Archives de Catégorie: Thème de la DECEPTION SENTIMENTALE

Amour déçu, un thème souvent abordé en littérature

Tragédies amoureuses au masculin – « La lettre à Helga » de B. Birgisson et « Les fidélités » de D.Brasseur

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Les deux courts romans (environ 150 pages) présentés dans cette chronique font partie de la sélection du jury 2015 pour les éditions Points. J’ai choisi de les mentionner sur ce site parce que ici ce sont les hommes qui parlent de leur tragédie amoureuse.

 

« La Lettre à Helga » de Bergsveinn Birgisson

Un vieillard islandais écrit une lettre ouverte à sa bien-aimée Helga, justifiant le choix qu’il a fait de rester à la campagne auprès de ses moutons et de sa terre tout en renonçant par ailleurs à la suivre, elle et le bébé qu’elle attendait de lui, pour s’installer en ville. Ce roman hésite entre fresque bucolique islandaise et déclaration d’amour passionné. Il adopte un style frais, brut et parfois cocasse pour évoquer les pensées champêtres d’un homme pris entre son amour pour une femme et son amour pour la terre islandaise. Très beau roman qui nous parle aussi de l’Islande, un pays du nord à découvrir.

« J’aurais creusé un fossé pour toi. Le même fossé toute ma vie, pour le combler à nouveau. J’aurais traversé la lande dans les deux sens, jour après jour, à en user deux paires de chaussons en peau de poisson, rien que dans l’espoir de pouvoir te toucher du doigt. J’aurais mangé du savon pour toi si tu me l’avais demandé. Mais renoncer à moi-même, à la campagne et au travail de la terre auquel je m’identifiais, ça, je ne pouvais pas. »

 

« Les fidélités » de Diane Brasseur

L’auteur, une femme, met en scène un narrateur masculin qui évoque sa double relation sentimentale, d’un côté ses amours avec sa jeune maîtresse et de l’autre, ses liens familiaux avec son épouse et sa fille. Tiraillé entre ces deux vies, il ne sait pas ou ne veut pas faire de choix. Dans ce récit, il évoque des souvenirs réels, mais également des fantasmes, des faits imaginaires et l’on ressent chez lui un malaise évident dans ce tourbillon de pensées.

« Je fais l’amour avec Alix, je fais l’amour avec ma femme. Je ne sais plus qui je trompe avec qui. »

J’avoue donner ma préférence au premier récit plutôt qu’à celui-ci. Pourtant je lui reconnais du mérite : la romancière est une femme et elle évoque les pensées d’un homme. A voir maintentant s’il s’agit de pensées que les femmes souhaiteraient apprécier chez un homme infidèle ? En tous les cas, cet homme qui se dit « fidèle à deux vies » reste pourtant bel et bien infidèle pour les deux femmes et il a du mal à gérer cette situation…

 Des romans bienfaisants ?

Je pense que de tels écrits peuvent rencontrer les sentiments des uns ou des autres, que ce soit des hommes ou des femmes. Entendre se justifier quelqu’un en lisant un livre tranquillement – et non pas dans l’émotion d’une querelle – nous aide à adopter une attitude plus empathique, à prendre de la distance avec les événements,  à réfléchir.

A vous de me dire ce que vous en pensez ?

 

Un roman d’amour pour la Saint-Valentin « AUTANT EN EMPORTE LE VENT » de Margaret Mitchell

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« AUTANT EN EMPORTE LE VENT » de Margaret Mitchell

Puisque nous sommes le 14 février… AUTANT EN PARLER…

Chers lecteurs, je suppose que vous connaissez cette grande saga romanesque qui s’inscrit dans le cadre historique de la guerre de Sécession en Amérique (1861-1865), ainsi que son adaptation cinématographique réalisée en 1939 par Victor Fleming avec Vivien Leigh dans le rôle de Scarlett O’Hara et Clark Gable dans le rôle de Rhett Butler….

Pour rappel, voici un petit résumé de l’histoire :

Scarlett O’Hara est une belle jeune fille issue d’une riche famille de planteurs de coton en Géorgie. Elle est courtisée par tous les bons partis de la région, mais celui dont elle est secrètement amoureuse, Ashley Wilkes, vient d’annoncer son mariage avec la gentille Mélanie Hamilton. Alors que Scarlett dévoile ses épanchements, son chagrin et sa rage de jeune fille gâtée, elle est surprise par Rhett Butler, un homme énigmatique et séducteur qui se moque gentiment d’elle et s’éprend de son énergique personnalité. Cet homme qui se montre différent des autres éveillera en elle des sentiments partagés qui s’intensifieront au fil du récit.

La guerre civile est aux portes de l’Etat de Géorgie et les aventures sentimentales de la jeune fille vont peu à peu s’entremêler aux aléas de l’histoire de sa famille et de son pays.

Ce roman paru en 1936 sous le titre original « Gone with the Wind » a reçu le Prix Pulitzer en 1937. Son succès planétaire n’est pas vain, car il entraîne le lecteur (ou le spectateur) dans une histoire sentimentale comme on les apprécie, mettant en scène

– des personnages charmeurs et attirants, mais dont les défauts soulignent malgré tout le caractère faillible et humain,

– des faits marqués par la grande Histoire (la guerre de Sécession, la question de l’esclavage, la difficulté à s’adapter aux grands tournants de l’histoire, la misère d’après-guerre etc.)

– une histoire d’amour qui met du temps à se concrétiser et entretient un énorme « suspense sentimental »

Une histoire bienfaisante ? Mais oui, laissez-vous bercer par cette histoire qui, nul doute, vous distraira de vos peines de coeur !

N.B. Lorsque de nouveaux problèmes surgissent, Scarlett O’Hara décide de ne pas laisser les soucis parasiter son esprit… Faisons comme elle et inspirons-nous de ses pensées qu’elle formule toujours ainsi…

« Après tout, demain est un autre jour ! »

Cette phrase fut classée 31ème au palmarès des 100 meilleures répliques de cinéma…

Folie malsaine de l’imagination ou « MADAME BOVARY » de Gustave FLAUBERT

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« Madame Bovary » de Gustave Flaubert

C’est avec plaisir que je vais vous parler ce mois-ci d’un grand classique de la littérature française.

Voici l’histoire de « Madame Bovary » en quelques mots  : Emma, fille d’un riche fermier, devient l’épouse d’un brave médecin de campagne, Charles Bovary. Son mariage et sa petite fille ne lui apportent pas le bonheur espéré. Elle s’enlise dans l’ennui et rêve d’un amour fougueux et d’une vie mondaine trépidante comme les princesses des romans à l’eau de rose dont elle est friande. Aveuglée par ses illusions, elle se laisse entraîner dans des aventures extra-conjugales qui ne pourront jamais vraiment la combler.

Gustave Flaubert a mis le doigt sur les dangers d’une trop grande propension à enjoliver la réalité, ce qui multiplie à l’excès le désir de toujours vouloir plus et mieux, et ce qui finalement fait obstacle au contentement et au bonheur. L’auteur se moque des lectures dans lesquelles Emma se plongeait et qui ont laissé débordé son imagination avec une trop grande effervescence. Il dénonce les dangers de cette évasion rêveuse qui dénature la réalité et ne conduit qu’à l’insatisfaction. D’ailleurs de ce roman est né le terme « bovarysme » qui se définit comme un état d’insatisfaction se traduisant par des ambitions démesurées et une fuite dans l’imaginaire et le romanesque.

Un livre qui fait du bien ?

En tous les cas, cette histoire a le mérite de remettre nos désirs à l’heure de la réalité, elle nous suggère de considérer notre verre non pas à moitié vide, mais à moitié plein.

En outre, ce roman questionne les bienfaits de la lecture. Léon, amoureux d’Emma, parle du bien-être qu’il ressent en lisant :

« On ne songe à rien, continuait-il, les heures passent. On se promène immobile dans des pays que l’on croit voir, et votre pensée, s’enlaçant à la fiction, se joue dans les détails ou poursuit le contour des aventures. Elle se mêle aux personnages; il semble que c’est vous qui palpitez sous leurs costumes« .

Toutefois, le délire imaginaire d’Emma prend souvent des proportions démesurées :

« Alors elle se rappela les héroïnes des livres qu’elle avait lus, et la légion lyrique de ces femmes adultères se mit à chanter dans sa mémoire avec des voix de soeurs qui la charmaient. Elle devenait elle-même comme une partie véritable de ces imaginations et réalisait la longue rêverie de sa jeunesse, en se considérant dans ce type d’amoureuse qu’elle avait tant envié. »

Conclusion : il faut lire de façon intelligente, lire pour s’évader, lire pour se retrouver, lire pour ne pas se sentir seul, lire pour guérir mais tout en sachant bien entendu faire la part entre la réalité et l’imaginaire.

Dans son essai sur la lecture « Comme un roman« , Daniel Pennac a défini avec humour le bovarysme comme une « maladie textuellement transmissible » auquel toutefois, précise-t-il, chaque lecteur a droit de façon imprescriptible.

 ***

Paru en 1857, le roman « Madame Bovary » a valu à son auteur Gustave Flaubert d’être jugé pour outrage aux bonnes moeurs. Il fut blâmé pour le réalisme, jugé choquant à l’époque, avec lequel il avait décrit ses personnages.

A la fois précurseur d’une nouvelle sensibilité littéraire qui est le réalisme, l’auteur reste cependant aussi un héritier du romantisme dans sa façon d’agencer et d’interpréter avec un certain lyrisme la réalité de cette histoire. Vous trouverez un analyse détaillée sur ce dualisme en suivant ce lien.

PERDRE SA MOITIE, et puis ? « L’Exception » de Audur Ava Olafsdottir

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« L’Exception » de Audur Ava Olafsdottir

Tout semble se dérouler à la perfection au sein du couple formé par Maria, Floki et leurs adorables jumeaux. Pourtant en ce soir de réveillon, Floki  annonce de façon inattendue à son épouse qu’il a décidé de la quitter pour un collègue et ami avec lequel il fait des recherches sur la théorie du chaos. Le chaos, c’est précisément ce que Maria va endurer après ce départ pour le moins surprenant et déstabilisant; non seulement elle découvre les penchants homosexuels de son mari, mais sa vie à elle est littéralement amputée de sa moitié.

Le choc de la séparation, le bouleversement du quotidien qui s’ensuit, et peu à peu la reconstruction de l’épouse sont disséqués à travers les détails parfois cocasses que nous livre la talentueuse plume de cette auteure islandaise, Audur Ava Olafsdottir.

Le lecteur apprend à connaître les familiers du couple, notamment la voisine naine qui semble-t-il, serait écrivain et une psychologue pour le couple, ou encore le père géniteur qui apparaît subrepticement dans la vie de Maria.

D’une facture à la fois minimaliste tout en n’omettant pas le détail qui s’inscrit au coeur même du vécu, ce roman original constitue une lecture agréable, sereine et revigorante pour tous ceux qui affrontent une brusque séparation ou un deuil.

Les gens refusent de regarder en face ce monde truffé d’éclats de verre et d’admettre qu’une souffrance profonde aiguise la perception et donne de la valeur à l’existence

Décrit sur le quatrième de couverture comme « le grand roman de la déconstruction et de la reconstruction narcissique à la portée du commun des mortels », ce récit a aussi le mérite de nous faire voyager au sein des paysages d’un pays nordique peu connu, l’Islande.

COUPLE AU DESESPOIR « Le jeu des ombres » de Louise Erdrich

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« Le jeu des ombres » de Louise Erdrich

Le roman, paru aux éditions Albin Michel en 2012, est désormais disponible en format poche. Il fait partie de la sélection des romans du mois d’août pour le prix des lecteurs du Livre de Poche et a remporté la majorité des votes du jury littérature sur deux autres romans.

Bien que les deux autres romans« Remonter la Marne » de Jean-Paul Kauffmann et « Nouilles froides à Pyon Yang » de Jean-Luc Coatelem disposaient de nombreux atouts pour remporter la victoire, j’ai toutefois attribué mon avant-dernier vote pour « Le jeu des ombres ».

Rarement un roman n’a décrit avec autant de finesse tous les détours, non-dits et ambivalences qui gangrènent la cohésion d’un couple, voire d’une famille.

L’auteur a réussi le pari de décrire les diverses façons dont une même réalité peut être perçue par plusieurs protagonistes et notamment par les deux êtres qui forment ce couple d’artistes amérindiens en pleine crise d’identité sociale et culturelle.

Bien que l’amour qui réunit ce couple et leurs trois enfants soit souvent nié ou mal compris, le fait est qu’il existe, même si cette façon d’exister est quasi suicidaire.

Un roman qui fait du bien ?

Bon, il faut bien avouer que l’histoire n’est pas réjouissante, mais son écriture très subtile  force la réflexion sur le couple et sur la manière souvent différente dont chacun peut appréhender une même réalité. Thriller psychologique parfois glaçant, roman sans doute éclairant, ce récit devient bienfaisant lorsque sa lecture encourage la tolérance et une certaine forme d’empathie. A noter aussi que le récit accorde une grande place au rôle que peut prendre l’art et l’écriture dans la vie.

Vous trouverez en cliquant sur PDL 2014 COMMENTAIRES AOUT LITTERATURE les commentaires choisis par Le Livre de Poche pour la diffusion auprès de leurs équipes commerciales. Mon article apparaît en seconde page (Nathalie, Bonnert).

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Pour moi s’achève désormais mon aventure de Jurée « Littérature » pour le Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2014.Une aventure qui m’a permis de découvrir de très belles oeuvres, des auteurs talentueux et bien entendu aussi des récits au potentiel bienfaisant…

Il me reste maintenant à voter pour le roman qui selon moi devrait remporter la victoire parmi tous les lauréats des mois écoulés….

 

FRUSTRATIONS ET EMOTIONS CACHEES « L’intensité secrète de la vie quotidienne » de William Nicholson

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« L’intensité secrète de la vie quotidienne » de William Nicholson

Ce roman figure parmi la sélection du Prix des Lecteurs 2014. J’ai voté pour lui au mois de juin parce que j’ai été séduite par la façon dont l’auteur a décrit avec talent les petites rancoeurs, les frustrations quotidiennes, les émotions amoureuses qui constituent le lot de tout un chacun, mais que nous gardons en général soigneusement dissimulées dans notre jardin secret. Et pourtant, ce sont justement ces ressentis multiples qui jalonnent notre quotidien et influencent notre comportement en société ou dans la sphère privée.

Le roman choral de William Nicholson pénètre ainsi dans la vie intime d’une douzaine de personnages de la classe moyenne qui se croisent au coeur de la campagne anglaise et dont les soucis et les remises en question sur le plan amoureux, professionnel, religieux voire amical sont subtilement mis en évidence et décortiqués par la plume bienveillante de l’auteur.

W. Nicholson explique « Ce que je veux démontrer dans mes livres, c’est que comprendre les autres véritablement et avec compassion nous libère de nos peurs et de nos haines, et nous mène à l’amour. Or il n’y a que la possibilité d’aimer et finalement, le fait d’aimer qui font que la vie vaut la peine d’être vécue ».

Il remarque aussi « J’admire le regard que George Eliot et Proust portent sur leurs personnages, la profondeur avec laquelle ils les perçoivent sur le plan psychologique »

Dans la postface écrite par Anne Hervouët, on lit : « L’Intensité secrète de la vie quotidienne a beau se dérouler dans la campagne du Sussex, au-dessus de laquelle plane l’ombre de Viriginia Woolf, ce roman est universel. Chacun des personnages trouve son alter ego en France ou ailleurs, à Paris comme dans n’importe quelle autre ville. La fragilité du couple, thème central du livre, est d’actualité. Le mal-être des personnages est tout aussi contemporain et largement répandu. La colère, les frustrations, la désespérance, la pornographie, la pollution par l’image, le culte du moi, la solitude et bien d’autres thèmes sont transposables ailleurs ».

 

A QUI S’ADRESSE CE ROMAN DU POINT DE VUE DE LA  BIBLIOTHERAPIE ?photo

A celle ou celui qui se sent mal dans sa peau, que ce soit dans sa vie amoureuse, professionnelle ou sociale, qui se pose des questions sur ses croyances ou  qui souffre d’une certaine solitude. Ce lecteur aura le plaisir de constater que des mots savamment dosés donnent corps à son ressenti et qu’il n’est pas seul à éprouver de telles émotions…

 

 

Vous trouverez ici les commentaires de plusieurs jurés au sujet de ce roman (le mien est le premier dans la liste).

Au petit bonheur des femmes « Le bruit des silences » de Valérie Gans

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« Le bruit des silences » de Valérie Gans.

Ce roman, paru chez JC Lattès pour ensuite être publié par Le Livre de Poche, a fait partie de la sélection du mois de mai pour le Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2014.

Toutefois, c’est celui qui a remporté le moins de votes parmi les quatre ouvrages présentés.

Il est vrai qu’en comparaison des trois autres romans palpitants que sont , , celui-ci semble quelque peu léger et ne laisse pas vraiment derrière lui une marque impérissable…

Pourquoi alors le citer sur ce blog ? Parce que l’auteur, Valérie Gans, nous parle d’histoires de femmes, des femmes souvent déçues par leur compagnon et par la romance qu’elles avaient imaginée autour de leur relation de couple. Lorraine, la protagoniste principale est une quadragénaire divorcée qui élève seule tant bien que mal ses deux enfants adolescents à Paris. Une rencontre avec un ami d’enfance vient bouleverser sa vie, mais elle ignore que l’épouse de ce dernier souffre de l’effondrement de son couple . La souffrance fait aussi partie de la vie de la soeur de Lorraine dont le compagnon excelle dans le harcèlement mental. Bientôt ressortent aussi des secrets de famille longtemps enfouis par la mère, mais également par la grand-mère muette de Lorraine.

Ces divers parcours féminins se rencontrent dans ce récit facile à lire et qui peut s’avérer agréablement thérapeutique pour celles qui viennent de subir un échec amoureux. En effet, cela fait toujours du bien d’entendre parler d’expériences similaires sinon pires que celles que nous vivons.

« Sur le marché », c’était ainsi qu’elles se considéraient, elle et ses amies, éternelles célibataires ou fraîchement divorcées, ce qui revenait au même : qu’elles appellent cela solitude ou liberté, ces filles-là dormaient seules, choisissaient seules la couleur de leur canapé et des capsules de café, quand ce n’était pas le nom de leur chat pour les cas les plus durables ou les plus désespérés.
 
« Sur le marché », ces femmes, pour trouver un homme, « le bon », comme elles disaient, s’offraient inconsciemment à la concupiscence de tous les autres.« 

A noter que les hommes ne sont pas du tout mis à l’honneur dans ce roman. A l’exception des « fils »- qui font plutôt office de braves garçons -, les pères, maris, amants n’ont pas grand-chose pour eux…

Vous pouvez également visionner l’interview de l’auteur Valérie Gans qui nous parle de son roman.

 

J’en profite pour attirer votre attention sur l’ajout récemment effectué sur la page d’accueil de ce blog. Tout blogueur a maintenant l’opportunité de faire un peu de publicité pour son site ou son blog, voire même pour ses vidéos, en y insérant un lien vers un article sur la chronique d’un roman bienfaisant, voire sur vers un article répondant aux trois questions soulevées. A vous de jouer ! Envoyez moi votre lien !

 

Encyclopédie de comportements amoureux : « Les perroquets de la place d’Arezzo » de Eric-Emmanuel Schmitt

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« Les perroquets de la place d’Arezzo » de Eric-Emmanuel Schmitt

Entrer dans ce roman, c’est pénétrer au coeur d’une sorte d’encyclopédie qui reprend chapitre après chapitre une variété de comportements amoureux.

Le récit tourne autour des habitants d’une place huppée de Bruxelles qui reçoivent tour à tour un message énigmatique, sorte de mot d’amour sans signature. Les réactions divergent les unes par rapport aux autres, car en matière de sentiments face à un mot d’amour anonyme, les attitudes sont aussi nombreuses que les personnages du roman. Comme le décrète le nain Germain, « Il y a autant de bonheurs que d’êtres humains, je crois »p729. Voilà aussi pourquoi Isis, la petite fille un peu naïve, renonce à poursuivre l’écriture de son roman d’amour, car l’amour se conjugue de mille façons et il n’est guère aisé, voire impossible d’en faire une encyclopédie exhaustive.

Quoi qu’il en soit, E-E Schmitt nous donne un petit aperçu des divers tableaux possibles en matière de couple et d’amour : famille, couple homo, couple apparemment normal mais marqué par l’adultère, couple dont l’un méprise l’autre, couple non assorti mais qui s’aime, couple à trois, … Plus qu’une panoplie des déviances en matière sexuelle, il s’agit d’une panoplie des déviances en matière amoureuse. Et que dire de la soi-disant « normalité »? Existe-t-elle en fin de compte ?

Le lecteur passe un agréable moment dans cette histoire multiple, bien qu’au début, je lui conseille de prendre quelques notes pour se remémorer facilement tous les personnages qui apparaissent au fil du récit.

S’agit-il d’un livre qui fait du bien ? Il permet de voir que l’amour s’exprime de diverses manières. Bien que nous ayons tous notre opinion ou notre jugement à ce sujet, aucune expression amoureuse n’est une norme par définition. Dès lors, ce roman encourage à relativiser nos points de vue et à ne pas déprécier des manières différentes de s’aimer et de vivre en couple.

 

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SENTIMENTS AU MASCULIN : « Homo Erectus » de Tonino Benacquista

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« Homo Erectus » de Tonino Benacquista paru aux éditions Gallimard entraîne le lecteur au sein d’une confrérie exclusivement masculine où les hommes peuvent prendre la parole et raconter leurs mésaventures sentimentales devant un public compatissant. Parmi les membres de cette société secrète qui se réunit régulièrement en plein coeur de Paris, l’auteur met en évidence le parcours assez insolite de trois hommes :

– Yves Lehaleur qui a rompu avec son épouse parce que celle-ci l’a trompé. Il décide  de se consoler avec un réseau de prostituées qui lui évite les affres d’une relation amoureuse. C’est du moins ce qu’il croit.

– Philippe Saint-Jean, un bourgeois philosophe, qui se lance dans une aventure avec une star dont la vie très médiatisée est aux antipodes de celle à laquelle il aspire

– Denis Benitez, un serveur qui n’arrive plus à attirer le regard des femmes sur lui. Un jour, on sonne à sa porte et une femme débarque chez lui sans crier gare…

Le récit de ces trois protagonistes se tisse peu à peu au fil des chapitres et je dois dire que l’on se prend au jeu de leurs parcours excentriques et empreints d’ humour. Il est peu probable que les hommes puissent s’identifier totalement à l’une de ces trois histoires, mais ils  retrouveront sûrement ça et là  des réflexions et des sentiments connus, des pensées qu’ils n’ont jamais osé dire et que Tonino Benacquista leur sert sur un plateau avec sa plume talentueuse. De la même manière, les femmes devraient pouvoir s’inspirer de ces expériences masculines. En tous les cas, la quatrième de couverture laisse sous-entendre que tel est le souhait de son auteur  :   « C’est à cette société que ce roman de Benacquista inscrit ses lecteurs, et surtout ses lectrices »….

 

PLAQUEE ET QUARANTENAIRE : « Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel » de Marianne Rubinstein

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« Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel » de Marianne Rubinstein paru chez Albin Michel se présente sous la forme d’un journal intime sur une période d’une année durant laquelle une quarantenaire nous livre son désarroi, mais aussi peu à peu sa renaissance existentielle alors qu’elle vient de se faire plaquer par son mari pour une autre femme, qu’elle est contrainte de se priver de la présence de son petit garçon une semaine sur deux et qu’elle franchit le cap difficile de la quarantaine  rongée par la rancœur de l’amour et de l’orgueil blessés.

Après plusieurs semaines d’ébranlement intense s’ouvrent devant elle de nouvelles perspectives de ressourcement où elle retrouve notamment les joies de l’amitié, où elle fait de nouvelles rencontres amoureuses et surtout, où elle se laisse consoler par le plaisir de la littérature et de l’écriture comme thérapie de secours.

P64-65 « La lecture et l’écriture sont-elles autre chose qu’un dérivatif pour celle qui n’a rien d’autre dans sa vie ?…. « L’écriture n’est pas un hobby (Anne Frank), elle polit la souffrance et empêche de sombrer (Virginia Woolf), mais ce n’est pas mon métier »

P77 « Trouverai-je un jour le moyen de concilier mon métier (l’économie) et ce qui n’est pas un hobby, qui m’empêche de sombrer et que je désire par-dessus tout (la littérature) ? Saurai-je tricoter, en mailles larges et souples, un ouvrage où tout se tient, une tulipe noire où les fils se mélangent avec harmonie pour en restituer la beauté ténébreuse ? »

P182 « J’écris donc. Forme intransitive qui cache mal mon doute. Ecrire, mais quoi ? La vie, telle que j’en perçois la texture et la vibration à l’âge que j’ai, dans le pays où je vis, le milieu social et l’époque où j’évolue ? Récit de bourgeoise pour les bourgeoises, entends-je murmurer à mon oreille. Peut-être, je réponds, mais le général n’éclôt-il pas à la cime du particulier (Proust) ? »

La narratrice développe avec finesse les divers aspects de cette tranche d’âge parfois difficile à traverser qu’est la quarantaine. Elle s’inspire de divers auteurs comme Virginia Woolf, Roland Barthes et autres. Elle cherche aussi parfois à relativiser son malheur de femme mûre et bafouée en se rappelant  les horreurs vécues par certains membres de sa famille dans les camps de concentration. Elle questionne ses amies en leur posant la question « Et pour toi, c’est quoi la quarantaine ? » et finit elle-même par se demander de façon très pertinente :

P146 « La quarantaine ou l’âge du renoncement ? Et si, une fois atteint l’autre côté du miroir, c’était un âge plus heureux à vivre que celui des possibles, au moins parce que l’espace des choix s’est réduit et qu’il ne reste donc qu’à profiter de la vie ? »

Un roman à conseiller à toutes les femmes de 40 ans et plus qui pensent qu’elles ne sont plus désirables et que la vie ne leur offrira plus de belles opportunités, surtout en amour. En lisant ce bouquin, ces femmes désespérées ou fatalistes pourraient changer d’avis…