« Vous qui vivez en toute quiétude, bien au chaud dans vos maisons…. »

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….premières phrases du roman

« Si c’est un homme » de Primo Levi

Editions Julliard pour traduction française, 1987

Editions Pocket, 1988 – Audiolib (2015)

Le chef d’oeuvre autobiographique de cet écrivain juif italien est mondialement connu et continue de marquer les esprits. Témoignage réaliste et poignant sur l’expérience d’un rescapé des camps d’extermination, le roman « Si c’est un homme » est devenu une référence majeure dans la littérature du genre.

Emprisonné et déporté au camp de Auschwitz début 1944, Primo Levi y restera jusqu’en janvier 1945, lorsque le camp sera libéré par les Soviétiques. Son récit autobiographique fut publié en 1947 par une petite maison d’édition italienne, mais ne connut le succès que bien plus tard.

 

Roman bienfaisant ?

Il est clair que les récits sur la Shoah restent des expériences de lecture douloureuse. Dans le roman de Primo Levi , la violence des actes de barbarie est pourtant d’une autre nature que celle que l’on retrouve dans des romans tels que « Holocauste » de Gerald Green ou « Au nom de tous les miens » de Martin Gray etc…où les persécutions ont décimé une ou plusieurs familles, séparé et assassiné leurs membres dans des conditions inimaginables. La douleur tragique et émotionnelle des séparations et des exécutions sommaires est moins présente dans le récit de Primo Levi.

Ici, la cruauté et la déshumanisation  des prisonniers sont décrites comme la conséquence d’une terrible machine organisée et planifiée par le régime nazi. Les gardiens  soumettent les prisionniers aux règlements du camp et suivent eux-mêmes les directives de leur hiérarchie. Les procédures de distribution des rations alimentaires, de sélection des prisionniers, d’interminables attentes pour obtenir des soins, d’imposition de règles sanitaires absurdes sont autant d’expériences qui affament, affaiblissent, déshumanisent et tuent les nombreuses victimes des camps de concentration.

Primo Levi raconte aussi, avec les yeux du scientifique qu’il était, comment et pourquoi certains prisionniers ont réussi à survivre, à quoi il fallait faire attention, ce qui était toléré ou non …  Sa survie personnelle, il pense la devoir d’abord au fait d’être arrivé au camp lorsque les pénuries de main-d’oeuvre ont réduit les exécutions arbitraires des prisonniers, ensuite parce qu’il a eu la chance d’être choisi pour travailler dans des conditions plus optimales, et finalement parce qu’en raison d’une maladie, il a évité de justesse les longues marches de la mort auxquelles très peu de prisonniers ont survécu.

En conclusion, lire « Si c’est un homme » de Primo Levi, c’est aussi et surtout se rendre compte que nous avons de la chance de ne pas avoir subi un tel supplice, c’est aussi et surtout se rappeler qu’il faut éviter à tout prix la répétition de ces horreurs... cfr les premières phrases de Primo Levi…

  • Vous qui vivez en toute quiétude,
  • Bien au chaud dans vos maisons,
  • Vous qui trouvez le soir en rentrant
  • La table mise et des visages amis,
  • Considérez si c’est un homme
  • Que celui qui peine dans la boue,
  • Qui ne connaît pas de repos,
  • Qui se bat pour un quignon de pain,
  • Qui meurt pour un oui pour un non.
  • Considérez si c’est une femme
  • Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
  • Et jusqu’à la force de se souvenir,
  • Les yeux vides et le sein froid
  • Comme une grenouille en hiver.
  • N’oubliez pas que cela fut,
  • Non ne l’oubliez pas…

 

 

 

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