Archives de Catégorie: Thème de la SOUFFRANCE

Le thème de la souffrance abordé dans les romans peut aider à lui concéder une véritable existence

FRUSTRATIONS ET EMOTIONS CACHEES « L’intensité secrète de la vie quotidienne » de William Nicholson

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« L’intensité secrète de la vie quotidienne » de William Nicholson

Ce roman figure parmi la sélection du Prix des Lecteurs 2014. J’ai voté pour lui au mois de juin parce que j’ai été séduite par la façon dont l’auteur a décrit avec talent les petites rancoeurs, les frustrations quotidiennes, les émotions amoureuses qui constituent le lot de tout un chacun, mais que nous gardons en général soigneusement dissimulées dans notre jardin secret. Et pourtant, ce sont justement ces ressentis multiples qui jalonnent notre quotidien et influencent notre comportement en société ou dans la sphère privée.

Le roman choral de William Nicholson pénètre ainsi dans la vie intime d’une douzaine de personnages de la classe moyenne qui se croisent au coeur de la campagne anglaise et dont les soucis et les remises en question sur le plan amoureux, professionnel, religieux voire amical sont subtilement mis en évidence et décortiqués par la plume bienveillante de l’auteur.

W. Nicholson explique « Ce que je veux démontrer dans mes livres, c’est que comprendre les autres véritablement et avec compassion nous libère de nos peurs et de nos haines, et nous mène à l’amour. Or il n’y a que la possibilité d’aimer et finalement, le fait d’aimer qui font que la vie vaut la peine d’être vécue ».

Il remarque aussi « J’admire le regard que George Eliot et Proust portent sur leurs personnages, la profondeur avec laquelle ils les perçoivent sur le plan psychologique »

Dans la postface écrite par Anne Hervouët, on lit : « L’Intensité secrète de la vie quotidienne a beau se dérouler dans la campagne du Sussex, au-dessus de laquelle plane l’ombre de Viriginia Woolf, ce roman est universel. Chacun des personnages trouve son alter ego en France ou ailleurs, à Paris comme dans n’importe quelle autre ville. La fragilité du couple, thème central du livre, est d’actualité. Le mal-être des personnages est tout aussi contemporain et largement répandu. La colère, les frustrations, la désespérance, la pornographie, la pollution par l’image, le culte du moi, la solitude et bien d’autres thèmes sont transposables ailleurs ».

 

A QUI S’ADRESSE CE ROMAN DU POINT DE VUE DE LA  BIBLIOTHERAPIE ?photo

A celle ou celui qui se sent mal dans sa peau, que ce soit dans sa vie amoureuse, professionnelle ou sociale, qui se pose des questions sur ses croyances ou  qui souffre d’une certaine solitude. Ce lecteur aura le plaisir de constater que des mots savamment dosés donnent corps à son ressenti et qu’il n’est pas seul à éprouver de telles émotions…

 

 

Vous trouverez ici les commentaires de plusieurs jurés au sujet de ce roman (le mien est le premier dans la liste).

SOUFFRANCE : « L’île des oubliés » de Victoria Hislop

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« L’île des oubliés » de Victoria Hislop

2001 en Crête, une jeune fille, Alexis, souhaite connaître l’histoire de sa famille sur laquelle semble peser un terrible secret. Ses recherches l’amènent chez Fotini, une femme assez âgée qui habite dans un village au nord de la Crête, situé face à l’île de Spinalonga. Cette île aujourd’hui abandonnée accueillait la principale colonie grecque de lépreux entre 1903 et 1957…

Le récit de Fotini nous emmène plus d’un demi-siècle en arrière, juste avant le début de la seconde guerre mondiale, lorsque la lèpre frappa sans avertir la famille d’Alexis.

Le roman retrace les mésaventures de personnes lépreuses, obligées de s’exiler du reste du monde, y compris de toute leur famille. Un diagnostic terrible pour une maladie que l’on situe à tort dans un lointain passé, alors que la lèpre sévissait encore au début du 20ème siècle en Europe. Grâce à cette histoire, nous pouvons nous mettre à la place de ces gens qui ont souffert non seulement de la maladie, mais pire encore, de l’exclusion sociale et de l’incompréhension de leur prochain. Car la lèpre est une maladie que l’on connaît peu et qui fait très peur.

Non sans raison, « L’île des oubliés » a connu et connaît encore un grand succès en librairie. L’histoire, agréable à lire, se prête aussi merveilleusement bien à la lecture lorsque l’on se trouve en vacances en Crête…

Mais surtout, le roman est intéressant car il met en lumière la solitude des personnes frappées par une maladie incurable et leur combat pour vivre malgré tout dans la dignité et le bonheur.

SOUFFRANCE PHYSIQUE : « Je vais mieux » de David Foenkinos

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« Je vais mieux » de David Foenkinos paru aux éditions Gallimard

Le narrateur du récit est un quarantenaire menant jusqu’ici une vie de famille et une vie professionnelle « normale ». Et puis tout d’un coup tout bascule avec l’émergence d’un mal de dos qui survient lors d’un repas entre amis.  Bien que ce mal de dos persiste et s’accentue, la médecine semble avoir des difficultés à en découvrir la cause. Le narrateur se tourne alors vers les médecines parallèles pour aboutir au constat que les raisons de ses maux sont probablement d’ordre psychologique.

P147 « Mon corps devenait une énigme que seul mon esprit pouvait résoudre. J’allais devoir enquêter dans les bas-fonds de mes pensées.  J’avais d’abord été perturbé par l’idée qu’on puisse être le créateur de sa propre maladie. »

P257 « Mon mal de dos devait être la somme de tous les nœuds jamais dénoués » Au narrateur, il reste donc une option : dénouer tous les problèmes liés à sa vie pour aller mieux physiquement… ce qu’il va tenter de faire…

A fil des pages de ce roman très agréable à lire, nous suivons les déambulations mentales du narrateur qui hésite à adopter le rôle d’acteur ou de simple spectateur de son existence. Avec un humour soulignant les contrariétés et les travers des relations humaines, David Foenkinos relate les absurdités, mais aussi les moments magiques d’une vie somme toute banale qu’il appartient à chacun soit de subir, soit de sublimer…

SUICIDE, MAL-ÊTRE, DIFFERENCE : « Veronika décide de mourir » de Paulo Coelho

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« Véronika décide de mourir » de Paulo Coelho paru aux éditions Anne Carrière.

La renommée de grand sage dont jouit l’écrivain Paulo Coelho n’est plus à faire. Son roman « L’Alchimiste » figure en bonne position parmi les livres de bibliothérapie. Pourtant, je lui préfère celui-ci parce qu’il aborde plusieurs sujets, parmi lesquels le suicide des jeunes gens. En l’occurrence, il s’agit ici de celui d’une jeune fille qui s’ennuie dans son existence et décide de mourir. Heureusement elle rate son suicide, mais elle atterrit dans un asile psychiatrique où le médecin en chef lui annonce que les médicaments qu’elle a ingérés ont fortement endommagé son coeur et qu’il ne lui reste plus que quelques jours à vivre. Se développe alors chez elle  une irrésistible envie de vivre qui se répand également parmi ses compagnons d’infortune au sein de l’asile psychiatrique. Une phrase du livre « La conscience de la mort nous incite à vivre davantage » résume les émotions et l’instinct de vie qui embrasent Véronika alors qu’elle se sait proche de la fin.
Un autre thème est également abordé dans ce récit, celui de la différence « Courez le risque d’être différents, mais apprenez à le faire sans attirer l’attention. » conseille l’un des patients de l’asile. En invitant le lecteur parmi ceux que la société a définis comme « fous », Paulo Coelho remet  en question le principe de « normalité » qui domine le monde.

MANQUE DE CONFIANCE EN SOI : « Dieu voyage toujours incognito » de Laurent Gounelle

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« Dieu voyage toujours incognito » de Laurent Gounelle paru aux éditions Anne Carriere raconte l’histoire d’un homme  sur le point de se suicider. Il rencontre alors une personne qui s’engage à l’aider à condition qu’il fasse tout ce qu’il lui demande de faire. C’est ainsi que notre homme fera des efforts sur lui-même pour apprendre à retrouver confiance et estime de soi. Le roman regorge de paroles encourageantes et d’exercices pratiques. Cependant, loin de limiter ce livre à une simple compilation d’exercices, Laurent Gounelle a introduit ses pensées sur le développement personnel dans un roman à suspense très agréable à lire.

Page47 « ...il va falloir que tu acceptes de ne pas forcément correspondre à ce qu’attendent les gens, ne pas toujours te conformer à leurs critères, leurs valeurs, mais oser afficher la différence, parfois même quand elle dérange. Bref, lâcher prise sur l’image que tu souhaites donner aux autres et apprendre à ne pas trop te soucier de ce qu’ils pensent de toi. Lorsque tu assumeras pleinement tes différences, alors tu pourras te pencher sur celles des autres et, si nécessaire, t’y adapter. Tu pourras ainsi apprendre à mieux communiquer, à entrer en contact avec des inconnus et créer une relation de confiance, être accepté par des personnes ne fonctionnant pas comme toi. Mais il faut d’abord que tu aies accepté ce qui te rend unique, sinon tu continuerais de disparaître au profit des autres gens. …« 

Sur le MAL-ÊTRE « L’homme qui voulait être heureux » de Laurent Gounelle

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« L’homme qui voulait être heureux » de Laurent Gounelle paru en 2008 aux éditions Anne Carrière, mais également en format poche aux éditions Pocket. Le titre dévoile déjà la quête du narrateur, en vacances à Bali et qui décide de se rendre par curiosité chez un sage indigène. Celui-ci lui dévoile petit à petit les méthodes pour parvenir à se libérer de ses inhibitions et à suivre le véritable chemin vers le bonheur, non pas celui qui semble tout tracé pour lui au départ, mais celui qui correspond à ses attentes les plus sincères et authentiques. Une des clés du bonheur est notamment d’avoir une image positive de soi, car c’est ainsi que l’on est perçu par les autres.  « On est ce que l’on croit » et il ne faut jamais se dénigrer, ni s’amoindrir selon les dires de cet ouvrage.

Mieux qu’un livre documentaire sur « Comment avoir confiance en soi », cet ouvrage se présente sous la forme d’un roman très agréable et facile à lire et qui ne laisse personne indifférent.

Il s’agit d’un ouvrage phare que vous retrouverez dans mon ouvrage