Archives de Tag: Bibliothérapie

Séries littéraires pour Noël

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Collections de livres pour le plaisir

Dans quelques jours, c’est Noël ! Peut-être vous manque-t-il encore l’un ou l’autre cadeau ?

Pourquoi ne pas offrir un beau livre ? un roman ? une bande dessinée ?

Si votre choix est judicieux,  le bénéficiaire profitera de ce cadeau pendant de longues heures. Vous lui offrirez l’occasion de s’évader dans un ailleurs où il fera de belles rencontres. Même si cet univers pourrait de prime abord lui sembler très éloigné du sien, il partagera des émotions connues avec les protagonistes, se reconnaîtra dans certains actes et éprouvera des sentiments par un effet de catharsis bienfaisante.

Bref, sa lecture lui apportera un moment de bien-être dont il vous sera  é t e r n e l l e m e n t  reconnaissant…

Cadeau judicieux : deux, trois ou quatre romans d’une même série

Un livre, c’est bien, deux livres, c’est super, trois livres, c’est encore mieux… Car le temps presse et vous manquez cruellement de temps pour dénicher les meilleurs romans à offrir. La solution que je vous propose aujourd’hui est d’opter pour une suite de romans de la même collection. Cela prolongera le plaisir du lecteur conscient qu’après le premier tome, il lui en restera encore un, deux ou trois qui suivent.

Voici quelques propositions selon les âges, les intérêts, les envies des uns et des autres :

POUR LES PASSIONNE(E)S DE SAGAS 

Elena Ferrante « L’AMIE PRODIGIEUSE » existe en quatre tomes

Initialement publiés chez Gallimard, les tomes de cette série culte sont aussi disponibles en format poche chez Folio. Le dernier tome en format poche sortira début janvier 2019.

Le récit se déroule sur un laps de temps entre les années 1950 et notre époque. Il relate le destin de deux amies issues des quartiers pauvres de Naples. Bien que très douées toutes les deux à l’école primaire, l’une se verra contrainte d’abandonner la voie studieuse pour subvenir aux besoins de sa famille, alors que l’autre, la narratrice, aura l’opportunité de poursuivre ses études. Leurs chemins respectifs continueront de se croiser dans les quartiers napolitains, au gré des amours et des amitiés, et avec pour arrière-fond, les événements qui marqueront l’histoire d’Italie.

J’ai particulièrement apprécié cette série de romans sur laquelle plane le mystère de l’auteure, Elena Ferrante.  Pour ma part, j’aime à penser que la romancière a écrit une oeuvre autobiographique dont elle est sa propre narratrice.

Cette saga napolitaine présente de nombreux atouts  : de nombreux personnages ciselés en profondeur, une introspection réaliste et la vision d’une génération d’après-guerre, et surtout, les aléas d’une amitié entre deux femmes, ponctués de jalousie, de rancoeurs, et de tendresse.

 

Tome 1 : Enfance, Adolescence   Tome 2 : Le nouveau nom : Jeunesse 

Tome 3 : Celle qui fuit et celle qui reste : Epoque intermédiaire 

Tome 4 : L’enfant perdue : Maturité, vieillesse  

 

POUR LES PASSIONNES DE THRILLERS

La trilogie « MILLENIUM » de Stieg Larsson existe en 3 tomes 

 Les hommes qui n’aimaient pas les femmes – La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette – La reine dans le palais des courants d’air

Cette triologie a été complétée par deux tomes supplémentaires sous la plume de David Lagercrantz

  Ce qui ne me tue pas   

  La fille qui rendait coup pour coup

Une lecture policière dont le suspense vous plonge de bout en bout dans les aventures conjointes de Lisbeth Salander, géniale hacker autiste, et de Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation. Après le décès de Stieg Larsson en 2004, la reprise des aventures de ces deux protagonistes par David Lagercrantz en 2014 fut un défi majeur que le journaliste suédois a su relever avec un certain brio.

 

POUR LES ADOLESCENTS

Série Harry Potter

La série des « HARRY POTTER » de J.K. Rowling en 7 volumes

Les jeunes lecteurs franchiront avec délectation la frontière magique de Harry Potter pour l’accompagner

au fil de sa scolarité dans un monde truffé de bons et mauvais génies.

 

La Passe-Miroir de Christelle Dabois

Une autre série qui plaira à la jeunesse :

 « LA PASSE-MIROIR » de Christelle Dabos

Trois tomes d’une histoire fantastique dans laquelle la protagoniste quitte son monde familier lors de ses fiançailles pour découvrir un univers hostile où elle devra affronter complots et manipulations.

Les romans de Christelle Dabos, romancière française vivant en Belgique, ont été récompensés par plusieurs prix : Concours du Premier Roman Jeunesse 2012, Prix Elbakin 2014 catégorie jeunesse, Grand Prix de l’Imaginaire 2016 dans la catégorie roman francophone pour la jeunesse. Une lecture qui séduit assurément jeunes et moins jeunes.

 

POUR LES AMATEURS DE BANDES DESSINEES

Jean-Claude Servais

Les bandes dessinées de Jean-Claude SERVAIS

Auteur belge de bandes dessinées, dont la série « Tendre Violette » (1979) qui lui a valu le Grand Prix Saint-Michel en 1982, Jean-Claude Servais dessine des personnages avec un réalisme touchant.

Dans la série « Orval »  et , il relate l’histoire et la légende du fameux monastère d’Orval, situé au coeur d’une région du sud de la Belgique qui lui est très chère, la Gaume.

 

POUR LES ROMANTIQUES

Autant en emporte le vent

« AUTANT EN EMPORTE LE VENT » de Margaret Mitchell

Même si l’histoire a quelque peu vieilli, ce récit romanesque reste une référence du genre. Durant la guerre de sécession aux Etats-Unis d’Amérique, une jeune femme se bat contre ses démons et contre les affres politiques de son pays pour obtenir l’amour de celui qu’elle pense être l’élu de son coeur.

Vous trouverez plus de commentaires au sujet de ces trois tomes  dans l’une de mes précédentes chroniques.

 

POUR LES ENFANTS

MARTINE

La fameuse série des albums

« MARTINE » de Delahaye Gilbert et Marlier Marcel

séduira les enfants qui apprennent à lire… Les aventures de Martine sont multiples, les dessins sont colorés, réalistes, enchanteurs et parfois comiques.

Plusieurs albums évoquent Noël :  – le parfait cadeau pour nos enfants !

Grâce aux nombreuses aventures de  « MARTINE » que j’affectionnais tout particulièrement, j’ai moi-même appris à AIMER LIRE.

Un cadeau de Noël qui me fut bienfaisant !

 

A toutes et tous, de merveilleuses lectures et de très belles fêtes de Noël !

« Lire c’est vivre plus »

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Lire c’est vivre plus

sous la direction de Claude Chambard

L’Escampette Editions (2015)

 

Cet opuscule de 65 pages regroupe les pensées de huit écrivains et/ou traducteurs sur le thème de la lecture, un sujet qui, comme vous le savez, me tient à coeur.

Dans sa préface intitulée « Plus je lis, et plus je change« , Claude Chambard dédie ce livre à Claude Rouquet, créateur des éditions L’Escampette.

Il passe ensuite la plume aux personnes qui ont collaboré à cet ouvrage :  David Collin, Christian Garcin, François Gaudry, Alberto Manguel, Claude Margat, Lambert Schlechter, Catherine Ternaux.

Au fil des écrits sont également compilées un grand nombre de citations ayant pour thème la lecture, les livres, la passion littéraire…

Je vous en livre quelques-unes…

« La passion des livres est la pharmacie de l’âme » Jules Janin

« Si la littérature constitue un moyen privilégié pour connaître la vie, c’est au fond parce qu’elle n’est finalement rien d’autre que la vie elle-même » Marcel Proust

« La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver » Jean Guéhenno

« La vertu paradoxale de la lecture […] est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens » Daniel Pennac

L’éloge de la lecture est bien au programme de cet ouvrage collectif  qui ravira les amateurs, rassurera celles et ceux qui se sentent isolé(e)s dans leur passion et enfin motivera les plus hésitants à se lancer dans la littérature par la porte la plus accessible qui soit : le livre…

Lisez, lisez…. soyez liseur !

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« Le liseur du 6h27 »

Jean-Paul Didierlaurent

Ed. Au Diable Vauvert (2014), puis chez Gallimard en poche (Folio) et en audio (Ecoutez lire)

Mon coup de coeur pour finir l’année 2016 en beauté !

« Se fondre dans le paysage jusqu’à se renier soi-même pour rester un ailleurs jamais visité.« 

Guylain Vignolles est affublé d’un nom difficile à porter : l’inversion des premières lettres est presque instantané… cet handicap qui tend à souligner sa différence lui a valu de rester « à l’écart » et de vivre seul avec un poisson rouge.  Il travaille dans une usine où règne la monstrueuse Chose, appelée aussi la « Zerstor » machine, mot germanique qui se réfère à une notion de destruction violente. Cette « Zerstor » pulvérise les vieux livres afin d’en extraire de la pâte à papier.

Pour se rendre à son poste de travail, Guylain prend le train de 6h27. Tous les jours à cette même heure, il lit tout haut les pages sauvées des griffes de la machine, des pages extraites de toutes sortes d’ouvrages… Sa passion pour les mots, il la partage avec d’autres personnes esseulées qui, comme lui, vivent un peu en marge de la société : un gardien excentrique qui ne parle qu’en alexandrins, un ancien collègue dont la Zerstor a broyé les jambes, des personnes âgées, une dame-pipi écrivain…

Si vous avez apprécié le film « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain« , vous aimerez ce roman qui lui ressemble. Ici aussi, le récit est servi par une narration aux apparences légères pour relater des expériences difficiles : handicap, vieillesse, marginalité, solitude et surtout différence sociale.

(Tiens, tiens, le liseur de l’édition Ecoutez lire est Dominique Pinon, acteur du film précité… un hasard?).

« Le liseur du 6h27 » est une histoire fraîche et tendre, un brin naïve et totalement bienveillante que je vous conseille vivement pour finir l’année 2016 en beauté.

Il s’agit d’un récit bienfaisant  qui vous réchauffe le coeur  en mettant à l’honneur les mots, l’écriture, les livres.

Outre cette mise en avant de la passion des mots, nous pouvons également y voir une dénonciation des systèmes d’oppression qui pratiquent la censure sur le monde de la littérature, ainsi qu’une dénonciation de nos systèmes de consommation qui réduisent le livre à un simple objet de consommation à jamais recyclable.

Pourtant, vous le savez autant que moi, le livre est bien plus qu’un simple objet, il renferme une histoire capable de nous apprendre à mieux vivre, à mieux se positionner dans le monde, à mieux comprendre autrui et soi-même, une histoire qui peut nous aider à guérir

MEILLEURS VOEUX POUR 2013

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Quelle sera votre résolution pour 2013 ? Et si vous décidiez de mettre fin à votre mal-être ?

Dans cette optique, jetez donc un coup d’oeil par-dessus vos propres soucis et tentez d’approcher ceux d’autrui. Vous découvrirez alors que, bien qu’étant des êtres de solitude, nous partageons tous des misères communes.

Un roman peut aider à mettre des mots sur un ressenti pénible, à reconnaître une douleur identique chez autrui, à se sentir vraiment moins seul dans son malheur. De telles lectures sont ce que j’appelle des romans bienfaisants, voire thérapeutiques.

Je souhaite à chacune de mes lectrices et à chacun de mes lecteurs de découvrir LE roman qui lui donnera la pêche cette année !

SAUVEE PAR LES LIVRES « Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? » de Jeanette Winterson

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« Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? » de Jeanette Winterson paru aux Editions de l’Olivier. C’est la phrase énigmatique qu’assène à la narratrice sa mère adoptive lorsqu’elle lui révèle sa « différence en matière de préférence sexuelle ».

Sous la forme d’une autobiographie vivante et fantaisiste, Jeanette Winterson raconte son enfance et son adolescence en tant que fille adoptée  dans une famille anglaise issue du prolétariat de Manchester. Face à une mère adoptive sévère, acariâtre et qui ne s’aimait guère, elle se réfugie dans la lecture et l’écriture et fait des livres ses plus fidèles compagnons d’infortune. Toujours à la recherche de sa partie manquante, de son identité, elle finira par retrouver les traces de sa mère biologique.

L’auteur fait maintes fois l’éloge de la vertu curative des livres, et surtout de la vertu curative des histoires, des fictions, de la poésie. De ce fait, ce récit s’inscrit complètement dans la théorie des principes de la bibliothérapie tels que je les perçois et tels que j’aimerais vous les communiquer. Mieux qu’un documentaire sur la bibliothérapie, il est un roman autobiographique qui raconte comment les livres ont sauvé la santé mentale d’une personne depuis son enfance jusqu’à aujourd’hui.

Voici quelques extraits de ce roman dont je recommande la lecture à tous ceux qui se sentent seuls et différents :

P18 « Je crois à la fiction et au pouvoir des histoires parce qu’ils nous donnent la possibilité de parler de nouvelles langues. De ne pas être réduits au silence. Nous découvrons tous qu’en cas de traumatisme profond, nous hésitons, nous bégayons ; notre parole est entrecoupée de longues pauses. Le traumatisme nous reste en travers de la gorge. Mais par le language des autres, nous retrouvons le nôtre. Nous pouvons nous tourner vers la poésie. Ouvrir un livre. Quelqu’un a traversé cette épreuve pour nous et s’est immergé profondément dans les mots. »

P57 « La fiction et la poésie sont des médicaments, des remèdes.Elles guérissent l’entaille pratiquée par la réalité sur l’imagination. J’avais été gravement blessée et un pan essentiel de ma personne avait été détruit –c’était ma réalité, les faits de ma vie ; mais l’envers des faits était ce que je pouvais être, ce que je pouvais ressentir et si j’avais les mots, les images et les histoires pour l’exprimer, alors je n’étais pas perdue. »

P79 « Pour moi, les livres sont un foyer. Les livres ne font pas un foyer – ils le sont, dans le sens où de même que vous les ouvrez comme vous ouvrez une porte, vous entrez dedans. A l’intérieur, vous découvrez un temps et un espace différents. Il s’en dégage aussi de la chaleur – comme un âtre. Je m’assois avec un livre et je n’ai plus froid. Je le sais depuis les nuits glacées passées dehors. »

P193 « Et les livres n’avaient pas fini de me sauver. Si la poésie était une bouée de sauvetage, alors les livres étaient des radeaux.»

Mon article à ce sujet sur SAUVEE PAR LES LIVRES | MyBOOX.

DIFFERENCE CULTURELLE et SOLITUDE : « Le club des incorrigibles optimistes » de Jean-Michel Guenassia

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« Le club des incorrigibles optimistes » de Jean-Michel Guenassia paru chez Albin Michel. Ce gros volume  dresse le portrait d’une époque, les années 60, en France alors que sévit la guerre d’Algérie et que la dictature du communisme engendre une fuite vers l’ouest de nombreux réfugiés politiques. Le narrateur, Michel, un jeune adolescent, raconte son parcours durant ces années à Paris, un parcours marqué d’un part par les conséquences  de la guerre en Algérie sur sa famille et ses amis et d’autre part, par les rencontres qu’il fait alors qu’il fréquente un café où se réunissent de nombreux exilés et apatrides.

L’optimisme règne pourtant en maître dans ce milieu de gens « différents » et « solitaires » et la leçon de vie est exemplaire.

Michel est lui-même est en pleine crise d’adolescence, ce qui le classe dans une certaine catégorie de « marginaux ». Lecteur compulsif, il aime se réfugier dans la lecture et compare les livres à des amis : « Il y a dans la lecture quelque chose qui relève de l’irrationnel. Avant d’avoir lu, on devine tout de suite si on va aimer ou pas. On hume, on flaire le livre, on se demande si ça vaut la peine de passer du temps en sa compagnie. C’est l’alchimie invisible des signes tracés sur une feuille qui s’impriment dans notre cerveau. Un livre, c’est un être vivant. Les gens, rien qu’à les voir, vous savez à l’avance si vous serez leur ami. »

N’hésitez pas à consulter ma petite critique sur ce roman sur

Les tragédies de l’exil | MyBOOX.