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Pandémie : cinq romans qui en parlent avec espoir

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Pandémie : les romans qui en parlent avec espoir

A l’heure de la pandémie du coronavirus, penchons-nous sur ces romans qui révèlent notre nature humaine sous ses bons et ses mauvais côtés face au fléau d’un virus, mais dont le message n’est pas sans laisser quelque vision optimiste. Car l’espoir réside dans les meilleurs atouts de l’espèce humaine : sa capacité d’adaptation, son intelligence à relever les défis, et surtout ses vertus d’entraide.

Le roman évoqué à plus d’un titre aujourd’hui est bien sûr :

1) « LA PESTE »

d’Albert Camus 

Parue en 1947 au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’histoire de ce roman se déroule à Oran en Algérie où se déclare une épidémie de peste qui finit par isoler la ville du reste du monde et à obliger les habitants à s’investir d’une manière ou d’une autre pour survivre au fléau.

Face à ce malheur survenu inopinément – à ce « mal abstrait » qui prend peu à peu les contours de la peste – se manifestent les réactions humaines les plus diverses, depuis le sacrifice et le don de soi pour le bien-être et la survie de son prochain… jusqu’à la recherche égoïste du profit aux dépens d’autrui. Diverses figures de la société y sont décrites avec leur parcours, leur dérive, leur grandeur comme leur bassesse.

Pour survivre, pour s’adapter, ou tout simplement pour faire le deuil de la routine et de l’existence sans fin et sans heurt qu’il n’obtiendra jamais, l’homme possède une arme : sa liberté d’action et sa liberté de participation à l’amélioration de la condition humaine.

Pour Camus, l’homme doit continuellement se battre contre la souffrance humaine, contre le mal existentiel qui frappe tout un chacun et ainsi révéler la nature exemplaire de sa condition.

 

2) « LE HUSSARD SUR LE TOIT »

de Jean Giono

Ce second classique, publié en 1951, raconte les aventures d’un colonel de hussards qui traverse la Provence alors qu’une épidémie de choléra y sévit (historiquement une épidémie de choléra est arrivée en France en 1832). Il rencontre une jeune femme qui doit rejoindre son mari. Ils partageront leur périple et affronteront ensemble les aléas de l’épidémie.

Le choléra, selon Giono, est un révélateur mettant à nu les tempéraments les plus vils ou les plus nobles. Une catastrophe, comme cette pandémie, libère la peur, la lâcheté et l’égoïsme, mais elle met aussi en lumière des êtres qui se dévouent corps et âme pour les autres au péril de leur vie.

En fin de compte, la fatalité n’aura pas gain de cause sur les êtres exceptionnels, comme c’est le cas pour le hussard qui n’attrapera pas le choléra.

 

3) « LA QUARANTAINE »

de J.M.G Le Clézio

Il s’agit d’un récit de voyage en partie autobiographique (en référence au grand-père de l’auteur) et publié en 1995. Lors d’un retour par bateau sur leur île natale, l’île Maurice, deux frères sont obligés de rester en quarantaine sur une petite île voisine parce que des passagers du bateau ont contracté la variole.

Sur cet île, les merveilles de la nature auront raison de l’enfermement mental imposé par la quarantaine.

Des paroles bienfaisantes en écho aux mesures de confinement qui sont actuellement en vigueur….

 

4) « PANDEMIA »

de Franck Thilliez

L’auteur a imaginé un scénario très similaire à ce qui se passe aujourd’hui. En 2015, il publie cette histoire relatant la contamination de l’Europe par un virus grippal provenant d’un cygne. L’auteur explique dans une interview qu’il s’est inspiré de faits scientifiques et plans précis en cas de contamination, livrés par des spécialistes en virologie et sécurité biologique de l’Institut Pasteur de Lille.

Dans son roman, on retrouve à l’identique une lente incubation, une propagation élevée du virus, un engorgement des structures de santé, la fermeture des écoles et des crèches et la peur panique qui s’installe dans la population.

Ce thriller haletant constitue un véritable électrochoc, surtout dans les conditions actuelles et tente de nous faire réfléchir sur la société actuelle et ses dérives.

 

5) « EN COMPAGNIE DES HOMMES »

de Véronique Tadjo

Publié en 2017, ce roman polyphonique nous plonge dans la crise sanitaire liée au virus Ebola entre 2014 et 2016 en Guinée, Sierra Leone et Libéria. Il donne voix à divers personnages, humains ou non (le virus Ebola lui-même y prend la parole) qui se confient tour à tour à l’arbre Baobab, symbole de sagesse. Les soignants, les proches de victimes, les autorités, les fossoyeurs, les infectés s’expriment sur le désastre de ce fléau.

L’auteur veut mettre à l’honneur tous ceux qui ont lutté face à cette épidémie, en risquant leur vie. « Il s’agit bien souvent de gens très humbles » constate-t-elle.

Elle parle de son roman dans l’interview ci-après :

***

Certes, ces cinq romans font référence à des périodes très sombres de notre histoire et empruntent à la fiction ou à la poésie les qualités qui les rendent agréables à lire et parfois très touchants (romantisme, suspense, aventures).

N’empêche que toutes ces histoires nous rappellent à notre humanité et à cette capacité que nous avons en chacun de nous pour faire face au fléau et pour aider notre prochain. Encore faut-il éviter de se retrancher derrière nos peurs et notre égoïsme et prendre exemple sur certains protagonistes qui luttent au péril de leur vie pour sauver l’espèce humaine…

« La seule façon de mettre les gens ensemble, c’est encore de leur envoyer la peste. » – « La peste » de Albert Camus

« Est-ce qu’on a le droit d’abandonner un être humain? Et même s’il meurt, est-ce qu’on ne doit pas tout faire pour qu’il meure moins mal si l’on peut? » – « Le hussard sur le toit » de Jean Giono

« Je reste des heures, sans bouger, simplement à regarder la mer, à écouter les coups des vagues, à goûter au sel jeté par les rafales de vent. Ici, il me semble qu’il n’y a plus rien de tragique. » – « La quarantaine » de J.M.G. Le Clézio

« Le gouvernement sait très bien que la communication est à double tranchant. Si les gens prennent peur, c’est pire que s’ils tombent vraiment malades. D’un autre côté, s’ils ne se sentent pas concernés, ils ne prendront aucune précaution et le virus fera sa loi. » – « Pandemia » de Franck Thilliez

« Il faut la mort pour apprendre à retrouver la solidarité. » et « Lutter, c’est le prix à payer quand on vit sur la même planète.«  « En compagnie des hommes » de Véronique Tadjo

Bonnes lectures et prenez soin de vous !

 

 

 

Face au MAL, l’action solidaire évoquée dans « LA PESTE » d’Albert Camus

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« LA PESTE » d’Albert Camus

Qui n’a jamais entendu parler de ce classique de la littérature française ? Paru en 1947 au lendemain de la seconde guerre mondiale, le récit chronologique de cette épidémie est souvent interprété comme une allégorie de la montée du nazisme en Europe. L’auteur lui-même ne renie pas cette interprétation.

L’histoire du roman se situe en 1940 dans la ville d’Oran en Algérie où se déclare une épidémie de peste qui finit par isoler la ville du reste du monde et à obliger les habitants à s’investir d’une manière ou d’une autre pour survivre au fléau.

Face à ce malheur survenu inopinément – à ce « mal abstrait » qui prend peu à peu les contours de la peste – vont se manifester les réactions humaines les plus diverses, depuis le sacrifice  et le don de soi pour le bien-être et la survie de son prochain… jusqu’à la recherche égoïste du profit aux dépens d’autrui. Diverses figures de la société sont décrites ici et l’on suit leur parcours, leur dérive, leur grandeur comme leur bassesse.

Selon une étude critique sur un site que je vous recommande ici, la peste représente une forme concrète du mal existentiel qui emprisonne chaque homme dans sa condition humaine et l’empêche de s’adapter à des situations nouvelles.

Pourquoi placer ce roman parmi les ouvrages qui traitent du thème du deuil ?

Parler de l’emprisonnement de la condition humaine ou de la destinée des hommes soulève naturellement la question de la finitude de l’existence.

Pour survivre, pour s’adapter, ou tout simplement pour faire le deuil de la routine et de l’existence sans fin et sans heurt qu’il n’obtiendra jamais, l’homme possède une arme : sa liberté d’action et sa liberté de participation à l’amélioration de la condition humaine.

Pour Camus, l’homme doit continuellement se battre contre la souffrance humaine, contre le mal existentiel qui frappe tout un chacun et ainsi révéler la nature exemplaire de sa condition.

Un roman qui fait du bien ?

La lecture du roman ne permet pas l’évasion dans un univers plein de rêve… Si vous cherchez de l’humour, de la distraction, de la légèreté, passez votre chemin. « La peste » n’est pas pour vous maintenant.

Par contre, si vous souhaitez vous engager dans une réflexion profonde sur la condition humaine, ses limites, ses entraves, mais aussi ses possibilités de survivre et d’affronter son destin, fût-il terrible, alors LA PESTE de Albert Camus constitue un roman à lire, voire à analyser pour en retirer le fruit de sa quintessence.

… « Mais qu’est-ce que ça veut dire la peste?
C’est la vie voilà tout.« …

Chers lecteurs ou lectrices de ce blog, si vous connaissez des romans classiques bienfaisants, n’hésitez pas à m’en faire part en m’envoyant vos témoignages grâce au formulaire ci-après …. Merci d’avance !