LE POUVOIR DE L’IMAGINAIRE : « La rêveuse d’Ostende » d’Eric Emmanuel-Schmitt

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« La rêveuse d’Ostende » de Eric-Emmanuel Schmitt paru chez Albin Michel est un recueil de nouvelles dont le fil conducteur est l’influence exercée par l’imagination et le rêve sur le destin des protagonistes.

Toutes les nouvelles de ce roman montrent l’extraordinaire pouvoir de l’imaginaire, du mental, des pensées sur notre façon d’être et par conséquent aussi sur les événements de notre vie.

Qui dit « imaginaire » inclut bien entendu aussi le pouvoir de la littérature et tout particulièrement celui de la lecture de romans, de fictions, d’histoires.

Dans la première nouvelle, qui porte le titre éponyme du recueil, une personne âgée et infirme semble très occupée dans ses songes et ses lectures « Elle lisait dans le but de ne pas dériver seule, elle lisait non pour remplir un vide spirituel mais pour accompagner une créativité trop puissante. De la littérature comme une saignée afin d’éviter la fièvre… » (p22). Le narrateur lui fait l’apologie de la fiction en rejetant la valeur accordée à la vérité en littérature. « Aujourd’hui, on valorise la sincérité en littérature. Quelle blague ! La sincérité ne saurait constituer une qualité que pour un procès-verbal ou lors d’un témoignage devant la justice – et encore, il s’agit dès lors d’un devoir plus que d’une qualité. La construction, l’art d’intéresser, le don de raconter, la facilité à rendre proche ce qui est lointain, la capacité d’évoquer sans décrire, l’aptitude à donner l’illusion du vrai, tout cela n’a rien à voir avec la sincérité et ne lui doit rien. De plus, les récits qui ne se nourrissent pas de réalités mais de fantasmes, de scènes souhaitées, de désirs avortés, de soifs répétées m’apportent davantage que les fait divers imprimés dans les journaux. »(p108)

Ici encore je retrouve des mots pour décrire le pouvoir « thérapeutique » des histoires fictives et des romans. Merci à l’auteur, Eric-Emmanuel Schmitt qui semble partager ce point de vue, mais va même plus loin en évoquant aussi un pouvoir parfois malfaisant…cfr la nouvelle « Les mauvaises lectures »…

Plaisantes et apaisantes à lire comme le sont tous les romans de cet auteur, les nouvelles du recueil « La rêveuse d’Ostende » restent dans les mémoires d’une façon ou d’une autre.

Vous pouvez également lire l’article EE Schmitt que j’ai écrit à ce sujet et qui est paru dans le journal « La Voix du Luxembourg » en date du 27 mars 2009.

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