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Différence physique : « L’Empereur, c’est moi » de Hugo Horiot

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« L’Empereur, c’est moi » de Hugo Horiot

Ce roman fait partie de la sélection du mois de mai pour le Prix des Lecteurs 2015 du Livre de Poche.

En quelques pages, l’auteur nous raconte la souffrance qu’il a vécue comme enfant autiste Asperger. Il se replonge dans les pensées de ses jeunes années (quatre, huit, douze ans) lorsqu’il refusait de parler et se comportait d’une façon qu’autrui considérait comme « étrange », « différente ».

Il n’aimait pas le monde qui l’entourait, ne s’aimait pas lui-même, voulait changer de prénom et ne se sentait pas à l’aise avec les autres enfants de son âge.

« Je suis prisonnier de mon corps et si je parle je serai prisonnier de vous autres. À perpétuité. Je préfère vous observer sans en avoir l’air. Je vous espionne. Si les yeux sont les fenêtres de l’âme, je pourrais voir la vôtre, mais ça m’obligerait à vous dévoiler une partie de la mienne. Vous ne verrez pas mon âme. Vous voyez mon corps et c’est déjà trop. Mon corps ne sera qu’une pierre tombale, un mur, je ne vous donnerai rien. Je n’aime pas votre monde. »

Sa mère avait refusé de le placer et décidé de le sauver en se servant de sa seule arme, son amour pour lui. Elle nous le raconte dans son roman

« Le petit prince cannibale » publié en 1990 chez Actes Sud et lauréat du Prix Goncourt des Lycéens en 1990.

Dans la postface du roman de son fils « L’Empereur, c’est moi », Françoise Lefèvre écrit :

« Trente ans ont passé. Aujourd’hui Hugo, c’est toi qui écris. C’est moi qui te lis. »

Un duo de romans bienfaisants car il s’agit ici de récits témoignages d’une aventure humaine qui parle de la différence et du courage de la surmonter.

Je vous invite à regarder l’interview de l’auteur Hugo Horiot au sujet de son roman

ON PEUT VIVRE PLUS D’UNE VIE « Le manoir de Tyneford » de Natasha Solomons

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« Le manoir de Tyneford » de Natasha Solomons

Ce roman paru aux éditions Calmann-Lévy en 2012 est maintenant également publié par Le livre de Poche et fait partie de la sélection du prix des lecteurs 2014.

L’histoire racontée par la narratrice débute à Vienne, juste avant la seconde guerre mondiale. Juive autrichienne de 19 ans, originaire d’un milieu aisé, Elise est envoyée pour des raisons de sécurité en Angleterre.  Elle doit quitter sa famille, son rang social pour entrer en tant que domestique au service d’une grande propriété du Dorset, à Tyneford.

Le changement est brutal, elle doit petit à petit faire le deuil de sa vie choyée et entourée par l’affection des siens à mesure que la guerre éclate et que les interdictions restreignent de plus en plus la liberté des Juifs d’Europe. Malgré tout, elle réapprend à vivre dans son nouveau milieu, à s’attacher à d’autres personnes, à reconstruire une nouvelle vie. Son parcours sera ponctué de séparations et de deuils, mais la vie (avec son lot de joies et de peines) reprend toujours sur de nouvelles bases.

Ce roman me semble tout à fait adapté aux personnes qui sont confrontées à des situations de deuil, non seulement le deuil face à la perte de personnes proches, mais également le deuil dans son sens le plus large, à savoir la perte de certaines habitudes de vie qui semblent pourtant éternelles.

« Mais la guerre gronde et le monde change. Elise aussi doit changer. C’est à Tyneford pourtant qu’elle apprendra qu’on peut vivre plus d’une vie et aimer plus d’une fois«  (cfr quatrième de couverture Livre de Poche)

Chose supplémentaire non négligeable, « Le manoir de Tyneford » est un roman qui est très agréable à lire et ne manque pas de suspense.

Selon les notes de l’auteur,  le lieu-dit Tyneford a été inspiré par l’endroit protégé et l’histoire d’un village fantôme de Tyneham sur la côte de Dorset où le manoir élisabéthain était considéré comme l’un des plus beaux d’Angleterre.

 

 

 

DIFFERENCE CULTURELLE et SOLITUDE : « Le club des incorrigibles optimistes » de Jean-Michel Guenassia

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« Le club des incorrigibles optimistes » de Jean-Michel Guenassia paru chez Albin Michel. Ce gros volume  dresse le portrait d’une époque, les années 60, en France alors que sévit la guerre d’Algérie et que la dictature du communisme engendre une fuite vers l’ouest de nombreux réfugiés politiques. Le narrateur, Michel, un jeune adolescent, raconte son parcours durant ces années à Paris, un parcours marqué d’un part par les conséquences  de la guerre en Algérie sur sa famille et ses amis et d’autre part, par les rencontres qu’il fait alors qu’il fréquente un café où se réunissent de nombreux exilés et apatrides.

L’optimisme règne pourtant en maître dans ce milieu de gens « différents » et « solitaires » et la leçon de vie est exemplaire.

Michel est lui-même est en pleine crise d’adolescence, ce qui le classe dans une certaine catégorie de « marginaux ». Lecteur compulsif, il aime se réfugier dans la lecture et compare les livres à des amis : « Il y a dans la lecture quelque chose qui relève de l’irrationnel. Avant d’avoir lu, on devine tout de suite si on va aimer ou pas. On hume, on flaire le livre, on se demande si ça vaut la peine de passer du temps en sa compagnie. C’est l’alchimie invisible des signes tracés sur une feuille qui s’impriment dans notre cerveau. Un livre, c’est un être vivant. Les gens, rien qu’à les voir, vous savez à l’avance si vous serez leur ami. »

N’hésitez pas à consulter ma petite critique sur ce roman sur

Les tragédies de l’exil | MyBOOX.