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Chère Maman

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Dans les affaires de mes parents, j’ai retrouvé un vieil ouvrage datant de 1938 « Livre de lecture à l’usage du degré supérieur des écoles primaires »

par Ch. et G. Screvens, Inspecteurs de l’Enseignement primaire (2e édition)

publié par la maison d’édition A. De Boeck à Bruxelles.

A la page 78, un poème de Th. Giard : « Maman »

Aujourd’hui, en hommage à toutes les mamans du monde,

et parce les mots d’une poésie forment souvent un dessert bienfaisant , voici ce beau texte …

 

MAMAN.

Il est un mot d’enfant tout simple mais si beau
Que son parfum demeure en nous jusqu’au tombeau.
Dès que le nouveau-né veut exprimer qu’il aime,
Qu’il vit, qu’il est heureux, il le trouve lui-même,
Le dit et le redit, le gazouille sans fin.
C’est un mot tout mouillé de tendresse et de faim.
Nul ne peut l’oublier : l’aïeul qui, malgré l’âge,
L’entend chanter en lui, voit comme un mirage,
Tout au fond de son coeur usé de souvenir,
Le passé radieux lentement revenir.

Maman ! ce mot se dit ainsi qu’une prière
Maman ! c’est le premier regard plein de lumière
Qui se glisse en notre âme et prépare nos yeux
A supporter l’azur éblouissant des cieux.
C’est le sourire éclos parmi le matin rose.
Maman ! c’est le baiser éperdu qui se pose,
Tout vibrant de douleur encor, mais triomphant,
Pour la première fois sur le front de l’enfant,
Sur ce front nu, veiné, ce creuset d’espérance,
Qui contient tout entier déjà le ciel immense.

Le soldat, cet enfant que grandit le devoir,
En tombant sur le champ de bataille le crie
Comme s’il contenait à lui seul la patrie;
Le criminel qui pleure au fond de sa prison,
Et se sent à jamais perdu sans horizon,
Sans soutien, puisque tout ici-bas l’abandonne,
Sait encor murmurer ce saint mot qui pardonne,
Qui console, malgré les hommes et la loi.
Comme s’il contenait en lui-même la foi.

Th. Giard