Archives de Catégorie: Thème de la SOLITUDE

Le thème de la solitude mis en évidence dans une histoire fictive ou réelle

AMOUR contre SOLITUDE : « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry

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« Le petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry paru aux éditions Gallimard, mais également chez Folio Junior est un classique indémodable et qui a toute sa place sur ce blog.

L’auteur, Antoine de Saint-Exupéry, est né un 23 juin (comme aujourd’hui), mais l’anniversaire qui est fêté cette année se rapporte surtout à son œuvre « Le Petit Prince » qui a été éditée pour la première fois à New York le 20 avril 1943, c’est-à-dire voici tout juste 70 ans.

Et pourtant cette œuvre magistrale n’a pas pris une ride, a été traduite dans de nombreuses langues et a même été considérée, selon les dires d’un journal en 1990, comme le livre le plus vendu au monde après la Bible.

Avec un style qui en apparence s’adapte aux esprits des enfants, l’histoire du Petit Prince regorge de symboles permettant divers niveaux de lecture. Saint-Exupéry y démontre l’absurdité du monde et des attitudes humaines et souligne la puissance de l’imagination et du cœur. « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux » confie le renard au petit Prince. Ecouter son coeur constitue la solution pour sortir de l’état de solitude dans lequel les hommes s’enfoncent aveuglément.

« Le Petit Prince », est-ce un livre qui contribue au bien-être ? Mille fois oui. Tout d’abord, ce récit est accessible à tous. Ensuite, les aventures très simples, racontées à travers l’esprit de naïveté du petit prince, incitent de façon paradoxale à une réflexion très profonde sur la qualité de notre existence. A lire ou à relire sans retenue !

Personnellement, j’ai écouté cette lecture par le biais d’un support audio, ce qui n’a rien gâché à l’émotion véhiculée par le récit.

ANGOISSE EXISTENTIELLE : « Des larmes sous la pluie » de Rosa Montero

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« Des larmes sous la pluie » de Rosa Montero, publié aux éditions Métailié et traduit en français par Myriam Chirousse est un roman d’anticipation mêlant les filons d’un bon thriller à des ingrédients futuristes. Ceux qui sont allergiques à la science fiction pourraient croire que ce bouquin n’est pas pour eux. Moi-même n’étant pas particulièrement fan de ce genre, je me suis pourtant laissée séduire par cette histoire qui soulève des problématiques très contemporaines et dans laquelle on se reconnaît dans la description des sentiments et des émois de la protagoniste principale.

Madrid, en 2109, Bruna Husky est ce que l’on appelle une réplicante (une parmi de nombreuses références au célèbre roman de Philippe K. Dick dont s’est inspiré le film Blade Runner de Ridley Scott), à savoir elle fait partie de la race des androïdes qui sont dotés de souvenirs artificiels et condamnés à vivre une courte vie d’environ 10 ans.  En sa qualité de détective, Bruna Husky est appelée à découvrir le mystère d’une intrigue selon laquelle plusieurs réplicants s’adonnent à des actes de folie et de violence envers d’autres réplicants, ce qui a comme conséquence d’engendrer de plus en plus de crainte chez les humains et d’alimenter le réservoir de l’intolérance entre les races qui habitent la terre.

Sous des apparences mégafictives, les difficultés qui jalonnent ce récit reflètent celles de notre époque (surpopulation, intolérance, racisme, peur de l’autre, pauvreté). Mais surtout, l’auteur s’emploie à souligner l’angoisse existentielle – qui est le lot de tout un chacun – au travers des pensées de la réplicante que le compte à rebours de sa courte existence ne cesse de  perturber et qui pleure la perte de son amant, lui-même réplicant décédé dans la fleur de l’âge (d’un point de vue humain).

« Il y a un moment pour tout et un temps pour chaque chose sous le soleil : un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour s’embrasser et un temps pour se séparer », avait dit son amant quelques jours avant de mourir, très faible déjà mais d’une voix claire et tranquille. Merlin avait toujours aimé ce fragment de l’Ecclésiaste. De belles paroles pour ordonner les ténèbres et pour apaiser ne serait-ce qu’un instant la furieuse tempête de la douleur. A présent, en revivant cette scène, Bruna éprouvait aussi une petite consolation, comme si la peine s’installait docilement à sa place. »p360

Toutefois, le récit n’est pas dépourvu de notes d’espoir, car ce qui sauve les âmes de la dépression et de la solitude, ce ne sont pas les moyens superficiels comme l’alcool, la drogue… mais l’amitié, l’amour, le partage des moments et des émotions.

« …doter la rep de ses propres souvenirs avait allégé le poids de sa peine. Non seulement parce qu’il avait en quelque sorte cédé une partie de ses malheurs à un autre, mais, surtout, parce que cet autre existait, parce qu’il y avait quelqu’un qui était comme lui. Parce qu’il n’était plus seul. »p167

Puisque la fiction est là pour nous aider à mettre des mots sur les angoisses qui nous enserrent le coeur, pourquoi ne pas plonger dans ce récit qui, bien que futuriste, traduit à merveille le mal-être de l’existence, la peur de la mort, la solitude et la différence. Et  quelques ingrédients futuristes, parfois même assez loufoques, vous permettront de vous évader. C’est garanti !

SOLITUDE : « Les chaussures italiennes » de Henning Mankell

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Le roman « Les chaussures italiennes » de Henning Mankell évoque le sentiment existentiel de solitude, sentiment que seuls peuvent adoucir les liens tissés avec autrui. Le récit est raconté par un chirurgien à la retraite qui s’est volontairement isolé sur une île perdue au coeur de la Baltique pour tenter d’échapper à de lourds souvenirs culpabilisants. Il est bientôt bousculé dans sa retraite par une femme âgée et malade qui lui demande d’exaucer une promesse autrefois faite mais jamais réalisée… l’emmener près d’un lac au coeur de la forêt…  Cette rencontre va le faire revivre…

La solitude prend diverses formes, mais si l’on s’efforce de construire une belle relation avec les autres, le poids de cette solitude diminue considérablement. Cette leçon se traduit dans ce récit sous forme de métaphore au travers d’une rencontre avec un artisan italien qui fabrique des chaussures uniques pour chaque personne. Pour ce dernier « De bonnes chaussures doivent aider la personne à oublier ses pieds« . Autrement dit, les bons rapports avec les autres permettent d’oublier les limites de la condition humaine ancrées dans la solitude et la mort.

Ce roman est un véritable regain de bien-être pour qui se sent seul, délaissé, amoindri car il propose une solution toute simple : l’ouverture aux autres…

Vous pouvez également lire un article que j’ai rédigé au sujet de ce roman dans le journal LA VOIX du 13 avril 2011 en cliquant sur Un conte pour adultes

Bonne lecture

SAUVEE PAR LES LIVRES « Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? » de Jeanette Winterson

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« Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? » de Jeanette Winterson paru aux Editions de l’Olivier. C’est la phrase énigmatique qu’assène à la narratrice sa mère adoptive lorsqu’elle lui révèle sa « différence en matière de préférence sexuelle ».

Sous la forme d’une autobiographie vivante et fantaisiste, Jeanette Winterson raconte son enfance et son adolescence en tant que fille adoptée  dans une famille anglaise issue du prolétariat de Manchester. Face à une mère adoptive sévère, acariâtre et qui ne s’aimait guère, elle se réfugie dans la lecture et l’écriture et fait des livres ses plus fidèles compagnons d’infortune. Toujours à la recherche de sa partie manquante, de son identité, elle finira par retrouver les traces de sa mère biologique.

L’auteur fait maintes fois l’éloge de la vertu curative des livres, et surtout de la vertu curative des histoires, des fictions, de la poésie. De ce fait, ce récit s’inscrit complètement dans la théorie des principes de la bibliothérapie tels que je les perçois et tels que j’aimerais vous les communiquer. Mieux qu’un documentaire sur la bibliothérapie, il est un roman autobiographique qui raconte comment les livres ont sauvé la santé mentale d’une personne depuis son enfance jusqu’à aujourd’hui.

Voici quelques extraits de ce roman dont je recommande la lecture à tous ceux qui se sentent seuls et différents :

P18 « Je crois à la fiction et au pouvoir des histoires parce qu’ils nous donnent la possibilité de parler de nouvelles langues. De ne pas être réduits au silence. Nous découvrons tous qu’en cas de traumatisme profond, nous hésitons, nous bégayons ; notre parole est entrecoupée de longues pauses. Le traumatisme nous reste en travers de la gorge. Mais par le language des autres, nous retrouvons le nôtre. Nous pouvons nous tourner vers la poésie. Ouvrir un livre. Quelqu’un a traversé cette épreuve pour nous et s’est immergé profondément dans les mots. »

P57 « La fiction et la poésie sont des médicaments, des remèdes.Elles guérissent l’entaille pratiquée par la réalité sur l’imagination. J’avais été gravement blessée et un pan essentiel de ma personne avait été détruit –c’était ma réalité, les faits de ma vie ; mais l’envers des faits était ce que je pouvais être, ce que je pouvais ressentir et si j’avais les mots, les images et les histoires pour l’exprimer, alors je n’étais pas perdue. »

P79 « Pour moi, les livres sont un foyer. Les livres ne font pas un foyer – ils le sont, dans le sens où de même que vous les ouvrez comme vous ouvrez une porte, vous entrez dedans. A l’intérieur, vous découvrez un temps et un espace différents. Il s’en dégage aussi de la chaleur – comme un âtre. Je m’assois avec un livre et je n’ai plus froid. Je le sais depuis les nuits glacées passées dehors. »

P193 « Et les livres n’avaient pas fini de me sauver. Si la poésie était une bouée de sauvetage, alors les livres étaient des radeaux.»

Mon article à ce sujet sur SAUVEE PAR LES LIVRES | MyBOOX.

DIFFERENCE CULTURELLE et SOLITUDE : « Le club des incorrigibles optimistes » de Jean-Michel Guenassia

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« Le club des incorrigibles optimistes » de Jean-Michel Guenassia paru chez Albin Michel. Ce gros volume  dresse le portrait d’une époque, les années 60, en France alors que sévit la guerre d’Algérie et que la dictature du communisme engendre une fuite vers l’ouest de nombreux réfugiés politiques. Le narrateur, Michel, un jeune adolescent, raconte son parcours durant ces années à Paris, un parcours marqué d’un part par les conséquences  de la guerre en Algérie sur sa famille et ses amis et d’autre part, par les rencontres qu’il fait alors qu’il fréquente un café où se réunissent de nombreux exilés et apatrides.

L’optimisme règne pourtant en maître dans ce milieu de gens « différents » et « solitaires » et la leçon de vie est exemplaire.

Michel est lui-même est en pleine crise d’adolescence, ce qui le classe dans une certaine catégorie de « marginaux ». Lecteur compulsif, il aime se réfugier dans la lecture et compare les livres à des amis : « Il y a dans la lecture quelque chose qui relève de l’irrationnel. Avant d’avoir lu, on devine tout de suite si on va aimer ou pas. On hume, on flaire le livre, on se demande si ça vaut la peine de passer du temps en sa compagnie. C’est l’alchimie invisible des signes tracés sur une feuille qui s’impriment dans notre cerveau. Un livre, c’est un être vivant. Les gens, rien qu’à les voir, vous savez à l’avance si vous serez leur ami. »

N’hésitez pas à consulter ma petite critique sur ce roman sur

Les tragédies de l’exil | MyBOOX.

HUMANISME ET SURREALISME | MyBOOX

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HUMANISME ET SURREALISME | MyBOOX
Critique sur le roman de Jacqueline Harpman « Moi qui n’ai pas connu les hommes » paru aux éditions Le Livre de Poche, dont voici un extrait « …Bien que l’histoire semble surréaliste, elle s’inscrit au coeur des fondements de notre humanité, et souligne ce qui la caractérise dans son essence : le temps, l’espace et la relation avec autrui. Ces trois éléments qui définissent à la fois les limites et la personnalité de chaque individu semblent avoir été usurpés aux survivantes de l’histoire tant et si bien qu’elles pensent ne plus vivre sur terre… »

J’ai lu deux fois ce roman et la première fois, voici plus ou moins 15 ans, il m’avait fait oublier les soucis d’un quotidien alors pénible et surtout avait redonné un nouvel élan à mon envie de lecture. Cet élan ne s’est jamais tari depuis lors.

Il s’agit d’un ouvrage phare pour lequel j’ai écrit un grand article dans mon ouvrage 

 

Sur la solitude « Eleonor Rigby » de Douglas Coupland

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« Eleonor Rigby » de Douglas Coupland paru chez l’éditeur Au Diable Vauvert exploite le thème de la solitude évoqué dans la chanson des Beatles qui porte le même titre.

L’anti-héroïne de ce récit a quarante ans, est célibataire, sans amis et dotée d’un physique ingrat. Elle narre avec beaucoup de mordant et d’humour les événements hors du commun qui ont marqué son existence. Si elle semble incarner le fléau de la solitude, d’autres protagonistes en font également les frais. A la question posée par les Beatles dans leur chanson au sujet de la place des gens seuls dans notre société, l’histoire donne sa propre réplique, originale, ironique et non dénuée d’espoir.

Je vous invite à consulter mon article à propos de ce livre qui est paru dans La Voix du Luxembourg le 17 septembre 2007,

en cliquant sur Douglas Coupland

Sur la solitude « Le premier amour » de Sandor Marai

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« Le premier amour » de Sandor Marai paru chez Albin Michel raconte la lente descente dans la psychose d’un professeur complètement esseulé. Ce récit qui est écrit à la première personne prend la forme d’un journal intime et conduit lentement, presque sournoisement le lecteur dans les méandres d’un esprit qui a souffert et souffre d’une maladie chronique ravageuse, la solitude.

Ce roman est le premier ouvrage d’un écrivain d’origine hongroise, Sándor Márai qui âgé seulement de 28 ans relate avec beaucoup de talent et une bonne dose de sensibilité et d’empathie les pensées et émotions de ce protagoniste âgé. Le fil du récit semble couler comme un long fleuve tranquille. Pourtant, le bout du chemin donne la chair de poule. On n’oublie pas facilement un tel roman.

Un livre qui fait du bien ? Oui dans le sens où la solitude est décrite avec justesse par celui qui la ressent. Le récit peut aussi rassurer le lecteur car la situation de solitude décrite dans le récit atteint un degré presque improbable.

Voir aussi l’article paru dans « La Voix du Luxembourg » le 17 novembre 2010