roman de Katharina Hagena, , tout en transmettant le goût et la saveur du terroir rural, est à la fois empreint de nostalgie et de soleil. Sa lecture ne manque pas de mettre à l’honneur le plaisir et le goût de vivre.

 

Des récits lumineux à prescrire d’urgence

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Jolie libraire dans la lumière

Editions Desclée de Brouwer (2012)

La forêt plénitude

Editions Mijade (2013)

Frank Andriat

Ces deux romans de Frank Andriat soulignent l’influence que peut exercer la lecture sur l’existence d’une personne.

Dans « Jolie libraire dans la lumière » , une jeune libraire tombe par hasard sur un roman relatant dans le détail un événement qui a profondément et douloureusement marqué sa propre histoire personnelle.

« Il lui avait toujours semblé si étrange que, dans un livre, on pût se retrouver, comme en un  miroir déformant, mais aussi révélateur de ce que, de soi, on préfère ignorer ».

Dans « La forêt plénitude »  , une jeune fille de 18 ans reçoit pour son anniversaire un livre qui la bouleverse et lui donne des ailes pour quitter ses proches et vivre seule durant un laps de temps en harmonie avec la nature afin de retrouver de véritables sensations de « plénitude » .

« Un livre, ça peut être tout ou presque rien. Un coup de vent dans la forêt du songe, un tremblement dans notre vie réelle. Il peut modifier la lumière de notre quotidien, la rendre soudain plus vive ou plus ténue. On continue de respirer comme avant et, pourtant, au coeur de nous, une graine pousse, inattendue ».

La puissance de la littérature sur nos vies constitue le fil conducteur de ces deux narrations rédigées d’une plume vraiment agréable à suivre. Le lecteur se retrouve vite plongé dans l’atmosphère enchanteresse de ces deux récits qui ne manquent pas de suspense.

 

Romans bienfaisants ? 

En mettant en lumière la magie de la lecture, Frank Andriat montre combien il peut être vital de faire de temps en temps une pause pour se retrouver et « se réfléchir ».  Le fait de lire contribue à cette retraite, car cela implique d’arrêter le temps pour retrouver une certaine intériorité et s’ouvrir à celle d’autrui, en l’occurrence celle proposée par l’auteur.

Un tel acte permet ensuite de reprendre le cours de son existence avec un nouvel entrain et une autre façon d’appréhender les choses.

Pour la « Jolie libraire dans la lumière » , un livre fait éclater les peaux mortes d’un tragédie refoulée. Et c’est grâce à un livre que la protagoniste de « La forêt plénitude » souhaite se réfugier dans une retraite qui lui apportera son lot de réponses inattendues.

J’ai eu le plaisir de rencontrer l’auteur belge Frank Andriat. Il a écrit de nombreux romans pour adultes et adolescents. Ses écrits, que je qualifierais de lumineux, décortiquent les sentiments humains et permettent au lecteur de s’y retrouver comme dans un miroir. Les options proposées apportent réconfort et bien-être à l’âme.

Le roman qu’il a récemment publié, « Le bonheur est une valise légère » , fera certainement l’objet d’une prochaine chronique sur ce blog.

 

Meilleurs voeux à vous qui aimez LIRE !

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Cette année 2018 s’annonce belle et riche en lectures bienfaisantes.

Rendez-vous sur ce blog afin de partager de nouvelles expériences littéraires

qui donnent du baume au coeur,

éloignent les soucis du quotidien,

 favorisent la compréhension de soi et des autres

et finalement, contribuent au bien-être que tous nous recherchons…

 

A TRES BIENTÔT, CHERS LECTEURS !!!!!

 

JOYEUX NOËL !!!

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« Le cadeau qui fait vraiment plaisir

C’est celui qui continue de réjouir

Même après que l’emballage se déchire

Même après que se dévoile l’objet de désir

Même après que la curiosité finisse par tarir.

Ce cadeau de plaisir,

c’est le livre à lire,

l’histoire à accueillir,

Pour soi-même enfin se découvrir

Et pouvoir aux autres s’ouvrir »

JOYEUX NOËL !!!

 Nathalie Cailteux (Lire pour guérir)

 

Sous le sapin : des romans ADOS bienfaisants

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Interview exclusive du Père Noël !

Lors d’une interview exclusive, le Père Noël m’a avoué : « Je suis un grand lecteur. Grâce aux livres, je m’évade, je me cultive, j’ouvre mes pensées à autrui, je découvre d’autres perspectives, d’autres façons de voir et de sentir les choses, je me rassure aussi lorsque le livre mets des mots sur des sentiments que j’ai du mal à percer…« .

Après un temps de réflexion, il sourit et dit  « Invitons nos jeunes à découvrir ou à redécouvrir ce plaisir afin qu’ils puissent, eux aussi, profiter des bienfaits de la lecture !« 

De fait, sa hotte magique regorge de petits paquets rectangulaires…

Parmi les livres qu’il conseille tout particulièrement à la jeunesse de 13 ans et plus, j’en retiens quelques-uns, notamment trois ouvrages faisant partie d’une sélection d’oeuvres pour un prix littéraire décerné par un jury d’adolescents : le Prix Farniente.

Ma fille qui participe depuis deux ans à ce jury, a validé le choix du Père Noël.

 

« Quelqu’un qu’on aime » de Séverine Vidal

Matt, jeune père d’une fillette de 18 mois, et son grand-père touché par la maladie d’Alzheimer partent tous les trois en voyage sur les routes à bord d’un grand van. lls acceptent d’emmener avec eux un adolescent en fugue, ainsi qu’une jeune femme qui a décidé de tout plaquer. Le road movie est prétexte pour décortiquer les relations qui se nouent entre les personnages. Un livre drôle, émouvant et plein d’espoir !

Editions Sarbacane (2015) – 288 page

 

« Les petits orages » de Marie Chartres

Rencontre entre un jeune garçon, paralysé à la jambe suite à un accident dont il se sent responsable, et un Indien de la réserve de Pine Ridge. Leur amitié se joue sur l’acceptation de leur fragilité et différence respectives. Cette belle histoire évoque le thème de la culpabilité et la façon d’y remédier en continuant à vivre !

Editions L’Ecole des Loisirs  (2016) – 278 pages 

 

 

« Très vite ou jamais » de Rita Falk

Un accident de moto plonge un adolescent dans le coma. Son meilleur ami Jan lui écrit des lettres dans lesquels il lui décrit les événements de la vie qui s’écoulent durant son absence, dans l’espoir que celui-ci puisse retrouver le fil de son histoire une fois réveillé. Mais plus le temps passe, plus le désespoir gagne les proches de l’adolescent. Ce livre aborde les thèmes de l’amitié, de la loyauté, du deuil.

Editions Magnard (2016) – 224 pages 

 

Danser au bord de l’abîme

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« Danser au bord de l’abîme »

de Grégoire Delacourt

Editions Jean-Claude Lattès (2017) et version Audiolib

 

Grégoire Delacourt a le don de mettre avec justesse des mots sur des ressentis féminins. Après le roman « La liste de mes envies« , paru en 2012, la preuve en est encore cet ouvrage publié le 2 janvier 2017.

Dans « Danser au bord de l’abîme« , l’auteur se glisse dans la peau d’une femme de quarante ans, mariée, trois enfants qui croise un jour les yeux d’un homme dans une brasserie. Le désir la fait vibrer, la fait danser, mais le risque de tout perdre est grand. Prendra-t-elle ce risque ?

Roman bienfaisant ? 

Je reprends ici les paroles de Grégoire Delacourt lors d’une interview par Dana Philp qui est reprise sur son site internet 

 « Outre le fait de nous divertir, de nous faire réfléchir, frissonner, rêver, [la littérature] a pour but l’analyse des conséquences. Elle est ce recul, ce point de vue différent sur les choses de la vie ».

Dans le récit, l’auteur met la narration en parallèle avec le conte de la chèvre de Monsieur Seguin qui a préféré, au péril de sa vie, ressentir les frissons de la liberté et de l’indépendance plutôt que de passer sa vie dans la maison sécurisante de son maître.

Il ne faut toutefois pas considérer cette histoire comme moralisatrice. Le lecteur est bien conscient que quelles que soient les conséquences, la protagoniste n’aurait pas pu choisir une autre voie. Et c’est précisément en raison de cette impossibilité de choix « raisonnable » que le côté bienfaisant de ce roman prend toute sa dimension.  L’histoire permet en quelque sorte de se libérer d’un sentiment de culpabilité, voire de le ressentir à distance à travers les expériences de la protagoniste pour ensuite le surmonter.

Les uns diront : « Le présent est la seule certitude, la seule île possible dans le vide. C’est là que nous devons vivre. »

Les autres ajouteront : « Faut-il vivre les choses alors qu’il est aussi beau de les rêver ? »

La protagoniste, elle, nous confiera : « Ma mère s’était sacrifiée, elle avait préféré la prudence de la paix à la fureur des chagrins d’amour. Elle avait plongé dans les livres plutôt que dans les bras des hommes.« 

Mais était-ce réellement un sacrifice ???

 

Quand la pâtisserie donne sens à la vie…

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« Les délices de Tokyo » de Durian Sukegawa

Editions Albin Michel (2016) – traduction par Myriam Dartois-Ako

Livre de Poche (2017) – Lauréat du Prix des Lecteurs 2017

Roman adapté au cinéma par Naomi Kawase

 

Au Japon, Sentaro confectionne et vend des dorayakis, une pâtisserie japonaise à base de haricots rouges. Il a accepté ce travail pour rembourser une dette, mais ne prend aucun plaisir à son travail. Un jour, une vieille dame lui propose son aide. Malgré lui, il reconnaît qu’elle a le mérite de réaliser une excellente pâte à dorayakis qui attire de plus en plus de clients, parmi lesquels beaucoup de jeunes étudiantes. La vieille dame tissera des liens d’amitié avec l’une d’entre elles.

Sa façon lente et conscencieuse de préparer la pâte contraint Sentaro à apprendre la patience, l’écoute de l’autre et la puissance des choses simples. Pourtant, la vieille dame cache un lourd secret qui l’obligera à mettre un terme à leur collaboration.

Ce lourd secret, je ne vais pas vous le livrer ici, mais sachez qu’il souligne la peur de la différence et l’intolérance du monde vis-à-vis de cette différence.

Roman bienfaisant ?

Ce récit tout en poésie rappelle le plaisir des petites choses comme la confection d’une pâtisserie ou l’observation de la beauté des feuilles d’un arbre. L’histoire respire cette pleine conscience du temps présent et encourage le lecteur à en profiter également. Cette attitude débordant de générosité a aidé la vieille dame à affronter les pires difficultés que réserve parfois l’existence, notamment face à un deuil ou une séparation, ou encore lorsque le monde se détourne de vous parce que vous portez la marque d’une différence.

Je vous recommande la lecture de ce roman qui a le mérite d' »apaiser » tout en évoquant parfums et saveurs culinaires.

Thème de la différence physique : ce récit soulève des réflexions sur la différence et les conséquences désastreuses qu’elle entraîne dans la vie des personnes concernées.

Thème de la vieillesse : les personnes âgées et malades sont ici des guides spirituels qui communiquent leur sagesse aux plus jeunes.

 

Voici un aperçu du film basé sur ce roman de Durian Sukegawa :