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« …C’est une histoire de poux, d’errance et de sainteté… »

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« Frère des astres« 

Julien Delmaire

Editions Grasset (2016) – Le Livre de Poche (2018)

Dans ce roman, l’auteur s’est librement inspiré du récit de la vie de Benoît-Joseph Labre (1748-1783), né à Amettes dans le nord de la France et canonisé en 1881. Renvoyé pour diverses raisons de la vie monacale à laquelle il aspirait, Benoît-Joseph Labre a trouvé sa vocation religieuse en parcourant les routes d’Europe tel un pèlerin mendiant, mais tout en restant dévoué et charitable vis-à-vis des plus pauvres que lui.

Le Benoît du récit de Julien Delmaire est également né à Amettes, mais à la fin du 20e siècle et dans une famille où les « fins de mois sont souvent en pente raide ». Il se sent attiré par le mystère de la foi. Devenu adulte, il quitte le cocon familial et se lance sur un chemin d’errance et de piété à travers la France. Ses pérégrinations de chapelles en cathédrales, de bourgades en capitales sont ponctuées de rencontres improbables et relatées sur un rythme littéraire qui enchante la lecture. Les descriptions scandées en petites phrases évoquent des scènes soit miséreuses soit grandioses que le lecteur n’aura aucun mal à se représenter .

Le cadre historique de ce cheminement fait partie intégrante du décor. Benoît habite une époque et un pays, et l’auteur a le don d’évoquer avec très peu de mots des situations particulières connues, ainsi que des événements aisément identifiables qui ont envahi l’actualité voici plus de deux décennies (le génocide au Rwanda, la marche blanche à Bruxelles…).

Roman bienfaisant ?

Il est clair que personne n’envie le parcours que s’impose Benoît. Qui voudrait passer la nuit dehors, sale et affamé ?

Pourtant Benoît fait montre d’une joie de vivre à toute épreuve et cela, peu de gens peuvent s’en arroger le don. Lorsque Benoît est emmené par les policiers auprès d’un psychiatre, celui-ci conclut « Vous savez, c’est la première fois que je rencontre quelqu’un d’heureux. »

Benoît a faim, il a froid en hiver, il est sale, mais il est heureux. Difficile de se mettre à la place de cet être profondément humain et en plein accord avec toutes les manifestations de la vie. L’expérience racontée de ce bonheur dans l’errance et la pauvreté a de quoi changer notre façon d’être et de penser le monde.

Joyeuses Pâques à toutes et tous !