Archives de Catégorie: Thème de la DECEPTION SENTIMENTALE

Amour déçu, un thème souvent abordé en littérature

PERDRE SA MOITIE, et puis ? « L’Exception » de Audur Ava Olafsdottir

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« L’Exception » de Audur Ava Olafsdottir

Tout semble se dérouler à la perfection au sein du couple formé par Maria, Floki et leurs adorables jumeaux. Pourtant en ce soir de réveillon, Floki  annonce de façon inattendue à son épouse qu’il a décidé de la quitter pour un collègue et ami avec lequel il fait des recherches sur la théorie du chaos. Le chaos, c’est précisément ce que Maria va endurer après ce départ pour le moins surprenant et déstabilisant; non seulement elle découvre les penchants homosexuels de son mari, mais sa vie à elle est littéralement amputée de sa moitié.

Le choc de la séparation, le bouleversement du quotidien qui s’ensuit, et peu à peu la reconstruction de l’épouse sont disséqués à travers les détails parfois cocasses que nous livre la talentueuse plume de cette auteure islandaise, Audur Ava Olafsdottir.

Le lecteur apprend à connaître les familiers du couple, notamment la voisine naine qui semble-t-il, serait écrivain et une psychologue pour le couple, ou encore le père géniteur qui apparaît subrepticement dans la vie de Maria.

D’une facture à la fois minimaliste tout en n’omettant pas le détail qui s’inscrit au coeur même du vécu, ce roman original constitue une lecture agréable, sereine et revigorante pour tous ceux qui affrontent une brusque séparation ou un deuil.

Les gens refusent de regarder en face ce monde truffé d’éclats de verre et d’admettre qu’une souffrance profonde aiguise la perception et donne de la valeur à l’existence

Décrit sur le quatrième de couverture comme « le grand roman de la déconstruction et de la reconstruction narcissique à la portée du commun des mortels », ce récit a aussi le mérite de nous faire voyager au sein des paysages d’un pays nordique peu connu, l’Islande.

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COUPLE AU DESESPOIR « Le jeu des ombres » de Louise Erdrich

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« Le jeu des ombres » de Louise Erdrich

Le roman, paru aux éditions Albin Michel en 2012, est désormais disponible en format poche. Il fait partie de la sélection des romans du mois d’août pour le prix des lecteurs du Livre de Poche et a remporté la majorité des votes du jury littérature sur deux autres romans.

Bien que les deux autres romans« Remonter la Marne » de Jean-Paul Kauffmann et « Nouilles froides à Pyon Yang » de Jean-Luc Coatelem disposaient de nombreux atouts pour remporter la victoire, j’ai toutefois attribué mon avant-dernier vote pour « Le jeu des ombres ».

Rarement un roman n’a décrit avec autant de finesse tous les détours, non-dits et ambivalences qui gangrènent la cohésion d’un couple, voire d’une famille.

L’auteur a réussi le pari de décrire les diverses façons dont une même réalité peut être perçue par plusieurs protagonistes et notamment par les deux êtres qui forment ce couple d’artistes amérindiens en pleine crise d’identité sociale et culturelle.

Bien que l’amour qui réunit ce couple et leurs trois enfants soit souvent nié ou mal compris, le fait est qu’il existe, même si cette façon d’exister est quasi suicidaire.

Un roman qui fait du bien ?

Bon, il faut bien avouer que l’histoire n’est pas réjouissante, mais son écriture très subtile  force la réflexion sur le couple et sur la manière souvent différente dont chacun peut appréhender une même réalité. Thriller psychologique parfois glaçant, roman sans doute éclairant, ce récit devient bienfaisant lorsque sa lecture encourage la tolérance et une certaine forme d’empathie. A noter aussi que le récit accorde une grande place au rôle que peut prendre l’art et l’écriture dans la vie.

Vous trouverez en cliquant sur PDL 2014 COMMENTAIRES AOUT LITTERATURE les commentaires choisis par Le Livre de Poche pour la diffusion auprès de leurs équipes commerciales. Mon article apparaît en seconde page (Nathalie, Bonnert).

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Pour moi s’achève désormais mon aventure de Jurée « Littérature » pour le Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2014.Une aventure qui m’a permis de découvrir de très belles oeuvres, des auteurs talentueux et bien entendu aussi des récits au potentiel bienfaisant…

Il me reste maintenant à voter pour le roman qui selon moi devrait remporter la victoire parmi tous les lauréats des mois écoulés….

 

FRUSTRATIONS ET EMOTIONS CACHEES « L’intensité secrète de la vie quotidienne » de William Nicholson

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« L’intensité secrète de la vie quotidienne » de William Nicholson

Ce roman figure parmi la sélection du Prix des Lecteurs 2014. J’ai voté pour lui au mois de juin parce que j’ai été séduite par la façon dont l’auteur a décrit avec talent les petites rancoeurs, les frustrations quotidiennes, les émotions amoureuses qui constituent le lot de tout un chacun, mais que nous gardons en général soigneusement dissimulées dans notre jardin secret. Et pourtant, ce sont justement ces ressentis multiples qui jalonnent notre quotidien et influencent notre comportement en société ou dans la sphère privée.

Le roman choral de William Nicholson pénètre ainsi dans la vie intime d’une douzaine de personnages de la classe moyenne qui se croisent au coeur de la campagne anglaise et dont les soucis et les remises en question sur le plan amoureux, professionnel, religieux voire amical sont subtilement mis en évidence et décortiqués par la plume bienveillante de l’auteur.

W. Nicholson explique « Ce que je veux démontrer dans mes livres, c’est que comprendre les autres véritablement et avec compassion nous libère de nos peurs et de nos haines, et nous mène à l’amour. Or il n’y a que la possibilité d’aimer et finalement, le fait d’aimer qui font que la vie vaut la peine d’être vécue ».

Il remarque aussi « J’admire le regard que George Eliot et Proust portent sur leurs personnages, la profondeur avec laquelle ils les perçoivent sur le plan psychologique »

Dans la postface écrite par Anne Hervouët, on lit : « L’Intensité secrète de la vie quotidienne a beau se dérouler dans la campagne du Sussex, au-dessus de laquelle plane l’ombre de Viriginia Woolf, ce roman est universel. Chacun des personnages trouve son alter ego en France ou ailleurs, à Paris comme dans n’importe quelle autre ville. La fragilité du couple, thème central du livre, est d’actualité. Le mal-être des personnages est tout aussi contemporain et largement répandu. La colère, les frustrations, la désespérance, la pornographie, la pollution par l’image, le culte du moi, la solitude et bien d’autres thèmes sont transposables ailleurs ».

 

A QUI S’ADRESSE CE ROMAN DU POINT DE VUE DE LA  BIBLIOTHERAPIE ?photo

A celle ou celui qui se sent mal dans sa peau, que ce soit dans sa vie amoureuse, professionnelle ou sociale, qui se pose des questions sur ses croyances ou  qui souffre d’une certaine solitude. Ce lecteur aura le plaisir de constater que des mots savamment dosés donnent corps à son ressenti et qu’il n’est pas seul à éprouver de telles émotions…

 

 

Vous trouverez ici les commentaires de plusieurs jurés au sujet de ce roman (le mien est le premier dans la liste).

Au petit bonheur des femmes « Le bruit des silences » de Valérie Gans

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« Le bruit des silences » de Valérie Gans.

Ce roman, paru chez JC Lattès pour ensuite être publié par Le Livre de Poche, a fait partie de la sélection du mois de mai pour le Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2014.

Toutefois, c’est celui qui a remporté le moins de votes parmi les quatre ouvrages présentés.

Il est vrai qu’en comparaison des trois autres romans palpitants que sont , , celui-ci semble quelque peu léger et ne laisse pas vraiment derrière lui une marque impérissable…

Pourquoi alors le citer sur ce blog ? Parce que l’auteur, Valérie Gans, nous parle d’histoires de femmes, des femmes souvent déçues par leur compagnon et par la romance qu’elles avaient imaginée autour de leur relation de couple. Lorraine, la protagoniste principale est une quadragénaire divorcée qui élève seule tant bien que mal ses deux enfants adolescents à Paris. Une rencontre avec un ami d’enfance vient bouleverser sa vie, mais elle ignore que l’épouse de ce dernier souffre de l’effondrement de son couple . La souffrance fait aussi partie de la vie de la soeur de Lorraine dont le compagnon excelle dans le harcèlement mental. Bientôt ressortent aussi des secrets de famille longtemps enfouis par la mère, mais également par la grand-mère muette de Lorraine.

Ces divers parcours féminins se rencontrent dans ce récit facile à lire et qui peut s’avérer agréablement thérapeutique pour celles qui viennent de subir un échec amoureux. En effet, cela fait toujours du bien d’entendre parler d’expériences similaires sinon pires que celles que nous vivons.

« Sur le marché », c’était ainsi qu’elles se considéraient, elle et ses amies, éternelles célibataires ou fraîchement divorcées, ce qui revenait au même : qu’elles appellent cela solitude ou liberté, ces filles-là dormaient seules, choisissaient seules la couleur de leur canapé et des capsules de café, quand ce n’était pas le nom de leur chat pour les cas les plus durables ou les plus désespérés.
 
« Sur le marché », ces femmes, pour trouver un homme, « le bon », comme elles disaient, s’offraient inconsciemment à la concupiscence de tous les autres.« 

A noter que les hommes ne sont pas du tout mis à l’honneur dans ce roman. A l’exception des « fils »- qui font plutôt office de braves garçons -, les pères, maris, amants n’ont pas grand-chose pour eux…

Vous pouvez également visionner l’interview de l’auteur Valérie Gans qui nous parle de son roman.

 

J’en profite pour attirer votre attention sur l’ajout récemment effectué sur la page d’accueil de ce blog. Tout blogueur a maintenant l’opportunité de faire un peu de publicité pour son site ou son blog, voire même pour ses vidéos, en y insérant un lien vers un article sur la chronique d’un roman bienfaisant, voire sur vers un article répondant aux trois questions soulevées. A vous de jouer ! Envoyez moi votre lien !

 

Encyclopédie de comportements amoureux : « Les perroquets de la place d’Arezzo » de Eric-Emmanuel Schmitt

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« Les perroquets de la place d’Arezzo » de Eric-Emmanuel Schmitt

Entrer dans ce roman, c’est pénétrer au coeur d’une sorte d’encyclopédie qui reprend chapitre après chapitre une variété de comportements amoureux.

Le récit tourne autour des habitants d’une place huppée de Bruxelles qui reçoivent tour à tour un message énigmatique, sorte de mot d’amour sans signature. Les réactions divergent les unes par rapport aux autres, car en matière de sentiments face à un mot d’amour anonyme, les attitudes sont aussi nombreuses que les personnages du roman. Comme le décrète le nain Germain, « Il y a autant de bonheurs que d’êtres humains, je crois »p729. Voilà aussi pourquoi Isis, la petite fille un peu naïve, renonce à poursuivre l’écriture de son roman d’amour, car l’amour se conjugue de mille façons et il n’est guère aisé, voire impossible d’en faire une encyclopédie exhaustive.

Quoi qu’il en soit, E-E Schmitt nous donne un petit aperçu des divers tableaux possibles en matière de couple et d’amour : famille, couple homo, couple apparemment normal mais marqué par l’adultère, couple dont l’un méprise l’autre, couple non assorti mais qui s’aime, couple à trois, … Plus qu’une panoplie des déviances en matière sexuelle, il s’agit d’une panoplie des déviances en matière amoureuse. Et que dire de la soi-disant « normalité »? Existe-t-elle en fin de compte ?

Le lecteur passe un agréable moment dans cette histoire multiple, bien qu’au début, je lui conseille de prendre quelques notes pour se remémorer facilement tous les personnages qui apparaissent au fil du récit.

S’agit-il d’un livre qui fait du bien ? Il permet de voir que l’amour s’exprime de diverses manières. Bien que nous ayons tous notre opinion ou notre jugement à ce sujet, aucune expression amoureuse n’est une norme par définition. Dès lors, ce roman encourage à relativiser nos points de vue et à ne pas déprécier des manières différentes de s’aimer et de vivre en couple.

 

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En guise d’échange, je vous demande seulement de mentionner dans cet article/cette vidéo le lien vers http://www.lirepourguerir.com.

 

 

 

 

 

SENTIMENTS AU MASCULIN : « Homo Erectus » de Tonino Benacquista

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« Homo Erectus » de Tonino Benacquista paru aux éditions Gallimard entraîne le lecteur au sein d’une confrérie exclusivement masculine où les hommes peuvent prendre la parole et raconter leurs mésaventures sentimentales devant un public compatissant. Parmi les membres de cette société secrète qui se réunit régulièrement en plein coeur de Paris, l’auteur met en évidence le parcours assez insolite de trois hommes :

– Yves Lehaleur qui a rompu avec son épouse parce que celle-ci l’a trompé. Il décide  de se consoler avec un réseau de prostituées qui lui évite les affres d’une relation amoureuse. C’est du moins ce qu’il croit.

– Philippe Saint-Jean, un bourgeois philosophe, qui se lance dans une aventure avec une star dont la vie très médiatisée est aux antipodes de celle à laquelle il aspire

– Denis Benitez, un serveur qui n’arrive plus à attirer le regard des femmes sur lui. Un jour, on sonne à sa porte et une femme débarque chez lui sans crier gare…

Le récit de ces trois protagonistes se tisse peu à peu au fil des chapitres et je dois dire que l’on se prend au jeu de leurs parcours excentriques et empreints d’ humour. Il est peu probable que les hommes puissent s’identifier totalement à l’une de ces trois histoires, mais ils  retrouveront sûrement ça et là  des réflexions et des sentiments connus, des pensées qu’ils n’ont jamais osé dire et que Tonino Benacquista leur sert sur un plateau avec sa plume talentueuse. De la même manière, les femmes devraient pouvoir s’inspirer de ces expériences masculines. En tous les cas, la quatrième de couverture laisse sous-entendre que tel est le souhait de son auteur  :   « C’est à cette société que ce roman de Benacquista inscrit ses lecteurs, et surtout ses lectrices »….

 

PLAQUEE ET QUARANTENAIRE : « Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel » de Marianne Rubinstein

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« Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel » de Marianne Rubinstein paru chez Albin Michel se présente sous la forme d’un journal intime sur une période d’une année durant laquelle une quarantenaire nous livre son désarroi, mais aussi peu à peu sa renaissance existentielle alors qu’elle vient de se faire plaquer par son mari pour une autre femme, qu’elle est contrainte de se priver de la présence de son petit garçon une semaine sur deux et qu’elle franchit le cap difficile de la quarantaine  rongée par la rancœur de l’amour et de l’orgueil blessés.

Après plusieurs semaines d’ébranlement intense s’ouvrent devant elle de nouvelles perspectives de ressourcement où elle retrouve notamment les joies de l’amitié, où elle fait de nouvelles rencontres amoureuses et surtout, où elle se laisse consoler par le plaisir de la littérature et de l’écriture comme thérapie de secours.

P64-65 « La lecture et l’écriture sont-elles autre chose qu’un dérivatif pour celle qui n’a rien d’autre dans sa vie ?…. « L’écriture n’est pas un hobby (Anne Frank), elle polit la souffrance et empêche de sombrer (Virginia Woolf), mais ce n’est pas mon métier »

P77 « Trouverai-je un jour le moyen de concilier mon métier (l’économie) et ce qui n’est pas un hobby, qui m’empêche de sombrer et que je désire par-dessus tout (la littérature) ? Saurai-je tricoter, en mailles larges et souples, un ouvrage où tout se tient, une tulipe noire où les fils se mélangent avec harmonie pour en restituer la beauté ténébreuse ? »

P182 « J’écris donc. Forme intransitive qui cache mal mon doute. Ecrire, mais quoi ? La vie, telle que j’en perçois la texture et la vibration à l’âge que j’ai, dans le pays où je vis, le milieu social et l’époque où j’évolue ? Récit de bourgeoise pour les bourgeoises, entends-je murmurer à mon oreille. Peut-être, je réponds, mais le général n’éclôt-il pas à la cime du particulier (Proust) ? »

La narratrice développe avec finesse les divers aspects de cette tranche d’âge parfois difficile à traverser qu’est la quarantaine. Elle s’inspire de divers auteurs comme Virginia Woolf, Roland Barthes et autres. Elle cherche aussi parfois à relativiser son malheur de femme mûre et bafouée en se rappelant  les horreurs vécues par certains membres de sa famille dans les camps de concentration. Elle questionne ses amies en leur posant la question « Et pour toi, c’est quoi la quarantaine ? » et finit elle-même par se demander de façon très pertinente :

P146 « La quarantaine ou l’âge du renoncement ? Et si, une fois atteint l’autre côté du miroir, c’était un âge plus heureux à vivre que celui des possibles, au moins parce que l’espace des choix s’est réduit et qu’il ne reste donc qu’à profiter de la vie ? »

Un roman à conseiller à toutes les femmes de 40 ans et plus qui pensent qu’elles ne sont plus désirables et que la vie ne leur offrira plus de belles opportunités, surtout en amour. En lisant ce bouquin, ces femmes désespérées ou fatalistes pourraient changer d’avis…

TRAHISON AMOUREUSE : « La liste de mes envies » de Grégoire Delacourt

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« La liste de mes envies » de Grégoire Delacourt

paru aux éditions JC Lattès est une bouffée de fraîcheur littéraire que je recommande vivement à toute personne qui se plaint de vivre une vie ardue et banale dans une relation de couple insatisfaisante, ainsi qu’à toute personne désireuse de gagner au loto…

Bien écrite,  agréable à lire,  l’histoire nous relate les tourments de la vie d’une femme qui s’apprécie moyennement et qui après avoir gagné au loto se demande s’il ne vaut pas mieux se satisfaire de ce que l’on a plutôt que de risquer de tout perdre dans une folie des grandeurs démesurée.  Et le « tout perdre » se réfère surtout à son mariage avec Jo, un homme avec ses qualités et ses défauts.

Le livre aborde les thèmes de l’amour au sein du couple, de la trahison amoureuse – la pire de toutes les trahisons – et du rapport à l’argent.

P169 « Je sais maintenant Jo que l’amour supporte mieux la mort que la trahison » – phrase que l’auteur cite en s’inspirant de celle d’André Maurois « L’amour supporte mieux l’absence ou la mort que le doute ou la trahison ».

Le récit  et son titre posent la question des priorités dans une vie. La narratrice établit une liste de ses besoins avant d’écrire celle de ses envies et finalement la liste de ses folies. Elle optera pour un choix de vie courageux avant d’être finalement poussée à suivre une autre voie…

Je ne résiste pas à l’envie de vous citer l’un des paragraphes qui m’a particulièrement marquée dans le cadre des citations se référant à la bibliothérapie:

P35 « Il n’y a que dans les livres que l’on peut changer de vie. Que l’on peut tout effacer d’un mot. Faire disparaître le poids des choses. Gommer les vilenies et au bout d’une phrase, se retrouver soudain au bout du monde. »

SENTIMENT AMOUREUX : « La voie Marion » de Jean-Philippe Mégnin

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« La voie Marion » de Jean-Philippe Mégnin publié aux éditions Le Dilettante raconte de façon intimiste et touchante l’éclosion puis le lent délitement du sentiment amoureux au sein d’un couple. Elle est libraire, lui est guide alpiniste. Ils vont s’aimer, se marier et vivre dans le cadre magnifique des montagnes qui deviennent un prétexte à la métaphore de la tragédie sentimentale dans laquelle ils vont peu à peu s’enfoncer. « Cette érosion silencieuse nous avait conduits sans heurt de la vraie vie de couple à une communauté de vie sans émotion, sans affects, sans coups de coeur. »

Vous pouvez également lire à propos de ce roman mon article paru dans La Voix du Luxembourg le 9 septembre 2010 « L’orographie amoureuse »

 

 

Déception sentimentale « Le Montespan » de Jean Teulé

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« Le Montespan » de Jean Teulé publié chez Julliard, mais également en format poche.

Jean Teulé raconte avec une prose truculente les mésaventures d’un célèbre cocu, le Marquis de Montespan, dont l’épouse est devenue la favorite du grand monarque de l’époque, Louis XIV. Alors qu’on lui conseille vivement de profiter financièrement de la « chance » accordée à sa femme, le marquis refuse tout avantage pécuniaire et multiple les provocations pour montrer son désaccord avec cette situation. Il fera notamment peindre son carrosse en noir et y placera d’énormes ramures de cerf en guise de cornes de cocu. Considéré par d’aucuns comme le premier révolutionnaire contre la monarchie de droit divin, le Marquis de Montespan est un personnage à la fois drôle, sincère et terriblement malheureux. Dans la description qu’en fait Jean Teulé, il incarne une victime de l’amour, qui plus est, d’un amour passionné et aveugle à une époque où le mariage par amour était rare et peu rentable.

Un roman à lire par tous les déçus d’amour, par tous ceux qui se sentent trompés dans leur vie amoureuse. Sachez qu’il y a eu pire … Lisez Le Montespan de Jean Teulé et vivez les affres de celui dont le cocuage était plutôt raillé, voire envié que déploré…