ROMAN CHORAL pour aborder une thématique complexe

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« Ainsi résonne l’écho infini des montagnes »

Khaled Hosseini

Traduction française par Valérie Bourgeois « And the Mountains Echoed »

(Editions Belfond (2013), France Loisirs (2014), 10×18 (2014), Audiolib (2014) – lu par Mathieu Buscatto)

 

Après le fameux « Les Cerfs-Volants de Kaboul » (2005) et « Mille soleils splendides » (2007), l’auteur américain d’origine afghane Khaled Hosseini nous revient avec un roman choral profondément touchant, dont le titre s’inspire d’un poème de William Blake « Chanson de Nourrice ».

L’histoire de « Ainsi résonne l’écho infini des montagnes »  débute dans un petit village afghan vers 1950, lorsqu’un garçon de dix ans, Abdullah, et sa soeur chérie de trois ans, Pari, sont séparés l’un de l’autre, car leur père a pris la décision de confier son unique fille aux bons soins d’une famille fortunée de Kaboul. Cette douloureuse séparation est à l’origine de ce récit fleuve qui emmène le lecteur au travers du prisme historique de la seconde moitié du 20e siècle depuis l’Afghanistan jusqu’en France, en passant par les Etats-Unis et une petite île grecque. Tour à tour divers personnages plus ou moins liés avec la fratrie confient directement ou indirectement leur cheminement et leurs émois, apportant ainsi leur pierre à l’édifice de cette narration qui navigue subtilement et justement dans les profondeurs de l’âme humaine.

« Quand on a vécu aussi longtemps que moi, on constate que la cruauté et la bienveillance ne sont que des nuances d’une même couleur. »

« On gagne à faire preuve d’humilité et de charité au moment de juger le coeur d’autrui. »

« C’est drôle, Markos, mais les gens se trompent souvent. Ils pensent vivre en fonction de ce qu’ils veulent. Mais ce qui les guide, en fait, c’est ce dont ils ont peur. Ce qu’ils ne veulent pas. »

La thématique complexe et récurrente des relations familiales constitue le fil conducteur du récit. A plusieurs reprises, la narration adopte la perspective d’un personnage en proie à une certaine culpabilité envers un proche handicapé, faible ou malheureux pour lequel il fait pourtant preuve de dévouement.

Le sujet de l’adoption est également abordé avec des conséquences positives ou négatives selon le degré de générosité et d’amour avec lequel l’enfant est pris en charge.

La maladie, le handicap, la vieillesse et la mort rythment les divers angles de la narration, apportant avec eux leur lot de peines, mais également des élans de courage, de soutien et d’affection.

« L’acceptation qui a pris forme lentement au fil des ans, comme les rochers d’une falaise sculptés par les assauts répétés des marées. »

Enfin, l’auteur dresse le tableau de son pays, l’Afghanistan, en rappelant les souffrances et les injustices subies par ses habitants durant les dernières décennies.

« Que vous dire, monsieur Markos, des années qui ont suivi? Vous connaissez bien l’histoire récente de ce pays assiégé. Il est inutile que je ressasse pour vous une période si sombre (…).
Je peux la résumer en un mot: la guerre. Ou plutôt, des guerres. Pas une, pas deux, mais de multiples guerres, à la fois grandes et petites, justes et injustes, avec sans cesse des acteurs différents dans les rôles des bons et des méchants – ou supposés tels -, chaque nouveau héros vous rendant de plus en plus nostalgique de l’ancien félon. Les noms changeaient, tout comme les visages, et je crache sur chacun d’eux sans distinction (…) »

Roman bienfaisant ?

Lorsqu’un auteur décrit avec autant de talent les ressorts de l’âme humaine, lorsqu’il parle de l’existence humaine, non pas avec les deux seules nuances que sont le blanc et le noir, mais avec une palette infinie de couleurs qui résonnent en nous…. comme l’écho infini des montagnes...alors oui, il s’agit d’un roman bienfaisant qui évoque sans parti pris des sentiments connus et ancrés dans nos vies.

« Il inventait des histoires. Comme ça, sur-le-champ. Il dévoilait alors une propension à l’imagination et au rêve qui surprenait toujours Abdullah. Leur père ne lui semblait jamais plus présent, plus vivant, plus à nu et plus sincère que lorsqu’il s’exprimait ainsi, comme si ses contes étaient autant de minuscules fenêtres ouvertes sur son monde opaque et impénétrable. »

 

 

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