« Quiconque oublie le temps cesse de vieillir. … »

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L’oubli triomphe du temps, ennemi de la mémoire.

Car le temps, en définitive, ne guérit toutes les blessures qu’en s’alliant à l’oubli.

« Le goût des pépins de pomme »

Katharina Hagena

Version originale allemande « Der Geschmack von Apfelkernen » (2008-2009)

Traduction française par Bernard Kreiss

aux éditions Anne Carrière (2010), Audiolib (2010), Le Livre de Poche (2011)

***

Trois générations de femmes ressurgissent dans la mémoire de la narratrice après le décès de Bertha, sa grand-mère. Unique petite-fille en vie, Iris hérite de la maison familiale. Après l’enterrement, les trois filles – sa mère et ses deux tantes – lui laisseront la clef de la maison. A elle maintenant de décider si elle gardera la maison ou si elle la mettra en vente.

Durant ces quelques jours de réflexion, Iris parcourt les endroits de la maison et du jardin et redécouvre les saveurs de sa jeunesse. La jeune femme se remémore les récits et tragédies vécus par les générations précédentes, les histoires qu’on lui a racontées, mais aussi les événements et les drames qu’elle a elle-même vécus et interprétés. Elle pense à sa grand-mère qui, durant ses dernières années, avait totalement perdu le fil de sa mémoire…

Iris se raconte son histoire familiale et peut-être la réinvente-t-elle pour se rassurer et trouver une stabilité dans le flot des souvenirs :

« Les histoires que l’on me racontait étaient-elles plus vraies que celles que je fabriquais moi-même à partir de souvenirs épars, de suppositions et de choses apprises en écoutant aux portes ? Les histoires inventées devenaient parfois vraies au fur et à mesure, et nombre d’histoires inventaient la vérité. »

Le thème de la mémoire et de l’oubli est abordé sous divers angles, d’une façon que je trouve originale et lumineuse.

  • La narratrice tente de recréer son histoire familiale avec des bribes de souvenirs. En même temps, elle construit sa propre histoire dans le présent, car elle va devoir faire des choix pour l’avenir. Sa rencontre avec un ami de jeunesse pimente le présent.
  • Le passage incessant du présent au passé conjugué à toutes les époques rend l’histoire très vivante et captive le lecteur
  • Le récit de ces trois générations de femmes se déroule en Allemagne, et il est également imprégné de l’histoire peu glorieuse du pays durant les années de guerre
  • Bertha la grand-mère représente une sorte de « métaphore » des rapports entre l’oubli et la mémoire. Même si elle n’a pas choisi sa maladie, sa perte de mémoire la préserve des sentiments de tristesse, de regret, de remords.

Roman bienfaisant ?

J’ai classé ce roman dans la rubrique qui aborde le thème du deuil.  Souvent, en se rémémorant des souvenirs, nous faisons le deuil des bons moments passés et des personnes qui ne sont plus de ce monde. Il y a comme un constat de perte dans tous les cas. En même temps, nous reconstruisons une sorte de réalité qui nous arrange parmi le flot de nos souvenirs, et ceci afin de museler les remords.

La narratrice dit elle-même que

« A partir d’une certaine quantité de souvenirs, chacun devait finir par en être saturé. L’oubli n’était donc lui-même qu’une forme de souvenir. Si l’on n’oubliait rien, on ne pourrait pas non plus se souvenir de quoi que ce soit. Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l’océan de l’oubli ».

et

« J’en déduisis que l’oubli n’est pas seulement une forme de souvenir, mais que le souvenir est aussi une forme de l’oubli ».

Il s’agit ici du récit de la vie de femmes confrontées à des joies, souffrances et malheurs. Ces femmes, dont Iris se fait l’écho, ont pourtant surmonté, chacune à leur manière, les difficultés de l’existence. Le roman de Katharina Hagena, , tout en transmettant le goût et la saveur du terroir rural, est à la fois empreint de nostalgie et de soleil. Sa lecture ne manque pas de mettre à l’honneur le plaisir et le goût de vivre.

 

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Des récits lumineux à prescrire d’urgence

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Jolie libraire dans la lumière

Editions Desclée de Brouwer (2012)

La forêt plénitude

Editions Mijade (2013)

Frank Andriat

Ces deux romans de Frank Andriat soulignent l’influence que peut exercer la lecture sur l’existence d’une personne.

Dans « Jolie libraire dans la lumière » , une jeune libraire tombe par hasard sur un roman relatant dans le détail un événement qui a profondément et douloureusement marqué sa propre histoire personnelle.

« Il lui avait toujours semblé si étrange que, dans un livre, on pût se retrouver, comme en un  miroir déformant, mais aussi révélateur de ce que, de soi, on préfère ignorer ».

Dans « La forêt plénitude »  , une jeune fille de 18 ans reçoit pour son anniversaire un livre qui la bouleverse et lui donne des ailes pour quitter ses proches et vivre seule durant un laps de temps en harmonie avec la nature afin de retrouver de véritables sensations de « plénitude » .

« Un livre, ça peut être tout ou presque rien. Un coup de vent dans la forêt du songe, un tremblement dans notre vie réelle. Il peut modifier la lumière de notre quotidien, la rendre soudain plus vive ou plus ténue. On continue de respirer comme avant et, pourtant, au coeur de nous, une graine pousse, inattendue ».

La puissance de la littérature sur nos vies constitue le fil conducteur de ces deux narrations rédigées d’une plume vraiment agréable à suivre. Le lecteur se retrouve vite plongé dans l’atmosphère enchanteresse de ces deux récits qui ne manquent pas de suspense.

 

Romans bienfaisants ? 

En mettant en lumière la magie de la lecture, Frank Andriat montre combien il peut être vital de faire de temps en temps une pause pour se retrouver et « se réfléchir ».  Le fait de lire contribue à cette retraite, car cela implique d’arrêter le temps pour retrouver une certaine intériorité et s’ouvrir à celle d’autrui, en l’occurrence celle proposée par l’auteur.

Un tel acte permet ensuite de reprendre le cours de son existence avec un nouvel entrain et une autre façon d’appréhender les choses.

Pour la « Jolie libraire dans la lumière » , un livre fait éclater les peaux mortes d’un tragédie refoulée. Et c’est grâce à un livre que la protagoniste de « La forêt plénitude » souhaite se réfugier dans une retraite qui lui apportera son lot de réponses inattendues.

J’ai eu le plaisir de rencontrer l’auteur belge Frank Andriat. Il a écrit de nombreux romans pour adultes et adolescents. Ses écrits, que je qualifierais de lumineux, décortiquent les sentiments humains et permettent au lecteur de s’y retrouver comme dans un miroir. Les options proposées apportent réconfort et bien-être à l’âme.

Le roman qu’il a récemment publié, « Le bonheur est une valise légère » , fera certainement l’objet d’une prochaine chronique sur ce blog.

 

Meilleurs voeux à vous qui aimez LIRE !

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Cette année 2018 s’annonce belle et riche en lectures bienfaisantes.

Rendez-vous sur ce blog afin de partager de nouvelles expériences littéraires

qui donnent du baume au coeur,

éloignent les soucis du quotidien,

 favorisent la compréhension de soi et des autres

et finalement, contribuent au bien-être que tous nous recherchons…

 

A TRES BIENTÔT, CHERS LECTEURS !!!!!

 

JOYEUX NOËL !!!

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« Le cadeau qui fait vraiment plaisir

C’est celui qui continue de réjouir

Même après que l’emballage se déchire

Même après que se dévoile l’objet de désir

Même après que la curiosité finisse par tarir.

Ce cadeau de plaisir,

c’est le livre à lire,

l’histoire à accueillir,

Pour soi-même enfin se découvrir

Et pouvoir aux autres s’ouvrir »

JOYEUX NOËL !!!

 Nathalie Cailteux (Lire pour guérir)

 

Sous le sapin : des romans ADOS bienfaisants

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Interview exclusive du Père Noël !

Lors d’une interview exclusive, le Père Noël m’a avoué : « Je suis un grand lecteur. Grâce aux livres, je m’évade, je me cultive, j’ouvre mes pensées à autrui, je découvre d’autres perspectives, d’autres façons de voir et de sentir les choses, je me rassure aussi lorsque le livre mets des mots sur des sentiments que j’ai du mal à percer…« .

Après un temps de réflexion, il sourit et dit  « Invitons nos jeunes à découvrir ou à redécouvrir ce plaisir afin qu’ils puissent, eux aussi, profiter des bienfaits de la lecture !« 

De fait, sa hotte magique regorge de petits paquets rectangulaires…

Parmi les livres qu’il conseille tout particulièrement à la jeunesse de 13 ans et plus, j’en retiens quelques-uns, notamment trois ouvrages faisant partie d’une sélection d’oeuvres pour un prix littéraire décerné par un jury d’adolescents : le Prix Farniente.

Ma fille qui participe depuis deux ans à ce jury, a validé le choix du Père Noël.

 

« Quelqu’un qu’on aime » de Séverine Vidal

Matt, jeune père d’une fillette de 18 mois, et son grand-père touché par la maladie d’Alzheimer partent tous les trois en voyage sur les routes à bord d’un grand van. lls acceptent d’emmener avec eux un adolescent en fugue, ainsi qu’une jeune femme qui a décidé de tout plaquer. Le road movie est prétexte pour décortiquer les relations qui se nouent entre les personnages. Un livre drôle, émouvant et plein d’espoir !

Editions Sarbacane (2015) – 288 page

 

« Les petits orages » de Marie Chartres

Rencontre entre un jeune garçon, paralysé à la jambe suite à un accident dont il se sent responsable, et un Indien de la réserve de Pine Ridge. Leur amitié se joue sur l’acceptation de leur fragilité et différence respectives. Cette belle histoire évoque le thème de la culpabilité et la façon d’y remédier en continuant à vivre !

Editions L’Ecole des Loisirs  (2016) – 278 pages 

 

 

« Très vite ou jamais » de Rita Falk

Un accident de moto plonge un adolescent dans le coma. Son meilleur ami Jan lui écrit des lettres dans lesquels il lui décrit les événements de la vie qui s’écoulent durant son absence, dans l’espoir que celui-ci puisse retrouver le fil de son histoire une fois réveillé. Mais plus le temps passe, plus le désespoir gagne les proches de l’adolescent. Ce livre aborde les thèmes de l’amitié, de la loyauté, du deuil.

Editions Magnard (2016) – 224 pages 

 

Danser au bord de l’abîme

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« Danser au bord de l’abîme »

de Grégoire Delacourt

Editions Jean-Claude Lattès (2017) et version Audiolib

 

Grégoire Delacourt a le don de mettre avec justesse des mots sur des ressentis féminins. Après le roman « La liste de mes envies« , paru en 2012, la preuve en est encore cet ouvrage publié le 2 janvier 2017.

Dans « Danser au bord de l’abîme« , l’auteur se glisse dans la peau d’une femme de quarante ans, mariée, trois enfants qui croise un jour les yeux d’un homme dans une brasserie. Le désir la fait vibrer, la fait danser, mais le risque de tout perdre est grand. Prendra-t-elle ce risque ?

Roman bienfaisant ? 

Je reprends ici les paroles de Grégoire Delacourt lors d’une interview par Dana Philp qui est reprise sur son site internet 

 « Outre le fait de nous divertir, de nous faire réfléchir, frissonner, rêver, [la littérature] a pour but l’analyse des conséquences. Elle est ce recul, ce point de vue différent sur les choses de la vie ».

Dans le récit, l’auteur met la narration en parallèle avec le conte de la chèvre de Monsieur Seguin qui a préféré, au péril de sa vie, ressentir les frissons de la liberté et de l’indépendance plutôt que de passer sa vie dans la maison sécurisante de son maître.

Il ne faut toutefois pas considérer cette histoire comme moralisatrice. Le lecteur est bien conscient que quelles que soient les conséquences, la protagoniste n’aurait pas pu choisir une autre voie. Et c’est précisément en raison de cette impossibilité de choix « raisonnable » que le côté bienfaisant de ce roman prend toute sa dimension.  L’histoire permet en quelque sorte de se libérer d’un sentiment de culpabilité, voire de le ressentir à distance à travers les expériences de la protagoniste pour ensuite le surmonter.

Les uns diront : « Le présent est la seule certitude, la seule île possible dans le vide. C’est là que nous devons vivre. »

Les autres ajouteront : « Faut-il vivre les choses alors qu’il est aussi beau de les rêver ? »

La protagoniste, elle, nous confiera : « Ma mère s’était sacrifiée, elle avait préféré la prudence de la paix à la fureur des chagrins d’amour. Elle avait plongé dans les livres plutôt que dans les bras des hommes.« 

Mais était-ce réellement un sacrifice ???

 

Quand la pâtisserie donne sens à la vie…

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« Les délices de Tokyo » de Durian Sukegawa

Editions Albin Michel (2016) – traduction par Myriam Dartois-Ako

Livre de Poche (2017) – Lauréat du Prix des Lecteurs 2017

Roman adapté au cinéma par Naomi Kawase

 

Au Japon, Sentaro confectionne et vend des dorayakis, une pâtisserie japonaise à base de haricots rouges. Il a accepté ce travail pour rembourser une dette, mais ne prend aucun plaisir à son travail. Un jour, une vieille dame lui propose son aide. Malgré lui, il reconnaît qu’elle a le mérite de réaliser une excellente pâte à dorayakis qui attire de plus en plus de clients, parmi lesquels beaucoup de jeunes étudiantes. La vieille dame tissera des liens d’amitié avec l’une d’entre elles.

Sa façon lente et conscencieuse de préparer la pâte contraint Sentaro à apprendre la patience, l’écoute de l’autre et la puissance des choses simples. Pourtant, la vieille dame cache un lourd secret qui l’obligera à mettre un terme à leur collaboration.

Ce lourd secret, je ne vais pas vous le livrer ici, mais sachez qu’il souligne la peur de la différence et l’intolérance du monde vis-à-vis de cette différence.

Roman bienfaisant ?

Ce récit tout en poésie rappelle le plaisir des petites choses comme la confection d’une pâtisserie ou l’observation de la beauté des feuilles d’un arbre. L’histoire respire cette pleine conscience du temps présent et encourage le lecteur à en profiter également. Cette attitude débordant de générosité a aidé la vieille dame à affronter les pires difficultés que réserve parfois l’existence, notamment face à un deuil ou une séparation, ou encore lorsque le monde se détourne de vous parce que vous portez la marque d’une différence.

Je vous recommande la lecture de ce roman qui a le mérite d' »apaiser » tout en évoquant parfums et saveurs culinaires.

Thème de la différence physique : ce récit soulève des réflexions sur la différence et les conséquences désastreuses qu’elle entraîne dans la vie des personnes concernées.

Thème de la vieillesse : les personnes âgées et malades sont ici des guides spirituels qui communiquent leur sagesse aux plus jeunes.

 

Voici un aperçu du film basé sur ce roman de Durian Sukegawa :

 

 

 

Culpabilité : effet cathartique bienfaisant du thriller

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« Le Zoo » de Gin Phillips

traduit par Dominique Haas, Editions Robert Laffont 2017

Prix Transfuge pour le meilleur polar étranger

Ce thriller palpitant retrace les angoisses et péripéties d’une mère retenue prisonnière avec son fils de quatre ans dans l’espace fermé d’un zoo qui est tombé aux mains de jeunes tueurs. Le récit relate non seulement le point de vue de la mère, mais également celui d’autres protagonistes, parmi lesquels l’un des délinquants.

Pour sauver son fils, la jeune femme est prête à tout; elle se transforme en véritable lionne et fait des choix pour lesquels elle n’aurait sans doute jamais opté dans d’autres circonstances. Ses pensées coupables sont évoquées dans le feu de l’action. Mais qu’importe ! Seule la survie de son fils compte.

« Elle pourrait en parler aux autres. Cette idée n’arrête pas de lui tourner dans la tête. Elle pourrait évoquer le bébé, elle pourrait même aller le chercher, le ramener ici, s’absoudre de ses péchés, et elle se dit qu’elle ne le fait pas parce que si on lui tirait dessus, alors que deviendrait Lincoln ? Et si la pièce n’est pas vraiment insonorisée, et si les cris du bébé attirent l’attention des tueurs, provoquant leur mort à tous ? Mais en réalité, aucune de ces raisons n’est celle pour laquelle elle se tait.« 

D’autres personnes piégées se sentent coupables d’avoir agi d’une façon plutôt que d’une autre, d’avoir  eu certaines pensées :

« Comment pourrait-elle savoir si elle le fait pour elle-même ou pour sa soeur ? Parce que dans un cas, ça fait d’elle quelqu’un de bien, et dans l’autre elle n’est qu’une égoïste. Et si elle est égoïste, alors elle a probablement tué ce garçon et sa mère.« 

Par contre, les véritables coupables, les tueurs, ne semblent pas ressentir de remords. Celui dont le narrateur suit les pensées, considère qu’il agit comme il faut et se montre assez insouciant :

« Même si les gens ont raison, même s’il est vraiment paresseux, malpoli ou égoïste, eh bien, c’est comme ça, pas vrai ? C’est génétique. Ce n’est pas un choix. Mais ça, tout le monde s’en fout. Il fait des efforts, mais ça compte pour du beurre, hein ? »

Romain bienfaisant ?

Il s’agit d’un bon thriller qui touchera tout particulièrement le coeur des mères.

Que ne ferait-on pour sauver son enfant de la mort ? 

Mais en quoi ce thriller peut-il être bienfaisant ?

J’en reviens à mon article du 15 août 2016. et à la citation de Jacques Dubois dans son ouvrage « Le roman policier ou la modernité » (1992) où il dit que « la faute de l’autre est aussi en nous, et nous serions capables de la commettre… Tel est bien, […], l’effet cathartique de toute lecture policière : à jouir de la reconnaissance du coupable, nous nous délivrons du sentiment de faute qui nous habite« .

Ici le sentiment de culpabilité ou de faute habite aussi tous les personnages, à l’exception des véritables coupables, ce qui place ces derniers dans un état d’aliénation. Leur humanité s’en trouve diminuée, voire annihilée. Les fautes des autres protagonistes sont d’autant mieux comprises par le lecteur qui peut les reprendre à son compte, et l’effet cathartique  de ce thriller se transmet par l’intermédiaire des victimes au lecteur lui-même.

 

« Ne changez pas son nom. Il est le dernier des nôtres »

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« Le dernier des nôtres »

de Adélaïde de Clermont-Tonnerre

 

Editions Grasset (2016) – Grand Prix du roman de l’Académie française 2016
Le Livre de Poche (2017) – Audiolib (2017)

 

Ce très beau roman se déroule sur deux époques et dans deux lieux différents.

Le premier récit commence à Manhattan au début des années 70, lorsqu’un jeune homme, Werner, tombe amoureux d’une jeune femme belle, riche et énigmatique;

Le second récit a lieu à Dresde à la fin de la guerre lorsque sous les bombardements, une femme meurt en accouchant d’un bébé dans d’atroces souffrances.

Bien entendu, les deux récits ont un dénominateur commun, il s’agit du « dernier des nôtres« , et le lecteur découvrira petit à petit les liens qui sous-tendent ces deux intrigues, en particulier lorsque le passé méconnu des origines de Werner fera surface d’une façon tout à fait inattendue.

Sous les traits d’une oeuvre romantique à suspense, l’auteur nous plonge dans les méandres de la grande Histoire en évoquant les tragédies et les horreurs de la seconde guerre mondiale. Elle revient sur les conséquences de ces drames sur le long terme, notamment au sein des familles concernées.

Le thème de la culpabilité familiale est au coeur de la narration et noue en quelque sorte les deux intrigues.

Dans l’interview de la version Audiolib du roman, l’auteur Adélaïde de Clermont-Tonnerre s’interroge « Est-on coupable des actes de nos parents ? ». La réponse ne semble pas si évidente, et la façon dont nous agissons est parfois, bien malgré nous, imprégnée du passé de nos aïeux.

Et c’est en raison de ce poids de culpabilité familiale que les deux jeunes protagonistes affronteront les affres d’un amour très contrarié.

Roman bienfaisant ?

Il s’agit d’abord d’un superbe moment d’évasion, écrit, comme le souhaitait l’auteur, avec une plume fluide et captivante.

Dans ce sens, le roman  est déjà bienfaisant puisqu’il permet d’oublier ses soucis personnels.

Mais cette histoire ouvre également la réflexion sur les liens qui se tissent entre le passé, le présent et le futur et sur le besoin de chacun de découvrir ses origines pour mieux se connaître.

Notons aussi qu’au-delà de la tragédie et des péripéties des protagonistes, certaines lueurs d’espoir restent en veille, et tout particulièrement la puissance des liens d’amitié qui facilite l’affrontement avec le sort funeste. 

Roman bonbon pour moi, je vous le recommande et vous promet un excellent moment de lecture !

 

« La Tresse » de vos chroniques littéraires

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« La tresse » de Laetitia Colombani

Editions Grasset (2017)

Trois femmes (une « Intouchable » d’Inde, une ouvrière d’Italie et une femme d’affaires du Canada), trois destinées très différentes, trois séries de chapitres qui s’entrecroisent pour aboutir à ce beau roman où, à force de lutter et de persévérer, ces trois femmes vont sans le savoir tisser une tresse qui liera leur destin respectif.

Roman plein d’optimisme dans lequel l’énergie véhiculée par le devenir de ces femmes se transmet par delà le texte à une grande partie du lectorat qui salue l’écriture fluide et agréable de Laetitia Colombani.

Ce récit peut être considéré comme roman bienfaisantcar il transmet une lueur d’espoir et de fraternité tout en racontant l’injustice qui perdure dans nos sociétés et en évoquant la thématique de la différence sociale et culturelle.

Une idée m’est passée par la tête à la lecture de ce roman et de son titre si bien choisi : tresser  un fil entre les nombreuses chroniques relevées sur les blogs WordPress. Car il faut bien le reconnaître, beaucoup d’articles ont été publiés sur ce premier roman de Laetitia Colombani.

J’y ai noté des commentaires très positifs, des avis plus nuancés et quelques points de vue négatifs. Beaucoup de  lectrices (lecteurs?) sont tombées sous le charme de ce roman, d’autres ont trouvé qu’il était un bon roman à lire pour l’été, mais sans plus. Certain(e)s ont mis en évidence une préférence pour une histoire plutôt qu’une autre. Certain(e)s ont trouvé que la psychologie des personnages manquait de profondeur. D’autres encore ont souligné l’optimisme qui se reflète à travers ce récit. Plusieurs ont également souligné le caractère « féministe » de ce récit, caractère par ailleurs réfuté par d’autres lectrices/lecteurs.

Cette multitude d’avis reflète ce que j’ai toujours pensé : il n’existe pas de lecture universelle qui sera perçue de manière identique par tous les lecteurs. Qui plus est, une lecture peut plaire et déplaire à la même personne selon le moment où elle pénètre dans la vie de cette personne.

Quoi qu’il en soit, l’expérience m’a plu et je souhaite mentionner ci-après les liens vers ces divers articles.

 

Des bulles et des mots             /&/&/&/            Brize                    /&/&/&/        La tête en claire

My pretty books      /&/&/&/      Petit pingouin vert

L’ourse bibliophile      /&/&/&/            Pause Earl Grey                /&/&/&/       Mon rêve d’été

Les lectures de Caro      /&/&/&/    Mes échappées livresques

Chronicroqueuse de livres      /&/&/&/        Marie lit en pyjama        /&/&/&/        A livre ouvert

Les tribulations d’une accro à la lecture                 /&/&/&/               Popcorn and Gibberish

Madame Ourse         /&/&/&/           Anouklibrary        /&/&/&/        The Eden of books

Tribulations d’une quinqua                /&/&/&/                              Agathe the book

A la page des livres     /&/&/&/     Lutin rêveur       /&/&/&/     A touch of blue…Marine

Au bordel culturel                  /&/&/&/            La Voleuse de Marque-Pages

Girl kissed by fire        /&/&/&/          Alice, Page 53           /&/&/&/                 Fée moi lire

Carnet parisien        /&/&/&/           BettieRose books

Pepparshoes – Sorbet Kiwi    /&/&/&/    Ma toute petite culture    /&/&/&/   Caroline Doudet (L’Irrégulière)

 

Ma tresse n’est pas terminée…. d’autres chroniques sur ce roman  peuvent s’ajouter à cette série… Désolée par avance pour celles que je n’ai pas remarquées au préalable.

A très bientôt !!!